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VERITES SUR LE SAINT-SUAIRE DE TURIN DE GERARD LUCOTTE...

   

 

 

 

Le Saint Suaire, communément appelé Linceul de Turin, est loin d’avoir livré tous ses secrets. S’agit-il du véritable linceul du Christ ?

Gérard Lucotte, scientifique de haut niveau, spécialisé dans l’étude des reliques du Christ, mène l’enquête.

Cet ouvrage, distancié et dénué de tout sens polémique, rédigé dans un style à la fois simple et précis, est abondamment illustré de photographies résultant des travaux originaux de l’auteur.

Toutes les questions pendantes relatives au Linceul sont abordées : les fibres de lin dont il est constitué sont-elles très anciennes ? Quelle est la signification des autres fibres textiles qui y sont trouvées ? L’image du corps est-elle une peinture ? Ses teintes ont-elles été ravivées ? Le linge a-t-il été blanchi ? Quelle est la signification des nombreux dépôts minéraux trouvés à la surface des fibres de lin ?

Nous renseignent-ils sur la composition du sol sur lequel a marché le supplicié ? Le linge a-t-il été nettoyé, lavé, lessivé  ? A-t-il été traité contre les moisissures ? A-t-on tenté de le protéger des attaques du feu ? Une réponse à toutes ces questions est donnée, preuves en main.

L’ouvrage traite aussi de l’importante question des pollens et de ce que l’on peut réellement en déduire. Il donne des informations très précises sur la question capitale de la constitution du précieux sang trouvé à la surface des fibres de lin. Ce livre jette aussi les bases d’une nouvelle théorie explicative d’un mécanisme possible de la formation de l’image.

Gérard Lucotte est professeur à l’école d’Anthropologie de Paris. Depuis une dizaine d’années, il s’est spécialisé dans le domaine de l’étude scientifique des reliques du Christ (Linceul de Turin, Tunique d’Argenteuil, couronne d’épines, sandale du Christ et Saint-Sang). Son objectif est de tenter de décrypter, à l’aide des techniques scientifiques modernes (microscope électronique, hématologie, génétique), les mystères qui entourent ces très précieuses reliques de Jésus.

LU DANS LA PRESSE:

 

Vérités sur le Saint Suaire

Gérard Lucotte

__________________________________________________________________________

Présent

 

« Vérités sur le Saint-Suaire » : vraiment ?

Où Gérard Lucotte revisite de fond en comble le Linceul de Turin

Je viens de lire – non sans indignation – le dernier livre de Gérard Lucotte, scientifique

de haut vol (au point de sembler être spécialiste à peu près en tout), sur le Linceul de

Turin. Vérités sur le Saint-Suaire, tout juste publié par l’Atelier Fol’Fer, présente des EtudesLoin d’être une présentation de tout ce que cette

scientifiques récentes sur le Linceul de Turin.

insigne relique a révélé lors de multiples études de toutes sortes, il s’agit de découvertes

revendiquées par l’auteur à partir de l’observation, au microscope électronique,

d’échantillons obtenus par des voies détournées et sans possibilité de contrôle auprès de

personnes y ayant eu jadis ou naguère accès. C’est un premier point, que d’ailleurs

revendique l’auteur qui signale l’arrêt officiel de toute recherche sur le Linceul depuis

2002, le Centre de sindonologie de Turin ne communiquant plus aucun fragment ou

échantillon à soumettre à l’analyse.

Les assertions de Gérard Lucotte sont telles que je veux en parler tout de suite. D’autant

qu’elles avaient été précédées par ses écrits et ses déclarations sur la Sainte Tunique

d’Argenteuil en 2007 qui me semblaient franchement insupportables : cette relique-là

révèle, selon le chercheur, que l’homme de la Tunique était affecté d’une maladie

génétique, qu’il avait des « morpions » et qu’il était « opiomane » – et je ne parle pas ici

de déclarations privées plus scabreuses que l’on m’a rapportées de diverses sources.

Donc : voici des « découvertes » de Lucotte sur le Linceul. Elles portent sur des fibres

de lin, des pollens et autres poussières et matières organiques ou non recueillies par

exemple sur le filtre d’un aspirateur utilisé pour nettoyer le Linceul, tous matériaux

obtenus « par la bande » et dont l’authenticité n’a d’autre assise que la foi accordée par le

lecteur à l’auteur.

Je dis bien le lecteur lambda, au rang desquels je me situe. Dans la foule d’affirmations

et d’explications extrêmement détaillées sur une masse de sujets d’étude forts différents,

traités de manière apparemment très objective (mais j’ai retrouvé, lors d’un « carottage »,

au moins une page pompée directement sur le très incertain « wikipedia »), l’acheteur

ordinaire du livre ne saura faire un tri avisé. Peut-être ces descriptions générales du

rouissage du lin à l’obtention du blanc de céruse en passant par l’identification des

lessives qui « lavent plus blanc » sont-elles exactes. Je n’ai pas les moyens de vous le dire.

Mais comme Lucotte écrit un livre de vulgarisation sans passer par l’étape de la

publication d’un papier scientifique dans une revue du même métal, en avançant

quantité d’observations, de mesures et d’interprétations totalement inédites, je demeure

à mon niveau de journaliste non spécialisé : dubitative. Et sur le simple plan de l’analyse

raisonnable, interloquée.

Admettons donc – il n’y a pas de raison a priori de mettre la sincérité de Gérard Lucotte

en doute – que tous ces objets divers observés (seul ? sans une équipe ? Cela paraît

impossible) sur le Linceul de Turin y soient vraiment. Visite guidée.

Pour Gérard Lucotte, le linge acheté par Joseph d’Arimatie était blanc à l’origine,

comme l’indiquent pour lui les mots « lenzuolo candido » utilisés par saint Matthieu... en

parfait italophone ? (Soyons honnêtes : ailleurs il cite les mots « sindon munda » !). Blanc

puisque traité, et pourtant aujourd’hui « coquille d’oeuf » comme le lin non blanchi que

les brodeuses connaissent bien et dont il est difficile de retrouver la teinte écrue lorsqu’il

s’éclaircit au fil des lavages : au « mieux », la toile jaunira avec l’âge, mais ce n’est pas la

même chose.

Par la suite (mais on ne suit pas toujours bien les explications successives de

Lucotte), l’auteur assure que le Linceul a été blanchi à plusieurs reprises par l’application

de plusieurs pigments et de plusieurs mordants pour les fixer afin de le blanchir,

anciennement peut-être au blanc de céruse et récemment – après 1810 – au sulfate de

baryum qu’on fabrique depuis cette date-là. Il parle de « couche picturale » dont il a

donc pu voir les « résidus ».

A côté des pigments blancs, Gérard Lucotte affirme avoir trouvé, adhérant aux

fibres de lin examinés à des grossissements extraordinaires, des pigments rouges, ocre,

rouille, jaunes. Vous rappelez-vous les assertions très controversées de Walter McCrone

qui affirmait avoir trouvé tous ces pigments et qui en déduisait que l’image du Suaire

résultait de l’application de ces pigments avec les doigts, puis – hypothèse

ultérieurement formulée – par des procédés de peinture plus classiques ? Eh bien,

Lucotte a trouvé, comme McCrone, de l’oxyde de fer et d’autres éléments indiquant

l’existence de peintures sur le Linceul. Elles ont sans doute servi à « renforcer les taches

de sang », ou à rehausser l’image, croit-on comprendre, au fil d’au moins deux

pigmentations différentes.

Passons rapidement sur la présence d’une « micro-météorite » supposée

(pourquoi pas, après tout) pour arriver aux traces de terre trouvés par certains

chercheurs au niveau des images des pieds et des genoux. Lucotte récuse « certains »

auteurs (en note, on comprend qu’il s’agit de Daniel Raffard de Brienne) qui évoquent la

présence d’aragonite, composante qui signerait la provenance du Linceul puisqu’elle est

caractéristique de la région de Jérusalem. Non, non, répond Lucotte : sous la forme où

elle est présente, l’aragonite du Linceul indique la présence d’ Lin pigment blanc qui en

contient. Le sol foulé par l’homme du Linceul est « quelque peu argileux », avec une «

coloration rouge ou brunâtre ».

Il y a des scientifiques qui consacrent leur vie à l’étude d’une discipline. Celle des

pollens, par exemple. Gérard Lucotte n’est pas de ceux-là. Il indique avoir travaillé

depuis 2007 sur les échantillons du Linceul qu’il a pu obtenir, et – à côté de ses

observations sur les acariens, les pigments, les moisissures, les hématies, éléments

métalliques, terreux, textiles qu’il identifie absolument tous avec âge et éventuellement

procédés de fabrication – il s’est livrée à l’étude critique de toutes les observations et

conclusions avancées par des spécialistes antérieurs : Max Frei, aujourd’hui disparu, ou

Baruch et Danin, deux universitaires israéliens qui font autorité sur la flore de leur pays

et du Proche-Orient. L’étude des pollens du Linceul, nous avait-on dit au terme de

publications fort sérieuses, révèle l’origine Palestinienne du Linceul et indique même que

le Christ a été mis au tombeau comme cela se fait encore de nos jours chez les chrétiens

de la région : entouré de fleurs. Balivernes que tout cela ! Dans

Vérités sur le Saint-Suaire,

Lucotte assure qu’il n’a pu identifier aucun pollen de cette région-là, seulement des

pollens récents d’espèces « d’origine européenne uniquement ». Et de dénoncer la

pauvreté des illustrations publiées par les autres auteurs... Ce qui est une manière de les

disqualifier, eux.

Pour Gérard Lucotte, le Linceul comporte aussi la trace d’avoir été ignifugé trois

fois, dont une récente, avec du mica. Il le fallait bien, puisqu’il ajoute foi, en le citant

étrangement, comme s’il c’était agi de la relation d’un témoin oculaire et non de

l’allégation d’une chose qu’on racontait généralement, à quelques propos d’Antoine de

Lalaing, généralement peu pris au sérieux dans les milieux sindonologiques. Ce voyageur

des temps jadis relate ainsi une ostension qui eut lieu en 1503 et évoque l’« ordalie » à

laquelle le Linceul aurait été soumis : plongé dans l’huile bouillante, passé au feu sans

brûler et sans que son image ne s’altérât.

On imagine bien des chrétiens de ces années-là faisant protéger militairement la relique

pour la montrer au peuple avant de la mettre au feu... Curieusement, Gérard Lucotte n’a

pas trouvé dans son catalogue de restes ceux d’une friture plusieurs fois centenaire.

Regrettable omission.

En revanche il y a du soufre, et des fragments de bois d’allumettes industrielles

fabriquées à partir de 1844, puisqu’après cette date on a dû « honorer » le linceul en

posant des bougies dessus et en les allumant comme sur un gâteau d’anniversaire...

Le Linceul a été lessivé et re-lessivé au cours de son histoire. Même avec une

lessive du XXe siècle, contenant des phosphates, dont l’efficacité sur les taches visibles

de sang semble quand même du coup très en-deçà de ce que nous promettent, et en

général nous obtiennent les fabricants...

Pardonnez-mon ton trivial, mais là, Lucotte m’exaspère un peu. Ai-je vraiment besoin

d’un livre sur le Saint-Suaire pour apprendre ceci ? « On peut faire sa lessive à la main,

au lavoir, dans une buanderie, ou à la laverie ; à la maison la lessive peut se faire dans

une lessiveuse ou dans une machine à laver (lave-linge). » (Cette citation-là est à

quelques mots près tirée de l’article « eau » du blog régionaliste belcaire-pyrénées.com !).

Sérieusement, imagine-t-on qu’une relique portant la trace du très précieux Sang de

notre Sauveur, serait soumis à un lavage ? C’est, comme dirait Sherlock Holmes, pire

qu’impossible : improbable. Psychologiquement ahurissant.

Historiquement à l’opposé de la manière dont sont conservés les vases contenant ce qui

reste de miracles eucharistiques passés. Là, tout simplement, je n’y crois pas. A tort

peut-être. Mais de preuves, je n’estime pas en trouver dans le livre de Lucotte.

Mais c’est que je suis sans doute bien trop crédule quand je lis, ici ou là, dans des

publications anciennes et modernes de la sindonologie, que le Saint-Suaire de Turin

porte sur lui du sang, le Précieux Sang de Jésus-Christ. Pour Lucotte, venu là encore

contredire bien des scientifiques et bien des recherches, il y a en effet du sang sur le

Suaire, puisqu’il a vu des hématies, « rares », « isolées » anciennes et récentes. Sur les 64

hématies étudiées, seules 9 sont d’origine humaine, et elles sont « récentes », assure

Lucotte. Les 55 autres sont d’origine animale, probablement de grands animaux comme

le boeuf ou le cheval, dont 56 % récentes et le reste anciennes et même « très

anciennes », et résultent de dépôts successifs sur le Linceul.

« Mais si c’est du sang d’animal », observe mon fils de 8 ans qui m’entend raconter cela,

« alors ce n’est pas un saint suaire ! » Je ne le lui fais pas dire.

Mais alors qu’est-ce que le Linceul – terme que Lucotte préfère à « Saint-Suaire »,

et on le comprend.

Eh bien, Gérard Lucotte y a trouvé, omniprésentes, partie « intégrante » du linge

puisque adhérant à ses fibres et nichées dans ses interstices, des microbilles de silice

recouvertes d’argent. Probablement une solution liquide, assure-t-il ; du nitrate d’argent

(oui, il y a aussi de l’azote dans ces microbilles). Qui dit nitrate d’argent dit « argent », et

« argentique », et donc « photo ». Et de renvoyer le lecteur vers un site de bricolage où

l’on apprend comment fabriquer du « papier salé », procédé très ancien précurseur du

daguerréotype, en rappelant que le principe de la chambre obscure était connu dès le

IVe siècle avant J.-C. On apprend aussi au passage que les daguerréotypes qui

nécessitent un long temps d’exposition étaient volontiers réalisées au XIXe pour

« immortaliser » le doux visage d’une jeune femme morte en couches... Ou un enfant

mort-né... Quant au « papier salé », selon sa durée d’exposition, on apprend qu’il peut

donner une image négative, que celle-ci « se forme dans les fibres du papier » (en gras

dans le texte) et se révèle dans une jolie « couleur sépia ».

Ce chapitre sur la formation de l’image est dédié à André Marion, spécialiste d’optique,

membre fondateur de l’Académie d’Ufologie (science des OVNIS), avec qui Lucotte

avait cosigné un précédent ouvrage sur le Linceul, et qui est mort « soudainement » l’an

dernier.

Et voilà ! Bingo ! L’énigme du Linceul est résolue ! Le Linceul est peut-être très ancien,

mais de là à croire qu’il comporte une image non faite de main d’homme...

Que cherche à dire Lucotte ? Ce qu’il a vu, sans doute, mais dans un regard dont la foi

est absente, et en tirant ses conclusions à lui. Et pourquoi, en vue de quoi ? Là, on entre

dans un autre domaine. On sait l’homme incroyant, fasciné par les reliques du Christ,

« l’Homme le plus extraordinaire, que je n’ai jamais rencontré » comme il le dit dans une

étrange (auto-interview à la fin de son livre. La faute de français est trop flagrante pour

ne pas être voulue et significative. De même Lucotte prend-il toutes sortes de biais pour

ne pas dire qu’il croit le Linceul « authentique ». Son livre donnera sans doute lieu à des

réponses scientifiques. Je ne ressens pas le besoin de les attendre pour dire, à mon

modeste niveau, que ce genre... d’OVNI littéraire n’est pas de nature à promouvoir la

vénération du Linceul de Turin, tout comme son livre sur la Sainte Tunique tend à

ridiculiser et discréditer l’adoration de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme.

Jeanne Smits

, n° 7103 du vendredi 28 mai 2010

Etudes scientifiques récentes sur le Linceul de Turin

 

 

LIBRAIRIE-PRESSE DE NEUILLY_PLAISANCE

15,AVENUE FOCH

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L
<br /> Livre très moyen, je recommande plutôt : L'église à l'épreuve du Linceul de Arnaud-Aaron Upinsky<br /> <br /> <br />
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