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Nicolas Sarkozy et le socialisme de droite.

Lu sur Contrepoints :

"Oui, je sais, en ces temps où on ne cesse de se servir du “turbo-ultra-néo-libéralisme” et des “marchés financiers dérégulés apatrides” comme supposés responsables de la crise actuelle, dire que Sarkozy, “l’ami des riches”, est un socialiste, ça va faire hérisser les poils de nombre d’entre vous. Mais non, j’insiste, Sarkozy depuis qu’il est au pouvoir a bien mené une politique socialiste. Il est de droite certes, mais c’est un socialiste de droite. Oui oui. Voilà pourquoi en quelques exemples.

Le socialisme repose sur la vision d’un État fort, vu comme clairvoyant, capable de prendre en charge des secteurs que la société civile est supposée malhabile à gérer, susceptible d’intervenir dans l’économie pour lutter contre les supposés travers de l’économie de marché. L’intervention de l’État serait garante de la croissance et de l’emploi. Cette vision se fonde aussi sur le keynésianisme (de l’économiste Keynes) qui veut que l’État, par ses dépenses, par son dirigisme, puisse réguler l’économie et la soutenir quand elle va mal.

Or tout ceci n’est il pas exactement ce que Sarkozy a fait durant son mandat ? Par son plan de relance budgétaire suite à la crise de 2008, par les subventions généreusement versées à toute une variété d’entreprises, par moult régulations et rigidités imposées au secteur privé, Sarkozy a fait du socialisme son plan de bataille constant durant son mandat. Aujourd’hui on envisage même sans honte de nationaliser les banques, c’est dire le degré de socialisme qui a atteint la classe politique dirigeante.

Les sociétés du CAC40 sont les premières bénéficiaires de ces largesses étatiques. [...] L’emprise directe de l’État sur l’économie est immense. Des pans entiers sont complètement verrouillés : ce sont des monopoles de l’État, jugeant que la société civile n’est pas capable de s’en occuper toute seule. L’éducation, la santé, et la retraite sont des monopoles publics, avec des résultats et une efficacité qu’on connaît. Outre ces monopoles d’État, les politiques clientélistes verrouillent des métiers : taxis, huissiers, pharmacies, etc. À quand un numerus clausus sur les boulangeries ?… Comment ? Ce serait absurde et cela entrainerait des pénuries ? Supprimons tous les numerus clausus alors, il n’y a pas de raison de faire des exceptions. Bref, certes Sarkozy n’a pas créé cet État envahissant, mais il l’a perpétué, comme tout bon socialiste. [...]

Souvent, les personnes qui dénoncent le soi-disant libéralisme du gouvernement citent cette règle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, qui était un des thèmes majeurs de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Mais dans les faits, qu’en est il ? En 2009, les effectifs cumulés des trois versants de la fonction publique (État, territoriale et hospitalière) ont augmenté de 0,1% sur un an (5.600 postes) selon le rapport sur l’état de la Fonction publique 2010-2011. Ce résultat s’explique notamment par le fait que la fonction publique territoriale (34% des effectifs) a continué à créer des emplois (+35.000) comme l’hospitalière (+15.000). La politique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux de Sarkozy est donc un effet de fumée. Et de toute manière, elle n’est pas adaptée : il ne s’agit pas de détruire un emploi public sur deux de manière unilatérale et arbitraire, mais d’adapter les suppressions de postes en fonction de l’utilité réelle de chaque branche. [...]

Évidemment, toutes ces largesses de l’État ont un coût… et pas des moindres. On a beau hurler quant aux baisses d’impôts accordées aux plus riches, le taux global de prélèvements obligatoires est toujours aussi haut. En 2007, l’actuel chef de l’État promettait de réduire les prélèvements obligatoires de quatre points durant son mandat. En réalité, si les prélèvements obligatoires ont (très) légèrement baissé, ils augmentent de nouveau en 2011 pour atteindre 44,5% du PIB. De manière générale, sous le mandat de Sarkozy, le taux est resté supérieur à 42%. Se rend-on bien compte de l’importance de ce chiffre ? Sarkozy lui même l’a dit lors de son intervention télé la semaine dernière : “les français travaillent du 1er janvier au 1er juillet pour l’État”. Et la tendance est à la hausse : le plan de Fillon pour gagner 11 milliards d’€ ne se base que sur des hausses d’impôts."

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