A l'origine il s'agissait de Nancy Verhelst, née dans la ville flamande de Hamme dans une famille qui comptait également trois
garçons. Il n'est pas difficile de trouver la cause de son mal-être : Nancy est mal accueillie en tant que fille. « Alors que mes frères étaient portés aux nues, on m'a donné un kagibi au
dessus du garage comme chambre à coucher. “Ah, si tu avais été un garçon”, se plaignait ma mère.” On me tolérait, c'est tout. »
C'est ce que « Nathan » a raconté tout cela dans une longue interview
dans Het Laatste Nieuws (quotidien hélas introuvable à Paris et qui ne peut s'acheter au numéro en ligne… si quelqu'un pouvait me le procurer…). L'interview a paru ce matin,
moins d'un jour après sa mort – ou comment tirer profit d'un cadavre au lieu de venir en aide à une personne !
Arrivé à l'adolescence Nancy décide qu'elle ferait mieux de passer pour un homme. Elle se rase, s'habille en « mec »,
s'amourache de femmes. Son rêve ? Changer de sexe. Devenir un homme…
Et comme il est politiquement incorrect de faire soigner une tendance homosexuelle (dans certains lieux c'est même illégal) mais
admirable d'être transgenre et d'aller jusqu'au bout, cela a été possible.
Après une cure d'hormones en 2009, Nancy subit l'amputation des seins dans la foulée. En 2012, on lui fabrique un « pénis
».
Apparemment aucune des deux opérations n'a donné le résultat escompté : « Nathan » se sentait toujours prisonnier d'un corps
dont il ne voulait pas. D'après La Meuse, il a été euthanasié
par le spécialiste de la chose, Wim Distelmans, qui a estimé que toutes les conditions nécessaires étaient réunies.
La petite fille dont personne ne voulait est devenue la femme (l'homme ?) que la société a techniquement considéré comme un
déchet, un raté, impossible à aider et mieux six pieds sous terre.
Car c'est bien cela qui s'est passé : Nancy n'a jamais reçu la structure affective, mentale, humaine – voire grammaticale – qui
l'aurait aidée à savoir qui elle était.
©
leblogdejeannesmits