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Pie XII et la Shoah, réunit les actes d’un colloque au collège des Bernardins, à Paris, lancé par le Père Michel Viot, ancien pasteur devenu prêtre catholique, président de l’association Écouter avec l’Église dont le but est de faire connaître et diffuser les enseignements des papes. En guise d’introduction, l’historien Philippe Chenaux donna une synthèse de son livre Pie XII, diplomate et pasteur, montrant combien ces deux facettes étaient indissociables pour comprendre ce pape. Mais le plus intéressant, ce sont les témoignages de deux Juifs, et non des moindres : Gary Krupp et Me Serge Klarsfeld.
En 2000, Gary Krupp fut élevé par Jean-Paul II au rang de chevalier de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand pour services rendus à un hôpital catholique italien. Cette distinction, rarissime pour un Juif, incita Gary et sa femme Meredith à créer une fondation, Pave the Way, « pour améliorer les relations, non théologiques, entre les religions du monde en initiant des gestes historiques, culturels, technologiques et éducatifs… » Cependant, ces Juifs new-yorkais avaient en horreur le nom de Pie XII. Pour eux, il était « le pape d’Hitler », « un antisémite véhément et un collaborateur des nazis ».
Mais des événements « providentiels », dont leur découverte du projet secret d’enlèvement et d’assassinat de Pie XII pendant la guerre, vont leur montrer que ce qu’ils pensaient était totalement faux. Décidant de creuser la question, « dans l’intérêt de la justice et de la vérité », ils commencent en 2006 à chercher eux-mêmes documents originaux, articles de journaux et témoignages oculaires sur Pie XII. Le résultat ? Un important symposium en 2008 et plus de 40 000 pages disponibles sur le site de Pave the Way (tirées, entre autres, des archives consultables du Vatican), qui montrent les incessantes actions entreprises, ouvertement ou secrètement (pour éviter les représailles sur les peuples), par Eugenio Pacelli, en tant que nonce puis pape, pour dénoncer le nazisme et sauver les Juifs. Après la guerre, il fut unanimement loué.
Le deuxième témoignage est celui de l’avocat Serge Klarsfeld, connu comme « chasseur de nazis », qui, lui, a vécu cette période en France et en Roumanie. Il confirme totalement les dires de Gary Krupp. Jamais à l’époque, il n’a entendu les juifs parler de Pie XII comme du « pape d’Hitler », mais comme d’une autorité morale considérable, au rôle extrêmement actif face aux totalitarismes athées. C’est la pièce Le Vicaire, de Hochhuth (1963) – dont on sait aujourd’hui qu’elle fut commanditée par le KGB –, qui a jeté le discrédit sur lui.
Lisez aussi Pie XII et la Seconde Guerre mondiale.
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