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[Epiphanie, du grec "manifestation".] C'est-à-dire
lamanifestation de Dieu.
Cette fête célèbre la visite des rois mages à l'Enfant-Jésus, Sauveur promis au monde.
"Les mages offrent de l’or,
de l’encens et de lamyrrhe. L’or convenait bien à un
roi ; l’encens était présenté à Dieu en sacrifice ; et c’est avec la myrrhequ’on
embaume les corps des défunts. Les magesproclament donc, par
leurs présents symboliques, qui est celui qu’ils adorent. Voici l’or : c’est un roi ; voicil’encens :
c’est un Dieu ; voici la myrrhe : c’est un mortel. Il y a des hérétiques qui croient en sa divinité sans croire que son règne s’étende partout.
Ils lui offrent bienl’encens, mais ne veulent pas lui offrir également l’or. Il en est d’autres qui reconnaissent sa royauté, mais nient sa divinité.
Ceux-ci lui offrent l’or, mais refusent de lui offrir l’encens. D’autres
enfin confessent à la fois sa divinité et sa royauté, mais nient qu’il ait assumé une chair mortelle. Ceux-là lui offrent l’or et l’encens, mais ne veulent pas lui offrir la myrrhe, symbole de la condition
mortelle qu’il a assumée." Saint Grégoire le Grand, Pape 590-604, Homélie sur l'Epiphanie, prononcée le 6 janvier 591, devant le
peuple dans la basilique de saint Pierre, apôtre, le jour de l’Epiphanie.
"Dans tout l’univers, le Seigneur a fait connaître son salut
La miséricordieuse providence de Dieu a voulu, sur la fin des temps, venir au secours du monde en détresse. Elle décida que le salut de toutes les nations se ferait dans le Christ.
C’est à propos de ces nations que le saint patriarche Abraham, autrefois, reçut la promesse d’une descendance innombrable, engendrée non par la chair, mais par la foi; aussi
est-elle comparée à la multitude des étoiles, car on doit attendre du père de toutes les nations une postérité non pas terrestre, mais céleste.
Que l’universalité des nations entre donc dans la famille des patriarches; que les fils de la promesse reçoivent la bénédiction en appartenant à la race d’Abraham, ce qui les fait renoncer à leur
filiation charnelle. En la personne des trois mages, que tous les peuples adorent le Créateur de l’univers; et que Dieu ne soit plus connu seulement en Judée,
mais sur la terre entière afin que partout, comme en Israël, son nom soit grand (Ps 75, 2).
Mes bien-aimés, instruits par les mystères de la grâce divine, célébrons dans la joie de l’Esprit le jour de nos débuts et le premier appel des nations. Rendons
grâce au Dieu de miséricorde qui, selon saint Paul, nous a rendus capables d’avoir part, dans la lumière, à l’héritage du peuple saint; qui nous a arrachés au pouvoir des ténèbres, et nous a fait
entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé (Col 1, 12-13).
Ainsi que l’annonça le prophète Isaïe: Le peuple des nations, qui vivait dans les ténèbres, a vu se lever une grande lumière, et sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une
lumière a resplendi (Is 9, 1). Le même prophète a dit à ce sujet: Les nations qui ne te connaissaient pas t’invoqueront; et les peuples qui t’ignoraient
accourront vers toi (Is 55, 5). Ce jour-là, Abraham l’a vu, et il s’est réjoui (Jn 8, 56) lorsqu’il découvrit que les fils de sa foi
seraient bénis dans sa descendance, c’est-à-dire dans le Christ; lorsqu’il aperçut dans la foi qu’il serait le père de toutes les nations; il rendait gloire à Dieu, car il était
pleinement convaincu que Dieu a la puissance d’accomplir ce qu’il a promis (Rm 4, 20-21).
Ce jour-là, David le chantait dans les psaumes: Toutes les nations, toutes celles que tu as faites, viendront t’adorer, Seigneur, et rendre gloire à ton
nom (Ps 85, 9).
Et encore: Le Seigneur a fait connaître son salut, aux yeux des païens et a révélé sa justice (Ps 97, 2).
Nous savons bien que tout cela s’est réalisé quand une étoile guida les trois mages, appelés de leur lointain pays, pour leur faire connaître et adorer le Roi du ciel et de la terre. Cette étoile
nous invite toujours à suivre cet exemple d’obéissance et à nous soumettre, autant que nous le pouvons, à cette grâce qui attire tous les hommes vers le Christ.
Dans cette recherche, mes bien-aimés, vous devez tous vous entraider afin de parvenir au royaume de Dieu par la foi droite et les bonnes actions, et d’y resplendir comme des fils de lumière; par
Jésus Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.
Sermon de saint Léon, pape
(Sermon 14 [Migne: 33], 3° pour l’Épiphanie 1.3-5 ; cf. SC 22bis, 226-237)