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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 16:40


 


Le dernier livre de Patrick Modiano est un roman d'amour absolu entre deux êtres très jeunes, perdus dans un Paris inquiétant, mais c'est une histoire plutôt optimiste "où le passé ouvre sur l'avenir... et l'horizon", confie l'auteur dans un entretien à l'AFP.

"L'Horizon" (Gallimard), c'est justement le titre de ce roman envoûtant, intemporel, même s'il se déroule dans un passé que le lecteur devine être celui de l'après-guerre.

Deux jeunes gens, Jean Bosmans et Margaret Le Coz, se rencontrent fortuitement, dans un mouvement de foule. Ces deux-là se ressemblent. Vulnérables, secrets, flottants mais déterminés, rongés par des peurs, des persécutions qu'ils se créent peut-être eux-mêmes.

Une complicité se noue. Ils s'aiment, sans pouvoir vivre leurs rêves, poursuivis tous deux par des ombres inquiétantes. Se quittent dans l'obligation de circonstances qui les dépassent. Mais Bosmans n'oublie jamais Margaret. Et quarante ans plus tard, il la recherche à Berlin, où cette Bretonne a vu le jour.

"A la fin, tout se mélange, le passé, le présent, l'ouverture vers un avenir", explique Patrick Modiano. "Je n'ai pas décrit la scène où ils se retrouvent, je suggère. Je laisse le lecteur imaginer. C'est ouvert vers l'horizon", ajoute-t-il.

"C'est vrai, ce roman est moins mélancolique, plus optimiste" que les précédents, reconnaît le romancier. "Quand on est très jeune, les choses sont plus noires, et puis les années passent, on voit que les choses sont moins tranchées. Ce qui a fait souffrir autrefois paraît parfois dérisoire", relève-t-il.

"Il y a dans le roman cette atmosphère d'un Paris un peu inquiétant, dont je me souviens, avec la guerre d'Algérie, tout cela", poursuit l'auteur, né en 1945. Il y a aussi, comme dans la plupart des romans de Modiano, "une précision topographique (noms de rues, de stations de métro...) même si cela est onirique", note-t-il.

Une "femme aux cheveux rouges", flanquée d'un inquiétant homme en noir revient hanter les pages du roman. Le lecteur pense à la mère et au père du romancier, figures récurrentes de ses livres. "Oui, mais dans la réalité ce n'était pas pareil. C'est le symbole de menaces qui vous font peur quand vous êtes très jeune. Comme un cauchemar", explique Patrick Modiano.

Rien de charnel n'est décrit dans la liaison des deux jeunes gens. "Il faut laisser des blancs... laisser aux personnages un peu d'intimité. Ne pas les traquer".

"Je voulais une certaine distance. Il y a des moments où les personnages échappent à l'écrivain", avoue-t-il, "même s'il se nourrit d'impressions, de rencontres".

"Quand j'écris un roman, c'est comme si je conduisais une voiture sans visibilité. Il y a parfois du découragement. Je me demande si je n'ai pas fait fausse route", raconte l'auteur qui écrit toujours ses livres "à la main". "Ecrire, c'est tellement abstrait, qu'il faut quelque chose d'un peu physique, le stylo", relève Patrick Modiano.

"On met beaucoup de soi dans un roman, comme ici avec Bosmans et aussi Margaret. On ne s'en rend pas toujours compte. Les choses viennent de manière inconsciente. Le livre à la fin vous échappe, comme quelque chose de complètement étranger, il vous rejette", estime-t-il. "J'ai toujours l'impression que j'écris le même livre, tout en oubliant ce que j'ai écrit avant..."

("L'Horizon" de Patrick Modiano, Gallimard, 175 p. 16,50 euros

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Published by delire-des-livres.over-blog.fr - dans roman nouveauté
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