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"AFFAIRE SARRAZIN" - Un membre de la Bundesbank évincé pour propos racistes
Source AFP
Thilo Sarrazin pose devant la couverture de son livre, "L'Allemagne court à sa perte" © Soeren Stache/MAXPPP
Christian Wulff avait jugé, mercredi soir, qu'il fallait éviter "que la discussion ne nuise à l'Allemagne, notamment sur le plan international". De son côté la chancelière Angela Merkel, qui n'a aucun pouvoir d'intervention sur la Bundesbank, a fait part de son "grand respect" pour la décision prise par les banquiers centraux. Auparavant le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, s'était dit "consterné" par les thèses défendues par Sarrazin. La Bundesbank était déjà intervenue l'an dernier en le privant d'une grande partie de ses prérogatives après des propos controversés sur les étrangers.
"L'Allemagne court à sa perte"
"L'affaire Sarrazin" fait grand bruit en Allemagne depuis la publication d'un livre pamphlet, "L'Allemagne court à sa perte", dans lequel le banquier central, membre du Parti social-démocrate (SPD), dénonce l'absence de volonté d'intégration des musulmans en Allemagne. Dans un pays où vivent entre 3,8 et 4,3 millions de musulmans, en majorité turcs, Sarrazin a essuyé des critiques très violentes, notamment de la part de responsables politiques de tous bords. Mais il est également soutenu par une partie de la population, qui adhère à ses thèses. Le chef du SPD, Sigmar Gabriel, a reconnu mercredi qu'il avait reçu un grand nombre de messages de soutien à Thilo Sarrazin ces derniers jours de la part de la base du parti. Sigmar Gabriel veut néanmoins exclure le provocateur. Selon un sondage de la chaîne de télévision N-24, 51 % des Allemands seraient opposés à son renvoi de la Bundesbank.
Thilo Sarrazin, qui avait déjà fait scandale l'an dernier par ses attaques contre les Turcs et les Arabes, est accueilli à bras ouverts dans les médias où il s'épanche notamment sur les immigrés musulmans qui, selon lui, coûtent plus cher en prestations sociales qu'ils n'ont rapporté à l'Allemagne. Il assure, en outre, que l'échec de l'intégration des étrangers ne concerne que les musulmans et dénonce une société "de plus en plus bête" en raison notamment du taux de natalité élevé des immigrés musulmans. Provocateur, Sarrazin, 65 ans, a franchi la ligne rouge en affirmant le week-end dernier qu'il existait un gène particulier commun à tous les Juifs, comme à tous les Basques.
De la chancelière Angela Merkel aux responsables des communautés juive et turque, les réactions ne se sont pas fait attendre, sur fond de débat politique récurrent sur les quelque 7,3 millions d'étrangers qui vivent légalement en Allemagne. A la différence d'autres pays européens, l'Allemagne a jusqu'ici peu été touchée par des mouvements populistes ou islamophobes. Et le parti néo-nazi NPD n'a jamais obtenu le moindre siège de député au Bundestag, la chambre basse du Parlement, même s'il dispose d'une audience certaine dans plusieurs régions d'ex-RDA. D'aucuns estiment néanmoins que Thilo Sarrazin met le doigt là où ça fait mal. Il énonce "des vérités amères", a jugé Necla Kelek, une sociologue réputée d'origine turque et auteur notamment d'un livre sur les mariages forcés. "Aucun des détracteurs (de Thilo Sarrazin) n'a jusqu'à présent réagi sur le contenu" de ses propos, a-t-elle relevé.
Le livre de Thilo Sarrazin n’est pas encore sorti que déjà les critiques fusent en Allemagne. Les bonnes feuilles du pamphlet, dans lesquelles ce membre du directoire de la Bundesbank tire à boulets rouges sur les immigrés, ayant été publiées dans plusieurs journaux.
Cet ouvrage, “l’Allemagne court à sa perte”, doit paraître lundi. En ligne de mire notamment, les Turcs et les musulmans qui seraient, selon Thilo Sarrazin un danger pour son pays.
Pour Renate Künast, la chef de file du parti Vert allemand, Thilo Sarrazin ne fait qu’une chose :
“Il salit l’image de la Bundesbank et incite à la haine. C’est un agitateur et je crois que la chancelière et le gouvernement doivent en
tirer les conséquences qui s’imposent”, s’est-elle insurgée.
Les immigrés, notamment les musulmans, sont “moins intelligents”. “Ils vivent au crochet de l’Etat” et font tellement d’enfants qu’ils seront bientôt majoritaires en Allemagne, voilà en substance ce qui est exposé dans le livre de Thilo Sarrazin.
Ces propos n’engagent que lui mais embarrassent bien le Parti social-démocrate dont il est membre. Le chef du SPD a d’ailleurs indirectement invité l’auteur controversé à quitter sa patrie politique.
Un membre de la Banque centrale allemande se montre très critique à l‘égard des immigrants musulmans. Ses commentaires nuisent-ils à l’image de l’Allemagne?
Reportage sur l’affaire Sarrazin
http://www.youtube.com/watch?v=A7YscbjBK7Q