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Quand un artiste à la "con" se croît drôle!

lu sur le salonbeige:

Chronique de la christianophobie

Encore un artiste déluré qui se croit drôle en singeant Notre-Seigneur. Piètre imagination.

 

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C’est une nouveauté en France, trois « événements » en 2011 : « Piss Christ », « Le concept du visage du Fils de Dieu » et « Golgotha Pique-nique », ont défrayé la chronique pour motif de blasphème.

Il en faut pourtant beaucoup pour choquer les français  Au pays des Incohérents, de Dada, des Surréalistes, des anti-calotins et des mœurs légères, le puritanisme n’est pas une tradition. Jamais le carnaval ou la fête des fous n’ont été interdits. Depuis la nuit des temps on se moque des puissants et des princes de l’Eglise. Les « goliards » trouveraient aujourd’hui un peu tristes nos transgresseurs subventionnés.  Romans et gothiques  ne sculptaient  pas seulement des Saints et des Vierges mais aussi des scènes assez crues sur frontons et chapiteaux.

Dans ce pays nous n’avons connu ni le Maccarthisme,  ni les « Guerres Culturelles » des années 90, comme aux USA. 

Soudain cela ne passe plus…Cela fait pourtant un demi-siècle, que la mutation du blasphème en art a eu lieu. 

Ce n’est plus l’hostie que l’on poignarde, ou autres pratiques anciennes  relevant d’actions individuelles, ou de sectes sataniques.  Aujourd’hui la transgression du sacré prend d’autres formes: c’est de l’Art Contemporain...  L’essence de la pratique de l’AC [1], Art Officiel et subventionné,  est la transgression. Sa finalité est de miner le « contexte », de faire exploser le sens des choses et cela par le biais du détournement duchampien. Si jadis l’on brocardait l’Art officiel, c’est impossible aujourd’hui. C’est devenu un Service Public !  Depuis trente ans l’Etat dirige bureaucratiquement l’art en France. Les  grands médias ne se font jamais l’écho d’une dissidence intellectuelle, par ailleurs reconnue.

C’est pourquoi dans « l’affaire Castellucci » face à un public mécontent et incontrôlable, « populiste » dira t-on, le Maire de Paris, le Ministre de la Culture se sont indignés publiquement, les évêques ont admonesté leurs fidèles, la force publique a brutalement pourchassé les protestataires, les magistrats les ont condamnés, les médias les ont catalogués  de « fondamentalistes ! », « terroristes » donc. 

Toutes ces réactions étant prévisibles, on comprendra pourquoi l’AC s’attaque avec tant d’ardeur et de bénéfice au christianisme. C’est une nécessité artistique – Il n’y a plus grand-chose qui soit encore  à la fois transgressable et politiquement « correct ». Attaquer le sacré chrétien est à la fois permis, accessible, visible et fort. Le blasphème a la vertu d’opérer un transfert d’ « aura » et de « sacré » de l’Eglise à l’AC. Il produit de l’effroi et de la légitimité. On constate sa réussite en voyant le public  monter sur scène pour prier le chapelet, mettre fleurs, bougies et cierges devant le théâtre. Pratiques parfois mal vues dans les églises.

C’est ainsi que l’AC est aujourd’hui « sanctuarisé » grâce à l’Etat, grâce à l’Eglise.

L’Art contemporain a, pendant des décennies, provoqué une sorte de stupeur, de terreur sacrée. L’interrogation qu’il suscitait restait sans réponse, le public ignorant se montrait révérencieux. Pour le bourgeois cultivé ou le pauvre illettré, la situation était la même. Le gouffre entre la nullité ou la trivialité de ce qui était perçu et la reconnaissance financière et sociale qui y était attachée imposait le silence. Le comble fut atteint lorsque quelques autorités ecclésiastiques virent « d’authentiques œuvres d’art chrétiennes ! » là où le public, non initié, ne percevait que dérision ou  blasphème. L’ordre régna cependant pendant quelques décennies jusqu’à ce qu’Internet fit apparaître d’autres points de vue et même une analyse cultivée de tous ces phénomènes. Le débat public sur l’art, évité par les médias en France, s’intensifia à partir de 2005 et prit beaucoup de relief à partir du krach financier d’octobre 2008. Le voile du mystère de la valeur de l’AC se déchira et le grand public comprit enfin : la valeur de l’AC n’a rien à voir avec les  fondamentaux comme la beauté et  la vérité. L’AC est autre chose que de l’art et, à part quelques cas vertueux fondés sur une authentique critique sociale, il est destiné à devenir  un produit financier dérivé, fabriqué en réseau par la vertu du délit d’initié.

L’état de stupéfaction a cessé. Internet et la rue manifestent désormais… Que faire ?

Sûrement pas une loi de censure de plus pour compléter la loi Gayssot et quelques autres lois qui punissent les opinions. Une loi contre le blasphème finirait d’accomplir le déclin intellectuel de la France. En outre, cette question du blasphème a été réglée au 18ème siècle.   

Il faut avoir une exigence de liberté car si la religion catholique est vulnérable en raison de ses images et de ses sacrements, elle jouit par contre d’une immunité par rapport au  blasphème. L’identité du chrétien n’est pas atteinte car celui-ci s’identifie au Christ outragé, source de son Salut. Grâce à cela, il est en mesure de ne pas se laisser entraîner par le mécanisme mimétique et fatal de la violence. Il peut oser courir le risque de la liberté, donc de l’art et de la pensée.

La solution est simple, il faut intellectuellement discerner deux définitions de l’art, deux pratiques qui n’ont rien de commun:

  • L’Art qui, par  l’accomplissement de la forme, délivre le  sens, assume le mal et la contradiction par la grâce de la beauté,
  • L’AC dont la finalité est de détruire le contexte et de perturber le « regardeur », mission qui n’est pas inutile mais à condition que l’AC ne soit pas dans une situation et une pratique totalitaire, comme aujourd’hui.

La reconnaissance de ce schisme est une urgence intellectuelle, elle permet la liberté du choix.  

 

 

Aude de Kerros

Graveur,’ essayiste

Auteur de L’Art Caché - Les dissidents de l’Art contemporain Ed Eyrolles

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