Informations et rèinformations.Des conseils de lecture.
Écrivain français né en 1925, c'est tardivement qu'il se met à l'écriture, bien que la vocation l'ait taraudé dès le lycée, mais la lecture de son premier roman de jeunesse, jugé négativement par un académicien ami de son père, le bloquera pendant des années.
Pendant ses vingt premières années de carrière, il court le monde à la découverte de populations menacées par la confrontation avec la modernité.
En 1973 il s'autorise enfin à venir au roman et écrit son œuvre phare, LE camp des saints, dans lequel l'écrivain décrit la submersion de la france par l'échouage sur la Cote d'Azur d'une flotte de bateaux en ruine venue d'Inde, chargée de réfugiés. À partir de ce moment-là, Jean Raspail écrira un grand nombre de romans couronnés de succès ; il s'inscrit dans la famille de romanciers comme Roger Nimier,Dini Buzzati et Michel Deon.
Un certain nombre d'ouvrages évoquent également la Patagonie, à travers la revendication du royaume de Patagonie et d'Araucanie par Orélie-Anroine de Tounens, avoué de Périgueux, dans la seconde moitié du XIXe, tout autant que dans l'évocation de l'histoire et du destin de ces régions du bout du monde, notamment dansDui se souvient des hommes? Il se proclame lui-même « consul général de Patagonie », ultime représentant du royaume d'Orélie-Antoine Ier, rappel de sa proximité avec le Collège de Pataphysique.
Il postula à l'Académie francaise en 2000 et recueillit le plus de voix, sans toutefois obtenir la majorité requise pour être élu au siège vacant de Jean Guitton.
En 2009, le 25 avril, il reçoit, pour l'ensemble de son œuvre, le Prix Wartburg de littérature.
Dans la «morne plaine» du monde littéraire contemporain, Raspail fait partie des très rares romanciers qui émergent de la médiocrité.
Pour le dire sans détours, il y a chez lui du génie : faute impardonnable aujourd'hui... Pire encore pour beaucoup : sa haine de tout consensus mou et son amour ardent de la civilisation
occidentale.
Chantre des épopées qui échouent, il pourrait passer pour pessimiste, mais chacun de ses livres est une invitation pour le lecteur à réussir sa propre aventure individuelle. Si l'on ne
peut toujours changer LA vie, il reste possible de changer DE vie. Une cause noblement défendue grandit celui qui se bat pour elle. Elle enrichit le monde d'un peu de «panache» et de ce
«supplément d'âme» qui seul peut l'empêcher de mourir tout à fait.
Dans son petit essai, Madeleine Roussel nous promène à travers l'oeuvre de Raspail «avec exactitude topographique et véritable compréhension du "terrain" : virtuosité et intelligence»
(lettre de Jean Raspail à l'auteur). C'est de fait une magnifique analyse littéraire conduite avec ordre et logique, qui donne au lecteur l'agréable impression d'être intelligent...
Jean Raspail n'a pas souvent les honneurs (si l'on peut dire) des médias : les présentateurs de télévision craignent sans doute
d'inviter sur leur plateau un écrivain capable d'affirmer tout de go, en direct, comme avant lui Jacques Perret, son attachement au trône et à l'autel, en ajoutant même, peut-être, pour faire
bonne mesure, comme un de ses personnages, «et aux droits féodaux», ce qui pourrait soulever quelque émotion dans le paysage audiovisuel français...
Pourtant, son oeuvre est abondante - plus de trente volumes de romans, récits ou recueils de nouvelles, à quoi s'ajoutent articles et chroniques épars - et d'une évidente originalité
par rapport à la production littéraire actuelle : au milieu du consensus mou qui est la marque de tant d'ouvrages cotés et couronnés de lauriers, Raspail fait figure d'écrivain solidement
réactionnaire qui rend hommage, sans complexe, sans militantisme non plus, mais non sans nostalgie, à des valeurs et des traditions que négligent trop souvent leurs défenseurs naturels.
Heurté par les aspects les plus voyants du monde moderne, par ses bruits et sa fureur, le romancier cherche de possibles refuges : il s'évade dans des pays lointains, dans des époques
révolues, ou dans son propre imaginaire. Mais dans tous les domaines qu'il peut explorer, il est en quête de ce dont il a le plus soif : le sacré sous toutes ses formes, les plus inattendues,
parfois, comme les plus traditionnelles.
Œuvres
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Il n'est pas trop tard pour s'associer à l'œuvre de Jean Raspail, et en tirer toutes les conséquences pour soi-même, si l'on appartient au petit nombre de ceux qui ont toujours préféré rêver et qui restent fidèles à certains signes reçus à onze ans : "Le poignard de Djoungar, souvenez-vous que je l'avais rêvé, à onze ans, sans l'avoir jamais vu auparavant ni en avoir entendu parler par quiconque...", et à plus forte raison s'ils n'ont pas eu le bonheur rare "d'avoir onze ans à Oukhta". Il n'est pas trop tard non plus, à la faveur de l'œuvre de Jean Raspail, pour s'inventer un royaume, à la manière dont lui-même, désormais Consul général de Patagonie, inscrit le ROYAUME DE PATAGONIE dans l'Histoire.
Il est donc toujours temps de lire Jean Raspail. Il est même très nécessaire de le lire sans tarder. D'abord pour le CAMP DES SAINTS. Pour ne pas assister sans comprendre à la fin d'un monde et pour se donner les chances d'y échapper, fût-ce au prix de cette fuite dont Septentrion conte l'histoire. Ensuite, pour Qui se souvient des hommes... afin de saluer la mort d'un peuple, cette fois, les ALAKALUFS, et pour Pêcheur de lunes, en hommage à tous les PEUPLES OUBLIES. Pour SIRE, pour Jérôme, pour Henri et les autres, pour l'extraordinaire espérance qu'incarne Philippe Pharamond de Bourbon et pour l'attente de ceux qui forment son peuple.
Il est toujours temps, enfin, de reconnaître cette présence invisible dans sa propre vie de l'âme d'un héros, d'un poète, d'un peuple, comme les OUMIATES dans l'univers romanesque de Jean Raspail : "Pourchassés par des ennemis implacables, en plein hiver sibérien, les enfants de Septentrion (ils sont six) s'en vont rejoindre à travers la neige les Oumiâtes dont on entend battre le tambour au fond de la forêt. Si les Oumiâtes existent, les enfants sont sauvés. Et s'ils n'existent pas..."
Et s'ils n'existent pas... Alors la foi nous sera donnée.
Terra incognita
Internet est le dernier continent qui reste à explorer. Quoiqu’il s’agisse d’une terre virtuelle, et certes parodique à la fois du rêve et du réel, il eût été regrettable de ne pas y rencontrer Jean Raspail et son œuvre : en quelque "village oublié" de la Toile.
Le rêve a sa place dans la dimension virtuelle de l'Internet, au même titre que le réel, le concret, et pourquoi le "jeu du Roi", par exemple, ne se poursuivrait-il pas dans cette "virtualité" qui prolonge si bien notre réalité? A condition, bien sûr, de ne pas confondre le rêve et la réalité, les phantasmes et la réalité virtuelle, le monde virtuel et le monde réel, à condition de ne pas inscrire dans une même dimension les communautés virtuelles, les Patagons et la communion des saints, bref de savoir distinguer entre le parodique et le rêve (ou le sacré).
Peuples disparus
Il ne faut pas faire mourir deux fois ces PEUPLES OUBLIES qui ont disparu de notre horizon réel. Cela ne signifie pas qu'ils ressuscitent à la faveur de l'Internet, mais s'ils venaient à disparaître aussi du continent virtuel, ce serait alors comme une deuxième mort, définitive. De même les peuples disparus ont moins besoin de mémoire que d'un avenir, fût-il virtuel. C’est pourquoi il est indispensable qu'ils vivent - dans le rêve de quelques uns - et que cette vie soit attestée dans le monde virtuel, puisqu'ils n'ont plus de réel à eux et donc plus d'avenir!
Le village oublié
Il viendra cependant un jour où les habitants du "village oublié" de Jean Raspail devront brouiller les pistes électroniques qui permettent aujourd'hui de les rejoindre. D'ici là ils se seront rencontrés à l'échelle de la planète. Il sera toujours temps alors de recourir aux codes sophistiqués qu'ils se seront fabriqués pour s'affranchir, comme autrefois du réel, désormais du virtuel lui-même.
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« À cheval ! On s'en va.
Il est temps... »
Le célèbre romancier Jean Raspail, 84 ans, et le dessinateur réaliste Jacques Terpant, 52 ans, constitue un couple inattendu, a priori improbable, et qui pourtant fonctionne à
merveille.
Jacques Terpant a en effet eu la bonne idée de se lancer comme auteur complet en adaptant en bande dessinée le roman de Jean Raspail au titre étonnant et plein de sens : Sept Cavaliers
quittèrent la Ville au crépuscule par la porte de l'ouest qui n'était plus gardée édité par les éditions Robert Laffont en 1993.
Le premier tome paru chez cet éditeur vient d’être réédité chez Delcourt avec une nouvelle couverture et un véritable complément graphique en même temps
que paraît le deuxième tome.
On y retrouve une atmosphère et un parfum à la Corto Maltese d’Hugo Pratt. La référence n’est pas un hasard tant le parcours du romancier – notamment
membre des Écrivains de Marine – s’en rapproche par ses voyages et son inspiration.
Rencontre exceptionnelle avec deux représentants du Royaume imaginaire de la Patagonie...
Y a-t-il eu d’autres propositions d’adapter Sept Cavaliers au cinéma, à la télévision ou en bande dessinée ?
Jean Raspail : J’ai eu trois ou quatre romans qui ont fait l’objet d’adaptations à la télévision. L’expérience n’a pas toujours été heureuse, sauf peut-être pour l’Ile
Bleue de Nadine Trintignan et le Jeu du Roi, une adaptation par la télévision galloise. Il y a eu quelques touches pour le cinéma qui n‘ont jamais abouti, notamment pour le Camp
des Saints. La bande dessinée jamais ! Maintenant que je connais un peu plus l’univers de la bande dessinée et qu’il y a l’album Sept Cavaliers, je m’y intéresse davantage et
je découvre que certains de mes livres s’y prêtent. La BD a le don de rajouter des images qui n’existent pas. Et c’est à Marya Smirnoff (ex directrice de collection chez Robert Laffont BD,
directrice éditorial chez Delcourt, ndlr) que je dois cette rencontre avec Jacques Terpant. Et je suis hyper satisfait de son adaptation !
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Qu’est-ce qui vous a séduit dans le projet que vous a soumis Jacques Terpant ?
JR : Au début, j’étais assez réticent. Je trouve beaucoup de bandes dessinées assez vulgaires. Marya m’a invité à venir voir les planches qu'avait préparé Jacques Terpant. Il
devait y avoir 7 ou 10 planches, je ne sais plus. Je n’ai pas eu besoin de lire. J’ai juste regardé les dessins. Toutes mes représentations visuelles des Sept Cavaliers se retrouvaient
dans ces premières planches de l’album. J’ai donc immédiatement adhéré sans aucune restriction. Après, je me suis aperçu que Jacques Terpant avait utilisé en grande partie le texte du livre. Et
je suis content – je suis certain que Jacques aurait été capable de faire un très bon texte – mais j’ai souvent pensé que les textes qu’il y a dans les BD sont souvent navrants, c'est-à-dire un
vocabulaire ordinaire, une syntaxe parfois hasardeuse. Je trouve que le langage de la BD manque souvent d’élégance alors que la langue française est très belle.
consul général de Patagonie » dessin à l'aquarelle, 2008 © Jacques Terpant |
Quels sont les auteurs et les bandes dessinées que vous lisez ?
JR : Il y a l’Épervier de Patrice Pellerin, Blake et Mortimer d’Edgar P. Jacobs. Et évidemment Hergé ! Mais il y en a bien d’autres…
Alors Jacques, comment avez-vous convaincu Jean Raspail d’accepter ?
Jacques Terpant : Je me doutais qu’il fallait le convaincre ! Donc, j'ai pensé que le plus simple était de lui montrer ce que ça allait donner. Il n’y avait pas à mon avis
d’autre solution. Je ne me voyais pas venir avec un synopsis découpé. J’ai donc fait quatre pages – donc beaucoup moins que le souvenir de Jean ! Il n’y avait que le début avec la phrase de
départ « Sept Cavaliers quittèrent la Ville au crépuscule par la porte de l'ouest qui n'était plus gardée », moment clé qui donne l’atmosphère du livre. J’ai soumis cela à Marya qui a
ensuite fait le messager auprès de Jean Raspail et, ensuite, nous nous sommes rencontrés. Cela s’est fait très naturellement, je crois, parce que – sans fausse modestie – je connaissais assez
bien l’œuvre de Jean Raspail.
Vous êtes d’ailleurs arrivé à Sept Cavaliers par élimination, non ?
JT : En fait, j’avais commencé par Qui se souvient des hommes ? dont j’avais un souvenir formidable et que j’aime beaucoup. J’avais découvert Jean Raspail encore
étudiant quand je travaillais à Métal Hurlant. Jean-Pierre Dionnet, le patron du journal, en était un lecteur et critiquait très favorablement ses livres quand ils sortaient. J’avais
ainsi entendu parler de Qui se souvient des hommes ?, lauréat du Prix du Livre Inter 1987. Et je m’en suis souvenu quand je cherchais une histoire. Je l’ai relu mais c’était tout sauf de
la bande dessinée et j’ai donc laissé tomber complètement. J’ai alors pensé à Sept Cavaliers. Et là, j’étais vraiment dans de la BD, j’entrais dans un univers qui se structurait
parfaitement en termes de bande dessinée. J’ai trouvé tout naturellement la parenté des BD dont parlait Jean. C’est aussi le même univers qu’Hugo Pratt, des militaires, des aristocrates, des gens
qui ont une existence, qui sont dans l’action tout en ayant de la distance avec elle.
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© Terpant - Raspail / Delcourt |
Et vous avez effectivement suivi de près son roman…
JT : Je dirais que les gens de ma génération sont venus pendant longtemps de la comparaison BD et cinéma, avec la priorité à l’image. Et Jean a raison quand il dit qu’on a
beaucoup oublié le dialogue. Quand j’ai attaqué Sept Cavaliers, je suis parti de l’autre côté en me disant que la vraie parenté est peut-être la littérature. J’ai donc vraiment voulu que
ce soit une traduction du roman en bande dessinée. Il fallait alors que j’arrive à traduire l’atmosphère de ce roman. Pour cela, il fallait qu’on retrouve la qualité des dialogues du roman :
je suis donc resté assez près du texte.
En fait, Jacques Terpant a eu carte blanche ?
JR : Totalement. Ça se voyait tout de suite. Et puis c’est l’œuvre de Terpant, certes sur mon récit. J’aurais eu mauvaise grâce à y mettre mon grain de sel. De toute façon, je
n’ai rien à ajouter. Je trouve cela parfait.
JT : J’aime bien quand il en parle !
JR : En revanche, j’avais quand même demandé à ce qu’on me montre la totalité des planches avant qu’elles soient publiées mais pour le second, on ne me les a pas montrées. En
fait, ça ne change rien parce que, voyez-vous, je les aurais toutes vues, j’aurais eu grand plaisir mais il n’y a pas un iota à changer. C’est une sorte de miracle ! Il y a maintenant des
bandes dessinées qui ont une dimension littéraire. Ce genre d’œuvre entre dans cette catégorie-là.
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Jean Raspail, quel est le message que vous souhaitez passer au travers de ce récit ?
JR : Mes livres sont bourrés de messages de tous genres mais quand je commence un livre je ne l’écris pas pour délivrer un message quelconque. Je l’écris parce que je me raconte
une histoire. Et ce faisant, tout ce qui appartient à moi-même, à l’univers qui me plait entre dedans. On peut peut-être parler de messages subliminaux. On y trouve les sentiments, les postures,
les tournures, les attitudes que j’aime.
JT : Ce n’est peut-être pas le bon mot. Il n’y a pas de démonstration en tout cas. C’est une histoire.
JR : Ces gens-là ont le sens de l’honneur, de la fidélité à certaines choses. Ils placent leur fierté dans des choses importantes mais aussi des détails comme par exemple
l’habillement, l’attitude, le dialogue et la façon de se tenir. Mais en même temps je n’ai pas écrit le livre pour cela. Pour répondre plus brièvement à votre question, je vais vous dire ce que
j’écris en dédicace : « À cheval ! On s’en va. Il est temps… ». C’est tout et ça vous donne le sens du livre.
personnage empruntant les traits de J. Terpant © Terpant - Raspail / Delcourt |
Quelle a été l’inspiration graphique pour mettre en images ce monde imaginaire ?
JT : C’était relativement simple car le monde est parfaitement décrit dans le roman. C’est une architecte européenne du Nord, médiévale par moments, gothique pour d’autres. Pour
faire la ville, j’ai pu m’inspirer de la ceinture de tours autour de Carcassonne, de l’église romane de Conques en Aveyron, du château de Prague... Pour les maisons, j’ai pris comme modèle
l’architecture structurée par du bois qui va de la Normandie aux pays baltes, c'est-à-dire l’essence même de l’architecture européenne. Disney ne s’y est pas trompé : c’est l’architecture
qu’il emploie dans tous ses dessins animés. L’idée était donc de faire une vieille Europe un peu finissante. Les costumes étaient très décrits. Il y avait le télégraphe, le train… Les armes
correspondent à la période du western. Mon évêque a un côté cowboy par moment !
JR : En fait, c’est une quintessence d’Europe. C’est une autre dédicace que je fais : « À notre vieille Europe, notre mère ». Vous avez peut-être remarqué que les noms
des personnages ne sont pas homogènes. Des consonances françaises, germaniques, slaves, même asiatiques, c’est ça la quintessence de l’Europe ! Ça fait partie du socle du livre. Ce n’est pas
un message mais Jacques l’a tout de suite pigé.
JT : J’ai abondé dans ce sens. Dans le 2e tome, les cavaliers arrivent au sémaphore avec un fonctionnaire qui ne regarde surtout pas dehors ce qui se passe. Il a une petite
famille idéale. Quand j’ai dessiné cela, j’ai pensé au peintre Carl Larsson : la famille est la sienne telle qu’il l’a peinte à la fin du 19e siècle (voir ci-dessous, ndlr).
JR : Il y a aussi Guillaume Apollinaire qui est un personnage inhérent à ce récit sous son vrai nom de Wilhelm Kostrowitsky et qui représente aussi notre vieille Europe. Il a été
gazé en 1914, courageux, se battant pour la France alors qu’il n’est même pas français. Vous voyez que vos questions nous permettent d’éclairer pas mal de choses finalement, des choses auxquelles
on n’aurait jamais pensé en fait !
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La mise en couleurs est toujours à l’aquarelle et renforce le côté tableau ancien…
JT : À vrai dire, je ne sais pas vraiment faire autrement. C’est une méthode par défaut ! Au départ, il y a dans cette ville une certaine pesanteur, un froid que je pouvais
rendre par la lumière. Dans ce deuxième tome, c’est plus lumineux, plus aéré. Avec le retour de la nature, on a changé de couleurs, on est à l’extérieur, davantage dans l’aventure, dans des
paysages. On retrouve la vie, certes d’une civilisation déclinante face à une autre qui reprend le dessus. Mais on est dans quelque chose d’assez vivant. À la fin, je bascule effectivement vers
une autre base colorée. Ce sera plus sombre…
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Alors justement, ce troisième tome va nous entraîner dans quel voyage ?
JT : Les cavaliers vont quitter la montagne et se diriger vers leur but ultime, le Pont de Sépharée. Ce sera la fin du voyage. Ils vont dans la grande plaine à blé, la Beauce de
ce Royaume. Ils arrivent par là et après on ne dit plus rien…
Le troisième tome de Sept Cavaliers sera achevé vers le mois de mars 2010 et sortira sans doute à la fin août. Avec une telle osmose entre les deux auteurs, on s’imagine que leur
collaboration ne s’arrêtera pas là…<!--[endif]-->
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