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"Pourquoi a-t-on le sentiment pénible ces derniers mois que le gouvernement tente par tous les moyens de faire les poches des familles, et spécialement des familles nombreuses? Certes, tout cela se fait habilement: deux pas en avant, et hop, trois pas en arrière, lorsque d’aventure une association familiale s’avise de montrer les crocs. Mais on ne lâche jamais le morceau. Tout ce que l’on a chassé par la porte finit par revenir par la fenêtre. Prenez le congé parental : en 2009, le député UMP Michèle Tabarot avait été chargé de mettre sur pied une réforme afin de le rendre plus court et mieux rémunéré… Et ce, contre l’avis des intéressées elles-mêmes : en effet, depuis 2007 et la disparition de l’Allocation Parentale d’Education au profit de deux nouvelles allocations laissées au libre choix des mamans, (le CLCA, 3 ans de congé, et le COLCA, seulement un an de congé mais assorti d’une plus forte rétribution), cette possibilité était déjà offerte, mais les jeunes mères avaient continué dans leur grande majorité d’opter pour un congé certes modestement rétribué, mais trois fois plus long. Tabarot avait finalement été contrainte de remballer ses petites affaires et de repartir piteusement avec son projet sous le bras. Sauf que papa Sarkozy, qui sait mieux que toutes ces têtes de linotte ce qui est bon pour elles, n’a pas dit son dernier mot et entend bien venir par la force à bout des mères de famille : là où le soldat Michèle a échoué, sa copine Roselyne compte bien triompher. Le 2 septembre, le ministre des solidarités a en effet indiqué qu’elle allait présenter un projet de loi « début décembre » réformant le congé parental, « sans doute en le rendant plus court et mieux rémunéré ». Nous y revoilà. Et le congé parental n’a pas fini sa descente aux enfers. Non content de l’avoir démembré, on veut aussi le rendre exsangue: le projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale qui vient d’être présenté prévoit de soumettre le CLCA à la CSG, ce qui va donc en réduire le montant.
Un projet qui s’inscrit dans l’esprit de celui de Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, chargé de la rédaction du programme de la formation de la majorité pour 2012. Celui-ci, en effet, vient d’émettre une idée lumineuse: « Ne pourraiton pas verser une allocation dès le premier enfant et étudier en contrepartie une fiscalisation totale ou partielle des allocations familiales? » Il faudrait savoir! On nous avait dit que cette allocation du premier enfant, (dont le projet a été déposé en juin dernier par le député UMP Christian Estrosi), serait déjà compensée par une réduction de la somme versée aux familles nombreuses pour chaque enfant supplémentaire… Va-t-on donc faire passer celles-ci deux fois à la caisse pour subventionner les « petites » familles? La vérité est que les tentatives de mise sous conditions de ressources des allocations familiales ayant toujours échoué, la fiscalisation apparaît comme une façon détournée de les « redistribuer ». Pour parfaire le tableau, il faut encore évoquer l’accord AGIRC de mars 2011. Jusqu’à présent, l’AGIRC, régime complémentaire des cadres, versait aux parents de familles nombreuses des majorations de retraite liées au nombre d’enfants qu’ils avaient élevés. Il est établi désormais que ces majorations, qui rétribuaient l’effort consenti par les familles, seront limitées à 10 % quel que soit le nombre d’enfants et, surtout, que les sommes versées ne pourront pas excéder 1000 euros par an. Toute la question est de savoir jusqu’à quand les familles nombreuses accepteront de se faire plumer sans (trop) protester."