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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 14:32

     

 

 

ajib.fr

Par Ubu http://www.fdesouche.com

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 07:29

Après Lampedusa : vers un nouveau record d’entrées d’immigrés en 2012 ?

En 2010, selon le gouvernement, 203 000 titres de séjour en France ont été délivrés à des étrangers à l’Union européenne : un record absolu. Un record qui sera probablement battu en 2011 pour les raisons suivantes :

1-Nous assistons à des cascades d’immigrations

Les entrées des années antérieures génèrent d’autres entrées, au titre du regroupement familial notamment. De même les naturalisations des années passées ouvrent droit à des regroupements (au titre du mariage par exemple) à ce qu’on appelle des « familles de Français ». Il y a donc année après année amplification des flux migratoires.

2-Les révoltes arabes suscitent de nouveaux flux migratoires

En Tunisie, la montée du chômage (de 11% en 2010 vers 17% en 2011), de l’insécurité et des incertitudes a créé un flux vers l’Europe de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Et la Libye n’assure plus le contrôle des flux migratoires en provenance d’Afrique noire.

Cela se traduira par l’octroi de titres de séjour supplémentaires et la régularisation au fil de l’eau de nombreux clandestins.

3-Schengen : la plus petite frontière commune (PPFC)

La dérisoire querelle entre la France et l’Italie à propos de Lampedusa a apporté au monde la preuve de l’inefficience du traité de Schengen. La frontière commune de l’Europe, c’est celle du pays le plus laxiste. Chacun laisse ainsi entrer les immigrés dont il pense qu’ils iront chercher des emplois, des soins ou des aides sociales chez le voisin.

4-La mise en œuvre de la « directive européenne retour » protège les clandestins

Préparé en 2007, sous la présidence française, la « directive retour » est une aubaine pour les clandestins. Selon son interprétation par la Cour de justice européenne (CJE), elle supprime les peines de prison pour les délinquants au code du séjour. Selon la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), elle rend impossible le placement immédiat des clandestins en centre de rétention. Le laxisme des juges et l’incompétence des gouvernements débouchent ainsi sur un quasi droit au séjour clandestin ; en tout cas sur leur quasi inexpulsabilité.

5-La délivrance des titres de séjour dans les consulats est inflationniste

Partant du principe que beaucoup d’étrangers avaient, de facto, et sur simple demande, un droit au séjour en France, le gouvernement a cru pouvoir décharger les préfectures de certaines tâches : il a donc demandé aux ambassades et aux consulats de délivrer en même temps que le visa d’entrée en France le titre de séjour (Visa de long séjour-titre de séjour : VLS-TS en jargon administratif). Avec deux effets pervers :

-faute d’effectifs supplémentaires et d’expérience, les postes diplomatiques sont moins à même que les préfectures de discerner les fraudes ;

-d’autant que la pression locale les pousse à accorder le précieux sésame y compris à tous ceux qui se présentent comme « étudiants ».

Il y aura donc en 2011 une inflation des titres de séjour délivrés.

6-Le patronat et la superclasse mondiale poussent à la roue

Poursuivant l’objectif d’une baisse des salaires le MEDEF (Madame Parisot) et la superclasse mondiale (SCM, relayée par la ministre des finances Madame Lagarde) militent pour l’accélération de l’immigration, notamment de « travail ». Or les banques et les grandes entreprises multinationales contrôlent les grands médias : du Monde à Libération en passant par Les Échos et TF1. L’opinion ne peut donc pas être loyalement informée.

Il faudra trancher le nœud gordien

Alors que des millions d’immigrés ne sont ni assimilés, ni même « intégrés », des centaines de milliers d’entrées supplémentaires sont à prévoir. Pour deux raisons :

-seuls les intérêts économiques à court terme des grandes entreprises sont pris en compte ;

-seul le point de vue individuel des candidats à l’immigration est retenu par les instances juridictionnelles.

Il faut donc changer radicalement de cap : rétablir la suprématie du droit français sur le droit international, garantir le droit du peuple français à son identité et réaffirmer le droit de la nation à réguler les flux migratoires. Frontières, identité, liberté, souveraineté, tels sont les FILS du redressement.

Mais qui tranchera le nœud gordien ?

Andréa Massari

 

Nicolas Sakozy "engrane les cons" avec la technique assurée de Georges Frêche (décrite ci-dessous en rouge).

 

La question de l'immigration légale en France doit être posée, a en effet indiqué le président de la république qui rejoint la position de son ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, dans un entretien à paraître demain mercredi dans "l'Express".

 

Claude Guéant avait évoqué récemment la possibilité d'une baisse de l'immigration légale, en promettant la fin des prières de rue, «d'ici à quelques mois».

 

«Avec nos difficultés à fournir un travail à tous nos nationaux, et un chômage à 23% pour les étrangers non communautaires, nous devons nous poser la question de l'immigration légale: c'est du bon sens», déclare Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat fait valoir que la population active augmente de 110.000 personnes par an en France, «c'est-à-dire qu'avant de faire reculer le chômage d'une unité, il faut avoir déjà créé 110.000 emplois!» ajoute-t-il dans l'entretien.

 

«Accepter tout le monde, comme le disent les socialistes, non»

 

«[A]ccepter tout le monde, comme le disent les socialistes français, non, c'est tout l'équilibre de notre système social qui serait mis en cause. Ces pays (d'Afrique du Nord) ont besoin de leurs élites pour se développer», dit-il.

 

Source: http://www.20minutes.fr/article/717223/politique-nicolas-sarkozy-nous-devons-poser-question-immigration-legale

 

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Note de Christroi. Il était prévisible de voir Nicolas Sarkozy durcir son discours à mesure que se termine son mandat présidentiel. Vous devez d'ailleurs vous attendre jusqu'aux prochaines élections présidentielles à une escalade dans la surrenchère identitaire, anti-immigration, etc. Il s'agit là d'une tactique politicienne destinée à siphonner les voix du Front national, tromper les électeurs afin que ceux-ci redonnent leurs voix à l'"élu". Cette tactique a ainsi été décrite par Georges Frêche dans un entretien de 2009 enregistré par ses étudiants :

  • "Les cons sont majoritaires ! Et moi j'ai toujours été élu par une majorité de cons et ça continue, parce que je sais comment les engraner !... Les deux premières années vous devenez maximum impopulaire. Vous leur tapez sur le claque bec, etc. « Ah salaud ! le peuple aura ta peau ! On t’aura ! » moi je dis : « cause toujours, je vous emmerde ! »
  • Ensuite deux ans vous laissez reposer le flan. Vous faites des trucs plus calmes.
  • Et les deux dernières années, plus rien du tout, des fontaines, des fleurs, et des bonnes paroles : « Je vous aime ! Ô Catalans, je vous aime ! Ô Occitans mes frères, je vous aime ! » Vous faites un petit institut, une merde pour propager le catalan auprès de 4 “guguss” : tout le monde est content ! Évidemment, ils parlent catalan comme ça personne les comprend à 3 km de chez eux. Mais, ça leur fait plaisir.
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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 17:00

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 15:21

8 Mai : fête de sainte Jeanne d'Arc

Elle sera fêtée en plusieurs régions de France et notamment :

·         A Paris : à 9H30 : procession depuis l'église de la Madeleine

·         A Paris : à 14H30 : procession depuis la place Saint Augustin

·         A Bourg en Bresse (Ain) : à 15H30 : procession depuis la basilique du Sacré Cœur jusqu'à la basilique Notre-Dame.

 

Dans le contexte actuel de guerre de civilisation s'exprimant notamment par une christianophobie, il est bon de rappeler le discours tenu récemment (le 26 janvier 2011) par Benoît XVI, lors de l'audience générale tenue Salle Paul VI en présence de quelque 4000 visiteurs,  sur sainte Jeanne d'Arc (1412

 

  • 1431).

 

Chers frères et sœurs,

 

Je voudrais aujourd'hui vous parler de Jeanne d'Arc, une jeune sainte de la fin du Moyen-âge, morte à 19 ans, en 1431. Cette sainte française, citée à plusieurs reprises dans le Catéchisme de l'Eglise Catholique [C.E.C.], est particu­lièrement proche de sainte Catherine de Sienne, patronne de l'Italie et de l'Europe, dont j'ai parlé dans une catéchèse récente. Ce sont en effet deux jeunes femmes du peuple, laïques et consacrées dans la virginité ; deux mys­tiques engagées non dans le cloître, mais au milieu de la réalité la plus dramatique de l'Eglise et du monde de leur temps. Ce sont peut-être les figures les plus caractéristiques de ces « femmes fortes » qui, à la fin du Moyen-âge, portèrent sans peur la grande lumière de l'Evangile dans les événements complexes de l'histoire.

 

Nous pourrions les rapprocher des saintes femmes qui restèrent sur le Calvaire, à côté de Jésus crucifié et de Marie sa Mère, tandis que les Apôtres avaient fui et que Pierre lui-même l'avait renié trois fois.

 

L'Eglise, à cette époque, vivait la crise profonde du grand schisme d'Occident, qui dura près de 40 ans. Lorsque Catherine de Sienne meurt, en 1380, il y a un pape et un antipape ; quand Jeanne naît en 1412, il y a un pape et deux antipapes. Avec ce déchirement à l'intérieur de l'Eglise, des guerres fratricides continuelles divisaient les peuples chrétiens d'Europe, la plus dramatique d'entre elles ayant été l'interminable « Guerre de Cent Ans » entre la France et l'Angleterre.

 

Jeanne d'Arc ne savait ni lire ni écrire, mais elle est connue au plus profond de son âme grâce à deux sources d'une valeur historique exceptionnelle : les deux Procès qui la concernent. Le premier, le Procès de Condamnation, contient la transcription des longs et nombreux interrogatoires de Jeanne durant les derniers mois de sa vie (février-mai 1431), et reporte les paroles mêmes de la sainte. Le second, le Procès en nullité de la condamnation, ou de « réhabi­li­tation», contient les dépositions de 120 témoins oculaires de toutes les périodes de sa vie.

 

Jeanne naît à Domrémy, un petit village à la frontière entre la France et la Lorraine. Ses parents sont des paysans aisés, connus de tous comme d'excellents chrétiens. Elle reçoit d'eux une bonne éducation religieuse, avec une influence notable de la spiritualité du Nom de Jésus, enseignée par saint Bernardin de Sienne et répandue en Europe par les franciscains. Au Nom de Jésus est toujours uni le Nom de Marie et ainsi, sur un fond de religiosité populaire, la spiritualité de Jeanne est profondément christocentrique et mariale. Depuis l'en­fance, elle montre beaucoup de charité et de compassion envers les plus pauvres, les malades et tous les souffrants, dans le contexte dramatique de la guerre.

 

De ses propres paroles nous apprenons que la vie religieuse de Jeanne mûrit, comme une expérience mystique, dès l'âge de 13 ans [PCon, I, p. 47-48]. Par la « voix » de l'archange saint Michel, Jeanne se sent appelée par Dieu à intensifier sa vie chrétienne ainsi qu'à s'engager en personne pour la libération de son peuple. Sa réponse immédiate, son oui, est le vœu de virginité, avec un nouvel engagement dans la vie sacramentelle et dans la prière : participation quotidienne à la messe, confession et communion fréquentes, longs temps de prière silencieuse devant le crucifié ou l'image de la Sainte Vierge. La compassion et l'engagement de la jeune paysanne française face à la souffrance de son peuple sont rendus plus intenses par son rapport mystique avec Dieu. L'un des aspects les plus originaux de la sainteté de cette jeune fille est précisément ce lien entre l'expérience mystique et la mission politique[3]. Après les années de vie cachée et de maturation intérieure s'ensuivent deux brèves, mais intenses années de sa vie publique : une année d'action et une année de passion.

 

Au début de l'année 1429, Jeanne entame son œuvre de libération. Les nombreux témoignages nous montrent cette jeune femme de seulement 17 ans, comme une personne très forte et décidée, capable de convaincre des hommes indécis et découragés. Surmontant tous les obstacles, elle rencontre le Dauphin de France, le futur roi Charles VII, qui à Poitiers la soumet à un examen mené par plusieurs théologiens de l'Université. Leur avis est positif : en elle, ils ne voient rien de mal, seulement une bonne chrétienne.

 

Le 22 mars 1429, Jeanne dicte une lettre importante pour le roi d'Angleterre et à ses hommes qui assiègent la ville d'Orléans [ibid., p. 221-222]. Il s'agit d'une proposition de véritable paix, dans la justice, entre les deux peuples chrétiens, à la lumière des Noms de Jésus et de Marie. Mais cette proposition est rejetée, et Jeanne doit s'engager dans la lutte pour la libération de la ville, qui aura lieu le 8 mai.

 

L'autre moment culminant de son action politique est le couronnement du roi Charles VII à Reims, le 17 juillet 1429. Pendant toute une année, Jeanne vit avec les soldats, portant parmi eux une vraie mission d'évangélisation. Nombreux sont leurs témoignages sur sa bonté, son courage et son extraordinaire pureté. Elle est appelée par tous et elle-même se définit comme « la pucelle », c'est-à-dire la vierge.

 

La passion de Jeanne débute le 23 mai 1430, lorsqu'elle tombe prisonnière dans les mains de ses ennemis. Le 23 décembre, elle est menée dans la ville de Rouen. Là se tient le long et dramatique procès de condamnation, qui débute en février 1431 et se termine le 30 mai avec le bûcher. C'est un grand et solennel procès, présidé par deux juges ecclésiastiques, l'évêque Pierre Cauchon et l'inquisiteur Jean le Maistre. Mais en réalité, il est entièrement guidé par un groupe de nombreux théologiens de la célèbre Université de Paris, qui participent au procès comme assesseurs. Ce sont des ecclésiastiques français qui, ayant fait un choix politique opposé à celui de Jeanne, ont, a priori, un jugement négatif sur sa personne et sur sa mission.

 

Ce procès est une page bouleversante de l'histoire de la sainteté et également une page éclairante sur le mystère de l'Eglise, qui, selon les paroles du Concile Vatican II, est « à la fois sainte et a toujours besoin de purification » [LG, n. 8]. C'est la rencontre dramatique entre cette sainte et ses juges, qui sont membres du clergé. Jeanne est accusée par eux et jugée, jusqu'à être condamnée comme hérétique et envoyée à la mort terrible du bûcher. A la différence des saints théologiens qui avaient illuminé l'Université de Paris, comme saint Bonaventure, saint Thomas d'Aquin et le bienheureux Duns Scot, dont j'ai parlé dans plusieurs catéchèses, ces juges sont des théologiens auxquels manquent la charité et l'humilité pour voir chez cette jeune fille l'action de Dieu. Viennent à l'esprit les paroles de Jésus, selon lesquelles « les mystères de Dieu sont révélés à ceux qui possèdent un cœur d'enfant, alors qu'ils restent cachés aux sages et aux savants qui n'ont pas d'humilité » [cf. Lc 10, 21]. Ainsi, les juges de Jeanne sont radicalement incapables de la comprendre, de voir la beauté de son âme : ils ne savaient pas qu'ils condamnaient une sainte.

L'appel de Jeanne au jugement du pape, le 24 mai est rejeté par le tribunal. Le matin du 30 mai, elle reçoit pour la dernière fois la communion en prison, et est immédiatement conduite au supplice sur la place du « Vieux Marché ». Elle demande à l'un des prêtres de tenir devant le bûcher une croix de procession. C'est ainsi qu'elle meurt en regardant Jésus crucifié et en prononçant plusieurs fois et à haute voix le Nom de Jésus [PNul, II, p. 457 ; cf. C.E.C. 435].

 

Environ vingt-cinq ans plus tard, le Procès de nullité, ouvert sous l'autorité du Pape Callixte III, se conclut par une sentence solennelle qui déclare nulle sa condamnation [7 juillet 1456 ; PNul, II p. 604-610]. Ce long procès, qui recueillit les dépositions des témoins et les jugements de nombreux théologiens, tous favorables à Jeanne, met en lumière son innocence et sa parfaite fidélité à l'Eglise. Jeanne d'Arc sera ensuite canonisée par Benoît XV en 1920.

 

Chers frères et sœurs, le Nom de Jésus invoqué par notre sainte jusqu'aux derniers instants de sa vie terrestre, était comme le souffle incessant de son âme, comme le battement de son cœur, le centre de toute sa vie. Le « Mystère de la charité de Jeanne d'Arc », qui avait tant fasciné le poète Charles Péguy, est cet amour total pour Jésus et pour son prochain en Jésus et pour Jésus.

 

Cette sainte avait compris que l'Amour embrasse toute la réalité de Dieu et de l'homme, du ciel et de la terre, de l'Eglise et du monde. Jésus est toujours à la première place dans sa vie, selon sa belle expression : « Notre Seigneur premier servi » [PCon, I, p. 228 ; cf. C.E.C. 223]. L'aimer signifie toujours obéir à sa volonté. Elle affirme avec une totale confiance et abandon : « Je m'en remets à Dieu mon créateur, je l'aime de tout mon cœur » [ibid., p. 337]. Avec le vœu de virginité, Jeanne consacre de manière exclusive toute sa personne à l'unique Amour de Jésus : c'est « la promesse qu'elle a faite à Notre Seigneur de bien garder sa virginité de corps et d'âme » [ibid., p. 149-150]. La virginité de l'âme est l'état de grâce, valeur suprême, pour elle plus précieuse que la vie : c'est un don de Dieu qui doit être reçu et conservé avec humilité et confiance. L'un des textes les plus connus du premier Procès concerne précisément cela : interrogée si elle sait d'être en la grâce de Dieu, elle répond : « Si je n'y suis, Dieu veuille m'y mettre ; si j'y suis, Dieu m'y veuille garder » [ibid., p. 62 ; cf. C.E.C. 2005].

 

Notre sainte vit la prière sous la forme d'un dialogue continu avec le Seigneur, qui éclaire également son dialogue avec ses juges et lui apporte paix et sécurité. Elle demande avec confiance : « Très doux Dieu, en l'honneur de votre sainte Passion, je vous requiers, si vous m'aimez, que vous me révéliez comment je dois répondre à ces gens d'Eglise » [ibid., p. 252].

Jésus est contemplé par Jeanne comme le « Roi du Ciel et de la Terre». Ainsi, sur son étendard, Jeanne fait peindre l'image de « Notre Seigneur qui tient le monde » [ibid., p. 172] : icône de sa mission politique. La libération de son peuple est une œuvre de justice humaine, que Jeanne accomplit dans la charité, par amour de Jésus. Elle est un bel exemple de sainteté pour les laïcs engagés dans la vie politique, en particulier dans les situations les plus difficiles. La foi est la lumière qui guide toutes les décisions, comme témoignera, un siècle plus tard, un autre grand saint, l'anglais Thomas More.

En Jésus, Jeanne contemple également toute la réalité de l'Eglise, l'«Eglise triomphante » du Ciel, comme l'« Eglise militante » de la terre. Selon ses paroles, « c'est tout un de Notre Seigneur et de l'Eglise» [ibid., p. 166]. Cette affirmation, citée dans le Catéchisme de l'Eglise catholique [n. 795], possède un caractère vraiment héroïque dans le contexte du Procès de condamnation, face à ses juges, des hommes d'Eglise, qui la persécutèrent et la condamnèrent. Dans l'Amour de Jésus, Jeanne trouve la force d'aimer l'Eglise jusqu'à la fin, même au moment de sa condamnation.

 

J'ai plaisir à rappeler que sainte Jeanne d'Arc a eu une profonde influence sur une jeune sainte de l'époque moderne : sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus. Dans une vie complètement différente, passée au cloître, la carmélite de Lisieux se sentait très proche de Jeanne, vivant au cœur de l'Eglise et participant aux souffrances du Christ pour le salut du monde. L'Eglise les a réunies comme patronnes de la France, après la Vierge Marie. Sainte Thérèse avait exprimé son désir de mourir comme Jeanne, en prononçant le Nom de Jésus [Manuscrit B, 3r], et elle était animée par le même grand amour envers Jésus et son prochain, vécu dans la virginité consacrée.

 

Chers frères et sœurs, avec son témoignage lumineux, sainte Jeanne d'Arc nous invite à une mesure élevée de la vie chrétienne : faire de la prière le fil conducteur de nos journées; avoir pleinement confiance en accomplissant la volonté de Dieu, quelle qu'elle soit ; vivre la charité sans favoritisme, sans limite et en puisant, comme elle, dans l'Amour de Jésus, un profond amour pour l'Eglise.

 

Merci. »

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 14:43
Oussama Ben Laden, une mort si opportune

Tout comme sur les attentats du 11 septembre 2001 eux-mêmes, bien des ombres planent sur l’élimination d’Oussama Ben Laden le 1er mai 2011. Une seule chose est sûre : cette liquidation tombe à pic pour le président-candidat Obama… et très mal pour nos otages.

Oussama Ben Laden est-il réellement mort le 1er mai ? L’individu « identifié comme Ben Laden » (selon M. Brennan, un ponte de la CIA) qui a été tué lors de l’opération menée à Abbottabad, une lointaine banlieue résidentielle d’Islamabad, par un commando héliporté des forces spéciales états-uniennes, était-il réellement le fondateur d’Al Qaïda ? Nul ne le saura jamais. Les restes du présumé Ben Laden ont immédiatement été largués en mer d’Oman – au mépris de la tradition inslamique, comme s’en sont émus les milieux musulmans, et notamment le recteur de la Grande Mosquée de Paris. Quant à la télévision pakistanaise, qui avait aussitôt diffusé une photo du visage tuméfié du défunt, elle a dû avouer qu’il s’agissait d’un faux.

2001-2011 : Toujours des mystères

Autant de mystères ou du moins d’ambiguïtés qui s’ajoutent aux nombreuses zones d’ombre subsistant toujours sur les attentats du 11 septembre 2001, le fameux « 9-11 » qui a tant traumatisé l’Amérique. La miraculeuse découverte, sur les décombres fumants des deux Twin Towers new-yorkaises, du passeport (intact) de l’Egyptien Mohamed Atta censé avoir détourné puis piloté l’avion d’American Airlines qui s’était le premier écrasé contre le World Trade Center – manœuvre très délicate à réaliser, même pour un commandant de bord chevronné, alors qu’Atta, élève d’ailleurs médiocre selon son instructeur (qui avait informé le FBI, étonnamment resté sourd aux avertissements) n’avait pris que quelques leçons — reste ainsi totalement inexpliquée.

Ne comptant pas parmi les admirateurs de Ben Laden, fils d’un milliardaire yéménite ayant fait fortune en Arabie saoudite – puis placé son pécule dans le Fonds d’investissement Carlyle (*), en même temps que la famille Bush, l’ancien chef du Département d’Etat James Baker, le futur vice-président Dick Cheney, le banquier multinational George Sörös et diverses sommités de la CIA dont Frank Carlucci, qui introduisit le jeune Oussama dans la célèbre agence afin de l’utiliser comme intermédiaire avec les Moudjahhidine du peuple afghan qu’il pourvut largement en missiles Stinger, nous ne verserons pas une larme sur le disparu du 1er mai. Date qui ne doit sans doute rien au hasard dans la stratégie du locataire de la Maison-Blanche, candidat à sa propre succession.

Hussein, mais tombeur de l’idole djihadiste

Dans la perspective de cette seconde campagne électorale, outre Atlantique, la polémique avait rebondi l’été dernier : le président des Etats-Unis est-il vraiment citoyen américain ? Ressortait ainsi son formulaire d’inscription en 1979 à l’Occidental College de Los Angeles où Barack Obama, alias Barry Soetoro, du nom du second mari de sa mère, avait, en vertu de sa qualité d’Indonésien, sollicité – et obtenu – l’aide financière accordée aux étudiants étrangers par la célèbre Fondation Fulbright. Dès lors se posait la question cruciale de la « légitimité d’Obama à occuper la présidence », dix-huit dossiers dans ce sens ayant été déposés à la Cour suprême par des membres de la très active association « Americans for freedom of Information ».

Une légitimité considérée comme douteuse avant même l’élection du « Messie » qui, selon certains membres de sa famille paternelle, dont sa propre tante, serait né à Monbasa au Kenya, et non à Hawaï, et qui n’avait jamais fourni que des photocopies de ses documents d’identité. Mais, la controverse étant cette fois alimentée et utilisée par le magnat de l’immobilier et des médias Donald Trump, qui se verrait bien en candidat investi par le Parti républicain, il fallait en finir.   

Le 27 avril, lors d’une conférence de presse retransmise par toutes les chaînes de télévision, le président produisait donc le certificat de naissance délivré le 4 août 1961 par la maternité de Kapiolani, à Honolulu. De quoi faire taire les mauvaises langues. A ceci près que les mots BARACK HUSSEIN OBAMA y apparaissent en gros, alors que l’intéressé a toujours veillé à gommer son second prénom et, bien qu’ancien élève d’une école coranique en Indonésie, à se proclamer fervent chrétien.

La polémique a donc rebondi une fois de plus, cette fois à propos de la véritable appartenance religieuse du métis. Quoi de mieux, pour mettre fin à ce qu’il qualifie d’ « ignoble cabale à visée raciste » que d’apparaître, nouveau John Wayne, comme l’homme qui a tué Liberty Valance – pardon, Oussama Ben Laden, l’idole des djihadistes de tout poil, le phare du fondamentalisme islamique, l’ennemi public de la libre Amérique et de l’Occident depuis les massacres du 9-11 qu’il est censé avoir imaginés et commandités ?

Après l’élimination du personnage « le plus haï des Etats-Unis », exit l’exotique et ambigu Barack Hussein, reste le seul Mr President, celui qui aura mené à bien la mission sacrée que le très White-Anglo-Saxon-Protestant George W. Bush n’avait pu accomplir.

« Justice has been done », justice est faite, pouvait-il donc proclamer le 1er mai sans risque d’être contredit alors même que dans un pays où la Cour suprême a solennellement condamné la loi de Lynch, même si les procès de Nuremberg ont médiocrement illustré ce beau principe, toute bonne justice doit passer par un procès équitable, avec possibilité pour l’accusé de se défendre.

La servilité de Paris

Un point de détail qui semble avoir échappé aux gouvernants hexagonaux puisque, quelques heures plus tard, l’Elysée, sur son compte Twitter, puis le ministre des Affaires étrangères reprenaient servilement l’expression « Justice est faite », Alain Juppé affirmant en outre, au micro de France Inter le 2 mai au matin, « se réjouir de la mort de Ben Laden ».

Certes, on le savait déjà depuis le titre du fameux éditorial signé le 12 septembre 2001 par Jean-Marie Colombani, alors directeur du Monde, « Nous sommes tous des Américains », mais cette liesse semble singulièrement déplacée, ou en tout cas fort peu politique, à l’heure où quatre mille de nos soldats combattent en première ligne en Afghanistan – pour une cause que nul ne s’est jamais donné la peine de nous exposer clairement – et que six Français sont otages de différentes filiales d’Al Qaïda. Quelques jours après avoir sangloté sur le triste sort des huit Français tués dans l’attentat vraisemblablement commis par des djihadistes le 28 avril dans un café de Marrakech essentiellement fréquenté par des touristes venus en famille (et non, ce qui eût été à la rigueur plus compréhensible, membres de la jet-set décadente ayant envahi et perverti l’ancienne capitale impériale du Maroc), MM. Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont-ils mesuré le risque mortel qu’ils faisaient courir à nos compatriotes ? Une source proche du dossier des Français prisonniers d’AQMI au Sahel a ainsi exprimé à l’AFP son extrême inquiétude.

Car il se pourrait bien que, comme tant d’autres avant lui, Oussama Ben Laden, qui était un peu oublié, apparaisse « plus grand mort que vivant » et devienne le martyr de la cause arabe, le symbole des frustrations et des revendications arabo-musulmanes contre les « Croisés », surtout après la liquidation tout aussi brutale de Seif al-Arab, le plus jeune des fils Kadhafi, disparu ainsi que sa femme et ses jeunes enfants dans le bombardement de sa maison par des avions de l’OTAN.

Auquel cas le tant célébré « printemps arabe » prendrait un nouveau et encore plus dangereux tournant.

Camille Galic
3/05/2011

Note :

(*) Depuis 2008, l’activité mondiale des services financiers du Carlyle Group est pilotée par le banquier franco-américain Olivier Sarkozy, demi-frère de notre président. Sa mère, Christine de Ganay, se remaria avec l’ambassadeur états-unien Frank Wisner, spécialiste du Machrek et du Moyen-Orient et proche des « agences ». C’est à ce titre que le diplomate fut dépêché au Caire en février dernier par le Département d’Etat.

Correspondance Polémia – 4/05/2011

Image : Certificate of live birth

 

Camille Galic

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 14:39

Formidable image pro-vie sur un blogue catho américain !

Je ne connaissais pas le blogue Faillible Blogma, sous titré « Un commentaire social catholique », rédigé par un Américain encore jeune me semble-t-il, Matthew Warner, et placé sous le patronage de saint Joseph. Ce jeune blogueur et ses différentes prestations sur le net sont, me dit-on, très populaires chez les cathos américains.

Matthew a mis en ligne avant-hier une image pro-vie que je trouve formidable ! On attribue à Napoléon la formule célèbre : « Un bon croquis vaut mieux qu’un long discours ». L’image que vous allez découvrir l’illustre à merveille. Souvenez-vous, pour la savourer, des sophismes des militantes de l’avortement du type « Mon corps m’appartient »

Voici donc l’image, suivie immédiatement de quelques commentaires pour aider ceux qui ne sont pas anglophones.

 

@font-face { font-family: « Cambria »; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: « Times New Roman »; }div.Section1 { page: Section1; }

C’est la silhouette d’une femme enceinte. L’accolade noire à gauche dit « Votre corps ». La flèche noire à droite qui pointe vers le bébé, dit « Ce n’est PAS votre corps ». Le texte en rouge et en bas dit « CE N’EST PAS VOTRE CHOIX ! ». Et l’image renvoie au Psaume 139, v. 14 à v. 16, qui dit : « Je te célébrerai pour les terribles merveilles ; merveilles, que tes œuvres ! Mon âme, tu la connaissais bien, mes os n’étaient point cachés devant toi quand je fus fait dans le secret, brodé dans les profondeurs de la terre. Tous mes jours, tes yeux les voyaient et sur ton Livre ils étaient tous inscrits, mes jours étaient formés avant que pas un n’eût paru ».

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 07:42
100 clandestins par heure : l’invasion de Lampedusa a repris depuis vendredi
 

01/05/2011 – 19h45
LAMPEDUSA (NOVOPress) –
Lampedusa avait connu une semaine d’accalmie dans l’invasion, au point que le maire, Dino De Rubeis, avait réclamé mardi dernier le départ des militaires de l’île : «L’urgence migratoire est désormais terminée. Il n’y a plus à présent que 27 migrants. Mais, pour faire décoller le tourisme, il est nécessaire de démilitariser l’île». La ministre du tourisme, Michela Brambilla, avait de son côté, conformément à une promesse de Silvio Berlusconi, lancé une campagne publicitaire à la télévision pour inciter les Italiens à passer leurs vacances à Lampedusa. Les débarquements de clandestins, avait dit la ministre «sont un chapitre clos : nous pouvons assurer que Lampedusa est une destination d’excellence, pour ses beautés naturelles, artistiques et culturelles». Les spots télévisés « Lampedusa, une île à découvrir, un monde d’émotions » ont commencé à être diffusés vendredi, vidéo ci-dessous :

L’invasion a repris juste à ce moment. On se perd dans les chiffres, tant les arrivées se succèdent sans arrêt. Vendredi matin, on en était à quatre débarquements en 24 heures, pour un total de 1200 clandestins, dont 612 au milieu de la nuit de jeudi à vendredi. En dehors de 77 Tunisiens, débarqués dans la soirée de jeudi, tous ces clandestins venaient d’Afrique subsharienne. 288 sont arrivés à l’aube du vendredi. 500 autres ont été secourus de leur côté au large de Lampedusa et transférés directement sur le navire « Flaminia », qui est en rade afin de pouvoir transférer les immigrés sur le continent. On comptait, comme de juste, plusieurs femmes enceintes, dont l’une au huitième mois de grossesse, qui ont été transportées en hélicoptère à l’hôpital Cervello de Palerme.

Deux nouveaux bateaux sont arrivés dans la nuit de vendredi à samedi, tous deux en provenance de Libye. L’un, avec 360 clandestins, a débarqué sur la plage, l’autre, qui en transportait 715, a été secouru en mer à une dizaine de milles de l’île, et ses passagers ont été directement transférés sur la « Flaminia ».

Dans les premières heures de dimanche est arrivé encore un bateau parti de Libye, qui avait lancé un SOS la veille, alors qu’il se trouvait dans les eaux territoriales maltaises. Les immigrés avaient appelé avec un téléphone satellitaire en expliquant que leur bateau prenait l’eau. Le autorités maltaises avaient fait savoir qu’elles ne pouvaient intervenir, la mer étant trop mauvaise, et ce sont trois vedettes de la Garde côtière italienne qui se sont chargées de secourir le bateau. Il contenait 461 passagers, dont 44 femmes et six enfants. Traité d’assassin par la gauche pour n’avoir pu empêcher un bateau de clandestins de faire naufrage, le 6 avril dernier, le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni fait tous ses efforts pour que les clandestins arrivent désormais à bon port.

La situation à Lampedusa est redevenue très difficile. Plus de 1200 immigrés se trouvent actuellement sur l’île, et beaucoup ont dû passer la nuit à l’air libre, dans la cour du Centre d’accueil. La partie résidentielle de celui-ci, en effet, abrite environ 90 Tunisiens en attente d’être rapatriés, et les forces de l’ordre préfèrent ne pas mélanger ceux-ci aux réfugiés, pour prévenir des désordres ainsi que le risque d’évasions. Cette décision a suscité les protestations du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés qui, par l’intermédiaire de son porte-parole, Laura Boldrini, a exigé qu’une solution soit trouvée au plus vite, pour assurer le confort de tous.

Aux dernières nouvelles, 298 immigrés viennent encore d’arriver, et 300 autres, à la dérive à une quinzaine de milles de l’île, sont en train d’être secourus.
« En un jour, a déclaré Maroni, ce sont 3000 réfugiés qui sont arrivés de Libye. Si cela continue ainsi, ma prévision de 50 mille arrivées se réalisera ». Le ministre a tenu à souligner qu’il s’agissait désormais de réfugiés fuyant une guerre lesquels « ne peuvent être renvoyés tant qu’il y a la guerre en Libye, et la règle européenne est que, si les réfugiés arrivent dans un pays, ils doivent rester là ».

Dans une déclaration précédente, vendredi, Maroni avait fait le lien avec la décision de Berlusconi, à laquelle s’oppose la Ligue du Nord, de participer aux bombardements de l’OTAN sur la Libye. « Hier les bombardements italiens ont commencé, aujourd’hui 800 réfugiés sont arrivés de Libye. Bombes égalent clandestins. »

Le spot télévisé du gouvernement italien déclare : « Lampedusa : découvre ton Italie magique ! »
« Lampedusa : découvre le monde réel ! », voilà ce qu’il faudrait plutôt dire à tous les Européens.

 

 

La police ne sait plus à quel clandestin se vouer

Lu dans Minute à paraître demain :

T "Dans la nuit de dimanche à lundi, un Collectif des Lampédusiens à Paris (comme on vous le dit!) a investi  une annexe technique d’un service d’architecture de la mairie de Paris. Objectif: obtenir des papiers «pour être libres» (travailler). Ils ignorent manifestement que le salariat est un esclavage. L’occupation faisait suite au placement en centre de rétention de plusieurs centaines de Tunisiens qui s’étaient installés square de Pantin la semaine dernière. Sur place lundi matin, un représentant de la mairie informait les curieux qu’il y avait 114 hommes à l’intérieur du bâtiment «alors que nous en attendions 140». Quasiment une bonne nouvelle! «Nous en attendions 140?» Il semble que le maire de Paris ait été informé de cette opération menée dans ses locaux  malgré la compassion sonnante et trébuchante qu’il leur a manifestée… ou à cause d’elle.

Dans un bouleversant communiqué publié le 26 avril, Delanoë avait annoncé que le contribuable parisien allait verser 100000 euros pour des « mesures d’urgence » en faveur de ces pauvres hères et que la Ville de Paris avait «missionné» France Terre d’asile «pour mettre en place des dispositifs de soutien et d’accompagnement, social et sanitaire, mais aussi d’accès à des hébergements hôteliers». Tant d’égard a manifestement blessé l’amour-propre des réfugiés, puisque la grande banderole déployée lundi matin sur la façade de l’immeuble parisien clamait: «Ni police ni charité!» Et ils réclamaient «un lieu pour s’organiser». [...]

Dans le bâtiment, 114 personnes donc, sans compter les militants «anarchistes et associatifs» qui dictent aux malheureux – dont beaucoup ne parlent pas français – leurs slogans et leurs revendications. Une vraie manipulation du malheur avec comme mot d’ordre de s’en prendre particulièrement à la police à coups d’insultes claires et répétées. Entre deux chants, les slogans fusent des fenêtres, type « La police digage! » [dégage]. A l’extérieur, une poignée de quinquagénaires-sympas-et-engagés est fin prête à dégainer caméras et appareils photo s’il venait à la police l’idée suspecte de faire respecter la loi. Cette occupation dans Paris en dit long sur la schizophrénie actuelle: celle d’un pouvoir politique qui tergiverse en fonction des médias, celle des élus qui prennent le parti des hors-la-loi et celle des médias qui livrent des infos tronquées allant jusqu’à parler de rafle, alors que les «raflés» plastronnent au coeur de la capitale. Et pendant ce temps, la police ne sait plus à quel clandestin se vouer. Jusqu’à quand?"

C'est signe que l'exode, interrompu depuis quinze jours à partir de la Tunisie, a repris à large échelle, en provenance de Libye cette fois.
C'est signe que l'exode, interrompu depuis quinze jours à partir de la Tunisie, a repris à large échelle, en provenance de Libye cette fois. Crédits photo : FILIPPO MONTEFORTE/AFP

En deux jours, trois mille immigrés partis de Libye sont arrivés à Lampedusa. Le ministre italien des Affaires étrangères redoute que leur nombre s'élève à 60.000.

À quatre heures du matin dimanche, la barque de pêche déglinguée partie de Libye est entrée dans le port de Lampedusa, étroitement encadrée par trois vedettes des gardes-côtes italiens. Au large de Malte, elle avait lancé un SOS par téléphone cellulaire car elle prenait l'eau dans une mer démontée. À bord se trouvaient 461 réfugiés, dont 44 femmes et six enfants, africains pour la plupart mais aussi asiatiques. La veille à minuit, une autre embarcation transportant 612 réfugiés était arrivée à Lampedusa. En l'espace de deux jours, trois mille immigrés partis de Libye ont mis pied sur cet îlot rocheux à mi-distance de la Sicile et de l'Afrique du Nord.

C'est signe que l'exode, interrompu depuis quinze jours à partir de la Tunisie, a repris à large échelle, en provenance de Libye cette fois. Ces migrants pourraient constituer l'avant-garde des réfugiés que Mouammar Kadhafi menace d'expulser dans les prochaines semaines en représailles des bombardements contre ses positions. Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, redoute que leur nombre s'élève à 60.000.

Silvio Berlusconi, une histoire de «trahison»

«Avec l'Italie, c'est désormais guerre ouverte», a déclaré samedi le colonel Kadhafi, accusant son ancien ami Silvio Berlusconi de «trahison». La Ligue du Nord, qui est au gouvernement, critique âprement la participation de l'Italie aux frappes aériennes. Elle est furieuse de n'avoir pas été consultée par le président du Conseil alors qu'elle est son allié le plus fidèle. Elle estime aussi que l'Italie en a déjà «assez fait» en ouvrant sept bases militaires à l'Otan et en participant au blocus naval. Pour l'un de ses dirigeants, le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni, ces nouvelles arrivées sont la «conséquence directe» des bombardements.

Pour prix du maintien de son alliance, la Ligue veut connaître la date précise de la fin des opérations militaires et réclame une réduction des effectifs militaires italiens au Liban et en Afghanistan. Un débat se déroulera demain à la Chambre des députés. Silvio Berlusconi a cherché à l'éviter en affirmant que les frappes faisaient partie du dispositif prévu par la résolution 1973 du Conseil de sécurité. Il lui faut maintenant manœuvrer serré pour éviter la censure.

LIRE AUSSI :

» Jusqu'à 70 migrants par jour dans la région de Nice

» Lampedusa : une circulaire contre les flux migratoires

» Rome offre la France aux immigrés tunisiens

 

 

Tarek : « Au cours du trajet pour Lampedusa, douze filles ont été jetées à la mer »

Addendum 2/05/11 : Un article publié le 29 avril par La Marseillaise confirme cette pratique de « délestage » qui ne semble pas émouvoir plus que cela la presse et les associations féministes ou de défense des droits de l’homme (et de la femme)…

Hamed a vu « un zodiac virer 17 femmes par-dessus bord pour délester l’embarcation. »
La Marseillaise

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Les femmes et les enfants d’abord ?

6/04/11 – Dans un article du Figaro consacré aujourd’hui à Vintimille, « un Sangatte entre France et Italie », nous apprenons que de jeunes clandestines tunisiennes seraient en priorité jetées par dessus bord par les hommes pour éviter de chavirer au large de Lampedusa… Cette pratique pourrait en partie expliquer l’absence quasi totale de femmes parmi les jeunes Tunisiens débarquant chaque jour à Lampedusa.

[...] Tous, exclusivement des hommes jeunes, plutôt pauvres et rarement francophones, racontent la même histoire. Comme Tarek, 20 ans, parti il y a vingt jours de Kairouan.

«Nous étions entassés à 150 dans un bateau prévu pour 60, explique le garçon. Au cours du trajet pour Lampedusa, douze filles ont été jetées à la mer. Puis j’ai été transféré en Sicile, je me suis échappé et j’ai pris le train. Mais maintenant je n’ai plus d’argent alors, ce soir, je pars moi aussi par la plage.»

 

Leur unique obsession: passer la frontière. «La plupart veulent aller en France, en Belgique, aux Pays-Bas ou en Scandinavie, confirme Gaetano Scullino, le maire de la ville venu superviser les opérations. [...]

Le Figaro 

Montreuil (93) : Une marche contre l’exclusion des mère voilées lors des sorties scolaires 

Réaction du rappeur Abd al Malik en fin de reportage

 

La mairie de Paris débloque 100 à 200 places d’hôtel pour les immigrés tunisiens

Toutefois, nous avons débloqué 100 places d’hôtel depuis 5 jours. Nous en trouverons 20 à 30 de plus dès la nuit du 2 au 3 mai et parallèlement nous cherchons un endroit susceptible de permettre à 80 d’entre eux de trouver refuge. »
Pascale Boistard, adjointe PS au maire de Paris en charge de l’intégration.

Le Monde

François Chérèque (CFDT) : «Nous devons accueillir les immigrés tunisiens»

Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a affirmé dimanche 1er mai sur Europe 1 que la France et l’Europe devaient accueillir «au moins provisoirement» les migrants tunisiens, ajoutant que ce n’était pas «une invasion».

Cessons de parler de la France dépassée par cette immigration-là, nous n’en sommes pas là.

François Chérèque a estimé que «dans un premier temps, le problème n’est pas de se demander si on a les moyens de leur donner du travail, mais d’être solidaires et de les accueillir».

«Nous nous devons de les accueillir, ne serait-ce que provisoirement, et quand je dis nous c’est la France et l’Europe», a répondu le leader de la CFDT, ajoutant: «quitte à débattre, à négocier pour le retour de ces personnes lorsqu’ils (les Tunisiens) auront choisi cet été un gouvernement élu démocratiquement».

Pour le responsable CFDT, «on ne doit pas agir tel qu’on le fait actuellement (…), ce n’est pas une invasion». François Chérèque estime aussi que «la France et l’Europe n’aident pas assez la Tunisie économiquement». […] «La France est un des pays d’Europe où il y a le moins d’immigration, les immigrations du travail sont des immigrations régulées et qui sont face à des emplois réels et pourvus», a-t-il poursuivi.

Nouvel Obs

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 18:51

Exposé des réserves

sur la prochaine béatification de Jean-Paul II

 

La béatification prochaine de Jean-Paul II, prévue le 1er mai 2011, a soulevé de sérieuses préoccupations chez un grand nombre de catholiques dans le monde entier, qui s’inquiètent de la situation de l’Eglise et des scandales qui l’ont accablée ces dernières années, scandales qui ont incité le Pape Benoît XVI à déclarer le jour du Vendredi Saint de l’année 2005 : « Que de souillures dans l’Eglise, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement. » C’est notre propre inquiétude que nous exprimons par ce moyen public, restant fidèles à la loi de l’Eglise qui déclare : « Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, les fidèles ont le droit et même parfois le devoir de donner aux pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Eglise et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l’intégrité de la foi et des mœurs et la révérence due aux pasteurs, en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes. » [CIC (1983), Can. 212, § 3] Ce que nous croyons en conscience être le bien de l’Eglise nous oblige à exprimer nos réserves concernant cette béatification. Nous le faisons pour les raisons suivantes, même si d’autres raisons pourraient encore être avancées.

La vraie question

Précisons, pour commencer, que nous ne présentons pas ces considérations comme des arguments contre la piété ou l’intégrité personnelles de Jean-Paul II, que nous devons présupposer. Il ne s’agit pas de considérer sa piété ou son intégrité personnelles en tant que telles, mais plutôt de savoir s’il y a un fondement objectif à proclamer que Jean-Paul II a fait preuve de vertus héroïques dans l’exercice de ses fonctions élevées de pape, de telle sorte qu’il doive être mis immédiatement sur la voie de la canonisation et donné en modèle de pontife à tous ses successeurs.

L’Eglise a toujours reconnu que la question des vertus héroïques dans un procès en béatification était inextricablement liée à l’exercice héroïque par le candidat des devoirs de son état de vie. Comme l’a expliqué le pape Benoît XIV (1675-1758) dans son enseignement sur la béatification, l’accomplissement héroïque du devoir d’état se traduit par des actes si difficiles qu’ils sont « au-dessus des forces communes des hommes« , qu’ils « sont accomplis promptement, facilement« , « avec une joie sainte » et « assez fréquemment, lorsque l’occasion s’en présente« . [Cf. De servorum Dei beatificatione, Livre III, chap. 21 in Reginald Garrigou-Lagrange, Les Trois Ages de la Vie Intérieure, Vol. 2, p. 443].

Supposons qu’un père de famille nombreuse ait été présenté comme candidat à la béatification. On n’aurait pas grand espoir de voir avancer sa cause s’il se trouvait que, quoique pieux, il avait constamment échoué à corriger et à éduquer correctement ses enfants qui lui désobéissaient sans cesse et suscitaient le désordre dans sa maison, au point de combattre ouvertement la Foi alors même qu’ils vivaient sous son toit ; ou bien si, quoiqu’attentif à ses prières et à ses devoirs spirituels, il avait négligé de subvenir aux besoins de sa famille par son travail, et laissé ainsi son foyer courir à la ruine.

Lorsque le candidat à la béatification est un pape – Père de l’Eglise universelle – la question ne porte pas seulement sur sa piété et sa sainteté personnelles, mais aussi sur le soin qu’il a eu de l’immense domaine de la Foi que Dieu lui a confié, et pour lequel Dieu accorde au pape des grâces d’état extraordinaires. Voilà quelle est la vraie question : Jean-Paul II a-t-il accompli héroïquement ses devoirs de Souverain Pontife à la manière de ses prédécesseurs canonisés, ses devoirs que l’on peut énumérer ainsi : en combattant l’erreur, en défendant avec courage et promptitude son troupeau contre les loups féroces qui la propagent, et en protégeant l’intégrité de la doctrine et du culte divin de l’Eglise ? Nous craignons que, dans les circonstances de cette béatification « expresse », cette question de fond n’ait pas reçu toute la considération patiente et attentive qu’elle mérite.

Une pression populaire disproportionnée

Parmi les circonstances qui nous inquiètent, on peut citer la pression inopportune de la « demande populaire » de béatification, manifestée par le slogan « Santo subito ! » ( »Saint tout de suite ! »). C’est précisément dans le but d’éviter l’influence d’une émotion populaire éphémère et de permettre les conditions d’un jugement historique dépassionné, que la loi de l’Eglise prescrit sagement d’attendre un délai de cinq ans avant même d’entamer un procès de béatification. Pourtant, dans cette affaire, on s’est dispensé de ce délai prudent. C’est ainsi qu’un procès qui devrait avoir à peine commencé, se trouve maintenant presque à son terme, comme s’il s’agissait de satisfaire immédiatement à la volonté populaire, même si ce n’en est pas l’intention.

Nous sommes conscients du rôle de l’acclamation populaire, même dans la canonisation des saints, dans certains cas exceptionnels. Le pape saint Grégoire le Grand, par exemple, a été canonisé par acclamation populaire presque immédiatement après sa mort. Mais ce pontife romain hors du commun a été, ni plus ni moins, le fondateur de la civilisation chrétienne, posant les bases à la fois spirituelles et structurelles de l’Eglise et de la Chrétienté, qui ont perduré de siècle en siècle.

De même, le pape saint Nicolas Ier, le dernier pape honoré par l’Eglise du titre de « grand », a joué un rôle déterminant dans la réforme de l’Eglise lors d’une grande crise de la Foi et de la discipline touchant en particulier le haut de la hiérarchie ecclésiastique, dont il a affronté les membres corrompus avec courage, et c’est à juste titre qu’il est considéré comme le véritable sauveur de la civilisation chrétienne, au temps où sa survie même était mise en doute.

En outre, l’acclamation populaire des bienheureux et des saints nous vient d’un temps où l’écrasante majorité des gens demeurait fidèle et soumise à l’Eglise. La question se pose aujourd’hui : Quelle est la valeur d’une demande populaire pour cette béatification, à une époque où l’immense majorité de ceux qui se disent catholiques rejette purement et simplement tout enseignement en matière de Foi ou de morale, considéré par eux comme inacceptable – et en particulier l’enseignement infaillible du Magistère sur le mariage et la procréation ?

Un héritage encombrant

En toute sincérité, nous sommes contraints d’observer en comparaison que, étant donné la situation de l’Eglise telle qu’il l’a laissée, le pontificat de Jean-Paul II ne peut objectivement justifier une béatification par acclamation populaire, encore moins la canonisation immédiate que les foules ont réclamée à grands cris. Une honnête estimation des faits oblige à conclure que le pontificat de Jean-Paul II a été marqué, non par le renouvellement et la restauration que nous observons durant les pontificats de ses plus éminents prédécesseurs, mais plutôt, pour reprendre la célèbre remarque de l’ancien cardinal Ratzinger [Cf. L’Osservatore Romano, 9 novembre 1984], par l’accélération du « processus continu de décadence« , en particulier dans les nations de tradition chrétienne d’Europe occidentale, des Amériques et du Pacifique.

Cette réalité objective apparaît encore plus lorsque l’on considère que le défunt pape lui-même, à la toute fin de son pontificat, se lamentait de « l’apostasie silencieuse » d’une Europe autrefois chrétienne [Cf. Ecclesia In Europa (2003), n. 9]. De plus, son successeur a depuis publiquement décrié le « processus de sécularisation » qui « a produit une grave crise du sens de la foi chrétienne et de l’appartenance à l’Eglise. » En cette occasion, le pape Benoît XVI a annoncé la création d’un nouveau Conseil Pontifical dont la mission spécifique sera de « promouvoir une évangélisation renouvelée dans les pays où a déjà retenti la première annonce de la foi [...], mais qui vivent une sécularisation progressive de la société et une sorte d’« éclipse du sens de Dieu » [...] » [Cf. Homélie des Vêpres du 28 juin 2010].

La pénétration de cette « apostasie silencieuse » parmi les membres de l’Eglise elle-même est apparue encore plus évidente après le Second Concile du Vatican. Avant le Concile, le monde dans son ensemble subissait un déclin vertigineux et chaque pape le mettait en garde, mais à l’intérieur de l’Eglise, la Foi restait ferme, la liturgie était intacte, les vocations abondantes, les familles nombreuses – jusqu’à la grande « ouverture au monde » conciliaire.

 

L’encombrant héritage de Mgr Joseph Ratzinger…

Le Souverain Pontife actuel, écrivant en tant que cardinal Ratzinger, au milieu du pontificat de 27 ans de son prédécesseur, a établi une partie du diagnostic de l’apparition soudaine d’une crise postconciliaire sans précédent dans l’Eglise : « Je suis convaincu que la crise ecclésiastique dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui est due en grande partie à l’effondrement de la liturgie… » [La Mia Vita (1997), p. 113: “Sono convinto che la crisi ecclesiale in cui oggi ci troviamo dipende in gran parte dal crollo della liturgia...”]

L’idée que l’Eglise n’a subi absolument aucun « effondrement de la liturgie » avant Vatican II et les « réformes » entreprises en son nom, nécessite à peine une démonstration. Quinze ans seulement après le Concile, dans la deuxième année de son pontificat, Jean-Paul II lui-même a publiquement demandé pardon pour la perte soudaine et dramatique de la foi et du respect eucharistiques, à la suite des « réformes liturgiques » approuvées par Paul VI : « En arrivant au terme de ces considérations, je voudrais demander pardonen mon nom et en votre nom à tous, vénérés et chers Frères dans l’épiscopatpour tout ce qui, en raison de quelque faiblesse humaine, impatience, négligence que ce soit, par suite également d’une application parfois partielle, unilatérale, erronée des prescriptions du Concile Vatican II, peut avoir suscité scandale et malaise au sujet de l’interprétation de la doctrine et de la vénération qui est due à ce grand sacrement. Et je prie le Seigneur Jésus afin que désormais, dans notre façon de traiter ce mystère sacré, soit évité ce qui peut affaiblir ou désorienter d’une manière quelconque le sens du respect et de l’amour chez nos fidèles. » [Dominicae Cenae (1980), §12]

Mais cette repentance étonnante de Jean-Paul II n’a jamais été suivie d’aucune action décisive pour enrayer l’effondrement complet de la liturgie tout au long des vingt-cinq années suivantes de son règne. Bien au contraire, en 1988, année du vingt-cinquième anniversaire de la constitution Sacrosanctum Concilium, le pape a salué « les réformes qu’elle a permis de réaliser » comme étant « le fruit le plus apparent de toute l’œuvre conciliaire« , notant que « pour beaucoup, le message du Deuxième Concile du Vatican a été perçu avant tout à travers la réforme liturgique« . De fait ! En ce qui concerne l’effondrement manifeste de la liturgie, le pape s’est contenté de remarquer divers abus se produisant « parfois », en insistant néanmoins sur le fait que « les pasteurs et le peuple chrétien, dans leur immense majorité, ont accueilli la réforme liturgique dans un esprit d’obéissance et même de ferveur joyeuse. » [Vicesimus Quintus Annus (1988), § 12]

Pourtant aujourd’hui la majorité des chrétiens ne croient même pas à la Présence réelle du Christ dans la Sainte Eucharistie, qu’ils reçoivent dans la main, des mains non consacrées de ministres laïcs, comme s’il s’agissait d’un banal morceau de pain, ce qui est exactement la façon dont ils la traitent. De plus, allant de pair avec l’attitude quasi universelle d’obéissance sélective au Magistère, l’usage des moyens contraceptifs est largement répandu parmi les catholiques, dont la vision de la contraception diffère peu de celle des protestants, selon d’innombrables sondages et études. Ceci est également rendu visible par la chute vertigineuse des taux de natalité et leur niveau misérable aujourd’hui parmi les populations catholiques d’Occident, qui n’ont même pas assez d’enfants pour se renouveler. C’est pourquoi Jean-Paul II lui-même a mentionné « la peur partout répandue de donner vie à de nouveaux enfants » au sein de « l’apostasie silencieuse » qu’il déplore dans Ecclesia in Europa. En fait, on ne peut contester que le taux de natalité le plus haut dans les milieux catholiques se trouve chez les « traditionalistes » qui ne participent pas à la liturgie réformée ou qui, n’ayant pas d’autre choix, l’endurent sans la moindre trace de « ferveur joyeuse ».

De plus, il est manifeste que Jean-Paul II a lui-même contribué à l’effondrement liturgique par ses actes. Pour la première fois de son histoire, l’Eglise a vu sous son pontificat la nouveauté scandaleuse des « servantes d’autel », au sujet desquelles le pape est revenu sur sa décision première qui proscrivait cette innovation comme étant incompatible avec la tradition bimillénaire de l’Eglise. Puis, il y a eu les liturgies papales « inculturées » incluant de la musique rock et des éléments franchement païens, comme le spectacle effarant de la lecture de l’épître par une femme aux seins nus en Nouvelle-Guinée, de danseurs aztèques tournoyants et emplumés agitant des crécelles, ainsi que d’un « rite de purification » au Mexique, et d’une « cérémonie de la fumée » aborigène en lieu et place du rite pénitentiel en Australie. L’excuse selon laquelle le pape n’aurait rien su à l’avance de ces aberrations liturgiques est démentie par le choix (qu’il a fait lui-même) et le maintien de leur auteur et orchestrateur : Piero Marini, Maître des célébrations liturgiques pontificales de Jean-Paul II pendant près de vingt ans, en dépit de protestations universelles contre ses déformations grotesques de la liturgie romaine. Marini a finalement été remplacé en 2007 par le pape Benoît XVI, qui a fait preuve d’une grande clémence.

On est honnêtement forcé d’admettre que, si les grands papes d’avant le Concile avaient été témoins des liturgies papales de Jean-Paul II, ou simplement de l’état général du rite romain tout au long de son pontificat, ils en auraient éprouvé un mélange d’indignation et d’incrédulité horrifiée.

Mais la liturgie n’était pas la seule à s’être effondrée à la fin du dernier pontificat. Comme nous l’avons rappelé au début de cet exposé, le jour du Vendredi Saint 2005, juste avant de monter à son tour sur le Trône de Saint Pierre, l’ancien cardinal Ratzinger observait : « Que de souillures dans l’Eglise, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement. » [Cf. Homélie de la messe du Vendredi Saint, 2005]. Ces « souillures » auxquelles le cardinal faisait référence étaient bien évidemment le nombre incroyable de scandales sexuels mettant en cause des actes inqualifiables de la part de prêtres catholiques, sur toute la surface du globe – récolte de décennies de « renouveau conciliaire » dans les séminaires. Au lieu de sanctionner les évêques qui entretenaient cette immoralité dans les séminaires, la dissimulaient en mutant les prédateurs sexuels de place en place, puis ruinaient leurs diocèses en dommages et intérêts à verser aux victimes, Jean-Paul II a offert un refuge à plusieurs des prélats les plus scandaleusement laxistes. L’exemple le plus remarquable est peut-être celui du cardinal Bernard Law. Obligé de répondre devant un grand jury de sa négligence coupable à éradiquer la prédation homosexuelle galopante de prêtres du diocèse de Boston sur des jeunes garçons, ce qui a abouti au versement de 100 millions de dollars de dommages et intérêts répartis entre plus de 500 victimes, la « punition » administrée à Law par le pape, après sa démission d’archevêque en disgrâce, a été de le faire venir à Rome et de le gratifier de l’une des quatre splendides basiliques majeures, avec la fonction d’archiprêtre.

Et que dire de Mgr Weakland, ce théologien dissident notoire qui a admis dans une déposition avoir délibérément remis des prédateurs homosexuels dans le ministère actif, au sein du diocèse de Milwaukee, sans en avertir leurs paroissiens ni faire part à la police de leurs crimes ? Ayant conduit le diocèse au dépôt de bilan par le paiement des dommages et intérêts consécutifs, Weakland n’a achevé sa longue carrière de démolition de l’intégrité de la foi et de la morale – avec une publicité mondiale – qu’après la révélation de son détournement de 450.000 dollars de fonds diocésains pour acheter le silence d’un homme avec qui il avait eu une relation homosexuelle. Jean-Paul II a autorisé ce loup épiscopal à prendre sa retraite avec toute la dignité due à sa haute charge dans l’Eglise, après quoi une maison d’édition protestante a publié ses mémoires : Pilgrim in a Pilgrim Church : Memoirs of a Catholic Archbishop (Pèlerin dans une Eglise en pèlerinage : Mémoires d’un archevêque catholique). Et un critique admiratif a écrit que le livre « fait le portrait d’un homme imprégné des valeurs du Concile Vatican II, qui a eu le courage de les mettre en avant à la fois en tant que Père Abbé bénédictin et en tant qu’archevêque de Milwaukee« .

Les « souillures » qui ont accablé l’Eglise au cours du dernier pontificat incluent la longue histoire de prédation sexuelle du P. Marcial Maciel Degollado, fondateur des Légionnaires du Christ, présenté comme le véritable exemple du « renouveau » en action. Jean-Paul II a refusé d’entreprendre la moindre enquête sur les agissements de Maciel en dépit de l’accumumlation de preuves de ses crimes abominables qui, grâce à une publicité mondiale, sont désormais les plus célèbres jamais commis par un clerc catholique. Ne tenant aucun compte des procès canoniques bien connus et engagés de longue date par huit séminaristes des Légionnaires que Maciel avait sexuellement agressés, Jean-Paul II l’a couvert d’honneurs lors d’une cérémonie publique au Vatican en novembre 2004. Quelques jours après cependant, le cardinal Ratzinger « a pris sur lui d’autoriser une enquête sur Maciel. » [Jason Berry, Money Paved the Way for Maciel’s Influence in the Vatican (L'argent a pavé la route de l'influence de Maciel au Vatican), National Catholic Reporter, 6 avril 2010] Il a littéralement fallu attendre la mort de Jean-Paul II pour que Maciel puisse être sanctionné. Il a finalement été écarté du ministère actif et exilé dans un monastère dès que le cardinal Ratzinger est devenu le pape Benoît XVI. Mais tout cela ne représente qu’une part du tableau dépeint par un commentateur catholique de renom : « Jean-Paul II, le pape de haut vol, a laissé les scandales se répandre sous ses pieds, et il a échu au peu charismatique Ratzinger de les nettoyer. Ce modèle s’étend à d’autres problèmes épineux que le dernier pape avait tendance à éviter, comme la démolition de la liturgie catholique ou la montée de l’islam dans une Europe autrefois chrétienne. » [Ross Douthat, The Better Pope (Le meilleur pape), New York Times, 11 avril 2010]

Une autre raison d’avoir des réserves sur cette béatification est que, tout au long du pontificat de Jean-Paul II, les fidèles catholiques ont été stupéfaits et scandalisés par une quantité de déclarations et de gestes imprudents du pape, tels que l’Eglise n’en avait jamais connus en 2000 ans. Pour rappeler quelques-uns des exemples les plus connus :

  • Les nombreuses repentances théologiquement douteuses pour les fautes présumées des catholiques en des époques antérieures de l’histoire de l’Eglise

Le monde n’a évidemment pas vu ces mea culpa inédits du pape comme une démonstration édifiante de l’humilité de l’Eglise. Au contraire et comme c’était prévisible, ils ont été interprétés comme la reconnaissance de la culpabilité de l’Eglise en toutes sortes de crimes contre l’humanité. A l’exception des excuses apparemment oubliées de Dominicae Cenae, il n’y a pas eu de repentance pour l’incapacité catastrophique des membres vivants de la hiérarchie à préserver la foi et la discipline au milieu du « processus continu de décadence » et de « l’apostasie silencieuse ».

  • Les rencontres œcuméniques d’Assise en octobre 1986 et en janvier 2002

Durant la rencontre d’Assise 2002, le pape Jean-Paul II a attribué des lieux, au sein même du monastère de saint François, aux pratiquants de « toutes les grandes religions du monde« , de l’animisme au zoroastrisme, afin qu’ils puissent accomplir leurs différents rituels dans cette enceinte catholique sacrée. Se référant avec emphase à ces « lieux aménagés », le pape a déclaré à cette assemblée disparate qui incluait des adeptes du vaudou : « nous prierons selon des formes diverses, respectant les traditions religieuses de chacun. » [Cf. Discours aux représentants des différentes religions du monde présents à Assise (24 janvier 2002) et liste des participants disponibles sur : vatican.va]

L’impression qu’a inévitablement laissée l’événement d’Assise, en particulier à travers le prisme des media séculiers, a été que toutes les religions plaisent plus ou moins à Dieu – ce qui est précisément la théorie rejetée comme fausse par le pape Pie XI dans

son encyclique Mortalium Animos en 1928. Sinon, pourquoi le pape aurait-il convoqué tous leurs « représentants » à Assise pour offrir leurs « prières pour la paix » ? Est-il honnêtement possible de nier que chacun des prédécesseurs préconciliaires du pape aurait condamné ces exhibitions ?

  • Le baiser du Coran effectué en public par le pape lors de la visite à Rome d’un groupe de chrétiens et de musulmans irakiens

Le Patriarche catholique de rite chaldéen d’Irak a salué cet acte comme un « geste de respect » pour une religion dont l’essence est une négation de la Sainte Trinité et de la divinité du Christ, et dont l’histoire entière est marquée par la persécution des chrétiens, comme nous le voyons en ce moment même en Irak et dans les « républiques » islamiques du monde arabe.

  • L’exclamation stupéfiante du 21 mars 2000 en Terre Sainte : « Que saint Jean-Baptiste protège l’islam et tout le peuple jordanien… » [Homélie pontificale en Terre Sainte, sur : vatican.va]

Comment expliquer cette prière sans précédent pour la protection d’une fausse religion en elle-même (distincte de la personne de ses adeptes) au cours d’un sermon papal en Terre Sainte, justement à l’endroit qui a été libéré de l’islam pendant la 1ère Croisade ?

  • L’imposition de la croix pectorale, symbole de l’autorité épiscopale, à George Carey et à Rowan Williams

Ces anglicans, soi-disant archevêques de Canterbury, dont la validité des ordinations sacerdotales et épiscopales a été définitivement exclue par la Bulle Apostolicae Curae du pape Léon XIII en 1896, n’adhèrent pas même à l’enseignement de l’Eglise sur des questions élémentaires de morale fondées sur la loi divine et naturelle. [Cf. John Allen, Papal Deeds Speak Louder (Les actes du pape parlent plus fort), National Catholic Register, November 8, 2002]

  • La participation active du pape Jean-Paul II à un culte païen dans une « forêt sacrée » du Togo

Le propre journal du pape rapporte comment, dès son arrivée sur les lieux, « un sorcier a commencé à invoquer les esprits : ‘Puissance de l’eau, je vous invoque. Ancêtres, je vous invoque’. A la suite de cette invocation des « esprits », le pape s’est vu présenter « un récipient plein d’eau et de farine. [Il s'est] d’abord incliné légèrement, puis a dispersé le mélange dans toutes les directions. Le matin, il avait effectué le même geste avant la messe. Ce rite païen (!) signifie que celui qui reçoit l’eau, symbole de prospérité, la partage avec ses ancêtres en la jetant sur le sol. » [L’Osservatore Romano, édition italienne, 11 août 1985, p. 5]

Peu après son retour à Rome, le pape a exprimé sa satisfaction d’avoir participé publiquement à la prière et au rituel des animistes. « La rencontre de prière au sanctuaire du Lac Togo fut particulièrement marquante. Là-bas, j’ai prié pour la première fois avec des animistes. » [La Croix, 23 août 1985] On pourrait penser que ce seul cas lui-même – non seulement sans repentir, mais vanté en public – devrait être suffisant pour anéantir la cause de Jean-Paul II au procès de canonisation. Car selon le propre aveu du pape, il a « prié… avec des animistes ». Et ce type d’action – participation directe et formelle à un culte païen – est une chose que l’Eglise a toujours jugée comme étant objectivement gravement peccamineuse. Ainsi que l’enseigne le Catéchisme de l’Eglise Catholique, il n’y a pas seulement idolâtrie dans l’adoration de faux dieux ou d’idoles en tant que tels, mais également lorsque l’on « honore et révère une créature à la place de Dieu, qu’il s’agisse des dieux ou des démons (par exemple le satanisme), de pouvoir, de plaisir, de la race, des ancêtres, de l’Etat , de l’argent, etc. (…) L’idolâtrie récuse l’unique Seigneurie de Dieu ; elle est donc incompatible avec la communion divine. » [CEC § 2113]

Mais ce n’est là que le plus scandaleux, sans doute, parmi de nombreux incidents similaires sous le pontificat de Jean-Paul II. Il est intéressant d’observer quel a été le verdict de l’Eglise au IVe siècle au sujet du pape Libère, premier évêque de Rome à ne pas être proclamé saint. Libère a hérité de cette « distinction » douteuse pour avoir, alors qu’il était en exil et sous l’oppression tyrannique d’un empereur persécuteur, souscrit à une doctrine ambiguë favorable à l’arianisme et pour avoir excommunié Athanase, le champion de l’orthodoxie trinitaire. Même si après sa libération et son retour à Rome, il a promptement rétracté ces actes lamentables et soutenu de nouveau la doctrine orthodoxe jusqu’à la fin de son pontificat, la canonisation lui a pourtant été refusée.

  • L’office des vêpres « œcuméniques » dans la Basilique Saint-Pierre, le cœur de l’Eglise visible, au cours duquel le pape a consenti à prier en commun avec des « évêques » luthériens, parmi lesquels des femmes se prétendant successeurs des Apôtres

Ce spectacle a bien entendu soulevé la question de savoir si le Pape sapait son propre enseignement contre l’ordination des femmes. [Cf. Allen, loc. cit.]

En somme, tout examen objectif des faits montre que Jean-Paul II a gouverné et laissé derrière lui une Eglise demeurée en crise après le bouleversement qui a immédiatement suivi le Concile Vatican II. Il est vrai que son pontificat a comporté des réalisations véritablement positives, comme la défense admirable et sans compromis de la vie humaine face à une « culture de mort » grandissante, un enseignement de grande valeur dans plusieurs encycliques sociales importantes, une déclaration infaillible sur l’impossibilité de l’ordination des femmes, et le motu proprio (Ecclesia Dei) qui a au moins préparé le terrain à la « libération » de la messe latine traditionnelle par le pape Benoît XVI. Nous ne mettons pas non plus en doute sa piété personnelle ni sa vie intérieure, évidentes pour ceux qui l’ont côtoyé, et que nous avons reconnues au début de cet exposé.

On ne peut nier cependant que tous les prédécesseurs de Jean-Paul II auraient été abasourdis et consternés par la désobéissance désastreusement répandue, la dégradation liturgique, la confusion doctrinale, les affaires de mœurs, et le déclin de l’assistance à la messe qui a perduré jusqu’à la fin de son pontificat – tout cela renforcé par des nominations épiscopales souvent peu judicieuses et par ces déclarations et actes pontificaux extrêmement discutables que nous avons rappelés plus haut. Même Paul VI, le pape de la réforme, dont les initiatives œcuméniques et interreligieuses sont restées beaucoup plus prudentes que celles de Jean-Paul II, aurait été effaré de l’état de l’Eglise à la fin du long règne de Jean-Paul II. Et c’est le pape Paul VI lui-même qui a décrit la débâcle postconciliaire déjà galopante, avec les mots les plus durs jamais entendus de la bouche d’un Souverain Pontife : « Par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans le temple de Dieu : nous voyons le doute, l’incertitude, les problèmes, l’inquiétude, l’insatisfaction, l’affrontement.(…) Le doute est entré dans nos consciences, et il est entré par des fenêtres qui devraient être ouvertes à la lumière.(…) Cet état d’incertitude règne jusque dans l’Eglise. On espérait qu’après le Concile une journée de soleil aurait brillé sur l’histoire de l’Eglise. Au lieu de cela, c’est un jour de nuages, de tempête, de ténèbres, de tâtonnement, d’incertitude qui est venu.(…) Comment cela s’est-il produit ? Nous allons vous confier ce que nous pensons : une puissance adverse est intervenue dont le nom est le démon… » [Paul VI, Insegnamenti, Ed. Vaticana, Vol. X, 1972, p. 707]

Comme Jean-Paul II après lui, Paul VI n’a pris aucune mesure efficace pour faire face à une débacle que seul le pape, et uniquement le pape, aurait pu empêcher, ou tout au moins étroitement circonscrire.

Et c’est bien Mgr Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, qui a repris ces aveux désastreux du pape Paul VI dans son discours aux prêtres européens de la Fraternité Saint-Pierre, le 2 juillet 2010, à Wigratzbad. Mgr Pozzo l’a reconnu à cette occasion : « Malheureusement, les effets décrits par Paul VI n’ont pas disparu. Une pensée étrangère est entrée dans le monde catholique, jetant la confusion, séduisant beaucoup d’esprits et désorientant les fidèles. Il y a un ‘esprit de démolition’ imprégné de modernisme… » La crise postconciliaire, a-t-il observé, comprend une « idéologie para-conciliaire » qui « reprend en substance l’idée du modernisme, condamné au début du XXe siècle par saint Pie X. » »

Mais qui, sinon le dernier pape, et son prédécesseur, porte une part de responsabilité dans l’extension de cette idéologie para-conciliaire hétérodoxe dans tout le monde catholique ? Certes Jean-Paul II, comme Paul VI, a promulgué un grand nombre de documents magistériels dans la ligne de la doctrine traditionnelle qui étaient dirigés contre cette hétérodoxie. Mais la question qui se pose maintenant est celle-ci : son témoignage a-t-il été assez fort et assez consistant pour qu’il puisse être lui-même qualifié de défenseur héroïque de la foi et de la morale orthodoxes ? Ou plutôt, ses propres innovations discutables en paroles et en actes, ainsi que ses omissions et son manque de fermeté dans le gouvernement de l’Eglise, ont-ils eu pour effet global de reprendre de la main gauche ce qu’il donnait de la main droite ?

A ce propos, nous remarquons cette ironie suprême : alors qu’une résurgence de l’hérésie moderniste engendrait le chaos dans toute l’Eglise, Jean-Paul II n’a jugé opportun d’annoncer personnellement l’excommunication que de cinq personnes en vingt-sept années de pontificat : celles de feu l’archevêque Marcel Lefebvre et des quatre évêques qu’il a consacrés en 1988 pour la Fraternité Saint-Pie X[1], dont le but est précisément (que l’on soit d’accord ou non avec leur approche) de lutter contre « l’idéologie para-conciliaire » mentionnée par Mgr Pozzo, selon le programme du pape saint Pie X dont leur société porte le nom. (NB : Jean-Paul II n’a pas annoncé personnellement l’excommunication de Tissa Balasuriya[2], qui de toute façon a été « désexcommunié » un an plus tard).

Comme tout le monde le sait, le pape Benoît XVI a levé au début de l’année 2009 les excommunications qui frappaient les quatre évêques de la Fraternité. Il a déclaré depuis « qu’avec la reconnaissance de la primauté du pape, ces évêques, du point de vue juridique, devaient être libérés de l’excommunication« . [Lumière du monde, p. 42] Mais ils avaient toujours reconnu la primauté du pape, contrairement à ces multitudes de catholiques – laïques, prêtres, religieuses, théologiens, et même certains évêques – qui l’ont niée de fait en s’écartant ouvertement des enseignement les plus fondamentaux du Magistère, pendant que le Vatican n’a rien fait ou presque pendant plus d’un quart de siècle contre eux.
De même, l’infortuné Paul VI, au beau milieu de « l’auto-démolition » croissante de l’Eglise qu’il dénonçait lui-même, a réservé ses mesures disciplinaires les plus dures à la Fraternité et à Mgr Lefebvre, qu’il a réprimandé nominalement et en public, avant d’ordonner qu’il fût suspens a divinis, tandis que des rebelles à la théologie et à la liturgie mettaient l’Eglise à sac en toute impunité dans le monde entier.

Bien peu aujourd’hui proposent sérieusement la béatification de Paul VI, qui a précipité la débâcle à laquelle il présidait, sans même faire le minimum nécessaire pour la circonscrire. En fait, il n’y a pas eu de procès en béatification du pape Paul VI avant que Jean-Paul II le fasse ouvrir au niveau diocésain, en 1993. Il n’a pas progressé depuis, ayant, semble-t-il, subi un coup d’arrêt en raison d’objections graves qui ne sont pas sans rappeler quelques-unes de celles que nous avons suggérées ici. Et ainsi nous devons poser cette question : pourquoi une telle précipitation à béatifier Jean-Paul II, alors qu’il a poursuivi sans dévier le même programme imprudent de réformes que celui de son prédécesseur, y ajoutant toute une série d’innovations que même le pape Paul VI, ce personnage hautement tragique, n’aurait pas osé hasarder ? Au moins Paul VI a-t-il eu l’honnêteté d’admettre qu’il avait vu la fumée de Satan entrer dans l’Eglise, et non un « nouveau printemps de vie chrétienne qui devra être révélé par le grand Jubilé si les chrétiens savent suivre l’action de l’Esprit Saint. » [Lettre apostolique Tertio Millennio Adveniente (1994) § 18]

Pour l’amour de la vérité, nous devons tirer franchement la conclusion qui s’impose : aucun pape béatifié ni canonisé dans l’histoire de l’Eglise n’a laissé un héritage aussi trouble que celui de Jean-Paul II, et probablement aucun pape du tout à l’exception de Paul VI.

Un miracle douteux

 

Enfin, nous ne pouvons manquer de noter que le seul miracle sur lequel la béatification toute entière repose – la prétendue guérison d’une religieuse française, Sœur Marie Simon-Pierre, déclarée atteinte de la maladie de Parkinson –, laisse songeur. D’une part, le diagnostic même de la maladie de Parkinson laisse place au doute ; il manque le seul test définitif reconnu par la science médicale : l’autopsie du cerveau. Il peut aussi s’agir de symptômes d’autres désordres, susceptibles d’une rémission spontanée et très semblables à ceux de la maladie de Parkinson. D’autre part, le lien entre la guérison présumée de la religieuse et la « nuit de prières à Jean-Paul II » semble douteux. Les prières faites ont-elles exclu l’invocation de tout autre saint et de tous les saints reconnus ?

En comparaison, considérons les deux miracles – c’est Jean-Paul II lui-même qui en a réduit l’exigence à un seul – que Pie XII a jugé suffisants pour béatifier Pie X. Le premier concerne une religieuse qui, ayant un cancer des os, a été guérie instantanément après l’application d’une relique de Pie X sur sa poitrine. Le second concerne une religieuse dont le cancer a disparu quand elle a touché une statue reliquaire de Pie X. Dans le cas présent, on ne trouve pas une telle connexion indiscutable entre la prétendue guérison et une relique putative de Jean-Paul II.
Il n’est pas question ici du magistère infaillible de l’Eglise ; l’évaluation de ce seul miracle est un jugement d’ordre médical susceptible d’erreur. Imaginez les dommages pour la crédibilité de l’Eglise si cette religieuse devait voir un jour la réapparition de ses symptômes. De fait, en mars de l’année dernière, le quotidien Rzeczpospolita, l’un des journaux polonais les plus sérieux, a rapporté qu’il y avait eu un certain retour des symptômes et que l’un des deux médecins-conseils avait exprimé des doutes sur le miracle présumé. Cet article a amené l’ancien préfet de la Congrégation pour les causes des saints, le cardinal José Saraiva Martins, à divulguer à la presse qu’« il se pourrait que l’un des deux médecins-conseils puisse avoir quelques doutes. Et cela a malheureusement transpiré. » Le cardinal a révélé en outre que « les doutes devraient appeler une enquête plus approfondie. Dans de tels cas, a-t-il dit, la Congrégation demande à d’autres médecins de se saisir du cas et de donner leur avis. » [Nicole Winfield, Associated Press, Le « miracle » de Jean-Paul II examiné plus à fond, 28 mars 2010]

Un médecin a mis en doute le miracle, et quand ses doutes « ont filtré » de façon imprévue, d’autres médecins ont été saisis du cas, – et ce, il y a moins d’un an ! Avons-nous vraiment vu ce genre de guérisons miraculeuses indubitablement reconnues par Pie XII pour la béatification de Pie X ?

Les conséquences probables de cette béatification

Encore une fois, la vraie question concernant cette béatification n’est pas de savoir si Jean-Paul II fut un homme bon ou un saint, mais plutôt ce que sa béatification signifierait pour les gens qui ne prêtent aucune attention à la distinction entre béatification et canonisation. Cela signifierait que l’Eglise considère comme un saint, et même un grand saint parmi les pontifes romains, un pape dont le gouvernement de l’Eglise ne peut pas supporter la moindre comparaison avec les exemples de ses prédécesseurs saints et bienheureux. Prenons, par exemple, l’avant-dernier Pontife romain canonisé, saint Pie V, modèle de courage dans sa réforme du clergé selon les décrets du Concile de Trente, dans ses mesures énergiques contre la propagation des erreurs dans l’Eglise, et dans sa défense de l’ensemble de la Chrétienté contre la menace de l’Islam pour lequel Jean-Paul II implorait la protection de saint Jean-Baptiste ! Considérons aussi le dernier pape à avoir été élevé sur les autels, saint Pie X, également connu pour son courageux gouvernement de l’Eglise dans la répression de l’hérésie moderniste, précisément celle qui a éclaté à nouveau après le Concile Vatican II et a été propagée à travers le monde catholique pendant le pontificat de Jean-Paul II, comme Mgr Pozzo l’a si candidement observé il y a juste quelques mois (mais sans considérer du tout, semble-t-il, la responsabilité du chef de l’Eglise dans cette catastrophe).

 

Nous devons également exprimer notre profonde préoccupation

face à l’exploitation prévisible de cette béatification

par ceux qui forgent habilement l’opinion publique.

 

Cette béatification, par conséquent, ne fait-elle pas courir le risque de réduire la notion de béatification et même de canonisation au niveau d’un témoignage d’estime populaire attribué à une figure bien-aimée dans l’Eglise, à une sorte d’Oscar ecclésiastique ? Notons ici que, parmi l’une de ses nombreuses innovations, Jean-Paul II a « simplifié » les procès pour la béatification et la canonisation, ce qui lui a permis d’arriver aux chiffres incroyables de 1.338 béatifications et de 482 canonisations, plus que tous ses prédécesseurs réunis. Est-il prudent de juger, selon ces normes assouplies, le pape qui a lui-même, mis en service cette « usine à saints » (développement largement déprécié dans la presse) ? Nous devons également exprimer notre profonde préoccupation face à l’exploitation prévisible de cette béatification par ceux qui forgent habilement l’opinion publique. Nous remarquons qu’ils observent un silence curieux là où l’on s’attendrait à une opposition bruyante si cette béatification représentait vraiment une attaque à l’esprit libéral dominant du temps – comme la béatification de Pie XII dont l’annonce fut accueillie par une incessante campagne de publicité destinée à l’arrêter à tout prix. Il semblerait que l’opinion publique mondiale perçoive la béatification de Jean-Paul II avec complaisance dans la mesure où elle sert à valider les « réformes de Vatican II » que le monde a saluées comme un compromis avec le « monde moderne », la « liberté » et les « droits de l’homme », compromis attendu depuis longtemps d’une Eglise sclérosée.

Pourtant, nous sommes bien certains que, si la béatification a lieu comme prévu, de puissants secteurs dans les médias de masse ne perdront pas un instant pour brandir, comme un exemple de « l’hypocrisie » de l’Eglise, l’ineptie et le népotisme manifestés par l’honneur rendu au pape qui a présidé au scandale de la pédophilie et refusé de sanctionner le sinistre fondateur des Légionnaires du Christ. Sur ce dernier point, il existe déjà un exposé sous forme de livre et de film, « Les vœux du silence : l’abus de pouvoir dans le pontificat de Jean-Paul II », qui raconte la façon dont Maciel a été protégé par les principaux conseillers du pape, dont le cardinal Sodano, Secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Martínez, Préfet de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de vie apostolique, et le cardinal Dziwisz, aujourd’hui archevêque de Cracovie, secrétaire de Jean-Paul II et son plus proche confident.

Conclusion

 

 

 

Cette béatification n’est pas du tout garantie

par le charisme de l’infaillibilité

 

Au milieu de ce que Sœur Lucie de Fatima a appelé à juste titre, la « désorientation diabolique » dans l’Eglise, nous sommes bien conscients que cette béatification n’est pas du tout garantie par le charisme de l’infaillibilité. Elle n’établit pas un culte obligatoire, mais autorise seulement à vénérer le Bienheureux, si on le désire. Dans ce cas donc, nous sommes confrontés à la réelle possibilité d’une grave erreur de jugement prudentiel provoqué par des circonstances contingentes, y compris la popularité et l’affection, qui ne devraient pas influencer le processus essentiel d’une enquête approfondie et d’une délibération, dans le cas de cette béatification en particulier, avec toutes ses implications pour l’Eglise universelle.
 

Encore une fois, nous demandons : pourquoi cette hâte ? Craint-on peut-être qu’à ne pas procéder à cette béatification immédiatement, un verdict plus posé de l’histoire pourrait l’empêcher, comme ce fut certainement le cas pour Paul VI ? Si oui, pourquoi ne pas se conformer pour ce verdict à la vision à long terme que l’Eglise adopte généralement en matière de béatification ou de canonisation ? Si même un géant comme saint Pie V n’a été canonisé que 140 ans après sa mort, ne peut-on pas attendre au moins encore quelques années afin d’évaluer l’héritage du pontificat qui devrait figurer en bonne place dans la décision de béatifier Jean-Paul II ? L’Eglise ne peut-elle pas attendre au moins les 37 ans qui se sont écoulés entre la mort de Pie X et sa béatification par le pape Pie XII en 1951 (suivie de sa canonisation de 1954) ? En effet, est-il prudent de béatifier maintenant – sans évaluation supplémentaire et sur la base d’un seul miracle dont l’authenticité est mise en doute – un pape dont l’héritage est reconnu comme marqué par la propagation galopante du mal même auquel saint Pie X s’est héroïquement opposé et qu’il a vaincu en son temps ?

Pour toutes ces raisons, nous croyons qu’il est juste et approprié de prier le Saint Père de différer la béatification de Jean-Paul II à une époque où les motifs pour cet acte solennel pourront être évalués, objectivement et sans passion, à la lumière de l’histoire. Un retard prudent ne peut que servir au bien de l’Eglise, mis en danger au contraire par un procès précipité, non-exempt d’erreur et ne jouissant pas du charisme du Magistère infaillible de l’Eglise.
Notre-Dame, Reine de la Sagesse, Vierge très prudente, priez pour nous !

(Source : The Remnant – Traduction FSSPX-USA/MG – DICI en ligne

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 17:38


LA PRIME DE 1000 EUROS 

 

 

Le projet d'une prime de 1000 € accordée aux salariés à cause de la distribution de dividendes est une véritable farce à la française telle que le pouvoir dirigiste, interventionniste et pour tout dire socialisant nous en offre régulièrement le spectacle. Tel que jamais dans sa configuration actuelle il ne pourra changer, le pouvoir en a donc décidé. Personne de raisonnable et connaissant les entreprises ne peut voir le rapport entre ces deux données mais peu importe. Notre leader bien-aimé a affirmé : « quand on peut donner aux actionnaires, on peut aussi donner aux salariés » ou, encore, « cette loi part d'un principe très simple : s'il y a des dividendes tant mieux mais il faut un plus pour les salariés. Cela s'appelle le partage de la valeur ».

Ces déclarations étant faites tous les courtisans se sont agités en tirant a hue et à dia.

François Baroin a confirmé le projet. Il veut donc spolier les actionnaires d’une partie de leurs revenus légitimes. Il néglige comme sans importance la négociation des salaires qui se passe de diverses façons dans une multitude d'entreprises, soit directement dans certaines PME, soit avec l'intervention de syndicats. Christine Lagarde, la patronne du précédent, a dit qu'il n'y aurait rien d'obligatoire.

Quant à Xavier Bertrand, ministre de l'emploi et du travail, il a promis une loi avant la fin de l'année : « Oui, la prime de mille euros aux salariés des entreprises distribuant des dividendes en hausse sera mise en place avant la fin de l'année et oui, cela se fera par le biais d'une loi », a-t-il répondu le mercredi 27 avril sur Canal plus. Cette fois-ci la condition est devevue « des dividendes en hausse ». Que peut signifier dans la langue économique précise un « dividende en hausse. ?

Les dégâts générés par de telles annonces sont si nombreux qu'il est impossible de tous les recenser.

 

UNE NOUVELLE USINE A GAZ

D'abord, c'est la promesse d'une nouvelle usine à gaz malodorante à souhait. Les journaux écrivent carrément : « les contours de la prime se dessinent » ce qui annonce une effroyable complexité et « il parait que l'on procède aux derniers  réglages du dispositif » Ces simples termes nous annoncent le pire. Baroin précise : « c'est en train d'être calibré » et ajoute cette énormité : « Mille euros, c'est peut-être un plafond et peut-être un plancher, on ne sait pas encore ». Il est question d'un seuil de 50 salariés en dessous duquel le système ne s'appliquerait pas sinon d'une façon volontaire et au-dessus duquel le système interviendrait : les entreprises connaissent déjà, pour d'autres raisons, ce seuil de 50 salariés qui les obligent à des gymnastiques juridiques pour ne pas le franchir et qui se surajoute à d'innombrables autres seuils. Obligation légale ou pas ? S'il n'y a pas d'obligation légale, il y aura des incitations fiscales ou sociales mettant un désordre supplémentaire dans le paysage fiscal et réglementaire déjà aussi obscur qu'une forêt vierge.

Si le projet voit le jour, ce que personne ne sait à présent, il s'ajoutera à au moins deux systèmes déjà formidablement compliqués d'intéressement et de participation aux bénéfices, auxquels le monde économique avait fini par s'habituer. Il va être nécessaire de raccorder tout ces ensembles : le raccord inévitable entre les usines à gaz conduit à de véritables galaxies.

 

L'OURAGAN DES LOIS

Nous avons souvent signalé l'ouragan des lois avec leurs dépendances en décrets-loi, circulaires et contentieux qui assassinent littéralement l'économie française et le fonctionnement de la vie nationale. À l'ouragan s'ajoute des temps interminables d'attente car l'on ne sait jamais par avance exactement comment l'ouragan se déclenchera et de quelle façon. Des centaines ou des milliers d'entreprises sont dans l'incertitude actuellement du fait de ce nouveau projet : l'effet de freinage de l'économie est évident.

A ces inconvénients majeurs s'ajoute d'autres calamités d'importance.

D'abord, volontairement, le pouvoir diffuse l'idée de la lutte des classes en se faisant le propagandiste d'un partage des profits prétendument plus équitable que d'autre ; or les gens commencent, lentement certes, à savoir que le capital et le travail sont étroitement liés dans un processus continu, l'un n'existant pas sans l'autre. L'emploi va forcément souffrir car il n'y a rien de pire en la matière que l'incertitude des entreprises. L'investissement va évidemment être touché : pourquoi un Français ou un étranger se risqueraient-ils à investir des fonds pour des gains hypothétiques dans un pays qui, ayant déjà un code du travail monstrueux, se permet des coups inattendus et ponctuels giclants tout soudain ?

Madame Laurence Parisot est souvent et d'une manière étonnante complice des diverses calamités d'origine publique tout en prétendant le contraire. Il faut lui rendre cette justice qu'en l'espèce, elle a vu tous les pièges et le dit. « Néfaste, ruineuse, incompréhensible » ce sont les qualificatifs employés au sujet de la prime. Et aussi : « Je ne connais pas un chef d'entreprise qui approuve ce projet ». Elle dénonce l'intrusion dans la gestion des entreprises : « ce sont aux assemblées générales de décider des bénéfices s'il y en a et de leur affectation » . Pour beaucoup de patrons, cette prime ressemble à la décision des 35 heures en 1997, qui a frappé de plein fouet l'économie française et dont celle-ci souffre durablement.

Également le patronat accuse la confusion entre les entreprises du CAC 40 et les trois millions d'autres entreprises. Faut-il ajouter que les adeptes de la lutte des classes qui se choquent des profits des entreprises du CAC 40 omettent de dire que celles-ci font leurs profits à l'étranger, ne laissant en France que le minimum d'activités et ceci pour échapper précisément à l'enchainement des « dispositifs » fous du type de celui qui s'avance.

 

LE POUVOIR D'ACHAT

Il reste que l'une des justifications officielles du cauchemar est le problème récurrent du pouvoir d'achat. Nous aurons à montrer une autre fois comment c'est le gouvernement lui-même qui est directement responsable de la dégradation.

En tout cas, comme tout « dispositif » public, l'idée folle se retourne déjà contre ses objectifs supposés : certains salariés auront la fameuse prime, d'autres pas et tous souffriront de la dégradation de l'économie.

 

Michel de Poncins

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 16:59

Ben Laden est mort, explosion de joie aux Etats-Unis

Le président Barack Obama a annoncé que les Etats-Unis avaient tué le chef d’Al-Qaïda Oussama Ben Laden dimanche lors d’une opération commando au Pakistan, et salué l’aide des autorités d’Islamabad.

 

BFM TV – 12h43 :

L’inhumation en mer serait contraire aux règles de l’Islam déclare Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris, sur BFM TV

20minutes.fr

LCI – 02/05

Christophe Barbier juge « choquantes » les manifestations de joie de milliers d’Américains après l’annonce de la mort de ben Laden. »La démocratie, c’est la civilisation donc la retenue dans ce genre d’événement », a fait valoir sur LCI le directeur de la rédaction de l’Express.

BFM TV – 02/05 – 8h

BFM TV – 02/05 – 7h56 – le rôle des réseaux sociaux :

BFM TV – 02/05 – 6h

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