Écrire scientifiquement sur les Disparus civils européens pendant la guerre d'Algérie, c'est lever le dernier tabou de la guerre d'Algérie. C'est dire ce que nous ne voulons pas entendre depuis
près d'un demi-siècle : il y a eu beaucoup plus d'Européens enlevés et dont nous n'avons aujourd'hui aucune « trace » après les Accords d'Évian et après l'indépendance de l'Algérie qu'en « pleine
guerre » ! C'est dire aussi que le FLN (Front de libération nationale) et l'ALN (Armée de libération nationale) ont été les principaux acteurs de ces « disparitions » et qu'à aucun moment, leurs
dirigeants n'ont désavoué ces pratiques. Le but de faire partir les Français d'Algérie fut finalement atteint par la terreur instituée par le FLN. C'est dire enfin que le gouvernement français
était parfaitement au courant des exactions perpétrées contre ses ressortissants sans intervenir autrement que par de vaines protestations. Par cette étude, le manichéisme issu de la guerre
d'Algérie, entre les « bons » d'un côté et les «mauvais » de l'autre, n'a plus cours. L analyse de cet ouvrage permet de redonner une histoire à des personnes,
à des familles qui en étaient privées. Approcher cette histoire était toute l'ambition de cette recherche novatrice.
Biographie de l'auteur
Jean-Jacques JORDI est docteur en histoire, et spécialiste de l histoire des migrations en Méditerranée aux XIXe et XXe siècles, de l Algérie, des colonisations et des décolonisations et de
Marseille. Il a publié et dirigé plusieurs ouvrages et articles de référence sur les migrations méditerranéennes passant des migrations espagnoles aux
migrations venant d Algérie, publiant aussi sur les Harkis et les Pieds-Noirs.
LIRE UN ARTICLE SUR LA QUESTION SUR LE SITE METAMAG:
Algérie française: des disparus qui parlent
L'Etat français et des personnalités vivantes passibles du CPI?
Il s'agit d'un sujet très sensible. Les recherches sur les disparus européens de la guerre d'Algérie n'ont pas été rares. Mais elles ont toujours été approximatives, faute de
pouvoir recourir aux documents et archives. Mises à part celles de Jean Monneret, qui a pu consulter quelques archives, la plupart de ces recherches n'ont eu recours qu'à des
témoignages parfois imprécis, parfois convergents, mais critiquables car difficilement vérifiables. En la ...suite