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AUTOPSIE DU MAMMOUTH DE CLAIRE MAZERON......

Résumé

L'enseignante, membre du Conseil supérieur de l'éducation, dénonce les dysfonctionnements de l'éducation en France : responsables syndicaux complices, enseignants découragés, dirigeants des entreprises privées de soutien scolaire, techniques de management appliquées à l'administration scolaire, dérives dans la gestion des établissements par certaines collectivités locales, etc.

Quatrième de couverture

De l'Éducation nationale - le «Mammouth», disait Claude Allègre -, nous pensions avoir tout entendu : les statistiques mirifiques, les profs ballottés, sous-payés, méprisés, les élèves d'autant plus dupés qu'on les a mis «au centre», les parents désemparés ou envahissants, les grèves inefficaces, la suffisance de certains ministres, et les insuffisances des autres...

Restait à comprendre la vie intime de la Bête, la logique de son (dys)fonctionnement. De collèges chaque jour plus invivables jusqu'aux couloirs de la rue de Grenelle, où des apparatchiks inamovibles mènent des politiques délétères, en passant par la grande gabegie d'un ministère qui dilapide en vain le premier budget de l'État, nous voici invités aux premières loges par une syndicaliste qui a été de tous les combats. Claire Mazeron a vu de près l'incompétence des uns et le mépris des autres, des incohérences de la loi Fillon à l'usine à gaz du lycée façon Chatel.

Chefs de bureau idéologues, conseillers cultes ou occultes, syndicalistes complices, parents professionnels, et enseignants découragés, tout est disséqué dans le détail. Une analyse au scalpel écrite avec l'ironie des grands désespoirs, la révolte lucide de celles et ceux qui y croient encore, et des propositions cohérentes - pour donner des idées aux politiques, et de l'espoir aux soutiers du Système.

 

 

Selon l’auteur de l’ Autopsie du Mammouth, Claire Mazeron, il y aura toujours des lycées à deux vitesses faute de volonté politique.

Les parents d’élèves doivent-ils toujours être confrontés aux mêmes dilemmes : lycées d’élite inaccessibles d’un côté et établissements de mauvaise réputation de l’autre ?
Claire MAZERON :
«L’inégalité entre établissements existe de fait ! Et cela n’a rien à voir avec la compétence des professeurs qui sont affectés hors de toute considération de mérite. Simplement, on a eu tendance à vouloir adapter pédagogie et contenu dans les établissements dits difficiles au public accueilli. C’est là que le gouffre s’est créé entre établissements de Zep et de centre-ville ! Finalement, en pensant à s’adapter au milieu local, on a juste oublié de tirer les élèves vers le haut et vers la culture classique qui, de toute façon, reste la culture de l’élite. Ainsi, à Henri-IV on a continué à faire du grec, des options rares et discriminantes et à donner aux élèves tous les codes pour réussir dans les classes préparatoires et dans les grandes écoles ; de l’autre, en Zep, où l’école primaire et le collège n’ont pas forcément fait ce qu’il fallait, on amuse les élèves de lycée avec des projets "classe foot".»
C’est ce qui justifie les démarches de type classe d’intégration à Sciences Po, comme l’a développé son directeur Richard Descoings ?
«Oui, même si ce n’est pas non plus satisfaisant. En sélectionnant les élèves d’un lycée Zep dans ce programme, comment expliquer aux élèves du lycée Zep d’à côté qu’ils n’y ont pas le droit ? Ces passe-droits que l’on donne à quelques-uns sont de l’ordre de la charité et n’ont rien à voir avec le salut collectif. D’autres formules existent comme au lycée Thiers, à Marseille ou Henri-IV, avec des années destinées à combler le retard, qui ne sont pas idéales. Au final, je suis révoltée comme le système Descoings car on confond tout : niveau pédagogique, origine sociale… On peut être boursier et bon élève ! Si les élèves des quartiers défavorisés ont de moins bons résultats, c’est parce qu’on ne s’est pas donné les moyens financiers pour les aider.»
Le nouveau système d’affectation des lycées qui entre en vigueur en Moselle à la rentrée et vise le brassage n’y changera donc rien selon vous ?
«Avec la désectorisation au collège, on voit bien que tout le monde veut les établissements d’excellence ! Là où il y a un leurre, c’est que les places sont comptées. Que font les parents qui ne trouvent ensuite pas de place dans les bons établissements ? Eh bien, ils vont vers le privé ! […] Avec la sectorisation, on tente d’aller vers un certain brassage, mis à part les quartiers sensibles où l’homogénéité est maintenue ; mais ce système n’a pas conduit à un rééquilibrage. Au contraire, ça renforce les lycées qui fonctionnent bien. La réforme du lycée en cours, sous couvert d’autonomie et d’initiative laissée aux équipes, ne fera qu’accentuer l’école à deux vitesses. On aura toujours les bons lycées, où iront les enfants de l’élite qui ne seront pas partis dans le privé et les autres lycées, où on assurera le minimum, c’est-à-dire la formation d’une main-d’œuvre corvéable.»

Propos recueillis par Alain MORVAN. Autopsie du Mammouth, Ed. Gawsewitch, 2010. Claire Mazeron est agrégée et vice-présidente du Syndicat national des lycées et collèges.
 

Publié le 30/03/2010

 

PRIX:19,90

LIBRAIRIE-PRESSE DE NEUILLY-PLAISANCE

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