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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 09:16

http://www.renaissancecatholique.org/L-impossible-laicite.html

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 07:40

http://resistanceauthentique.wordpress.com/2015/01/11/netanyahu-avait-menace-la-france-qui-vote-palestine-avant-la-tuerie-de-charlie-hebdo-en-cours/

Et cette info intrigante, Netanyahu avait menacé « la France qui vote Palestine » avant la tuerie de Charlie Hebdo :

Dans un entretien en date du 7 août 2014 accordé à nos confrères d’i>Télé, le bienfaiteur et défenseur de la paix Benjamin Netanyahou, que ses proches surnomment Bibi, avait prophétisé les attentats terroristes qui allaient se dérouler en ce jour tragique de la tuerie chez Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015.

Bien avant tout le monde, le Premier ministre de la seule démocratie du Moyen-Orient et de l’armée la plus morale du monde, nous avait mis en garde contre le terrorisme palestinien et de ses répercutions en France. Un pur visionnaire. (IRONIE, je précise quand même…)

« Ce n’est pas la bataille d’Israël, mais votre bataille, c’est la bataille de la France, parce que c’est la même bataille, s’ils réussissent ici, et si Israël est critiqué et pas les terroristes [les résistants palestiniens à qui on a volé leurs terres], et bien si nous ne sommes pas solidaires, cette peste du terrorisme viendra chez vous.C’est une question de temps, elle viendra en France. Si vous n’êtes pas solidaire d’Israël, maintenant, et bien cette tyrannie, ce terrorisme, vous [la France] les connaîtrez aussi. »

La tuerie de « l’affaire Charlie Hebdo » fera 17 morts dont 4 otages.

Face à ce crime ignoble atteignant le summum de la barbarie, des voix se lèvent pour dénoncer les instigateurs de cet attentat.

Dans le genre intrigant, nous avons retrouvé la fameuse vidéo, troublante, de FRANCE 24 , qui est censurée en France et qu’on a déjà diffusée 3 fois, 3 fois retirée, introuvable ici :

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 06:13
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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 08:22

Légitimité et royalisme, par Guy Augé

LA LÉGITIMITÉ, OU L’OBÉISSANCE LIBRE (1977)

S’il est une constante dans nos sociétés modernes, c’est bien le mépris du citoyen envers les représentants du pouvoir démocratique ; pouvoir auquel ils sont pourtant contraints d’obéir servilement au nom d’un légalisme justifié par le nombre ou l’opinion. Par contraste avec l’obéissance libre traditionnelle, un Tocqueville déplore : « Quelque soumis que fussent les hommes de l’ancien régime aux volontés du roi, il y avait une sorte d’obéissance qui leur était inconnue : ils ne savaient pas ce que c’était que se plier sous un pouvoir illégitime ou contesté, qu’on honore peu, que souvent on méprise, mais qu’on subit volontiers parce qu’il sert ou peut nuire. Cette forme dégradante de la servitude leur fut toujours étrangère [...] Pour eux, le plus grand mal de l’obéissance était la contrainte ; pour nous, c’est le moindre. Le pire est dans le sentiment servile qui fait obéir.(1) ». Seule la légitimité permet l’unité de peuples différents dans l’honneur et le respect de leurs libertés.

Table des matières

(1) Alexis de Tocquevillle, L’Ancien régime et la Révolution, Livre 2, Chap. IX.

(2) L’article suivant, ici publié par VLR, est de Guy Augé, « Légitimité et royalisme », La légitimité, No13, Décembre 1977.

La légitimité, ou la transcendance en politique, ou l’autorité obéie librement

L’idée de légitimité répond au double souci de justifier le droit au commandement des gouvernants, et le devoir d’obéissance des gouvernés. D’une certaine manière, comme le pensait Ferrero [1], elle est une exorcisation de la peur réciproque des dirigeants et des dirigés, une sorte de purification du pouvoir qui, une fois légitimé, se distingue de la force nue. Consacrant le titre au commandement du chef, la légitimité exprime pareillement, dans un mouvement réciproque, la subordination de ce chef au principe supérieur qui l’investit.

Ce n’est pas le consentement du peuple qui fonde la légitimité du pouvoir, contrairement à ce qu’affirment les démocrates ; c’est parce qu’il existe un pouvoir légitime que ce consentement lui est acquis, et qu’il peut exercer paisiblement ses prérogatives, en obligeant les consciences.

De même, et contrairement à ce que pensent les tenants d’une « théocratie royale », ce n’est pas le sacre qui fonde la légitimité : c’est parce qu’il préexiste un roi légitime que l’onction le consacre et le déclare à la face du monde dans sa relation de déférence envers la source divine de l’autorité. En France en effet, dans la doctrine de la monarchie « statutaire », telle qu’on la dégage à partir des XIVe-XVe siècles sous les Valois, le sacre n’était pas constitutif de la royauté.

Le légitimisme est l’expression historique la plus ancienne de la recherche d’un pouvoir monarchique justifié, enté sur la légitimité. Originairement, le concept de légitimité fut lié à l’essence même de la tradition monarchique chrétienne.

Survol historique de la légitimité

L’Antiquité païenne, s’il lui était arrivé, parfois, de pressentir l’importance du problème, n’avait jamais eu vraiment les moyens de le résoudre. L’État antique ne reconnaissait au-dessus de lui aucune autorité capable de le retenir sur la pente de la tyrannie : le pouvoir s’y confondait avec la force de l’homme chargé de l’exercer, et, s’il était indigne, se trouvait profané avec lui. [Cependant, la problématique entre autorité, pouvoir etobéissance était déjà posée, comme en témoigne l’Antigone de Sophocle au Ve siècle avant J.C (Note de VLR)]

L’Église chrétienne sut, la première, dissiper cette confusion ; dans sa doctrine médiévale du « ministère royal », elle distingua entre la « fonction » et l’« homme » qui s’en trouvait revêtu, ce qui revenait à « institutionnaliser » la monarchie (ou la Couronne).
Un célèbre canon du huitième concile de Tolède, au milieu du VIIe siècle affirmait
:

Autrement dit, l’obéissance ne va pas à un individu ou à un régime, mais au bien commun qu’ils ont pour mission de poursuivre, c’est-à-dire, finalement, à Dieu en qui ce bien s’enracine puisque tout pouvoir vient de Dieu. Et c’est Dieu qui oblige en conscience.

Mais, d’emblée, quelques remarques s’imposent.

  • D’une part, l’apport chrétien à la théorie de la légitimité s’est manifesté selon des théologies et des philosophies variées — il y a loin de l’augustinisme politique au très abouti thomisme — et dans une civilisation plus unanimement cimentée que la nôtre par la foi religieuse.
  • D’autre part, la chute de la royauté capétienne, les nouveaux régimes qui se sont succédés, les divisions intestines des monarchistes qui en furent la conséquence, l’apparition d’un « parti légitimiste », l’éclatement de la chrétienté, la résurgence sociologique d’un concept de « légitimité politique relativisé », ont quelque peu obscurci les choses et nécessiteraient de nouvelles réflexions sur le sujet.
Deux conceptions opposées de la souveraineté

La force admirable de la légitimité royale chrétienne telle que l’avaient conçue, somme toute, les doctrinaires de l’augustinisme politique, reposait

  • non seulement sur une vision cléricale de l’univers, où le temporel se subordonnait au spirituel, où la raison blessée s’en remettait entièrement à la Révélation, où la grâce soumettait la nature comme la Cité de Dieu intégrait la cité des hommes,
  • mais encore sur la communauté de foi entre gouvernants et gouvernés, sur cette manière de « communication de l’intérieur » qui rendait possible la loyauté confiante des sujets autant que le sens des responsabilités chez le Prince, comptable sur son salut éternel du destin de ses peuples.

Cette communauté de foi entre le monarque et ses sujets a longtemps survécu aux premiers essais de théocratie et de sacerdotalisme ; elle a permis l’extraordinaire prestige du Roi, ainsi que le capital de confiance dont il était entouré.

Plus tard, la perte de la communauté religieuse, les progrès du scepticisme, ont fait substituer aux freins moraux internes de naguère des mécanismes et des automatismes externes de type constitutionnel.

Seulement, entre temps s’était développée, puis épanouie à l’époque moderne une théorie de la souveraineté (mal connue ou totalement ignorée du Moyen-âge). Celle-ci fut portée à son paroxysme à la faveur de la Révolution française. Alors que la souveraineté royale, même aux plus beaux jours de l’absolutisme bourbonien, restait un moyen au service du bien commun, et n’avait jamais prétendu trouver en elle-même sa propre justification, la souveraineté nationale nouvelle, posée comme expression d’une « volonté générale » de type plus ou moins rousseauiste, faisait triompher le positivisme juridique. Le peuple devenait un souverain qui n’avait nul besoin d’avoir raison pour valider ses actes, et dont la volonté seule créait la loi.

On s’ingénia, certes, à limiter, à borner (au moins dans un premier moment) les prérogatives de l’exécutif à travers le dogme de la séparation des pouvoirs ; mais on laissait sans aucun contrepoids de principe la puissance législative souveraine. Et cela, quoiqu’on ait pu dire, constituait bien davantage qu’un simple changement sur le titulaire de la souveraineté : c’était une mutation fondamentale du concept lui-même, la porte ouverte au totalitarisme. Car le tyran de naguère pouvait bien s’arroger en fait la toute-puissance : il trouvait toujours en face de lui quelque Antigone pour lui rappeler l’existence de principes supérieurs ; au contraire, le souverain du nouveau régime issu de laRévolution émet cette prétention formidable d’être non point canal ou interprète du droit, mais source de tout droit, de toute justice, de toute légitimité. Selon la forte formule de Jean Madiran :

Peu importe qu’ensuite le totalitarisme ait varié, s’incarnant tantôt dans une assemblée collective, tantôt dans un chef charismatique plébiscité, ou que la nature des choses et la force des traditions lui aient opposé quelques obstacles : la prétention révolutionnaire subversive demeurait.

Pour faciliter les choses, il s’est trouvé qu’on a lié, assez arbitrairement du reste, la technique de représentation électorale et de votation majoritaire à la nouvelle souveraineté populaire. Ces rapprochements n’avaient rien de nécessaires.

  • Ils eussent certainement choqué les Athéniens contemporains de Périclès pour lesquels seul le tirage au sort exprimait l’égalitarisme démocratique, tandis que l’élection ressortissait à l’aristocratie !
  • Quant au vote majoritaire il avait été redécouvert par les clercs du Moyen-âge à titre de simple expédient, pour échapper aux inconvénients graves de l’indécision et à la nostalgie unanimiste. On ne prétendait pas, ce faisant, que l’addition des voix désignât raisonnablement le meilleur ; le procédé n’avait rien de parfait ; on le savait empirique et grossier, et l’on entendait volontiers la maior parscomme devant être la sanior pars, une majorité plus qualitative que quantitative [3].
  • De même, l’idée ancienne de représentation politique et sociale (qui a beaucoup évolué à travers l’histoire de notre Occident), n’était pas liée à un rite électoral [4]. Le Roi héréditaire, le curé ou le seigneur du lieu pouvaient aussi bien représenter le populus que le député élu du bailliage.

Le lien contemporain entre élection et représentation n’a pas de fondement rationnel ; quant à la sacralisation du principe majoritaire conférant à la moitié plus un des suffrages exprimés une valeur d’oracle, ce n’est pas du mysticisme, c’est de la mystification (René Gillouin). Et alors, de deux choses l’une :

  • ou bien l’on prend au sérieux cette mystification et elle mène en droite ligne à la plus abominable des tyrannies, celle qui contraint les âmes et que l’époque contemporaine a eu le privilège de tester ;
  • ou bien on retombe sur un expédient arithmétique dérisoire chaque fois qu’il s’agit de prendre une décision fondamentale.

La prétendue solution démocratique, dont se gargarisent à l’envie nos actuels politiciens, ne sait qu’osciller entre cette difformité et cette infirmité.

Impossible, par conséquent, de ne pas ressentir l’échec, l’incomplétude, la vanité — et aussi le perpétuel danger — de la nouvelle « légitimité » populaire : chaque campagne électorale, si besoin en était, nous le rappellerait par d’instructives leçons de choses.

Le retour en grâce de la légitimité

Or, assez curieusement, le souci de légitimité est revenu à l’honneur.

  • Le droit constitutionnel de nos successives républiques l’avait pourtant soigneusement banni de son vocabulaire : n’était-il pas contaminé de royalisme (et de la pire espèce !) depuis Talleyrand, depuis 1830, depuis le Comte de Chambord ? Le mot ne faisait-il pas horreur aux démocrates précisément parce qu’il évoquait une zone de vérités qui aurait pu s’imposer même au peuple, défini par hypothèse comme l’oracle souverain de la vérité ?
  • Les royalistes eux-mêmes, gagnés qu’ils étaient à la cause des princes d’Orléans, ne tenaient pas tellement à s’y risquer, sentant bien que ce terrain serait branlant.

Mais une sorte de besoin existentiel, si l’on ose dire, a remis à jour cette vieille et complexe notion. Ce furent d’abord les sociologues allemands de l’entre-deux guerres (Max Weber) qui s’y intéressèrent, puis des historiens (Guglielmo Ferrero) et enfin, en France, à travers le double drame de Vichy et de l’Algérie, De Gaulle et ses fidèles. Comme toujours (spécialement à droite), on commença par ironiser. Puis on se mit à y réfléchir. Le sujet reste largement en friche. Il concerne au premier chef les politologues et les royalistes. Ceux-ci semblent y revenir, Pierre Boutang fut un précurseur dès l’époque de la Nation française, avec le sociologue Jules Monnerot ; puis, un Gérard Leclerc à la NAF se montre sensible à certains aspects de la question. Elle vaudrait certainement qu’on la creuse davantage que ne l’a fait Philippe de Saint-Robert. Où en sont donc, à cet égard, de façon plus générale, les royalistes, et comment se situer par rapport à eux ?

Légitimité et royalisme

Le devant de la scène reste occupé par les orléanistes, bien que cette étiquette, un rien polémique et vieillie, ne soit que partiellement adéquate et ne traduise pas assez le renouvellement des idées qu’elle connote.

L’orléanisme a des origines lointaines. Les renonciations imposées par l’Angleterre au traité d’Utrecht de 1713 préparaient ouvertement les revendications dynastiques de la branche cadette aux dépens de la postérité du petit-fils de Louis XIV devenu Philippe V d’Espagne [5]. Il est bon à cet égard de rappeler les termes d’une réponse de Lord Bolingbroke, négociateur anglais, au marquis de Torcy, l’envoyé de Louis XIV, qui objectait l’indisponibilité de la Couronne et la pérennité des Lois fondamentales françaises [6] :

Mais ce qui aurait pu ne rester qu’une médiocre intrigue dynastique stimulée par des influences étrangères, a revêtu l’allure d’un grand schisme en rencontrant cette ligne de faille de l’histoire de France qu’est la Révolution. Désormais, les querelles personnelles ou les ambitions de cadets allaient s’hypostasier en un différend doctrinal pour ou contre « les principes de 89 », pour ou contre la légitimité nouvelle.

À l’instar du bonapartisme, encore que de façon, très différente,l’orléanisme c’est la Révolution [8]. Révolution orléaniste libérale, arrêtée en sa première phase peut-être, « quasi-légitimité » armoriée d’une couronne, cautionnée par des princes réputés « bleus » ou même « rouges » ? — Révolution néanmoins, spécialement au regard de la tradition monarchique puisque poussée jusqu’au régicide assumé, jusqu’à l’usurpation glorifiée, jusqu’aux « principes de 89 chéris », jusqu’à la banalisation bourgeoise de l’institution royale.

Le légitimisme, au contraire, a toujours incarné la loyauté traditionnelle, celle qui refuse de saluer la Révolution comme l’aube radieuse d’un irréversible progrès de notre Histoire. La filiation est nette : les légitimistes procèdent de l’ultracisme, de l’école catholique contre-révolutionnaire, de l’« intransigeance » du Comte de Chambord. Nul n’ignore la thèse répandue à leurs dépens par la majorité des royalistes contemporains (et reprise sans beaucoup d’esprit critique par des historiens du XIXe siècle) :

  • À cause de leur aveuglement réactionnaire, les légitimistes auraient bloqué les possibilités de restauration entre 1848 et 1873.
  • En tant que mouvement politique distinct, ils se trouvèrent ensevelis sous les plis de leur drapeau blanc à la mort d’Henri V en 1883, et il serait malhonnête, contraire à l’intérêt royaliste, de prétendre exhumer de ses cendres une querelle dépassée.
  • D’ailleurs, fait-on valoir, le légitimisme en mourant a triomphé d’une certaine manière en étendant le bienfait de son principe (reconnu post mortem, mieux vaut tard que jamais !) aux princes d’Orléans désormais seuls dépositaires des droits de la « Maison de France ».
  • On ajoute que l’« orléanisme » aussi a disparu dans l’opération, et quela « fusion » a confondu l’ensemble des royalistes de l’une et l’autre obédience dans une touchante unanimité autour du premier Comte de Paris, devenu en signe de gratitude non point « Louis-Philippe II », mais « Philippe VII » in partibus.
  • Par la suite, le « fusionnisme » [9] — expression plus objective que celle d’orléanisme — s’est encore métamorphosé doctrinalement grâce au génie de Charles Maurras qui a opéré la synthèse contemporaine des divers courants contre-révolutionnaires sur la base du « nationalisme intégral » et de l’« empirisme organisateur », derrière le principe dynastique représenté par la « Maison de France » (i.e. la branche d’Orléans).

Le malheur est que cette version « officielle » ne résiste pas à l’examen, et que l’unification des royalistes par la synthèse maurrassienne, dont on prétend être une justification pratique (à condition qu’elle ait pleinement existé), a éclaté sous nos yeux de manière spectaculaire [À la fin des années 60, la Nouvelle Action Française – NAF, d’obédience socialiste –, se démarque de la nationaliste Action Française (Note de VLR)].

Que sont devenus, en effet, ces « fusionnistes » qui reconnaissent, avec — plus ou moins d’enthousiasme — les princes d’Orléans comme les dépositaires de notre tradition royale ? La plupart sont maurrassiens, mais pas tous [10], et ils ont en tout cas de Maurras des lectures sensiblement divergentes.

  • Un certain nombre sont proprement des orléanistes de conviction, du côté de la Nouvelle Action Française, dissidente de la vieille AF continuée. Qualifiés de gauchistes, se réclamant de fait avec effusion de mai 68, assez bien introduits dans les mass media, frottés à la culture universitaire dans le vent, intelligents et d’autant plus agaçants pour leurs frères ennemis, les « nafistes » sont littéralement honnis par les maurrassiens de stricte observance, et par toute l’extrême-droite en général. Ils représentent à nos yeux les derniers héritiers conséquents de l’orléanisme doctrinaire, avec ses séductions — que nous reconnaissons volontiers ici, sans sectarisme —, ses impuissances, ses outrances et ses illusions. Mais ils se trompent de sujet, et le flirt poussé qu’ils sont amenés à pratiquer avec la gauche trahit assez l’impasse dans laquelle ils sont fourvoyés. On peut regretter qu’ils y sacrifient parfois de beaux talents intellectuels.
  • D’autres maurrassiens ne se sont ralliés aux Orléans qu’à leur corps défendant, par discipline, par héroïsme ou par ignorance du droit historique, en dépit de leur hostilité à la personne du Comte de Paris, et de leur haine souvent vive de la branche d’Orléans [11]. Tel est le cas pour beaucoup d’adhérents de la Restauration nationale (c’est-à-dire l’AF continuée, avec son hebdomadaire Aspects de la France, qui magnifie le Comte de Paris dans l’abstrait mais n’ose pas souvent reproduire les déclarations politiques de son Prétendant !), ou même de la FURF et des divers groupements intermédiaires, dissidents de la dissidence surgis ces dernières années. Ceux-ci éprouvent le besoin d’un nécessaire renouveau, mais ne savent trop comment y parvenir.
  • On pourrait en outre trouver, spécialement dans les milieux qualifiés d’intégristes catholiques, des anti-orléanistes résolus, sorte de royalistes sans prince par désespoir dynastique — ils accusent le Comte de Paris de « trahison » — et souvent à la recherche d’un roi plus ou moins « mystique ».

Forcera-t-on la note en diagnostiquant qu’il s’agit moins de pluralisme que de désordre des esprits dans l’univers, pourtant réduit en nombre, des royalistes français ?

Dans la dérive générale, la division ne règne pas seulement sur la personne ou les idées du Prétendant ; elle s’étend, l’actualité électoraliste l’atteste, sur des choix importants : la tolérance à apporter au régime établi, au gaullisme, au chiraquisme, au giscardisme ; l’acceptation ou le refus de l’Europe supranationale, les rapports avec les États-Unis, Israël, le Tiers-Monde, la défense nationale, la philosophie, la religion, le Pape…, d’autres thèmes encore, sans aucun doute.

Devant cette cacophonie, quelques esprits soucieux d’union s’efforcent au syncrétisme — d’aucuns parlent de « sociabilisme » [synthèse à laquelle aboutissent le socialiste Gaston Deferre et le catholique traditionaliste Jean Ousset, l’auteur célèbre de Pour qu’il règne (note de VLR)]. Ils estompent les oppositions, soulignent avidement les concordances, mais réussissent surtout à braquer contre eux les appareils et les fanatiques. Il est étonnant de constater, parfois, à travers le courrier reçu, à quel point des royalistes restent sectaires et intolérants pour tout ce qui ne relève pas strictement de leur chapelle. Quoiqu’il en soit, il manque une clef pour rendre compte d’un œcuménisme royaliste réel, ou pour le promouvoir.

Que peut, de son côté, offrir en propre le courant légitimiste ?

L’irrésistible tradition légitimiste

Récusons, pour commencer, une désobligeante idée reçue : pourquoi les légitimistes, sous prétexte de leur traditionalisme, seraient-ils a priori les seuls partisans imbéciles et bornés d’une monarchie anachronique, ceux qui n’auraient « rien appris ni rien oublié » ?

Cette description tendancieuse dans laquelle on les caricature parfois pour refuser d’entrer dans le fond du débat, ne rehausse guère le niveau des discussions entre royalistes. Elle est, du reste, absurde, car même en la supposant vraie pour une génération de « chambordistes », il ne subsiste plus, de nos jours, en France, de royalistes de la mémoire, de témoins oculaires des institutions monarchiques. En sorte que la plupart sont arrivés au royalisme quel qu’il soit, non par routine paresseuse (ainsi qu’on devient spontanément républicain ou démocrate), mais au prix d’une conversion de l’intelligence et du sentiment.

Si les légitimistes s’efforcent de ne pas trop perdre le goût de l’histoire, qui constitue l’expérience politique des nations, ils n’en sont pas moins que d’autres adeptes d’une tradition critique, et soucieux d’une saine ouverture au monde réel. On ne doit pas refuser une capacité d’enrichissement et d’adaptation au modèle monarchiste, souplement ajusté par l’hérédité aux générations successives. Mais, autant il serait vain de dédaigner l’enregistrement de faits déplaisants qui modifient les données du réel — 1789, 1917, une république française devenue séculaire, avec sa contre-tradition, l’éclatement des empires coloniaux de l’Occident… —, autant il est dangereux de les canoniser en tant que tels, et de se vautrer devant un prétendu sens progressiste de l’Histoire majusculaire.

À force de vouloir épouser leur siècle, certains royalistes bardés de bonnes intentions, avides d’aggiornamento et désireux d’échapper aughetto, se laissent piéger aux mirages du modernisme. Les légitimistes refuseront de sacrifier aux idoles de la mode ; s’ils ne dédaignent pas systématiquement l’étude des idées contemporaines (qui apportent une part de vérité), ils restent résolument à contre-courant, sachant bien qu’on ne triomphe pas de l’erreur en s’y abandonnant.

Cette précaution exprimée, on reconnaîtra volontiers que les légitimistes peuvent assumer un certain nombre de convictions soutenues par des royalistes formés à d’autres écoles :

  • la répugnance pour le régime démocratique,
  • la conviction que la monarchie héréditaire, comme le dit Jean Dutourd [12], reste le mode de gouvernement le plus raisonnable et le plus commode qu’aient jamais inventé les hommes,
  • l’intérêt du cœur et de la raison porté aux phénomènes dynastiques, ils partagent cela avec beaucoup d’autres.

De nombreux légitimistes ont reçu une formation maurrassienne, et tous ne répudient pas le vieux Maître du néo-royalisme, même s’ils n’épousent pas — ou plus — l’ensemble de ses conclusions et de ses partis pris. À l’hostilité réciproque manifestée avec quelque virulence dans le passé, il est bien évident qu’il faut préférer la complémentarité du dialogue.

On doit simplement faire observer que Maurras n’est pas un système, et qu’il n’est pas seul dans ce qui serait un désert intellectuel de l’Occident. N’engageons pas sur sa pensée, aux facettes d’ailleurs multiples, une querelle hors de saison. On peut venir au légitimisme avec Maurras, malgré lui ou sans lui. On puisera toujours avec profit dans ses critiques impitoyables et tonifiantes de la démocratie ; mais sa sensibilité, plus monarchique que royaliste, marquée par le positivisme et le nationalisme de la fin du XIXe siècle, n’est pas exactement celle de la tradition légitimiste, qu’il n’a que partiellement intégrée [13], et assez profondément édulcorée.

Qu’est ce que le légitimisme ?

Le légitimisme se distingue en premier lieu par sa référence au prince légitime.

Les royalistes doivent savoir, au-delà de toute polémique, que le Comte de Paris, qui les déçoit souvent si cruellement, n’est pas le successeur désigné par nos lois fondamentales au trône de la troisième race. Il n’est que le rejeton de l’usurpation louis-philipparde de 1830, le roi de la Révolution. Fidèle, par conséquent, à lui-même, à sa famille, à sa propre tradition libérale ou « tricolore » quand il condamne Maurras, qu’il vomit l’extrême-droite, qu’il vante la démocratie et se compromet avec les successives républiques du désordre établi. Il ne « trahit » pas, il incarne autre chose que la monarchie traditionnelle.

En s’appuyant sur le droit royal historique français (qui, servant de fondement à une revendication dynastique enracinée dans notre passé, ne peut qu’être rigide), les légitimistes montrent :

  • que le Roi, suivant la dévolution établie sous l’Ancien Régime, est nécessairement l’aîné [14],
  • que les renonciations, contraires au principe de l’indisponibilité de la Couronne, ont toujours été considérées comme nulles,
  • que la prétendue « règle de nationalité » (évident anachronisme) est en réalité une loi de sanguinité capétienne,
  • qu’enfin le Comte de Chambord, en dépit de la légende et des faux, n’a jamais reconnu les Orléans pour ses successeurs de droit.

Celui que désigne la vieille coutume est donc aujourd’hui Mgr le Duc d’Anjou et de Cadix, aîné des Capétiens, petit-fils d’Alphonse XIII, désormais écarté du trône ibérique et pleinement disponible pour la France lorsque celle-ci songera à ses traditions dynastiques [15]. À la limite, on pourrait considérer que la revendication légitimiste s’arrête là, et que tout le reste est affaire d’options libres. Mais nous croyons possible d’aller plus loin, et de préciser davantage ne serait-ce qu’une tonalité.

C’est qu’en effet la notion de légitimité ne se réduit point, nous y avons insisté, à une dispute de juristes. Elle confère un certain contenu au concept même de royauté. Aussi le légitimiste n’a-t-il pas dit son dernier mot en identifiant l’« héritier » présomptif du trône de France.

Déjà, durant l’Ancien Régime, les lois fondamentales étendaient leur ressort à divers domaines ; la primogéniture masculine s’accompagnait de la catholicité, de l’inaliénabilité du domaine, et d’aucuns allaient jusqu’à soutenir que certaines structures de la « nation organisée » en relevaient. En tout cas, la catholicité, à elle seule, postulait l’adhésion non seulement à une religion d’État professée comme signe de l’unanimité nationale — cette communauté de foi, hélas ! n’existe plus —, mais, nous le rappelions en commençant, à une théorie des sources et des finalités du pouvoir politique. Cette théorie fut diversement conçue selon les époques et les écoles.

À l’augustinisme politique, ce cléricalisme du Haut Moyen-âge dont on ne niera pas la grandeur, il est permis de préférer la doctrine thomiste du droit naturel classique [16], lequel ne se confond ni avec le droit surnaturel, ni avec l’individualisme rationaliste et laïciste du contrat social moderne.

L’authentique droit naturel des penseurs réalistes s’adapte à une civilisation pluraliste et mouvante, où la politique, tout en observant une nature créée par le Tout-Puissant, reste l’objet d’une recherche humaine. Mais les hommes y font révérence au Créateur, à la loi morale naturelle, aperçoivent le mystère de l’autorité [17] et ne répugnent point à solenniser dans l’onction du sacre cette subordination du Prince à Dieu. Il reste que ce n’est pas le moindre mérite du thomisme — ou plutôt du génie personnel de l’Aquinate [18], médiocrement compris de ses continuateurs — que d’avoir décléricalisé la politique et le droit. Au XXe siècle autant qu’au XIIIe, on en peut mesurer le prix !

L’idée légitimiste de la Royauté doit se nourrir de ces principes féconds pour dégager un modèle politique lié à la continuité d’une tradition en même temps qu’harmonisé aux conditions des nouveaux âges. On dira simplement, pour esquisser d’un mot, qu’il ne suffit pas d’être royaliste, fût-ce avec la branche aînée (laquelle est un moyen, non une fin) ; pour mériter son attribut de légitime, la Royauté ne peut être n’importe quelle monarchie.

À cet égard encore, la scolastique thomiste nous propose une méthode d’approche des phénomènes naturels particulièrement souple : c’est la fameuse recherche « dialectique » (au sens médiéval et non hegeliano-marxiste du terme !) ; elle repose sur le dialogue, sur la confrontation la plus large d’opinions solides, qui sont autant de points de vue ouverts sur l’observation du réel. C’est le contraire d’un recueil de solutions toutes faites et paresseuses, la négation d’un conservatisme frileux et routinier. L’ordre naturel n’est pas donné, il est à rechercher dans une nature toujours mouvante, à l’inépuisable complexité.

Contenu doctrinal de la royauté légitime

La Royauté légitime ne s’offre pas en panacée ; elle est une institution éprouvée par l’histoire, dotée d’un statut, d’une finalité, d’une méthode. C’est peu ? Mais c’est considérable. S’il fallait condenser en quelques propositions une sorte de contenu doctrinal essentiel, on pourrait citer, à titre d’exemples :

  • la reconnaissance de l’origine divine du pouvoir ;
  • le respect de la morale naturelle ;
  • le souci de l’ordre et de la justice (dans ses deux espèces, distributive et corrective) ;
  • l’observation réaliste de la nature sociale et le sens du dialogue qui s’y rattache ;
  • la distinction du spirituel et du temporel, et l’ordination de la politique à sa finalité naturelle du bien commun ;
  • la défense de la nation française dans son intégrité territoriale, comme cadre contemporain nécessaire à une revendication dynastique ;
  • l’application du principe de subsidiarité, riche d’effets pratiques ;
  • le rejet de la république (entendue comme non-royauté) ;
  • le refus de la démocratie (qu’elle apparaisse sous sa forme classique et technique d’antithèse de la monarchie, ou sous sa forme moderne virulente de prétention totalitaire à incarner le seul principe de légitimité admissible).

Ce niveau de généralités abstraites peut décevoir. Il n’est pourtant pas sans portée, et reste celui où doivent s’exprimer les principes de la légitimité en tant que tels. Car ils visent l’être et le permanent des choses, non l’accident et l’éphémère. Le reste est à chercher dans le dialogue des compétences. C’est le vaste champ de nos préférences subjectives (que chacun reste libre de défendre par ailleurs). La diversité, à condition qu’elle soit vécue dans la charité et l’humilité, enrichit davantage qu’elle ne freine la recherche patiente de la vérité politique. Car il existe une vérité, n’en déplaise aux relativistes absolus ; mais nous ne saurions l’enchaîner à notre drapeau une fois pour toutes malgré ce qu’imaginent les dogmatiques.

On peut être légitimiste sans partager tous les articles d’un programme politique (fût-ce le nôtre), ou d’une foi religieuse (fût-ce la nôtre). N’amalgamons pas dangereusement la nécessaire doctrine et les passions de nos options libres : sachons distinguer les plans pour mieux unir (selon l’heureux titre d’un livre discutable).

Que cela plaise ou non, il est de fait qu’historiquement la Royauté française fut catholique ; qu’elle connut même une phase de cléricalisme augustiniste, à une époque où l’Église, remplissant sa mission de suppléance, sauvegardait ce qu’il restait de civilisation en Occident. Dans l’ordre de la foi, il existe des perspectives assez grandioses sur une mission divine de la France chrétienne, souvent rappelée depuis le baptême de Clovis, — Gesta Dei per Francos.

Mais s’il appartient sans doute spécialement aux légitimistes, admirateurs des rois très-chrétiens, de le souligner, s’il n’est pas question de renier ce passé, encore moins d’en rougir comme nos clercs en mal de modernisme, il serait naïf et finalement maladroit de mêler les plans, et de vouloir imposer politiquement à un peuple qui n’y comprend plus rien, des notions et un type de rapport avec le spirituel imaginés pour les besoins de la chrétienté médiévale disparue. Le risque en serait, aujourd’hui, d’exposer à un néo-cléricalisme gauchard, qui est une menace non négligeable.

Aussi paraît-il beaucoup plus souhaitable — encore une fois sans rien renier des fins dernières, de nos préférences intimes ou des actions proprement religieuses que l’on peut mener — d’accentuer l’autre plan, celui de la société politique naturelle, accessible comme telle à tous, et néanmoins ordonnée par le droit naturel.

La légitimité permet la communion politique de peuples différents

La politique s’occupe de la Cité des hommes. La commune adhésion au principe de la légitimité (signe de transcendance mais non de fanatisme) permet précisément aux hommes de la Cité une communion politique à défaut d’une communion religieuse. Il va de soi que la légitimité n’est pas un parti, même si l’obscurcissement des principes l’y métamorphosa pour son malheur au siècle dernier. Par suite, deux tâches principales semblent devoir nous solliciter en tant que légitimistes :

La première est de rappeler en historiens et en juristes nos raisons pour la branche aînée contre les Orléans. Cette démonstration peut avoir l’énorme avantage de débloquer la situation du royalisme français, englué depuis la disparition du Comte de Chambord dans un orléanisme qui est une double impasse dynastique et doctrinale.

  • Dynastique puisque le Comte de Paris est en rupture avec la plupart des royalistes, en intelligence avec le régime installé, et que sa branche brise la tradition monarchique française.
  • Doctrinale, puisqu’il est entaché d’équivoque révolutionnaire, et que la « quasi-légitimité » qu’il a eu, un instant, vocation historique de représenter, est aujourd’hui dépassée.

La seconde tâche est de contribuer, avec nos moyens, au rappel, à l’actualisation et à la diffusion de la doctrine royaliste. Nous avons à sauvegarder et à cultiver un patrimoine traditionaliste, pré-maurrassien si l’on veut, trop oublié des autres royalistes ! à regarder en deçà, mais aussi au-delà, en évitant de nous enfermer dans une chapelle d’initiés, de snobs, de fanatiques ou d’aigris. Et s’il est souhaitable d’enfoncer quelques clous, de faire œuvre pédagogique, d’enquêter, de discuter, d’échanger, il n’est pas pour cela nécessaire de ressasser des querelles vieilles d’un siècle ou deux, sauf à en montrer l’impact. Car un danger passéiste menace les traditionalistes : même s’ils n’ont pas de prise sur l’actualité, et peu de moyens d’en rendre compte, il leur appartient d’informer et de réfléchir sur le présent à la lumière de ce qui le transcende.

Bref, le légitimisme nous apparaît comme l’approfondissement d’une certaine idée de la Royauté, chrétienne et sacrale mais non cléricale, moderne mais non moderniste, ferme sur les principes, mais accueillante et souple dans ses approches et son sens du dialogue. Un juste équilibre à chercher, qu’il faudrait ne pas rester seul à vouloir.

La légitimité dont nous nous réclamons (avec d’autres) ne nous appartient pas privativement. Nous ne caporalisons pas. Nous ne sommes point des jacobins épris de « centralisme monarchique ». Nous n’avons ni mandat, ni vocation pour régenter un parti. Mais nous plaçons l’accent sur une clef du royalisme dont les diverses tendances pourraient tirer quelque jour profit, à condition d’accepter d’y réfléchir en toute bonne foi.

[1] G. Ferrero, Pouvoir, les génies invisibles de la Cité, Paris, 1945, p. 22.

[2] Jean Madiran, On ne se moque pas de Dieu, Paris, 1957, p. 61.

[3] On peut consulter sur ce sujet divers articles très instructifs de l’historien belge Léo Moulin, et, par ex., « Les origines religieuses des techniques électorales… » ,Revue intern. d’hist. po. et constit., 1953.

[4] Beaucoup de recherches d’historiens et de sociologues à ce propos. Bornons-nous à signaler la communication de René Gillouin, « Gouvernement et représentation » dans la Revue des Travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 4e série, 1958, 2e semestre.

[5] Voir Paul Watrin, La tradition monarchique, De la nullité des renonciations à la couronne, de Philippe V duc d’Anjou, lors du traité d’Utrecht, Paris, 1916.

[6] Voir le cours du professeur Franck Bouscau de l’Université de Rennes I : Les lois fondamentales du Royaume de France ; ou la publication des professeurs JeanBarbey, Stéphane Rials et Frédéric Bluche : La constitution de la France monarchique.

[7] cf. Bolingbroke, Lettres, I, 1808, p. 155.

[8] L’orléanisme est assurément moins « sympathique » aux légitimistes que le bonapartisme dans la mesure où il représente une brisure dans la Maison royale, une défection dans le camp royaliste. Le bonapartisme, lui, n’a jamais utilisé de semblables équivoques pour capter des partisans. Du reste, les « impérialistes » (que n’ont-ils sauvé ce mot, abandonné aujourd’hui à la logomachie marxiste !) se sont souvent montrés plus généreux socialement, et plus traditionalistes politiquement, que le libéralisme orléaniste des notables. L’attitude de l’actuel Prince Napoléon, comparée à celle du Comte de Paris, confirme ce sentiment.

[9] Guy Augé, Succession de France et règle de nationalité, Ed. La Légitimité, Diffusion DUC, Paris, 1979, p.5-8.

[10] Tel candidat « nafiste » de l’Ouest se démarque agressivement de Maurras.

[11] Pendant longtemps, l’éminent historien qu’est M. Bernard Faÿ a écrit dansAspects de la France d’excellentes chroniques vouées à l’exécration de l’orléanisme qu’il abhorre au moins autant que nous. Il ne paraît pas que les lecteurs aient protesté de leur indignation…

[12] Dans une lettre adressée au dernier banquet des amis d’Aspects de la France et citée par cet hebdomadaire, no 1526 du 22 décembre 1977, p. 9. L’intéressant rapprochement que Jean Dutourd effectue à l’égard des idées monarchistes ne date d’ailleurs pas d’hier. Il émane d’un esprit non conformiste.

[13] Il est juste, toutefois, de rappeler que Maurras a toujours respecté, et, au moins jusqu’à un certain point, compris l’attitude du Comte de Chambord, contrairement aux orléanistes de tripe qui n’ont jamais eu que sarcasmes pour « le Roi du grand Refus ».

[14] L’aîné certain s’entend — ce qui écarte, pour émouvante qu’elle puisse paraître, la cause de la Survivance. Nous avons toujours tenu à souligner ici que nous ressentions comme authentiquement légitimiste la préoccupation de ceux qui cherchent à savoir si la postérité de Louis XVI a survécu (le titre de notre bulletin ne fut-il pas porté naguère par un journal naundorffiste !). Mais le zèle des naundorffistes a parfois porté plus de tort que de profit à la thèse qu’ils cherchaient à soutenir. Cette cause reste ouverte pour l’histoire (que l’on appelle à tort « petite ») ; en revanche, sur le plan du droit politique, le bénéfice du doute joue à l’encontre d’une éventuelle identification Naundorff-Louis XVII, car « le sang de France ne se suppose pas ».

[15] D’aucuns font grief au Prince de ne pas résider en France. Mais, que l’on sache, ni ces légitimistes sourcilleux, ni la République ne versent de liste civile au chef de la Maison de Bourbon ! Et les contingences évidentes qui le retiennent présentement en Espagne n’enlèvent rien à son rang dynastique ni à sa disponibilité, ses fréquents séjours en France le prouvent. Le Prince n’a jamais renié la légitimité qu’il incarne et qu’il est parfaitement conscient d’incarner. Certes, nous parlons librement et sans le compromettre en rien. Mais les orléanistes devront se faire une raison : le temps n’est plus où l’on croyait pouvoir en appeler des « Blancs d’Espagne » aux Bourbons d’Espagne !

[16] Guy Augé, La Lettre aux amis de la Légitimité, « Saint Thomas d’Aquin ou la foi et la raison », N°14, Juillet 1974.

[17] La philosophe Hannah Arendt le remarque aussi :

Par ailleurs :

[18] L’Aquinate est le surnom donné à saint Thomas d’Aquin (note de VLR)

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 08:06

Syllabus

Résumé renfermant les principales erreurs de notre temps qui sont signalées dans les allocutions consistoriales, encycliques et autres lettres apostoliques de S.S. le pape Pie IX


§ I.
Panthéisme, naturalisme et rationalisme absolu
.

I. Il n’existe1 aucun Être divin, suprême, parfait dans sa sagesse et sa providence, qui soit distinct de l’univers, et Dieu est identique à la nature des choses, et par conséquent assujetti aux changements ; Dieu, par cela même, se fait dans l’homme et dans le monde, et tous les êtres sont Dieu et ont la propre substance de Dieu. Dieu est ainsi une seule et même chose avec le monde, et par conséquent l’esprit avec la matière, la nécessité avec la liberté, le vrai avec le faux, le bien avec le mal, et le juste avec l’injuste (26)2 .

II. On doit nier toute action de Dieu sur les hommes et sur le monde (26).

III. La raison humaine, considérée sans aucun rapport à Dieu, est l’unique arbitre du vrai et du faux, du bien et du mal : elle est à elle-même sa loi, elle suffit par ses forces naturelles à procurer le bien des hommes et des peuples (26).

IV. Toutes les vérités de la religion découlent de la force native de la raison humaine ; d’où il suit que la raison est la règle souveraine d’après laquelle l’homme peut et doit acquérir la connaissance de toutes les vérités de toute espèce (1, 17, 26).

V. La révélation divine est imparfaite, et par conséquent sujette à un progrès continuel et indéfini correspondant au développement de la raison humaine (1, 26).

VI. La foi du Christ est en opposition avec la raison humaine, et la révélation divine non seulement ne sert de rien, mais encore elle nuit à la perfection de l’homme (1, 26).

VII. Les prophéties et les miracles racontés dans les saintes Écritures sont des fictions poétiques, et les mystères de la foi chrétienne sont le résumé d’investigations philosophiques ; dans les livres des deux Testaments sont contenues des inventions mythiques, et Jésus-Christ lui-même est un mythe (1, 26).


§ II.
Rationalisme modéré
.

VIII. Comme la raison humaine est égale à la religion elle-même, les sciences théologiques doivent être traitées comme les sciences philosophiques (13).

IX. Tous les dogmes de la religion chrétienne sans distinction sont l’objet de la science naturelle ou philosophie ; et la raison humaine n’ayant qu’une culture historique, peut, d’après ses principes et ses forces naturelles, parvenir à une vraie connaissance de tous les dogmes, même les plus cachés, pourvu que ces dogmes aient été proposés à la raison comme objet (27, 30).

X. Comme autre chose est le philosophe et autre chose la philosophie, celui-là a le droit et le devoir de se soumettre à une autorité dont il s’est démontré à lui-même la réalité ; mais la philosophie ne peut ni ne doit se soumettre à aucune autorité (27, 30).

XI. L’Église non seulement ne doit, dans aucun cas, sévir contre la philosophie, mais elle doit tolérer les erreurs de la philosophie et lui abandonner le soin de se corriger elle-même (27).

XII. Les décrets du Siège apostolique et des Congrégations romaines empêchent le libre progrès de la science (30).

XIII. La méthode et les principes d’après lesquels les anciens docteurs scolastiques ont cultivé la théologie ne sont plus en rapport avec les nécessités de notre temps et les progrès des sciences (30).

XIV. On doit s’occuper de philosophie sans tenir aucun compte de la révélation surnaturelle (30).

N.B. - Au système du rationalisme se rapportent pour la majeure partie les erreurs d’Antoine Günther, qui sont condamnées dans la lettre au cardinal archevêque de Cologne Eximiam tuam, du 15 juin 1857, et dans la lettre à l’évêque de Breslau Dolore haud mediocri, du 30 avril 1860.


§ III.
Indifférentisme, Latitudinarisme
.

XV. Il est libre à chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il aura réputée vraie d’après la lumière de la raison (8, 26).

XVI. Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion (1, 3, 17).

XVII. Tout au moins doit-on avoir bonne confiance dans le salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans le sein de la véritable Église du Christ (13, 28).

XVIII. Le protestantisme n’est pas autre chose qu’une forme diverse de la même vraie religion chrétienne, forme dans laquelle on peut être agréable à Dieu aussi bien que dans l’Église catholique (5).


§ IV.
Socialisme, Communisme, Sociétés secrètes, Sociétés bibliques, Sociétés clérico-libérales
.

Ces sortes de pestes sont à plusieurs reprises frappées de sentences formulées dans les termes les plus graves par l’encyclique Qui pluribus, du 9 novembre 1846 ; par l’allocution Quibus quantisque, du 20 avril 1849 ; par l’encyclique Nostis et Nobiscum, du 8 décembre 1849 ; par l’allocution Singulari quadam, du 9 décembre 1854 ; par l’encyclique Quanto conficiamur mœrore, du 10 août 1863.


§ V.
Erreurs relatives à l’Église et à ses droits
.

XIX. L’Église n’est pas une vraie et parfaite société pleinement libre ; elle ne jouit pas de ses droits propres et constants que lui a conférés par son divin Fondateur, mais il appartient au pouvoir civil de définir quels sont les droits de l’Église et les limites dans lesquelles elle peut les exercer (13, 22, 23, 26).

XX. La puissance ecclésiastique ne doit pas exercer son autorité sans la permission et l’assentiment du gouvernement civil (25).

XXI. L’Église n’a pas le pouvoir de définir dogmatiquement que la religion de l’Église catholique est uniquement la vraie religion (8).

XXII. L’obligation qui concerne les maîtres et les écrivains catholiques, se borne aux choses qui ont été définies par le jugement infaillible de l’Église, comme des dogmes de foi qui doivent être crus par tous (30).

XXIII. Les Souverains Pontifes et les Conciles œcuméniques ont dépassé les limites de leur pouvoir ; ils ont usurpé les droits des princes et ils ont même erré dans les définitions relatives à la foi et aux mœurs (8).

XXIV. L’Église n’a pas le droit d’employer la force ; elle n’a aucun pouvoir temporel direct ou indirect (9).

XXV. En dehors du pouvoir inhérent à l’épiscopat, il y a un pouvoir temporel qui lui a été concédé ou expressément ou tacitement par l’autorité civile, révocable par conséquent à volonté par cette même autorité civile (9).

XXVI. L’Église n’a pas le droit naturel et légitime d’acquérir et de posséder (18, 29).

XXVII. Les ministres sacrés de l’Église et le Pontife Romain doivent être exclus de toute gestion et possession des choses temporelles (26).

XXVIII. Il n’est pas permis aux Évêques de publier même les Lettres apostoliques sans la permission du gouvernement (18).

XXIX. Les faveurs accordées par le Pontife Romain doivent être regardées comme nulles, si elles n’ont pas été demandées par l’entremise du gouvernement (18).

XXX. L’immunité de l’Église et des personnes ecclésiastiques tire son origine du droit civil (8).

XXXI. Le for ecclésiastique pour les procès temporels des clercs, soit au civil, soit au criminel, doit absolument être aboli, même sans consulter le Siège Apostolique et sans tenir compte de ses réclamations ( 12, 18).

XXXII. L’immunité personnelle en vertu de laquelle les clercs sont exempts de la milice, peut être abrogée sans aucune violation de l’équité et du droit naturel. Le progrès civil demande cette abrogation, surtout dans une société constituée d’après une législation libérale (32).

XXXIII. Il n’appartient pas uniquement par droit propre et inné à la juridiction ecclésiastique de diriger l’enseignement des vérités théologiques (30).

XXXIV. La doctrine de ceux qui comparent le Pontife Romain à un prince libre et exerçant son pouvoir dans l’Église universelle, est une doctrine qui a prévalu au moyen âge (19).

XXXV. Rien n’empêche que par un décret d’un Concile général ou par le fait de tous les peuples le souverain pontificat soit transféré de l’Évêque romain et de la ville de Rome à un autre Évêque et à une autre ville (9).

XXXVI. La définition d’un Concile national n’admet pas d’autre discussion, et l’administration civile peut traiter toute affaire dans ces limites (9).

XXXVII. On peut instituer des Églises nationales soustraites à l’autorité du Pontife Romain et pleinement séparées de lui (23, 24).

XXXVIII. Trop d’actes arbitraires de la part des Pontifes Romains ont poussé à la division de l’Église en orientale et occidentale (9).


§ VI.
Erreurs relatives à la société civile, considérée soit en elle-même, soit dans ses rapports avec l’Église
.

XXXIX. L’État, comme étant l’origine et la source de tous les droits, jouit d’un droit qui n’est circonscrit par aucune limite (26).

XL. La doctrine de l’Église catholique est opposée au bien et aux intérêts de la société humaine (1, 4).

XLI. La puissance civile, même quand elle est exercée par un prince infidèle, possède un pouvoir indirect négatif sur les choses sacrées. Elle a par conséquent non seulement le droit qu’on appelle d’exequatur, mais encore le droit qu’on nomme d’"appel comme d’abus" (9).

XLII. En cas de conflit légal entre les deux pouvoirs, le droit civil prévaut (9).

XLIII. La puissance laïque a le pouvoir de casser, de déclarer et rendre nulles les conventions solennelles ("Concordats") conclues avec le Siège Apostolique, relativement à l’usage des droits qui appartiennent à l’immunité ecclésiastique, sans le consentement de ce Siège et malgré ses réclamations (7, 23).

XLIV. L’autorité civile peut s’immiscer dans les choses qui regardent la religion, les mœurs et le gouvernement spirituel. D’où il suit qu’elle peut juger des Instructions que les pasteurs de l’Église publient, d’après leurs charges, pour la règle des consciences ; elle peut même décider sur l’administration des sacrements et les dispositions nécessaires pour les recevoir (7, 26).

XLV. Toute la direction des écoles publiques dans lesquelles la jeunesse d’un État chrétien est élevée, si l’on en excepte dans une certaine mesure les séminaires épiscopaux, peut et doit être attribuée à l’autorité civile, et cela de telle manière qu’il ne soit reconnu à aucune autre autorité le droit de s’immiscer dans la discipline des écoles, dans le régime des études, dans la collation des grades, dans le choix ou l’approbation des maîtres (7, 10).

XLVI. Bien plus, même dans les séminaires des clercs, la méthode à suivre dans les études est soumise à l’autorité civile (18).

XLVII. La bonne constitution de la société civile demande que les écoles populaires, qui sont ouvertes à tous les enfants de chaque classe du peuple, et en général que les institutions publiques destinées aux lettres, à une instruction supérieure et à une éducation plus élevée de la jeunesse, soient affranchies de toute autorité de l’Église, de toute influence modératrice et de toute ingérence de sa part, et qu’elles soient pleinement soumises à la volonté de l’autorité civile et politique, suivant le désir des gouvernants et le niveau des opinions générales de l’époque (31).

XLVIII. Des catholiques peuvent approuver un système d’éducation en dehors de la foi catholique et de l’autorité de l’Église, et qui n’ait pour but, ou du moins pour but principal, que la connaissance des choses purement naturelles et la vie sociale sur cette terre (31).

XLIX. L’autorité séculière peut empêcher les Évêques et les fidèles de communiquer librement entre eux et avec le Pontife Romain (26).

L. L’autorité séculière a par elle-même le droit de présenter les Évêques, et peut exiger d’eux qu’ils prennent en main l’administration de leurs diocèses avant qu’ils aient reçu du Saint-Siège l’institution canonique et les Lettres apostoliques (18).

LI. Bien plus, la puissance séculière a le droit d’interdire aux Évêques l’exercice du ministère pastoral, et elle n’est pas tenue d’obéir au Pontife romain en ce qui concerne l’institution des évêchés et des Évêques (8, 12).

LII. Le gouvernement peut, de son propre droit, changer l’âge prescrit pour la profession religieuse, tant des femmes que des hommes, et enjoindre aux communautés religieuses de n’admettre personne aux vœux solennels sans son autorisation (18).

LIII. On doit abroger les lois qui protègent l’existence des familles religieuses, leurs droits et leurs fonctions ; bien plus, la puissance civile peut donner son appui à tous ceux qui voudraient quitter l’état religieux qu’ils avaient embrassé et enfreindre leurs vœux solennels ; elle peut aussi supprimer complètement ces mêmes communautés religieuses, aussi bien que les églises collégiales et les bénéfices simples, même de droit de patronage, attribuer et soumettre leurs biens et revenus à l’administration et à la volonté de l’autorité civile (12, 14, 15).

LIV. Les rois et les princes, non seulement sont exempts de la juridiction de l’Église, mais même ils sont supérieurs à l’Église quand il s’agit de trancher les questions de juridiction (8).

LV. L’Église doit être séparée de l’État, et l’État séparé de l’Église (12).


§ VII.
Erreurs concernant la morale naturelle et chrétienne
.

LVI. Les lois de la morale n’ont pas besoin de la sanction divine, et il n’est pas du tout nécessaire que les lois humaines se conforment au droit naturel ou reçoivent de Dieu le pouvoir d’obliger (26).

LVII. La science des choses philosophiques et morales, de même que les lois civiles, peuvent et doivent être soustraites à l’autorité divine et ecclésiastique (26).

LVIII. II ne faut reconnaître d’autres forces que celles qui résident dans la matière, et tout système de morale, toute honnêteté doit consister à accumuler et augmenter ses richesses de toute manière, et à satisfaire ses passions (26, 28).

LIX. Le droit consiste dans le fait matériel ; tous les devoirs des hommes sont un mot vide de sens, et tous les faits humains ont force de droit (26).

LX. L’autorité n’est autre chose que la somme du nombre et des forces matérielles (26).

LXI. Une injustice de fait couronnée de succès ne préjudicie nullement à la sainteté du droit (24).

LXII. On doit proclamer et observer le principe de non-intervention (22).

LXIII. Il est permis de refuser l’obéissance aux princes légitimes et même de se révolter contre eux (1, 2, 5, 20).

LXIV. La violation d’un serment, quelque saint qu’il soit, et toute action criminelle et honteuse opposée à la loi éternelle, non seulement ne doit pas être blâmée, mais elle est tout à fait licite et digne des plus grands éloges, quand elle est inspirée par l’amour de la patrie (4).


§ VIII.
Erreurs concernant le mariage chrétien
.

LXV. On ne peut établir par aucune preuve que le Christ a élevé le mariage à la dignité de sacrement (9).

LXVI. Le sacrement de mariage n’est qu’un accessoire du contrat et peut en être séparé, et le sacrement lui-même ne consiste que dans la seule bénédiction nuptiale (9).

LXVII. De droit naturel, le lien du mariage n’est pas indissoluble, et dans différents cas le divorce proprement dit peut être sanctionné par l’autorité civile (9,12).

LXVIII. L’Église n’a pas le pouvoir d’établir des empêchements dirimants au mariage : mais ce pouvoir appartient à l’autorité séculière, par laquelle les empêchements existants peuvent être levés (8).

LXIX. L’Église, dans le cours des siècles, a commencé à introduire les empêchements dirimants non par son droit propre, mais en usant du droit qu’elle avait emprunté au pouvoir civil (9).

LXX. Les canons du Concile de Trente qui prononcent l’anathème contre ceux qui osent nier le pouvoir qu’a l’Église d’opposer des empêchements dirimants, ne sont pas dogmatiques ou doivent s’entendre de ce pouvoir emprunté (9).

LXXI. La forme prescrite par le Concile de Trente n’oblige pas sous peine de nullité, quand la loi civile établit une autre forme à suivre et veut qu’au moyen de cette forme le mariage soit valide (9).

LXXII. Boniface VIII a le premier déclaré que le vœu de chasteté prononcé dans l’ordination rend le mariage nul (9).

LXXIII. Par la force du contrat purement civil, un vrai mariage peut exister entre chrétiens ; et il est faux, ou que le contrat de mariage entre chrétiens soit toujours un sacrement, ou que ce contrat soit nul en dehors du sacrement (9, 11, 12, 23).

LXXIV. Les causes matrimoniales et les fiançailles, par leur nature propre, appartiennent à la juridiction civile (9, 12).

N.B. - Ici peuvent se placer d’autres erreurs : l’abolition du célibat ecclésiastique et la préférence due à l’état de mariage sur l’état de virginité. Elles sont condamnées, la première dans la lettre encyclique Qui pluribus, du 9 novembre 1846, la seconde dans la lettre apostoliqueMultiplices inter, du 10 juin 1851.


§ IX.
Erreurs sur le principat civil du Pontife romain
.

LXXV. Les fils de l’Église chrétienne et catholique disputent entre eux sur la compatibilité du pouvoir temporel avec le pouvoir spirituel (9).

LXXVI. L’abrogation de la souveraineté civile dont le Saint-Siège est en possession servirait, même beaucoup, à la liberté et au bonheur de l’Église (4, 6).

N.B. - Outre ces erreurs explicitement notées, plusieurs autres erreurs sont implicitement condamnées par la doctrine qui a été exposée et soutenue sur le principat civil du Pontife Romain, que tous les catholiques doivent fermement professer. Cette doctrine est clairement enseignée dans l’allocution Quibus quantisque, du 20 avril 1849 ; dans l’allocution Si semper antea, du 20 mai 1850 ; dans la lettre apostolique, Cum catholica Ecclesia, du 26 mars 1860 ; dans l’allocution Novos, du 28 septembre 1860 ; dans l’allocution Jamdudum, du 18 mars 1861 ; dans l’allocution Maxima quidem, du 9 juin 1862.


§ X.
Erreurs qui se rapportent au libéralisme moderne
.

LXXVII. A notre époque, il n’est plus utile que la religion catholique soit considérée comme l’unique religion de l’État, à l’exclusion de tous les autres cultes (16).

LXXVIII. Aussi c’est avec raison que, dans quelques pays catholiques, la loi a pourvu à ce que les étrangers qui s’y rendent y jouissent de l’exercice public de leurs cultes particuliers (12).

LXXIX. Il est faux que la liberté civile de tous les cultes, et que le plein pouvoir laissé à tous de manifester ouvertement et publiquement toutes leurs pensées et toutes leurs opinions, jettent plus facilement les peuples dans la corruption des mœurs et de l’esprit, et propagent la peste de "l’Indifférentisme" (18).

LXXX. Le Pontife Romain peut et doit se réconcilier et transiger avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne (24).

Liste des écrits du pape Pie IX d’où sont tirées les propositions du Syllabus :

1. Encyclique Qui pluribus, 9 novembre 1846 (Prop. du Syllabus 4-7, 16, 40, 63, 74).
2. Allocution Quis vestrum, 4 octobre 1847 (Prop. 63).
3. Allocution Uni primum, 17 décembre 1847 (Prop. 16).
4. Allocution Quibus quantisque, 20 avril 1849 (Prop. 40, 64, 76).
5. Encyclique Nostis et Nobiscum aux archevêques et évêques d’Italie, 8 décembre 1849 (Prop. 18, 63).
6. Allocution Si semper antea, 20 mai 1850 (Prop. 16).
7. Allocution In consistoriali, 1er novembre 1850 (Prop. 43-45).
8. Lettre apostolique Multiplices inter, 10 juin 1851 (Prop. 15, 21, 23, 30, 51, 54, 68, 74)
9. Lettre apostolique Ad apostolicae, 22 août 1851 (Prop. 24, 25, 34-36, 38, 41, 42, 65-67, 69-75)
10. Allocution Quibus luctuosissimis, 5 septembre 1851 (Prop. 45)
11. Lettre à S.M. le Roi Victor-Emmanuel, 9 septembre 1852 (Prop. 73).
12. Allocution Acerbissimum, 27 septembre 1852 (Prop. 31, 51, 53, 55, 67, 73, 74, 78).
13. Allocution Singulari quadam, 9 décembre 1854 (Prop. 8, 17, 19)
14. Allocution Probe memineritis, 22 janvier 1855 (Prop. 53).
15. Allocution Cum saepe, 27 juillet 1855 (Prop. 53).
16. Allocution Nemo Vestrum, 26 juillet 1855 (Prop. 77).
17. Lettre Singulari quidem aux évêques d’Autriche, 17 mars 1856 (Prop. 4, 16).
18. Allocution Nunquam fore, 15 décembre 1856 (Prop. 26, 28, 29, 31, 46, 50, 52, 79).
19. Lettre Eximiam à Son Éminence l’archevêque de Cologne, 15 juin 1857 (Prop. 4, 16)
20. Lettre apostolique Cum Catholica Ecclesia, 26 mars 1860 (Prop. 63, 76).
21. Lettre Dolore haud mediocri à l’évêque de Breslau, 30 avril 1860 (Prop. 14).
22. Allocution Novos et ante, 28 septembre 1860 (Prop. 19, 62, 76).
23. Allocution Multis gravibusque, 17 décembre 1860 (Prop. 19, 37, 43, 73)
24. Allocution Iamdudum, 18 mars 1861 (Prop. 37, 61, 76).
25. Allocution Meminit, 30 septembre 1861 (Prop. 20).
26. Allocution consistoriale Maxima quidem, 9 Juin 1862 (Prop. 1-7, 15, 19, 27, 39, 44, 49, 56-60, 76).
27. Lettre apostolique Gravissimas inter à l’archevêque de Munich-Frisingue, 11 décembre 1862 (Prop. 9- 11).
28. Encyclique Quanto conficiamur mœrore aux évêques d’Italie, 10 août 1863 (Prop. 17, 58).
29. Encyclique Incredibili à l’archevêque de Santa-Fé-de-Bogota, 17 septembre 1863 (Prop. 26).
30. Lettre apostolique Tuas libenter à l’archevêque de Munich-Frisingue, 21 décembre 1863 (Prop. 9, 10, 12-14, 22, 33).
31. Lettre Cum non sine à l’archevêque de Fribourg-en-Brisgau, 14 juillet 1864 (Prop. 47, 48).
32. Lettre Singularis Nobisque à l’évêque de Mondovi (Piémont
) 29 septembre 1864 (Prop. 32).

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 06:59
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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 08:57

Cette conférence de philosophie politique est filmée dans la cadre d'un cours donné par l'abbé Billecocq pour l'Institut Civitas. Sur base d'un partenariat, Medias-Presse.Info filmera chacun de ces cours de philosophie politique.

Voici le plan de cette première vidéo de philosophie politique consacrée aux transformations opérées par la révolution de 1789

Introduction
Chaos actuel - Pourquoi et comment en sommes-nous arrivés là - Regarder l'Histoire et l'ordre naturel des chose
s

1ère partie: l'ordre naturel
L'homme, animal politique - Les trois sociétés naturelles - Les trois ordres naturel
s

2ème partie: l'installation du désordre
L'autorité cause de décadence - Corruption des trois ordres naturels - Corruption des trois sociétés naturelle
s

Conclusion
La nature reprendra ses droits - Encourager et reconstruire ce qui est de l'ordre naturel (exemple : l'artisanat)
.

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 08:31

Une intéressante analyse trouvée sur le site Reinformation.tv explique le processus conduisant du "melting pot" au "salad bowl", puis à la révolution mondialiste au travers de l'évolution de la politique de l'immigration aux Etats-Unis.

Nous en profiterons pour faire quelques rappels au sujet du complot maçonnique des Illuminés, visant à l'édification d'une République universelle, ses aboutissements en 1789, 1917 et aujourd'hui.

Barak Obama […] a justifié son décret de régularisation des immigrés clandestins par la volonté de « réparer le système d’immigration », en panne selon lui depuis la dernière grande régularisation décidée par le Républicain Ronald Reagan en 1986 (sous la pression notamment du lobby du citrus californien).

[…] Derrière la régularisation des immigrés clandestins, une gestion trotskiste du « salad bowl »

L’expérience de précédentes régularisations, tant aux Etats-Unis qu’en Europe, lui donne sans conteste raison : elles ont toujours fonctionné comme un violent appel d’air pour une nouvelle vague d’immigrants irréguliers. Dans ce contexte, les apparentes conditions restrictives énoncées par Obama ne sont que des précautions rhétoriques. Selon des informations fiables, il serait déjà en train de préparer un accès plus facile aux certificats de résidence permanente et aux « green cards » qui sont le rêve juridique de tout immigrant aux Etats-Unis. Sa prétention à se situer dans la tradition américaine est donc une mauvaise plaisanterie : sans doute l’Amérique est-elle une nation de migrants, mais chacun sait le contrôle draconien auquel elle a longtemps soumis l’immigration d’une part, et le soin avec lequel elle veillait à l’intégration des nouveaux arrivants, fondée sur la fierté d’appartenir à leur nouvelle patrie. C’est ce qu’on appelait le melting pot, le creuset où se fondaient les immigrants, devenus des Américains avant tout même s’ils se montraient fiers de leurs origines, Irlandais, Italiens ou autres. Aujourd’hui le melting pot a cessé de fonctionner, remplacé par un salad bowl où les communautés se juxtaposent sans former un tout harmonieux ni se soucier d’un destin commun.

Au bout du processus, la révolution mondialiste

C’est ce processus centrifuge dont Obama se sert et qu’il accentue depuis sa première élection. On se souvient que son concurrent Mac Cain avait obtenu en 2008 la majorité absolue chez les électeurs Américains « de souche », Obama faisant campagne en Espagnol auprès des Chicanos et se prévalant de sa femme Michelle pour séduire les Afro-américains. A peine fut-il élu qu’il critiquait la Constitution et ses rédacteurs Wasp (Anglo-saxons, blancs et protestants), et lançait des programmes ostensiblement orientés pour favoriser les minorités « colorées » (c’est la terminologie américaine) et hispaniques. Il mettait en principe les idées de son « père » intellectuel le trotskiste Alinski, dont il avait expérimenté les méthodes à ses débuts « d’organisateur de communauté » à Chicago au début des années quatre-vingt : après l’échec de la révolution prolétarienne, il s’agit d’utiliser les communautés ethniques, religieuses ou sexuelles pour subvertir l’Etat. Dans cette perspective, la régularisation des immigrés clandestins et l’appel d’air qu’elle ne manquera pas de provoquer sont un coup de maître. En accentuant le déséquilibre du salad bowl actuel, ils dilueront un peu plus l’identité américaine et permettront de faire un peu plus pression sur les institutions (par le jeu notamment des associations et de la justice) pour dynamiter tant la société que l’Etat. Voilà un pas concret vers la transformation d’une puissance nationale en patrie de la révolution mondialiste.


Source: Reinformation.Tv http://reinformation.tv/regularisation-immigres-clandestins-obama-etats-unis-empereur-trotskiste-mondialiste/

Note de Christ-Roi. Ce processus allant du "salad bowl" à la révolution mondialiste s'inscrit dans le cadre de l'ancien complot illuminati du XVIIIe siècle qui trouva des accomplissements dans la Révolution de 1789 et celle de 1917.

Ce complot vise depuis plus de deux siècles a édifier "en silence" un gouvernement mondial contrôlé par les adeptes de la Secte des Illuminés, "pour le bonheur de l'humanité" (Cf. Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 136-137).

Quelques rappels à ce sujet :

Ce gouvernement mondial aura prétendu éliminer les inégalités alors que lui-même, dans sa
"subordination générale & graduation des supérieurs", a établi la hiérarchie et l'autorité la plus complèt
e.


Satan se flatte des résultats du Code Illuminé :

« Il n'existera plus ni Empire ni loi, l'anathème prononcé sur les Nations & sur leur Dieu, sur la société & sur ses lois, aura réduit en cendres nos autels, nos palais & nos villes, nos monumens des arts & jusqu'à nos chaumières...

Le dernier Spartacus contemplant ces ruines & s'entourant de ses Illuminés, pourra leur dire: Venez & célébrons la mémoire de Weishaupt notre Père. Nous avons consommé les mystères. Des lois qui gouvernaient les hommes, ne laissons plus au monde que les siennes. Si jamais les nations & leur religion & leur société & leur propriété pouvaient renaître, ce Code de Weishaupt les a détruites; ce Code seul les détruirait encore.

Il le dira, le dernier Spartacus; & les Démons aussi sortiront des enfers pour contempler cet oeuvre du Code illuminé, & Satan pourra dire: voilà les hommes devenus ce que je voulais. Je les chassais d'Eden; Weishaupt les chasse de leurs villes, & ne leur laisse plus que les forêts. Je leur appris à offenser leur Dieu; Weishaupt a su anéantir & l'offense & le Dieu. J'avais laissé la terre leur rendre encore le prix de leur sueur; Weishaupt frappe la terre de stérilité. Ils la défricheraient en vain; le champ qu'ils ont semé ne sera plus à eux. Je leur laissais leurs riches & leurs pauvres, leur inégalité; Weishaupt leur ôte à tous le droit de rien avoir...; & pour les rendre tous égaux, il les fait tousbrigands. Je pouvais jalouser leurs restes de vertu, de bonheur, de grandeur même sous les lois protectrices de leurs sociétés, de leur patrie; Weishaupt maudit leurs lois & leur patrie, & ne leur laisse plus que le stupide orgueil, l'ignorance & les moeurs du sauvage errant, vagabond & abruti... En les rendant coupables, je leur laissais encore le repentir & l'espoir du pardon; Weishaupt a effacé le crime & le remords; il ne leur laisse plus que leurs forfaits sans crainte & leurs désastres sans espoir...»

(A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 430-431).

L'Illuminé se dit "Patriote" cependant qu'il travaille à la destruction des peuples, nations & patries

Ce gouvernement mondial surviendra alors que l'Illuminé aura déclaré dans le même temps être "Patriote" (discours à l'extérieur) et aura travaillé à la destruction des peuples, des nations et des patries (actions à l'intérieur des institutions). (Cf. A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 183-186).

Ce gouvernement mondial surviendra alors que l'Illuminé, au nom de son égalité et de sa liberté, aura appris à détruire l'amour de la famille plus encore que l'amour national et l'amour des patries.

« Il n'est plus de liens pour la secte infernale. Tous ceux de la nature, comme tous ceux des gouvernemens & de la religion s'effacent dans les derniers mystères de Weishaupt. » (Cf. A. Barruel,Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 286).

L'Illuminé se dit "cosmopolite" ou "citoyen de l'Univers". Sa patrie, c'est l'Univers. Dans la Secte, il n'y a plus de patrie. "Ce mot seul de patrie est un blasphème contre les droits de l'homme, l'égalité et la liberté. » (Cf. A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, t. III, p. 304).


« Il [l'illuminé] ne prétend aimer tous les hommes également que pour se dispenser d'en aimer un seul véritablement. Il déteste l'amour national & patriotique, parce qu'il hait les lois des nations & celle de la patrie. Il déteste jusqu'à l'amour de la famille & il y substitue l'amour universel, parce qu'il n'aime pas davantage & les concitoyens & sa famille, qu'il n'aime le Chinois, le Tartare & le Hottentot, ou le Barbare qu'il ne verra jamais; & parce qu'il lui faut pour tous la même indifférence. Il étend ce lien pour annuler sa force & son action. Il se dit citoyen de l'univers, pour cesser d'être citoyen dans sa patrie, ami dans ses sociétés, père & enfant dans sa famille. Il nous dit aimer tout d'un pôle à l'autre, pour n'aimer rien autour de lui... De nouveaux sophismes viennent lui persuader que la faute originelle du genre humain est réellement d'avoir abandonner l' égalité, la liberté de la vie sauvage, par l'institution des lois civiles... » (Cf. A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 186-187).

Le Code illuminé, ancêtre du communisme, veut détruire la propriété:

J.J. Rousseau, père de Weishaupt. "Les fruit de la terre sont à tous, la terre n'est à personne". (Cf. A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 281-283).

« Les progrès du sophisme sont ici remarquables. Que ce qu'ils sont déjà, nous dise ce qu'ils seront un jour. Le Genevois (Rousseau), sophiste de la liberté & de l'égalité, prévenant les leçons du moderne Spartacus (Nom de guerre du fondateur des Illuminés de Bavière, Adam Adam Weishaupt. Ndlr.)nous avait fait entendre cet oracle; "Le premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire, ceci est moi, & trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile." Le Genevois sophiste avait ajouté: "Que de crimes, que de guerres, de meurtres, de misères & d'horreurs n'eût point épargné au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant les fossés, eût crié à ses semblables: gardez-vous d'écoutez cet imposteur; vous êtes perdus, et si vous oubliez que les fruits sont à tous, & que la terre n'est à personne!" (Discours sur l'inégalité, 1753, 2è part.)

[L'abbé Barruel explique :] Qu'il aurait épargné de forfaits & de spoliations à la Révolution française, ce même sophiste si, renonçant à son désastreux paradoxe, il avait su donner au genre humain des leçons plus vraies, plus réfléchies; & s'il nous avait dit:

"Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire: ceci n'est à personne, je le cultiverai; de stérile, je le rendrai fertile; je ferai ce que la nature exige de moi pour en tirer ma subsistance, celle de mon épouse, celle de mes enfants; & ce terrain sera à moi. Le Dieu de la nature, qui ne l'a encore donné à personne, l'offre, & le donnera au premier cultivateur pour fruit de ses travaux. - Le premier qui, tenant ce discours, seconda le voeu de la nature & trouva des hommes assezsages pour l'imiter, fut le bienfaiteur du genre humain. Il apprit à ses enfans qu'ils n'étaient pas faits pour disputer aux animaux ou pour se disputer entre eux les fruits sauvages de la terre. Il leur dit qu'il était des vertus domestiques & civiles, préférables à la vie vagabonde & trop souvent féroce des Nomades. Sa postérité fut bénie; ses générations se multiplièrent. S'il ne put prévenir tous les fléaux, il arrêta au moins ce premier des fléaux, cette stérilité qui étouffe le germe de la vie, & ne laisse aux forêts que des hommes épars, trop souvent semblables au lion & au tigre, à qui seuls elles sont destinées.

Si Jean-Jacques [Rousseau] eût tenu ce langage, il se fût évité l'ignominie d'être le père de Weishaupt; mais la sottise humaine, baptisée du nom de "Philosophie", prodigue des éloges au paradoxe du Genevois; le sophiste Bavarois s'empare du Code de Jean-Jacques, & le délire de l'orgueil est puni par le délire de la scélératesse. Ce qui n'avait été dans les maîtres que le paradoxe d'une folle indépendance, sans perdre sa sottise, devient dans les élèves une désastreuse conspiration.

Il n'est plus temps de dire simplement: Ce sont là les chimères des Sophistes; il faut dire aujourd'hui(en 1798, Ndlr.):

Ce sont là les complots qui se trament contre vos propriétés; les complots qui déjà vous expliquent tant de spoliations révolutionnaires; celle de l'Eglise, celle de la Noblesse, celle de nos Marchands, celle de tous les riches propriétaires. -Je veux le dire, ce sont là des chimères; mais ce sont les chimères de Weishaupt, du démon des brigands conjurés, du démon le plus riche en sophismes, le plus fécond en artifices, pour les réaliser.

Ce que Jean-Jacques [Rousseau] a dit à ses Sophistes, le nouveau Spartacus [Weishaupt] le dit à ses légions illuminées:

Les fruits sont à tous, la terre n'est à personne; il le dit dans ses antres, & il ajoute: Quand la propriété a commencé, l'égalité, la liberté ont disparu; & c'est au nom de cette égalité, de cette liberté qu'il conspire, qu'il invite les conjurés à rendre aux hommes la vie patriarchale . »


(Cf. A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 281-283).

Le projet illuminé veut détruire le christianisme. La négation du péché originel.

« Sous prétexte de découvrir une Religion plus parfaite, il (Weishaupt) leur a persuadé - aux adeptes - que le Christianisme du jour n'est que Superstition & tyrannie. Il leur a soufflé toute sa haine pour les prêtres & pour l'état actuel des Gouvernements. C'en est assez pour l'aider à détruire; il se gardera bien de leur dire ce qu'il veut édifier... »


(A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 151).

« Lorsque nous entendons la Secte prononcer avec enthousiasme le mot de morale, souvenons-nous de cette définition. Sans cela, tous ces mots d' honnêtes gens ou de vertu, de bons & de méchans, seraient intintelligibles dans la bouche des adeptes. Avec cette définition seule, l'honnête homme est celui qui travaille à l'anéantissement de la société civile, de ses lois & de ses chefs; le méchant, c'est tout homme qui travaille au maintien de cette société. Il n'est point d'autre crime crime, ou point d'autre vertu dans le Code Illuminé.

L'homme "est méchant parce que la Religion, l'Etat, de mauvais exemples le pervertissent.[Ce postulat moderne qui est aussi celui de Jean-Jacques Rousseau - l'homme est né bon, c'est la société qui le corrompt - est une négation satanique du péché originel qui enseigne que l'homme est né avec la tache du péché originel, et qu'il doit se sanctifier pour faire sa fin dernière. Ndlr.] Il serait bon si l'on cherchait à le rendre meilleur, s'il était moins de gens intéressés à le rendre méchant, pour étayer leur puissance sur la méchanceté.

[...] La thèse [illuminée] est assez perverse pour que nous nous y arrêtions un instant.

[...] La morale [illuminée] [...] ne sera point cette morale [catholique] qui, en dégradant l'homme, le rend insouciant pour les biens de ce monde, lui interdit la jouissance des plaisirs innocens de la vie, lui inspire la haine de ses frères... »

( A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, 1798, t. III, p. 202-206).

La morale illuminée niant le péché originel, commet une erreur sur la nature de l'homme. Cette erreur fait que l'expérience communiste en Urss a échoué et fera que l'idéologie illuminée, déconnectée du réel - et le Gouvernement mondial - échouera pour la même raison. Cf. "La gauche et le peuple, un divorce consommé". Si bien que l'expérience moderne que nous vivons depuis le XVIIIe siècle pourra être analysée par l'historien du futur comme une grande hérésie portant sur le péché originel. Or, s'attaquer au dogme du péché originel c'est nier l'intervention de Satan dans ce monde, c'est nier la nécessité de l'Incarnation et de la Rédemption en Christ, c'est supprimer tout le plan divin de restauration de l'Humanité déchue.

La morale des "droits de l'homme", de la "liberté", de l'"égalité", outil de destruction de toutes religions.

« Voici le mot réservé dans l'initation au dernier grade de l'Illuminisme (Mage ou philosophe Illuminé) :

Souvenez-vous aussi combien dans ces premiers grades nous vous avons parlé de morale & de vertu, mais combien les études que nous vous prescrivions & les leçons que nous vous donnions, rendaient & la vertu & la morale indépendantes de toute religion; combien, en vous faisant l'éloge de la Religion, nous avons su vous prévenir qu'elle n'était rien moins que ces mystères & ce culte dégénérés entre les mains des Prêtres. Souvenez-vous avec quel art, avec quel respect simulé nous vous avons parlé du Christ & de son Evangile, dans nos grades d'Illuminé majeur, de Chevalier Ecossais & d' Epopte; comment nous avons su, de cet Evangile, faire celui de notre raison; & de sa morale, celle de la nature; & de la religion, de la raison, de la morale, de la nature, faire la religion, la morale des DROITS DE L'HOMME, de l' égalité, de la liberté.

"Nous avons eu en vous bien des préjugés à détruire, avant de vous persuader que cette prétendue Religion du Christ n'était que l'ouvrage des Prêtres, & de l'imposture & de la tyrannie. S'il en est ainsi de cet Evangile, tant proclamé, tant admiré, que devons-nous penser de toutes les autres religions? Apprenez donc qu'elles ont toutes les mêmes fictions pour origines; qu'elles sont également toutes fondées sur le mensonge, l'erreur, la chimère & l'imposture. Voilà notre secret... »

( A. Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, , 1798, t. III, p. 262-
263).

« Si pour détruire tout christianisme, toute religion, nous avons fait semblant d'avoir seuls le vrai Christianisme, seuls la vraie religion; souvenez-vous que la fin sanctifie les moyens, que le sage doit prendre pour le bien tous les moyens du méchant pour le mal. Ceux dont nous avons usé pour vous délivrer, ceux que nous prenons pour délivrer un jour le genre humain de toute religion, ne sont qu'une pieuse fraude que nous nous réservons de dévoiler dans ce grade deMage ou de Philosophe Illuminé » (Archives du Code Illuminé cité in A. Barruel, ibid., t. III, p. 264).

[...] Cet objet de tant de ruses & de tant d'artifices, est de conduire les adeptes au plus monstrueux athéisme, & de persuader à tous les peuples que toute religion n'est que l'invention d'ambitieux imposteurs; que pour le délivrer du despotisme de l'imposture & RECOUVRER LES FAMEUX DROITS DE L'HOMME, la Liberté, l'Egalité, il faut commencer par anéantir toute Religion, tout culte, tout autel, cesser de croire en Dieu. » (A. Barruel, ibid., t. III, p. 269).


En 1790, Brissot, l'agent de la banque britannique, invoquant l'autorité de Machiavel, rétorqua à Clermont-Tonerre : « Rappelez-vous, l'axiome : 'qui veut la fin, veut les moyens'" (Cf. Le Patriote français, n° 201, 25 février 1790, p. 5-8, cité in P. Gueniffey, La Politique de la Terreur, Essai sur la violence révolutionnaire, Fayard 2000, réed. Tel Gallimard, Mesnil-sur-l'Estrée 2003, p. 89).

Pour ce faire, « la guerre de la liberté, est une guerre sacrée, une guerre commandée par le ciel; et comme le ciel elle purifie les âmes. ... Au sortir des combats, c'est une nation régénérée, neuve, morale; tels vous avez vu les Américains: sept ans de guerre ont valu pour eux un siècle de moralité. ... La guerre seule peut égaliser les têtes et régénérer les âmes. » (Jacques-Pierre Brissot de Warville, discours du 16 décembre 1791, cité in Lucien Jaume, Le Discours jacobin et la démocratie , Fayard, Saint-Amand-Montrond 1989, p. 71.)


« Il faut incendier les quatre coins de l'Europe, notre salut est là »(Brissot cité in Considér. sur la nature de la Révol., Mallett du Pan, p. 37).

Manifeste du Parti communiste, ou Manifeste communiste (Fac similé de la couverture de l'édition originale)

Plus tard, au XIXe siècle, les héritiers de la Révolution de 1789, « les communistes placeront la guerre civile "au coeur du projet communiste, tel qu'il apparaît dès 1848 dans le Manifeste du Parti communiste où Marx, évoquant la lutte des classes, parle de "la guerre civile plus ou moins latente au sein de la société actuelle, jusqu'au point où elle éclate en révolution ouverte et où le prolétariat jette les fondements de sa domination par le renversement violent de la bourgeoisie."

La conclusion du Manifeste est fort claire : "Les communistes déclarent ouvertement qu'ils ne peuvent atteindre leurs objectifs qu'en détruisant par la violence l'ancien ordre social." »

(Communisme et totalitarisme, Stéphane Courtois, Collection Tempus, 2009, p. 76.)

Encore une fois, la fin justifie les moyens pour les révolutionnaires modernes. En octobre 1917, Lénine le rappellera : "Cette guerre pourra être violente, sanguinaire, elle pourra coûter la vie de dizaines de milliers de propriétaires fonciers, de capitalistes et d'officiers qui épousent leur cause. Le prolétariat ne reculera devant aucun sacrifice pour sauver la révolution." » (Lénine,Oeuvres, Paris/Moscou, Editions sociales/Editions en langues étrangères, 1959, t. 26, p. 62, cité in Communisme et totalitarisme, Stéphane Courtois, Collection Tempus, 2009, p. 78 et 99.)

« Dès septembre 1917, il (Lénine) n'a de cesse de pousser les bolcheviks à la prise du pouvoir par une insurrection qui ouvrirait la voie à une guerre civile, étape indispensable de la transformation socialiste de la société russe. » (Communisme et totalitarisme, Stéphane Courtois, Collection Tempus, 2009, p. 99.)


« Comme dans le cas des interprétations républicaines de la Révolution française, la terreur instaurée dans les régimes communistes a longtemps été mise sur le compte des "circonstances" : la Révolution suscitaitl'émergence de résistances contre-révolutionnaires responsables de la guerre civile et qui devaient donc, "nécessairement" et "inévitablement", être écrasées." » ( Communisme et totalitarisme, Stéphane Courtois, Collection Tempus, 2009, p. 117.)


« Les méthodes mises en oeuvre sont diverses : fusillades de masse, prise et fusillade d'otages, massacre de la famille impériale à partir de juillet 1918, décret sur la "terreur rouge" le 5 septembre 1918, création de camps de concentration le 4 septembre 1918, utilisation de l'arme de la faim dans les villes (cartes de rationnement), déportations de masse, utilisation de la famine contre la paysannerie, etc. » (Communisme et totalitarisme, Stéphane Courtois, Collection Tempus, 2009, p. 120.)

Les guerres de l'Empire aujourd'hui dans le monde, les génocides (en Ukraine), l'instrumentalisation de l'individualisme (ethnique, sexuel, religieux), sont autant de moyens mis au service de leur Nouvel ordre mondial communiste et athée.

. De Gettysburg à Goldman Sachs : D'un monde libre à un monde communiste

. Dans l'Ombre d'Hermès. Les Secrets du Communisme" (VOSTFR, "In the shadow of Hermes. The Secrets of Communism")

. Le complot républicain de 1792 et le génocide vendéen

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 10:55

Source: France fidèle

Il y a quarante ans…

Le 21 novembre prochain sera le quarantième anniversaire de la célèbre déclaration de Mgr Lefebvre, datée du 21 novembre 1974.

Ce texte magnifique est la charte de notre combat.

Il n’est pas inutile de rappeler dans quel contexte il fut rédigé. Mgr Tissier de Mallerais l’explique dans sa biographie de Mgr Lefebvre (p. 505-506) :

Après la visite à Ecône de deux prélats belges envoyés par le Vatican (11-13 novembre), dont l’attitude et les propos scandalisent les séminaristes, Monseigneur part pour Rome le 16. « Le 21, tandis qu’il se rend à l’une des Congrégations qu’il vient visiter, un garde suisse, jusqu’alors impassible, s’adresse brusquement à lui : Monseigneur, vous attendez encore quelque chose de ces gens-là ? » Le jour même, à Albano, l’évêque écrit le texte qu’il présentera comme « la position du séminaire et de la Fraternité depuis le début, mais en termes plus nets et définitifs, en raison de l’amplification de la crise ».

En termes plus nets : Monseigneur distingue bien clairement « la Rome catholique » et « la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante », autrement dit la Rome conciliaire. La confusion entretenue en ce domaine par les actuels supérieurs de la Fraternité n’est-elle pas l’une des causes principales de la crise qui secoue la Tradition ?

Mgr Lefebvre ne trouve pas de mots trop forts pour caractériser les conséquences de la réforme conciliaire : démolition, ruine, anéantissement, disparition… Cette réforme est « tout entière empoisonnée », on ne peut donc que lui opposer un « refus catégorique ».

D’autant plus catégorique aujourd’hui que la crise s’est encore amplifiée depuis quarante ans, et combien : le nouveau « droit », le nouveau « catéchisme », Assise, les fausses canonisations de papes destructeurs de l’Eglise, etc.

Il ne peut donc être question de faiblir dans la confession de la vraie foi et dans la dénonciation des erreurs qui s’y opposent. Il ne peut être question de « s’arranger » avec la Rome conciliaire, « de quelque manière que ce soit », tant que celle-ci ne sera pas vraiment convertie. Monseigneur l’affirmait en une autre occasion : « Quand on nous pose la question de savoir quand il y aura un accord avec Rome, ma réponse est simple : quand Rome recouronnera Notre-Seigneur Jésus-Christ. » (Conférence à Flavigny, décembre 1988.)

C’est en la fête de la Présentation de Notre-Dame que Mgr Lefebvre a écrit sa déclaration il y a quarante ans : la Vierge fidèle lui a inspiré cette protestation de fidélité. Nous la faisons nôtre, et nous demandons à notre Reine du Ciel de nous garder fidèles nous aussi jusqu’à notre dernier souffle.

Père Bruno

Déclaration du 21 novembre 1974

Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité.

Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues.

Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Église, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Église.

Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles.

« S’il arrivait, dit saint Paul, que NOUS-MÊME ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème. » (Gal. 1, 8)

N’est-ce pas ce que nous répète le Saint-Père aujourd’hui ? Et si une certaine contradiction se manifestait dans ses paroles et ses actes ainsi que dans les actes des dicastères, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Église.

On ne peut modifier profondément la « lex orandi » sans modifier la « lex credendi ». A messe nouvelle correspond catéchisme nouveau, sacerdoce nouveau, séminaires nouveaux, universités nouvelles, Église charismatique, pentecôtiste, toutes choses opposées à l’orthodoxie et au magistère de toujours.

Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit.

La seule attitude de fidélité à l’Église et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réforme.

C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre oeuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église Catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures.

C’est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Église, par l’Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle.

Ce faisant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convaincus de demeurer fidèles à l’Église Catholique et Romaine, à tous les successeurs de Pierre, et d’être les « fideles dispensatores mysteriorum Domini Nostri Jesu Christi in Spiritu Sancto ». Amen.

En la fête de la Présentation de la Très Sainte Vierge.

+ Mgr Marcel Lefebvre

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 08:53

10 conseils pour survivre à un pape calamiteux et continuer à être catholique

Un catholique peut-il penser qu’un Pape est calamiteux ? Bien sûr que oui. Pourtant un bon catholique ne doit-il pas penser que c’est l’Esprit Saint qui est derrière l’élection du Pape ? Évidemment que non!
Il suffit peut-être à ce sujet de se rappeler ce que celui qui était alors le cardinal Ratzinger a répondu au professeur August Everding, lors d’un célèbre entretien accordé en 1997. Le professeur Everding avait demandé au cardinal s’il croyait vraiment que l’Esprit Saint intervenait dans l’élection du Pape. La réponse de Ratzinger a été simple et éclairante, comme d’habitude : « Je vous dirais que non dans le sens que c’est l’Esprit Saint qui choisit dans chaque cas le pape étant donné qu’il y a trop de preuves qui vont à l’encontre de cela, il y a trop de Papes pour lesquels ce n’est pas du tout évident que c’est l’Esprit Saint qui les aurait choisis. Mais, globalement, Il ne lâche pas complètement la main, ou pour le dire ainsi, il nous laisse du mou à la corde, comme un bon éducateur, il nous laisse beaucoup de liberté, mais il fait en sorte que la corde ne se rompe pas complètement, c’est comme cela que je le dirais. Par conséquent, il faudrait le comprendre dans un sens beaucoup plus large, et non pas qu’Il dit : maintenant vous devez voter pour lui. Mais il est possible qu’il ne permette que celui qui ne détruit pas complètement la chose ».

Par conséquent, même si un catholique considère évidemment qu’aucun Pape ne peut arriver à détruire entièrement l’Église, l’histoire montre que, en matière de souverains pontifes, il y a eu de tout : des bons, des moyens, des mauvais, et des mauvais de notoriété, ou des calamiteux.
Quand pouvons-nous dire qu’un Pape est calamiteux? Bien sûr, il ne suffit pas pour cela qu’un Pape soutienne des opinions fausses sur tels ou tels sujets. En effet, un Papa, comme tout autre homme, méconnaît nécessairement beaucoup de matières et possède des convictions erronées sur autant d’autres. Et ainsi il pourrait y avoir un Pape qui aimerait beaucoup parler de philatélie ou de numismatique, et qui soutiendrait de grossières erreurs sur la valeur ou la datation de certains timbres et monnaies. En donnant son opinion sur des matières qui ne sont pas de sa compétence, un Pape a plus de possibilités de se tromper que de toucher au but. Exactement comme vous et moi, cher lecteur. C’est pourquoi, si un Pape montre une certaine propension à rendre publiques ses opinions sur l’art de la colombophilie, l’écologie, l’économie ou l’astronomie, le spécialiste en de telles matières fera bien de relever avec patience les pérégrinations hasardeuses du souverain pontife romain sur des affaires, qui bien sûr, sont étrangères à son enseignement. Le spécialiste pourra, évidemment, regretter les éventuelles erreurs et plus généralement le manque de prudence qui se manifeste dans quelques déclarations. Mais ce n’est pas parce qu’un Pape est imprudent et bavard qu’il est calamiteux.

S’il l’est, au contraire, ou peut arriver à l’être, c’est qu’il est la cause en paroles et provoque, des dommages dans le legs de la foi de l’Église, en obscurcissant temporairement des aspects de l’image de Dieu et de l’image de l’homme que l’Église a le devoir de protéger, de transmettre et
d’approfondir.

Libère

Anastase II

Léon X

Mais un tel cas peut-il se produire? … Eh bien, en fait, il y en eu déjà plusieurs fois dans l’histoire de l’Église. Quand le Pape Libère (IVème siècle), - le premier Pape non canonisé - cédant aux fortes pressions de l’arianisme, a accepté une position ambiguë relative à cette hérésie, a abandonné les défenseurs du dogme trinitaire comme Saint Athanase ; quand le Pape Anastase II (Vè s.) a flirté avec les défenseurs du schisme d’Acace de Césarée (ndt évêque arien de Césarée) ; quand le Pape Jean XXII (XIVè s.) enseignait que l’accès à Dieu pour les justes n’arrivait pas avant le Jugement Dernier ; quand les Papes de la période connue comme « le Grand Schisme d’Occident » (XIV et XVè s.) s’excommuniaient mutuellement ; quand le Pape Léon X (XVIè s.) non seulement prétendait satisfaire ses goûts de luxe moyennant la vente des indulgences, mais défendait en théorie son autorité pour le faire, etc., etc., une partie du legs de la foi resta obscurci durant un temps plus ou moins long par leurs actions ou leurs omissions, en générant ainsi des moments d’énormes tensions internes dans l’Église (*). Ces Papes responsables de telles choses, oui, il faut les appelés, avec pertinence, « calamiteux ».


La question est, alors, que peut-on faire en des temps de Pape calamiteux ? Quelle attitude convient-il d’adopter en de tels temps ? Eh bien, puisque dernièrement sont devenues à la mode les listes de conseil pour le bonheur, pour contrôler son cholestérol, pour être plus positifs, pour cesser de fumer et pour maigrir, je vais me permettre, moi aussi, de proposer au lecteur, une série de conseils, pour survivre à un Pape calamiteux sans cesser de rester catholique. Pas question de dire non plus qu’il s’agit d’une liste exhaustive. Mais elle peut être utile, de toute façon.

Commençons donc :

* * *

(1) Garder son calme :
Au moment d’un naufrage, la tendance à l’hystérie est très humaine, mais n’aide pas à résoudre la moindre chose. Donc du calme. Ce n’est en effet que dans le calme que doivent se prendre des décisions convenant à chaque cas, et éviter de dire et de faire des choses dont on aura par la suite à regretter.

(2) Lire de bons livres d’histoire sur l’Église et la papauté :
Habitués à une suite de grands Papes, le vécu d’un pontificat calamiteux peut se révéler traumatisant, si l’on n’arrive pas à le replacer dans son contexte. Lire de bons traités d’histoire de l’Église et d’histoire de la papauté aide à mieux donner sa valeur à la situation présente. Surtout parce dans ces livres nous sont montrés d’autres cas, - nombreux, par malheur ou parce que la nature humaine est ainsi, où les eaux des fontaines, à Rome, ont coulé bien troubles. L’Église souffre de faiblesses de ce genre, mais ne coule pas à cause d’elles. C’est ainsi que c’est arrivé dans le passé et c’est ainsi que nous pouvons nous attendre à ce que cela arrive aussi dans le présent et dans l’avenir.

(3) Ne pas céder aux discours apocalyptiques :
En endurant les malheurs d’un pontificat calamiteux, certains les prennent come des indices de l’imminence de la fin des temps. C’est une idée qui jaillit dans de telles circonstances : des textes apocalyptiques motivés par des maux similaires on peut les lire aussi chez les auteurs médiévaux. Mais précisément ce fait devrait nous servir d’avertissement. Cela n’a pas beaucoup de sens d’interpréter chaque orage comme si c’était déjà la dernière tribulation. La fin des temps arrivera quand elle devra arriver, et ce n’est pas à nous de vérifier le jour et l’heure. Ce qui nous revient c’est de mener le combat de notre époque, mais la vision globale revient à un Autre.

(4) Ne pas rester silencieux, ni regarder d’un autre côté :
Durant un pontificat calamiteux, le défaut opposé à celui d’adopter l’attitude du prophète de l’apocalypse consiste dans la minimisation des événements, le silence face aux abus, et de regarder d’un autre côté. Certains justifient cette attitude en ayant recours à l’image des bons fils qui recouvrent la nudité de Noé. Mais ce qui est sûr c’est qu’il n’y a pas moyen de remettre dans la bonne direction la route d’un navire si l’on ne dénonce qu’elle a dévié. D’ailleurs l’Écriture a pour cela un exemple qui correspond beaucoup plus au cas que celui de Noé: les durs mais justes et loyaux reproches de l’apôtre Paul au souverain pontife Pierre, quand ce dernier s’est laissé emporté par le regard des hommes. Cette scène des Actes des Apôtres est là pour que nous apprenions à distinguer la loyauté du silence complice. L’Église n’est pas un parti dans lequel le président doit recevoir toujours des applaudissements inconditionnels. Le Pape n’est pas le leader d’une secte mais un serviteur de l’Évangile et de l’Église; un serviteur libre et humain, qui, en tant que tel, peut dans certaines occasions adopter des décisions ou des attitudes répréhensibles. Et les décisions et attitudes répréhensibles doivent être réprimées.

(5) Ne pas généraliser :
Le mauvais exemple (de lâcheté, de carriérisme, etc.) de quelques évêques ou cardinaux durant un pontificat calamiteux, ne doit pas nous amener à disqualifier d’une manière systématique les évêques, les cardinaux et le clergé dans son ensemble. Chacun d’entre eux est responsable de ses paroles et de ses actes ainsi que de ses omissions. Mais la structure hiérarchique de l’Église a été instituée par son Fondateur, et pour cela elle doit être respectée, malgré toutes les critiques. On ne doit pas non plus étendre la protestation à l’encontre d’un Pape calamiteux à tous ses faits et dires. Ne doivent être contestés que ceux pour lesquels la doctrine séculaire de l’Église est déviée, ou ceux où est marqué un changement de direction qui peut compromettre des aspects de la doctrine même. Et le jugement porté sur ces points ne doit pas s’appuyer sur des dires, des opinions ou des goûts particuliers : l’enseignement de l’Église est résumé dans son catéchisme. La réprobation doit porter sur les points où un Pape s’écarte du catéchisme. Pour les autres, non.

(6) Ne pas collaborer avec des initiatives à la plus grande gloire du souverain pontife calamiteux :
Si un Pape calamiteux demande de l’aide pour s’occuper de choses bonnes, il doit être écouté. Mais on ne doit pas seconder d’autres initiatives comme peuvent être, par exemple, des rencontres de foules qui servent à le montrer comme un souverain pontife populaire. Dans le cas d’un Pape calamiteux, les acclamations abondent. Donc soutenu par elles, il pourrait se sentir épauler pour faire dévier encore plus la route du navire de l’Église. Cela ne vaut pas de dire, par conséquent, que l’on n’applaudit pas le souverain pontife, mais Pierre. En effet, le résultat est que cet applaudissement sera employé à ses fins, non en faveur de Pierre, mais du souverain pontife calamiteux.

(7) Ne pas suivre les instructions du Pape là où il y a déviation par rapport au legs de l’Église :
Si un Pape enseigne des doctrines ou essaie d’imposer des pratiques qui ne correspondent pas à l’enseignement pérenne de l’Église, dont la synthèse est le catéchisme, il ne doit pas être secondé et obéi dans son dessein. Cela veut dire, par exemple, que les prêtres et les évêques ont l’obligation d’insister sur la doctrine et la pratique traditionnelles, enracinées dans le dépôt de la foi, même au prix de s’exposer à des sanctions. De même les laïcs doivent insister en enseignant la doctrine et les pratiques traditionnelles dans leur domaine d’influence. En aucun cas, ni par obéissance aveugle, ni par peur des représailles, il n’est acceptable de contribuer à l’extension de l’hétérodoxie ou de l’hétéropraxis (ndt donc doctrine ou pratiques non conformes).

(8) Ne pas soutenir économiquement des diocèses qui collaborent :
Si un Pape enseigne des doctrines ou essaie d’imposer des pratiques qui ne correspondent pas à l’enseignement pérenne de l’Église, dont la synthèse est le catéchisme, les pasteurs des diocèses devraient servir de mur d’arrêt. Mais l’histoire montre que les évêques ne réagissent pas toujours avec suffisamment d’énergie face à ces dangers. Plus encore, parfois ils secondent même, pour un quelconque motif, les desseins du souverain pontife calamiteux. Le chrétien laïc qui réside dans un diocèse régi par un pasteur qui est ainsi doit retirer son soutien économique à son église locale, tant que persiste la situation irrégulière. Évidemment, ce qui vient d’être exposé ne s’applique pas aux aides qui sont directement destinées à des fins caritatives, mais aux autres. Et cela vaut aussi pour tout autre type de collaboration, par exemple sous forme de volontariat ou de charge institutionnelle.

(9) Ne soutenir aucun schisme:
Face à un Pape calamiteux, peut surgir la tentation d’une rupture radicale. On doit résister à cette tentation. Un catholique a le devoir d’essayer de minimiser, au sein de l’Église, les effets négatifs d’un mauvais pontificat, mais sans briser l’Église ni rompre avec l’Église. Cela veut dire que si, par exemple, sa résistance à adopter des thèses déterminées ou des pratiques déterminées, fait tomber sur lui la peine d’excommunication, il ne doit pas pour cela encourager un nouveau schisme ou soutenir un de ceux déjà existant. Il faut en tant que catholique, rester patient, en toute circonstance.

(10) Prier:
La permanence et le salut de l’Église ne dépendent pas en dernière instance de nous, mais de Celui qui l’a voulue et l’a fondée pour notre bien. Dans les moments de naufrage, il faut prier, prier et encore prier, pour que le Maître se réveille et calme la tempête. Ce conseil a été mis en dernier, non pas parce qu’il est le moindre, sinon le plus important de tous. Car, finalement, tout se réduit à ce que nous croyons vraiment que l’Église est soutenue par un Dieu (ndt Dieu !) qui l’aime et qui ne la laissera pas être détruite. Prions donc, pour la conversion des souverains pontifes néfastes, et pour qu’aux pontificats calamiteux succèdent, des pontificats de restauration et de paix. Beaucoup de branches sèches auront été brisées durant l’orage mais celles qui seront restées unies au Christ, refleuriront. Plaise à Dieu que l’on puisse dire la même chose de nous.

-
Notes de traduction

(*) Admettons que tous ces exemples soient à nuancer, comme pour le pape Libère (même si à son époque les évêques fidèles à la doctrine se comptaient sur les doigts d’à peine deux mains) ou l’affaire des indulgences qui a bien servi a posteriori la propagande anticatholique et où il est bien difficile d’appréhender exactement les faits. Mais ce qui est important ici c’est de montrer qu’il y a eu des époques où certains Papes n’o
nt pas délivré l’enseignement qu’ils auraient dû délivrer pour lutter contre l’air du temps.

Source: http://benoit-et-moi.fr/2014-II/actualites/10-conseils-pour-survivre.html

via http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=762920

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