Une "relation consentie mais stupide", voilà comment Dominique Strauss-Kahn juge son "aventure" avec Nafissatou Diallo. Michel Taubmann, son biographe, lui
donne la parole dans son livre publié jeudi, "Affaires DSK, la contre-enquête". Les avocats de la femme de chambre ont déjà qualifié de "délire total" les
affirmations de DSK dans ce ouvrage.
Lors du dernier Festival du livre de Nice, en pleine affaire à ses débuts, le biographe de DSK présentait son précédent livre. Au regard de "l'affaire" qui venait d'éclater, il
paraissait largement dépassé et terriblement complaisant. En effet, il participait largement à la mise sur orbite du futur président. Devant un public écoeuré par les
révélations, Michel Taubmann défendait DSK, becs et ongles. L’entretien aurait dérapé sans le professionnalisme du médiateur à la tribune, calmant le jeu au nom de la liberté
d’expression des auteurs présentant leurs ouvrages.
Ayant assisté à ce débat j’en suis ressorti avec un certain malaise. Le biographe de DSK est un proche et un laudateur inconditionnel. Ce qui est son droit. Il affirme faire un
travail de journaliste d’investigation, mais il instruit de façon permanente à décharge. Son esprit critique va toujours dans le même sens. Ce qui est aussi son droit a
condition d'assumer pleinement son parti pris.
Cette deuxième biographie, alors que les affaires sont loin d’être terminées, est, comme la première, un plaidoyer pour le grand homme, qui a parfois quelques petites
faiblesses, et pour sa femme admirable qui dit leur 4 vérités en son temps à ceux qui ont osé la critiquer et mettre en doute ses conceptions du couple.
On l’a compris pour Michel Taubmann, DSK est victime d’un complot montée par l'ignoble femme de chambre soudoyée par des ennemis sournois. Dans cette «
contre-enquête », Dominique Strauss-Kahn regrette une "relation consentie mais stupide avec Nafissatou Diallo. Ce jour-là, j'ai ouvert la porte à toutes les autres
affaires", admet-il. Reconnaissant donc qu'il y en a .
S'appuyant sur les propos de DSK, Michel Taubmann tente de démontrer que la théorie du complot, relancée par le journaliste américain Edward Jay Epstein, est la seule à même
d'expliquer ce qu'il s'est passé. L'auteur en est certain. La certitude subjective ne le gène pas : "La scène racontée par Nafissatou Diallo est invraisemblable, elle n'a
pas eu lieu", écrit-il, évoquant "les lois de la physique" pour démontrer que cette femme, plutôt grande et forte, n'a pu être maintenue, agenouillée, par DSK. Il
décrit la scène d'un DSK "sortant de la salle de bains en tenue d'Adam". Nafissatou Diallo lui aurait alors lancé "un regard suggestif". DSK, selon lui, "a
vu une proposition".C’est quand même une étonnante présentation des faits, que rien ne prouve vraiment.
Les avocats de Nafissatou Diallo, ont réagit sans attendre à ces déclarations. "L'affirmation absurde de Strauss-Kahn, selon laquelle on aurait dit à Mme Diallo de voler son
Blackberry, de le regarder de façon suggestive et d'accepter son comportement sexuel violent et abusif, relève du délire total", ont écrit Kenneth Thompson et Douglas
Wigdor, dans un communiqué. Ils entendent bien le démontrer au cours du procès civil.
La version du biographe reste en effet pour le moins difficile à prouver et, finalement, ne grandit pas DSK. On comprend que celui-ci ait pris, dès sa publication, quelque
distance avec. A trop vouloir en faire, on peut porter préjudice à celui que l’on veut aider. DSK a trouvé une plume complaisante pour sa version des faits et M Taubmann
devrait vendre cette « contre enquête ».Sans être ininteressante, elle aurait du, pour être honnête, s'intituler «mémoire en défense». LU SUR METAMAG.