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Les actionnaires et les salariés doivent sans doute faire grise mine. La Société générale ne distribuera pas de dividende pour l'année 2011 et va supprimer à partir de début avril 880 emplois dans sa banque de financement et d'investissement (BFI) en France. En novembre dernier, la banque avait annoncé «une centaine» d'emplois supprimés. Sept cents autres le seront à l'étranger.
Pour justifier le chiffre significatif de suppressions d'emplois dans son pays d'origine, la banque souligne «qu'ayant fait le choix de la place de Paris, plus de 50% des effectifs mondiaux de la BFI sont localisés n France».Dans un communiqué, la banque affirme que le plan annoncé en France doit être réalisé sans licenciement économique et sans départ contraint.
La banque présidée par Frédéric Oudéa suit ainsi le même chemin que ses concurrents, Crédit agricole et BNP Paribas qui ont planifié la suppression de respectivement 850 postes et 373 en France. Les banques justifient ces plans par la crise économique et financière qui frappent des pays auxquels elles sont très exposés comme la Grèce. Mais également par l'évolution des exigences réglementaires et notamment celle qui les obligent à détenir plus de fonds propres.
La direction de l'établissement indique avoir signé mercredi avec les organisations syndicales représentatives du personnel un accord lié à ce projet de «réorganisation et d'adaptation des effectifs de la banque de financement et d'investissement (BFI)». L'accord «permet, en amont de l'information et de la consultation des comités d'entreprises compétents, de définir un ensemble de mesures d'accompagnement et de garanties sociales pour les salariés concernés».
Société générale rappelle également qu'elle prévoit, parallèlement, de recruter environ 2500 contrats à durée indéterminée (CDI) en 2012, «principalement dans ses activités de banque de détail, qui ne sont pas concernées par le plan».
Mais les actionnaires sont contents car le cours de l'action s'envole!
Le titre de la Société générale s'envole ce mardi matin de plus de 6% en Bourse. Paradoxe des marchés, les investisseurs célèbrent l'annonce de la suppression de dividendes pour l'année 2011. Une décision historique pour la banque de la Défense qui va lui permettre de renforcer ses fonds propres de plus de 500 millions d'euros et de répondre à un sujet majeur de préoccupation des marchés.