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Picasso, la figure de proue de l'art du XX° siècle, serait convaincu de fraude et d'imposture. L'affaire est d'autant plus sérieuse qu'elle ne provient pas d'un détracteur
de Picasso ou d'un contempteur de l'art abstrait, mais d'un spécialiste de l'oeuvre de Picasso ayant participé notamment à l'hommage qui lui fut rendu en 1981 lors du centenaire de la naissance
du peintre.
Romulo Antonio Tenés (dont les motivations personnelles dans cette histoire restent peut-être à éclaircir), craignant que le discrédit ne tombe sur l'oeuvre de Picasso et le marché de l'art en
général, révèle dans un ouvrage (*) rédigé entre 2004 et 2005 sur des expertises scientifiques que toutes les oeuvres de jeunesse entre 1891 et 1897 attribuées à Picasso sont en réalité du père
de ce dernier, José Luis Blasco, ou d'autres peintres anonymes, et que Picasso en a falsifié la signature pour les faire passer comme étant de lui.
C'est donc, en plus de la tache infamante que cette révélation répand sur la moralité du grand chef de file du cubisme, l'effondrement de la légende de l'enfant prodige de la peinture dessinant
comme Ingres à l'age de dix ans : légende que Picasso avait construite et entretenue pour prouver à ses détracteurs qu'il aurait pu être un grand peintre figuratif s'il l'avait voulu, et que s'il
ne l'a pas été c'était par un choix délibéré en vertu de profondes conceptions artistiques ; légende relayée bien évidemment par plusieurs générations de critiques et d'historiens d'art malgré la
transparence que cette imposture aurait dû avoir pour des gens faisant profession de bien connaître l'art.
En fait, toujours selon l'étude de Tenés , Picasso n'aurait commencé à peindre qu'en 1900, et encore « de façon maladroite » précise le rapport. De plus, Picasso aurait continué dans sa « période
bleue » à utiliser avec indélicatesse des peintures qui n'étaient pas de lui pour les repeindre en partie et les signer de son nom, comme dans le « Portrait en bleu de Jaime Sabartes » du musée
de Barcelone.
Mais ce n'est pas seulement la probité et le prétendu génie de Picasso qui se trouvent ainsi mis à mal, c'est aussi l'honnêteté ou la compétence des héritiers du peintre (**), de la très
mercantile S.A. Picasso Administration, des 150 experts « dociles, soumis et intéressés » (selon les termes de l'attestation technique), dont ceux des célèbres salles de ventes Sotheby's et
Christie's de Londres, des conservateurs des musées Picasso de Barcelone, de Malaga et de Paris, ainsi que de tous les responsables culturels qui ont cautionné, sciemment ou non, cette
supercherie qui dure depuis des décennies pour le malheur de l'art et à la honte de toute une société qui l'a laissée s'installer et s'enraciner, soit par calcul, soit par sottise, soit par
veulerie ou indifférence.
Rappelons la stupéfiante confession que Picasso fit en 1952 à l'écrivain Giovanni Papini et que celui-ci rapporta dans son « Livre noir » :
« Du moment que l'Art n'est plus l'aliment qui nourrit les meilleurs, l'artiste peut exercer son talent en toutes les nouvelles formules, en tous les caprices de la fantaisie, en tous les
expédients du charlatanisme intellectuel.
Dans l'Art, le peuple ne cherche plus consolation et exaltation, mais les raffinés, les riches, les oisifs, les distillateurs de quintescence, cherchent le nouveau, l'étrange, l'argent, l'
extravagant, le scandaleux. Et, moi-même, depuis le cubisme et au-delà, j'ai contenté ces maîtres et ces critiques, avec toutes les bizarreries changeantes qui me sont passées en tête, et moins
ils me comprenaient et plus ils m'admiraient.
A force de m'amuser à tous ces jeux, a toutes ces fariboles, à tous ces casse-têtes, rebus et arabesques, je suis devenu célèbre ce qui pour un peintre signifie : Ventes, Gains, Fortune, Richesse.
Et, aujourd'hui, comme vous savez, je suis célèbre, je suis riche. Mais quand je suis seul avec moi-même, je n'ai pas le courage de me considérer comme un artiste dans le sens antique du mot. Ce
furent de grands peintres que « GIOTTO , le TITIEN, REMBRANDT, GOYA, et tant d'autres ». Je suis seulement un amuseur publique qui a compris son temps et a épuisé le mieux qu'il a pu
l'imbécillité , la Vanité, la Cupidité de ses contemporains.
C'est une amère confession que la mienne, plus douloureuse qu'elle peut sembler, mais elle a le mérite d'être sincère .»
Bien que cette confession fut ensuite démentie par l'entourage du peintre, elle prend, à la lueur des révélations de Tenés, un poids non négligeable.
C'est aussi, pour moi, l'occasion de rappeler que le soi-disant génie de Picasso fut abondamment contesté dés les années 40 par le peintre et écrivain d'art Léon Gard (auquel j'ai consacré un
site) :http://www.leongard.com/considerations_sur_picasso_223.htm
(*) "Picasso 1891-1897 Fraude", I.S.B.N. 84-609-6565-1, Dépot légal M-31618-2005. Livre de 656 pages, reconnu oeuvre scientifique par le Ministère de la Culture
espagnol.
(**) Une plainte contre Maya
Picasso (Maria de la Concepcion Ruiz Walter) et d'autres complices a été déposée devant la 4ème Chambre du tribunal central de Madrid le 28 avril 2006.
Ayant contacté Romulo Antonio Tenés pour savoir où en était cette affaire, voici la réponse qu'il m'a faite le 7 janvier dernier :
"Cher Monsieur:
La suite du livre Picasso 1891-1897 Fraude est inminente. Ce sera 1891-1901. Les
recherches sur le faux génie, Picasso, et l'utilisation frauduleuse de ses
fausses oeuvres comprises dans cette période par ses héritiers, au regard des
nouvelles preuves, nous permettra de recommencer une nouvelle plainte.
Sachez, monsieur, que le système judiciaire espagnol exige l'accusation du
Procureur General (Fiscal, en Espagne) pour poursuivre une action pénale contre
la Mairie de Barcelone, responsable directe du Musée Picasso de la même ville, et
les héritiers de Pablo Ruiz Picasso. Ceux-ci, par la
suite, prennent profit de la situation politique (Le Procureur General,
fonctionnaire politique, est nommé par le Gouvernement, ce dernier est soutenu
par les députés catalans, qui menacent de rompre le "consensus" si jamais la
Mairie de Barcelonne est mise en cause criminelle.
Le cas, donc, est devenue nettement politique à cause de la corruption espagnole
et le détournement neofasciste du système catalan.
Très cordialement
Rómulo-Antonio Tenés
D.N.I. 01.777.933
P. S. Vous êtes autorisé à utiliser ce document judiciairement ou de manière
informative dans tous les sens et moyens."
J'attire votre attention sur le fait que Mr Tenés qualifie Picasso de "faux génie"; ce qui, de la part d'une personne qui n'était au départ qu'un biographe et un admirateur du peintre, dénote une
sévère désillusion.
Liens concernant cette affaire : http://www.picasso-fraude.com/nytimes-l.html
http://www.picasso-fraude.com/