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Plans sociaux : la vague commence à déferler.................

Au premier trimestre, le nombre de plans de sauvegarde de l’emploi a baissé de 22 % par rapport à 2011. Mais la campagne électorale passée, les plans mis au congélateur sont en passe de ressortir. Et les fermetures d’usines risquent de se multiplier.

Pas d’état de grâce sur le terrain industriel pour François Hollande et Arnaud Montebourg, son ministre du Redressement productif (photo). Huit jours seulement après la tenue du premier Conseil des ministres, les bombes sociales ont commencé à éclater. Vendredi, Technicolor a déposé le bilan de son usine de décodeurs d’Angers, son dernier site industriel en Europe. Au même moment, le tribunal de Lorient plaçait en redressement judiciaire Navimo, un nom bien connu des marins. En attendant la faillite redoutée de Doux, le numéro un européen de la volaille…

Ces derniers mois, le contexte électoral a incité les entreprises à mettre la pédale douce sur les plans sociaux. Soit sous la pression du gouvernement sortant, notamment pour les entreprises publiques. Soit, plus simplement, pour ne pas se retrouver au coeur de polémiques politiques. Au premier trimestre, seuls 217 plans de sauvegarde de l’emploi ont ainsi été enregistrés, soit 22 % de moins qu’au premier trimestre 2011, alors que la conjoncture s’est dégradée. Un écart trop important pour n’être imputable qu’à la montée en puissance de modes alternatifs de réduction des effectifs (plans de départs volontaires, ruptures conventionnelles…).

Mais avec la crise qui se prolonge en Europe, les faillites ont commencé à remonter. Les plans sociaux « mis au congélateur » sont en passe de ressortir. Et une vague de fermetures d’usines se dessine. Durant les quatre premiers mois de l’année, 106 fermetures de site ont ainsi été annoncées - souvent sans s’être encore traduites par des mesures sociales -, selon l’observatoire Trendeo. C’est 60 % de plus que durant la même période de 2011 ! Dans le même temps, le nombre d’ouvertures a reculé. Entre les nouveaux sites et ceux qui disparaissent, « on assiste à une perte nette d’une dizaine d’usines par mois depuis janvier », note David Cousquer, de Trendeo.

Pour l’heure, le ministère du Redressement productif compte réagir comme il l’a fait vendredi avec Fralib. « Notre valeur ajoutée, c’est une équipe nouvelle et mobilisée, après un ministre déserteur », avance l’entourage d’Arnaud Montebourg. Qui défend une approche pragmatique : mettre tous les acteurs autour de la table, examiner les pistes de continuité, nommer un médiateur chargé du dossier pour un temps défini…

En parallèle, une cellule en lien avec le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) sera chargée d’anticiper sur les prochains dossiers, y compris les dossiers non industriels. La secrétaire générale du Ciri, Fanny Letier, a d’ailleurs rejoint le cabinet d’Arnaud Montebourg comme directrice adjointe.

L’an dernier, sur les 68 dossiers traités par le Ciri, 35 ont connu une issue positive et début 2012, « 31 dossiers représentant 40.000 emplois sont encore en négociation », selon le rapport de la direction du Trésor. Surtout, le Ciri note une hausse des saisines fin 2011, qui atteignent « le même niveau que celui observé en 2008 au cours de la crise. » « Pour savoir assez tôt qu’une entreprise est en difficulté, il faut encore développer les outils d’alerte et de prévention, notamment via des tiers de confiance », juge un préfet.

Les Echos

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