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Le 5 Octobre 1947 voit la création du Kominform (bureau d’information en russe). Cet organisme est en quelque sorte le successeur de la IIIème internationale (ou Kominterm) dissoute quelques années auparavant.
Ce jour là est l’occasion pour Jdanov d’exposer sa doctrine, La « doctrine Jdanov ». Il s’agit d’une réaction à la doctrine Truman qui vise à endiguer le communisme en offrant une assistance politique, matérielle et militaire aux pays menacés par la montée du communisme. Jdanov, secrétaire du parti communiste de l’URSS distingue à cette occasion « le camp impérialiste et antidémocratique » du « camp anti-impérialiste et démocratique ». Il faut comprendre les Etats-Unis et leurs alliés face à l’URSS et ses alliés. A cette occasion, l’oligarque communiste défend la «voie du progrès démocratique » dans laquelle l’URSS s’est engagée (l’histoire nous a appris ce que fût cette « démocratie ») et fustige également les « fascistes » de l’autre camp. On remarque avec étonnement que la vision manichéenne de Jdanov et des années 50 semble toujours vive chez certains nervis de gauche qui hurlent au « fascisme » dès que des éléments un temps soit peu conservateurs se dressent contre eux. La vieille technique du Kominterm et du Kominform est décidément la seule recette de l’extrême gauche.
L’idéologue communiste poursuit en affirmant que « C'est aux partis communistes qu'incombe le rôle historique de se mettre à la tête de la résistance au plan américain d'asservissement de l'Europe ». Mais on nous dira après cela que le respectable parti communiste français n’a jamais eu aucun lien avec l’URSS. « Le parti des fusillés » ainsi qu’il aimait à se « victimiser » à l’époque. Il convient de dire que le communisme français fût un mouvement saboteur en France pendant le pacte germano-soviétique, il ne fut résistant qu’après l’invasion de l’URSS par les allemands en 1941. La présence du PCF à la création du Kominform est une autre expression des liens qui unissaient le PCF à l’URSS. Curieusement, à cette occasion, les dirigeants communistes français furent alors critiqués pour leur participation au gouvernement d’après guerre. Dès lors la politique du PCF se durcit et le parti entra dans l’opposition à cette période. Le 2 octobre, au vélodrome d'hiver, Maurice Thorez, secrétaire général du P.C.F., déclara que le moment était venu "d'imposer un gouvernement démocratique où la classe ouvrière et son parti exercent enfin un rôle dirigeant". Le 29 octobre, une bataille rangée opposa les forces de l'ordre aux militants communistes dans les rues de Paris. Le déraillement provoqué de l'express Paris-Tourcoing, le 3 décembre, causa 16 morts. De nombreuses condamnations pénales furent alors prononcées pour sabotage. Le gouvernement dût prendre des mesures d’urgence pour lutter contre cette situation (envoi de CRS dans les mines, rappel des réservistes pour maintenir l’ordre)
C’est également à ce moment que la Vierge apparût à l’Ile Bouchard à de jeunes enfants et leur dit : « dites aux petits enfants de prier pour la France, car elle en a grand besoin » (le 8 décembre 1947). Le contexte insurrectionnel dans lequel se trouvait le pays en cette période ne déboucha finalement pas sur un coup d’état communiste.
Le Kominform perdit de son influence à partir de la mort de Staline en 1953 et fut finalement dissous en 1956 (à l’époque de la dénonciation des crimes de Staline). Cette structure est néanmoins assez emblématique de la manière dont les communistes (internationaux avant d’être patriotes) fonctionnaient. Il est bon également de rappeler quels furent les liens qui unirent le PCF à l’URSS de Staline responsable de la mort de millions de personnes (ne fût-ce que dans les goulags ou par la famine en Ukraine). Ces gens-là ont beau jeu de donner aujourd’hui, à la France et aux français, des leçons de morale. L’histoire et le bon sens sont deux éléments qui donnent évidement tort au communisme, voilà pourquoi il est utile de connaitre le premier et de savoir user du second.
Pierre de Bellerive