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Faits et documents n°326:l'équipe "visible"de Hollande.

Faits et Documents n°326 : l'équipe "visible" de Hollande  
 

L’armée mexicaine réunie par François Hollande à l’occasion de la campagne présidentielle de 2012 présente une particularité. En dehors des caciques et autres éléphants (Pierre Moscovici, Daniel Vaillant, Julien Dray, Claude Bartolone, Jack Lang, Gérard Collomb, Michel Sapin, etc.), elle fait la part belle, pour la première fois, aux « minorités visibles », comprendre les enfants d’immigrés maghrébins ou africains (les Asiatiques demeurent « invisibles »… car demeurés anticommunistes). Cette tendance illustre l’abandon par le PS de la classe ouvrière, socle même du socialisme, au profit des « nouvelles couches sociales » plus dynamiques démographiquement : immigrés, familles monoparentales, etc. C’est ce que le journaliste de gauche du Nouvel observateur Hervé Algalarrondo a synthétisé dans son livre La Gauche et la préférence immigrée (Plon, 2011). Parmi bien d’autres (1), nous avons retenu le chef de cabinet de Hollande, Faouzi Lamdaoui, le secrétaire général de la campagne, Nacer Meddah, la porte-parole Najat Vallaud-Belkacem.

Dans F&D 316 du 1er juin, nous signalions que le candidat socialiste à l’élection présidentielle, quel qu’il soit, allait très certainement intégrer les idées développées par la fondation « bobo-socialiste » Terra Nova, Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? Pour ses auteurs, la gauche n’a d’avenir électoral qu’avec « la France de demain », comprendre l’abandon de la classe ouvrière, pilier historique du socialisme (la « dictature du prolétariat » chez Marx), au profit de « femmes », de « jeunes », de « minorités » et de « diplômés » (classe moyenne surdiplômée et déclassée en voie de paupérisation). Globalement, pour le PS, et cela se vérifie dans les sondages, plus on est un Français de souche diplômé et plus on vote à gauche. Pour les immigrés, c’est beaucoup plus simple : « la France de la diversité est presque intégralement à gauche […] La France de la diversité est aujourd’hui la composante la plus dynamique, tant électoralement que démographiquement, de la gauche en France. L’autopositionnement des individus (habitant les zones de non-droit) révèle un alignement très fort des Français immigrés et de leurs enfants sur la gauche. Le rapport de force gauche-droite y est extrême, de l’ordre de 80/20, voire 90/10. Il se vérifie quelle que soit l’origine nationale. Il est le plus massif pour les Français d’origine africaine (tant subsaharienne que maghrébine et se renforce nettement pour la seconde génération). »

L’effet de levier démographique (forte immigration, pyramide des âges des immigrés, fort taux de natalité) est automatique : « Aujourd’hui 6 à 7 % des Français sont musulmans et 23 % des Français ont au moins un parent immigré […] La diversification du corps électoral par naturalisation d’enfants nés et vivant en France va se poursuivre. » On relèvera, par exemple, que pas moins de 1 400 000 personnes se sont inscrites sur les listes électorales en 2011 selon l’INSEE. Quelque 598 000 de ces nouveaux électeurs ont atteint leur majorité durant l’année en cours. Pour la plupart, ils ont bénéficié de l’inscription d’office sur les listes électorales (seulement 140 000 se sont inscrits volontairement).

L’appui des « bobos » (enseignants, cadres supérieurs parisiens, cadres du tertiaire, intermittents du spectacle et permanents de la médiocrité, etc.) à ce phénomène est dévastateur : « La nouvelle gauche a le visage de la France de demain : plus jeune, plus féminin, plus divers, plus diplômé, mais plus urbain et moins catholique […] cette France de demain réunit avant tout les “outsiders” de la société, ceux qui cherchent à y rentrer […] Ces “outsiders” ont besoin de l’aide de la puissance publique pour surmonter les barrières qui se dressent devant eux […] Ils sont soutenus par les plus intégrés (les diplômés), solidaires de ses “exclus” par conviction culturelle. »

Il n’est donc pas surprenant si aucun ouvrier (ou ancien ouvrier) ou employé, ni même aucun ancien membre des classes moyennes, ne figure dans l’organigramme présidentiel de François Hollande (à la manière, en 1981, d’un Jacques Delors ou d’un Pierre Bérégovoy). En revanche, François Hollande a tout fait pour récupérer à son profit le « vote banlieues » afin d’être choisi face à Martine Aubry. Ce n’est donc pas par hasard que

La suite dans Faits et Documents n°326

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