Ils furent les plus fabuleux mécènes de tous les temps. Leur quête de la beauté, leur désir de concilier la foi et la raison, de manifester la puissance
civilisatrice de la religion dont ils étaient les chefs, les propagateurs et les interprètes, se traduisirent par une profusion de commandes comme on n’en avait jamais vu sous le ciel. Ils
firent peindre à fresque les murs de leur palais, de leurs appartements, de leurs chapelles par une pléiade d’artistes comme il ne s’en rencontre pas deux fois par siècle : Fra Angelico,
Mantegna, Botticelli, Pérugin, Ghirlandaio, Rosselli, Pinturicchio, Raphaël, Michel-Ange. Ils collectionnèrent les statues d’époque hellénistique et les portraits romains, les dieux fleuve et
les sarcophages paléochrétiens, les manuscrits, les tapisseries, les mosaïques, les gemmes, les camées, les papyrus, les inscriptions. Peinture, sculpture, architecture, dessins, gravures,
arts décoratifs ; archéologie grecque, romaine, égyptienne, étrusque ; géographie, astronomie, géométrie ; art sacré, art profane : leur curiosité ne se satisfit ni de l’antiquité classique à
la redécouverte de laquelle leur époque allait devoir son nom, ni des chefs-d’œuvre de la production artistique qui leur était contemporaine. Elle s’étendit jusqu’aux trouvailles exotiques
des plus aventureux de leurs missionnaires.