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Jean-François Chemain
Format : 20.5 x 13.5 cm
Pages : 145
Prix : 17 €
Le débat actuel sur l’identité nationale relance la réflexion sur les fondements historiques et religieux de notre Pays. L’auteur
a donc choisi d’aborder ici le rôle méconnu joué par le christianisme dans la formation et l’épanouissement de la communauté française.
Du baptême de Clovis à l’héroïsme de sainte Geneviève ou de sainte Jeanne d’Arc, de l’Occident de Charlemagne au doux royaume de saint Louis, du vœu de Louis XIII au martyre de Louis
XVI, du concordat de Bonaparte aux lois de séparation des Églises et de l’État, Jean-François Chemain ressuscite dans un style vivant et coloré les principaux rendez-vous de notre Histoire avec
le sacré. Royaume de Marie, la France est appelée à l’être du Sacré-Cœur en dépit des déchaînements successifs du laïcisme révolutionnaire et des assauts de l’islamisme.
C’est la mise en évidence de cette vocation spirituelle et temporelle de la France « éducatrice des sociétés » dont parlait Jean-Paul II que réussit ce petit livre, sans
esquiver la question de sa fidélité de première baptisée en Europe.
Lyonnais, né en 1961, Jean-François Chemain est diplômé de l'Institut d'Études Politiques de Paris, diplômé d'Études approfondies de droit international et agrégé d'Histoire. Il termine actuellement une thèse d'Histoire du droit. Il a exercé pendant une dizaine d'années le métier de consultant international dans plusieurs cabinets anglo-saxons, avant de devenir cadre dirigeant dans un grand groupe industriel français. Depuis 2006, il a choisi d'enseigner l'Histoire, la Géographie et l'Éducation Civique à Vénissieux-Les Minguettes dans un collège de Zone d'Éducation Prioritaire de la banlieue lyonnaise.
Professeur d’Histoire au parcours singulier — à 45 ans, il a laissé sa carrière de juriste pour passer l’agrégation et aller dès
lors enseigner dans une banlieue sensible —, Jean-François Chemain vient d’écrire un livre dont le titre pourrait paraître réducteur. Disserter sur La vocation chrétienne de la
France semble en effet relever d’une approche purement religieuse de la civilisation qui s’est développée sur notre sol. Il n’en est rien : l’œuvre est historique au meilleur sens du
terme, même si elle se nourrit du christianisme autour duquel s’est développée la nation franque accrochée au substrat gallo-romain.
En forçant à peine le trait, on peut écrire que le lecteur aura l’impression de se retrouver dans une saga à la Max Gallo. Comme lui, l’auteur excelle à prendre en compte l’ensemble
des composantes du passé national et, contrairement à des penseurs plus traditionalistes — pour ne pas dire intégristes —, il cite aussi bien Napoléon et le général de Gaulle que saint Louis et
Jeanne d’Arc. Il intègre même les Lumières — où il décèle une « inspiration toute chrétienne » — et la laïcité à la française — « la France est […] un pays laïque parce que pétrie
de tradition chrétienne ». Il n’hésite d’ailleurs pas à regretter ouvertement que la séparation de l’Église et de l’État n’ait pas été prononcée plus tôt.
Cette position originale est due à sa hantise du césaropapisme, autrement dit la vieille tendance de l’État à décider à la place de l’Église, dont il décèle l’origine chez Constantin
et dont il montre que le Saint Empire romain germanique a été le propagateur très intéressé. Cela lui permet, au passage, de montrer que, malgré les tentatives gallicanes de contrôle de l’Église
par le souverain régnant à Paris, la papauté a généralement trouvé avantage à s’appuyer sur une France lui garantissant sa liberté d’action. Il convient enfin de relever la jubilation avec
laquelle Jean-François Chemain refuse le « sport national » de la repentance. Donnant maints exemples de ce qui est diffusé notamment dans le cadre de l’Éducation nationale, il
s’interroge d’une manière faussement benoîte : « De quels crimes […] ne sommes-nous pas coupables, nous qui vivons entourés d’innocents ? » Cela lui permet d’opposer à notre
caractère celui des Britanniques, non seulement parce qu’ils ont célébré Trafalgar alors que nos responsables politiques craignaient d’évoquer Austerlitz, mais aussi parce qu’ils mettent en avant
sans mauvaise conscience tout leur « passé impérial et colonial ». Plus généralement, il ne craint aucune comparaison avec d’autres pays, constatant simplement que le christianisme a
apporté, particulièrement en France, « la possibilité d’éclosion et d’expansion d’une société de liberté et de progrès ».
Jean Etevenaux