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La fin prévisible du monde islamique?

lu sur le sire "LES 4 VERITES HEBDO":

Milliere Guy - mercredi 23 février 2011

petrole
Je viens de découvrir, par le biais d’entretiens qu’il a accordés à la presse allemande, un homme appelé Hamed Abdel-Samad.
J’ai lu, depuis, ses écrits. Ceux-ci énoncent ce que d’autres analystes de l’islam énoncent de­puis longtemps. Ce qui le rend particulièrement intéressant, néanmoins, est qu’il fait partie de ces musulmans qui ont, par une démarche intellectuelle et des recherches personnelles, décidé de quitter l’islam.
C’est aussi qu’il vient d’un pays qui est au cœur de l’islam radical tel qu’il se développe depuis quelques décennies et qui est, en outre, au centre de l’actualité la plus brûlante, l’Égypte.

C’est enfin qu’il est particulièrement bien placé pour connaître l’islam de l’intérieur, puisqu’il est le fils d’un imam, et qu’il a été élevé par son père jusqu’à sa majorité.

Dans un premier livre, publié en 2009, Mein Abschied vom Himmel (Mes adieux au ciel), Hamed Abdel-Samad, tout en narrant sa propre trajectoire, explique pourquoi il existe une impossibilité pour l’islam et les musulmans de s’adapter à la civilisation occidentale.

D’une part, dit-il, l’islam est un système fermé, qui prétend en­clore en lui toutes les connaissances. Ce qui l’empêche fondamentalement d’accepter d’autres façons de faire et de s’y adapter. Ce qui empêche aussi les musulmans d’accepter le savoir occidental en tant que tel. D’autre part, poursuit-il, l’islam se définit comme une doctrine de supériorité et de suprématie. Dès lors, un musulman ne peut que considérer ses façons de faire comme meilleures, et la prétention à vouloir lui apporter des surcroîts de savoir comme une façon de l’humilier.

Abdel-Samad dit avoir lui-même vécu ce type de réactions, avant de réfléchir davantage, et il ajoute avoir rencontré ces réactions chez de nombreux jeunes gens de sa génération. Il en dé­duit une conflictualité croissante entre populations européennes et musulmanes. Il explique ainsi les difficultés scolaires et les taux de délinquance élevés des populations musulmanes dans de nombreux pays d’Europe. Mais aussi l’état de sous-développement économique, politique et culturel du monde musulman en général.

Il propose une réponse à laquelle il donne une mince chance : l’émergence d’un « islam allégé » – que j’appelle islam modéré : un islam sans la lecture du Coran, sans la charia, réduit à la foi en Dieu et à la prière.

Dans un deuxième livre, récemment paru, Der Untergang der islamischen Welt : Eine Prognose (La chute du monde islamique : une prévision), Abdel-Samad passe à une analyse plus précise du monde musulman, particulièrement utile en ce moment.

Dans l’état actuel des choses, dit-il, le monde musulman n’est pas réformable. La démocratie et l’État de droit y sont inconcevables parce qu’incompatibles avec l’islam tel qu’il est. Le développement économique n’aura pas lieu.

Dès lors, quand le monde sera passé à d’autres sources d’énergie et que le pétrole et le gaz naturel seront devenus inutiles
, ce qui est prévisible à l’horizon de deux ou trois décennies, un effondrement du monde musulman dans son ensemble est tout à fait prévisible, avec son cortège d’émeutes et de violence extrême.
« Le monde islamique entrera dans une immense régression », note-t-il. Cette régression s’accompagnera d’une rage exacerbée vis-à-vis du monde occidental, et de flux migratoires accentués en direction de l’Europe qui, à ce moment, aura en son sein des populations musulmanes deux fois plus nombreuses qu’aujourd’hui, et qui sera en situation de déclin économique.

Ce qu’on peut constater est que les dirigeants politiques en place en Europe aujourd’hui n’anticipent pas du tout, et que ceux qui font des pronostics proches de ceux d’Abdel-Samad ne sont pas écoutés. J’ai déjà dit ici que je ne voyais pas venir de sursaut, puisque d’un côté il y aura une population jeune et frustrée, et de l’autre une population plus vieille et moins encline à se battre.

Je souhaite un débat clair et sans circonvolutions sur l’islam et l’Europe. Je crains que ce débat n’ait pas lieu, malgré ce qui se passe aujourd’hui dans le monde musulman. Quand Goebbels entendait le mot culture, il sortait son revolver. Quand les gouvernants européens aujourd’hui entendent les mots « débat clair sur l’islam », ils sortent leur police de la pensée et la convocation au tribunal suit en général…

 

lu également sur le site de "daoudal hebdo":

Lu dans Daoudal Hebdo :

A "Fin janvier, après le retour de l’islamiste Rachid Ghannouchi en Tunisie, Kadhafi avait fait savoir au nouveau pouvoir tunisien que la Libye ne «pouvait tolérer la présence d’islamistes dans le gouvernement tunisien» et avait mis en place une cellule de crise chargée de suivre les événements chez le voisin, après avoir bouclé la frontière. Aujourd’hui, la Cyrénaïque (tout l’est de la Libye, du côté de l’Egypte) a échappé au contrôle de Tripoli, et un groupe très actif à Al-Baïda se fait appeler « émirat islamique de Barka », « émirat de Barka » étant le nom traditionnel de la région. Le 16 février, 110 militants du Groupe de combattants islamiques libyens (GCIL), dont trois de ses chefs, ont été libérés de prison, dans le cadre d’un accord qui a permis la libération de 360 islamistes depuis un an. [...] l’émirat islamique de Barka a mis la main sur de très nombreuses armes en prenant d’assaut un dépôt de l’armée, et s’est emparée de dizaines de véhicules en scandant : « Au jihad ! »…

Tout cela se passe à quelques kilomètres de l’Egypte. Où le vieux mentor des Frères musulmans, Youssouf al-Qaradawi, a fait un retour triomphal, se faisant acclamer par deux millions de personnes au Caire le 18 février. Dimanche, la Cour de sûreté égyptienne a acquitté deux des responsables de la tuerie de Nag Hammadi, quand six coptes avaient été tués à la sortie de la messe de la Nativité, le 6 janvier 2010. Le 16 janvier, le principal accusé a été condamné à mort. Parce qu’il avait tué aussi un musulman qui passait par là. [...]

Après une attaque de prisonniers en fuite, les moines de Saint-Boula (monastère fondé au IVe siècle), avaient érigé une modeste clôture et un portail. Le 20 février, l’armée est venue avec des bulldozers pour détruire la clôture. De même, au monastère Saint-Bishoy (fondé au Ve siècle), après que la police eut fait savoir aux moines qu’elle n’avait pas d’effectifs pour les protéger, ils avaient construit un petit mur du côté le plus vulnérable. Alertée par la police locale, l’armée est venue et a détruit le mur. De même, après une attaque qui a fait six blessés parmi les moines, le monastère Saint-Macaire avait édifié une clôture. L’armée est venue et a donné 48 heures aux moines pour démolir leur clôture, sinon elle le ferait elle-même (ce qui est sans doute fait au moment où vous lisez ces lignes). Ces monastères font partie du plus ancien patrimoine chrétien, tant sur le plan spirituel qu’architectural, iconographique, etc. Ils sont aujourd’hui à la merci des pillards et des jihadistes. Pendant ce temps-là, on assiste à une alliance objective entre les « révolutionnaires » qui ont fait tomber Moubarak et les Frères musulmans, les uns et les autres étant unis contre le gouvernement qui, malgré le nouveau remaniement, comprend toujours des dignitaires de l’ancien régime et ne laisse aucune place aux Frères musulmans."

 

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