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Si Marine Le Pen n'obtient pas les 500 signatures,les chefs d'Etats étrangers constesteront-ils l'élection du président Français?

Sarkozy serait-il pire que Poutine et Ahmadinejab - Et si ces deux-là contestaient notre élection présidentielle
Sarkozy serait-il pire que Poutine et Ahmadinejab?
Raoul Fougax
le 05/03/2012
http://www.metamag.fr/le-magazine-de-l-esprit-critique.html
La France n’est pas une démocratie, c’est un "système". Les difficultés de Marine Le Pen à se présenter à l’élection présidentielle en sont une preuve d’une extrême gravité. Nous avons expliqué, ici, que la candidate du Front National pouvait ne pas obtenir les 500 signatures, indispensables pour se présenter. Notre analyse était simple. Seule, son absence donne une chance à Nicolas Sarkozy d’avoir au premier tour le score lui donnant une chance au second. Tout confirme, au fil des jours, notre hypothèse. Si Marine obtient ses signatures, ce sera du à un sursaut de civisme, de dernière heure, de maires et élus, qui feront tomber le mur de la peur et du chantage établi par le pouvoir. 

Invitée au 20 heures de France 2, en milieu de semaine passée, la présidente du Front National a affirmé qu'elle disposait de 452 signatures fermes. Elle en a appelé à "l'esprit démocratique et républicain" des maires.  Elle et ses équipes ont donc dix jours ouvrables, jusqu'au 16 mars, pour trouver les 48 paraphes manquants. Soit presque 5 parrainages effectifs par jour. Mission sinon impossible, du moins très difficile.
Car la vérité est là. L'entourage du président sortant fait pression pour empêcher la candidate du Front National de représenter 20 % des Français. Avec le silence, complice, de l’autre candidat du "système", François Hollande, grand démocrate s’il en est, mais à géométrie variable.
Une élection, qui est la rencontre d’un candidat avec les Français, est donc faussée par un mécanisme censitaire, détourné de son objectif et manipulé par une partitocratie à double face qui, depuis des décennies, élimine les candidats gênants. C’est un signe de peur et de faiblesse. C’est un mauvais coup contre le suffrage universel et le droit des Français à s’exprimer, dans la transparence et la diversité du choix. L’aveu que l’on manipule un scrutin.
Or, les scrutins faussés par des manipulations sont, paraît-il, la preuve d'irrespect des règles de la démocratie. En Iran, certains candidats proches du président sont écartés par les ultras conservateurs religieux et certains oligarques auraient subi le même sort en Russie. C’est vraisemblable. Mais, est ce mieux en France ?
Pourtant notre pays ne se prive pas de donner des leçons aux Iraniens et à Vladimir Poutine. Il va, même, jusqu’a inviter, dans ces pays, les opposants à contester les résultats dans la rue. Les dernières présidentielles iraniennes ont été récusée avant les législatives, les législatives russes aussi avant la présidentielle. 
On n'admettrait pas, au nom du respect du suffrage, les manifestations indignées des partisans de Marine Le Pen mettant en cause le résultat d’un scrutin, faussé dès le départ et immédiatement qualifié de «factieux». Pourtant, les électeurs du FN, privés de leur droit, n'auraient-ils pas autant de légitimité à se révolter que les opposants perses ou slaves?
On pourrait même imaginer, dans cette situation ubuesque, que madame Le Pen demande le report de la date de clôture des parrainages et réclame l’envoi d’observateurs internationaux afin d'enquêter sur les pressions exercées envers certains élus pour fausser le scrutin le plus important de nos institutions. Ne serait-il pas légitime que les donneurs de leçons en reçoivent? Se méfier du comportement des présidents au pouvoir à Téhéran et à Moscou? Entendu. Mais Paris mérite-t-il plus de confiance ? 
Marine Le Pen a peut être tort sur bien des points. Elle est, peut être, dangereuse sur d’autres, mais si elle était empêchée d’être candidate, elle deviendrait l'image d'une France bâillonnée. Ce serait même, pour Nicolas Sarkozy une victoire à la Pyrrhus. et, pour le régime, un tel aveu, que le quinquennat qui s’ouvrirait serait peut être légal, mais il aurait, aussi, sa légitimité atteinte. Avec les conséquences que l’on peut redouter.
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