Christiane Taubira « n’a jamais souhaité s’inscrire » dans le débat sur les demandes de« compensation financière » de l’esclavage, réitérées par le CRAN cette semaine, mais prône en revanche une « politique foncière » pour les descendants d’esclaves en outremer. Evoquant les discriminations et le racisme qui sont « les survivances de cette violence », la ministre de la justice affirme que « nous sommes tous comptables des injustices qui s’entretiennent et se reproduisent, parce qu’elles sont enracinées dans cette période d’esclavage et de colonisation », dans un entretien au JDD à paraître dimanche.
(…)
En revanche, la garde des Sceaux évoque la « confiscation des terres » dans les territoires d’outremer qui « fait que, d’une façon générale, les descendants d’esclaves n’ont guère accès au foncier ».« Il faudrait donc envisager, sans ouvrir de guerre civile, des remembrements fonciers, des politiques foncières. Il y a des choses à mettre en place sans expropriation, en expliquant très clairement quel est le sens d’une action publique qui consisterait à acheter des terres », affirme Christiane Taubira. « En Guyane, l’État avait accaparé le foncier, donc là, c’est plus facile. Aux Antilles, c’est surtout les descendants des +maîtres + qui ont conservé les terres donc cela reste plus délicat à mettre en oeuvre », reconnaît-elle.