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Au cours de la bataille des Plaines d’Abraham, le 13 septembre 1759, Montcalm est tué. Cette bataille décisive, par laquelle la France perd ses possessions américaines, donne à l’Angleterre la moitié de l’hémisphère nord.
Et pourtant cette victoire lui sera fatale. Comme l’avait prédit Montcalm, moins de dix ans plus tard, avec le soutien de Louis XVI à la guerre d’indépendance et le traité de Versailles de 1783, naissent les États-Unis d’Amérique.
L’auteur
Docteur de l’Université de Paris (Lettres), Marie-Magdeleine Del Perugia a publié Madame Louise de France, fille de Louis XV, carmélite et vénérable ; Madame de Pompadour, et Comment se fit la France.
La Nouvelle Revue d’Histoire,
Les livres de Marie-Magdeleine del Perugia se suivent avec toujours le même charme, celui du sujet original et méconnu, étudié en
profondeur, et celui du style. Or, on le sait, le style c’est l’homme et la femme ! Elle nous raconte la vie de Louis-Joseph de Saint-Véran marquis de Montcalm, que Louis XV envoie en
Nouvelle-France pour protéger cette terre des convoitises anglaises. Il en mourra. De beaux portraits d’hommes et un rappel des comportements assez peu fair play du marquis de Vaudreuil,
gouverneur général du Canada, et de nos amis les Anglais.
Anne Brassié
Le libre journal de la France courtoise,
Quand un prince élève les âmes de ses sujets
Le 14 septembre 1759, le marquis de Montcalm tomba en défendant la ville de Québec contre les
troupes anglaises du général James Wolfe. Il est de ces héros remarqués, soutenus et enrôlés pour répandre la gloire des Lys par le roi Louis XV que la Cour, et la basse-cour, le Parlement des
présidents à mortier, la camarilla des titrés et la jalousie des médiocres ne cessèrent d’empêcher de régner comme il aurait pu le faire.
Telle est l’histoire que Marie-Magdeleine del Perugia nous raconte, en multipliant aussi les traits qui montrent combien le prince était entouré des esprits les plus brillants, les plus
courageux du monde civilisé.
Louis XV jugeait devant un globe planétaire et non pas sur les limites d’une Europe étriquée. La France était-elle « exportable » ? Les petitesses de Vaudreuil, marin de fleuve
et jaloux, pour dissimuler ses incapacités à assumer ses responsabilités de gouverneur dans la défaite finale du Canada, les rapines des commissionnaires ont quelque chose du satrape oriental
habile à voler le sultan.
Tout cela explique les péripéties tragiques et héroïques d’un homme parti commander une armée contre son gré. Il n’aura plus guère de nouvelles de sa famille, au point qu’on lui apprend la mort
d’une de ses filles, sans pouvoir lui citer son prénom...
L’époque n’est pas chiche en grandeurs.
Les Jésuites, alors si proches de leur fondateur, rêvent de se faire dévorer par les Iroquois, liés au poteau de torture. Les coureurs des bois recrutaient les Hurons, fidèles jusqu’au bout
quand ils étaient catholiques, malgré les supplices atroces que leur infligeaient leurs frères de race ou les Anglais eux-mêmes, jamais en manque d’une couverture infectée de petite vérole.
Fondé comme un exemple, la « Nouvelle France » ne pouvait qu’agacer au plus haut point les plumes serviles prêtes à se vendre au roi de Prusse ou à la tsarine, quand ce n’est pas à
l’Anglais et au Batave. La seule défaite de Montcalm fut sa mort, car la partie n’était pas perdue, malgré les couardises et les trahisons. Mais le marquis en tombant au combat des plaines près
de Québec avait enlevé son âme au combat, on y trouva l’excuse pour capituler, sans instruction, ni excuse. Les Canadiens avaient pris l’habitude de la distance, souvent coupée par les canons
des marins de la perfide, habiles à tirer de loin en plein bois pour couler par le fond. Le roi Louis XVI saura construire une marine et choisir des marins, là où ils sont, dans l’audace et la
compétence. Auprès de Montcalm, Bougainville était lieutenant, le roi martyr prendra de ses nouvelles au pied de l’échelle du Ciel. Il avait compris comme une dernière bénédiction pour la
France qu’une Marine, La Royale par excellence, est la marque de la grandeur de notre vocation.
Las, les Canadiens, qui avaient commencé dans le courage et la piété, finiront dans la honte, le jeu, les fêtes et la défaite.
Éric Arzel
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