Comment peut-on encore être Français, quand l'immigration de masse ne permet plus l'assimilation des nouveaux venus, quand les Français de souche renient eux-mêmes leurs traditions pour épouser
le conformisme du consumérisme mondialisé, quand le droit à être Français et la tentation du communautarisme l'emportent sur l'aspiration à un destin national, quand enfin la France n'est plus
qu'un nom que nous froissons au fond de notre mémoire, pressés que nous sommes de sacrifier notre héritage chrétien et notre langue au relativisme culturel ? Derrière cette fatigue, derrière
cette faillite à être soi-même, c'est bien l'effondrement des valeurs les plus hautes qui est à l'oeuvre. Une dignité trahie qu'achève de terrasser l'immigration extra-européenne sous un flux
grandissant et hostile à tout enracinement. Comment dès lors savoir ce que nous sommes et où nous allons, si nous persistons à nier d'où nous venons ?
Présentation de l'éditeur
Dernier homme, déclin de l'Occident, meilleur des mondes, règne de la quantité, de la Technique, crise de la culture, homme unidimensionnel, société de consommation ou du spectacle,
désenchantement du monde, ère du vide, de l'éphémère ou du moindre mal, empire du Bien, de l'éphémère ou du moindre mal, condition postmoderne, homo festivus, etc. Comment, après tant de
formulations heureuses mais récupérées par le Culturel et l'Antiracisme, et sans tomber dans la nostalgie, comment nommer ce monde nouveau, ce cauchemar posthumaniste, ce totalitarisme light ?
Peut-être est-il trop tard. Au moins ne serons-nous pas dupes d'une stratégie globale qui inscrit le monde dans une horizontalité toujours plus large et fade, dépourvue de relief, de
hiérarchie, de verticalité, de goût, de mémoire. Autant d'arguments en faveur d'un désespoir qui soit un surcroît de lucidité.
Chez Alain Finkielkraut, une certaine idée du rance
Jean-Christophe Bailly et, surtout, Richard Millet dont l’avant-dernier dernier « livre », L’Opprobre est une suite de phrases sans âge et haineuses contre la France réelle,
c’est à dire mondialisée et faite des gens de partout (pour avoir cependant une idée plus précise de la prose digne de Je suis partout de M. Millet, je renvoie à un billet de Sylvain Bourmeau – c’est ici).
(…) Pour M. Millet, qu’après plusieurs générations, une famille arabe persiste à appeler ses enfants Mohamed ou Djamila est un acte de barbarie et/ou de guerre civile, pas moins ! Pis, notre
écrivain, qui cite Joseph de Maistre pour valider ses thèses, explique, sous la bienveillance d’Alain Finkielkraut, que dans le RER, avec tous ces étrangers subsahariens et/ou musulmans, il se
sent victime d’un nouvel apartheid…
Qu’on le vire, vite ! Je ne comprends même pas qu’après une telle émission, nul ne songe à porter plainte
(…) A la suite de toutes ces horreurs proférées sur un ton badin, l’inamovible Finkielkraut (qu’on le vire, vite ! Je ne comprends même pas qu’après une telle émission, nul ne songe à porter
plainte) a moqué l’accent des jeunes de banlieue (il a répété plusieurs fois le mot accent avec un dégoût marqué), a raillé l’équipe de France de football dont, pense-t-il, on peut
douter du caractère français et/ou européen, a fait un sort au rap en deux phrases et a précisé que les gens des banlieues n’étaient pas l’équivalent du peuple aimé par Victor Hugo. Non,
forcément… Pourtant, l’équivalent d’antan des Finkielkraut et Millet, à coup sûr, détestaient l’argot puis la Tour Eiffel. Le peuple, voilà l’ennemi !
Médiapart
Répliques – France Culture – 11/06/2011
En ville, notamment dans un espace comme le RER, je suis dans une situation d’apartheid volontaire.