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C'est dans Présent d'aujourd'hui :
"(...) En distinguant ainsi entre moindre mal (Marine) et moindre pire (Sarkozy), il s’agit pourtant de récuser surtout une dialectique empoisonnée qu’on nous ressert à chaque élection, qui fait que des catholiques (...) préfèrent voter dès le premier tour pour ceux qui ont voté ostensiblement pour l’avortement (Giscard, Chirac, Sarkozy) plutôt qu’un(e) Le Pen par exemple, afin soi-disant d’éviter habilement le pire (Mitterrand, Royal, Hollande). Empêcher aujourd’hui « un 21 avril 2002 à l’envers » (Hollande-Marine au second tour au lieu de Chirac-Le Pen) supposé en l’occurrence donner la victoire au pire : Hollande ! Ces cathos pensent certes pouvoir sauver de la sorte leur confort (leurs biens) et différer la persécution et les lois contre-nature (de « deux ans », selon le dernier Daoudal-Hebdo !) mais en affaiblissant volontairement l’alternative et les chances d’un vrai moindre mal (arrêtant et inversant la progression perverse de ces lois). C’est comme si on optait pour l’euthanasie passive plutôt que l’euthanasie active en rejetant d’emblée la solution morale des soins palliatifs !
Sans trop spéculer sur des pronostics électoraux (...), il dépend de nous, si possible, d’alléger la douleur de la France en favorisant le meilleur candidat possible pour le bien commun national, selon ce principe politique de moindre mal et de tolérance civile (...). Mais il ne nous est pas autorisé de favoriser (dès le premier tour !) un candidat et un programme engagés dans l’aggravation des transgressions de la loi naturelle, au motif qu’ils le seraient un peu moins que d’autres (plus « à gauche ») dont on craint le succès. Entre un moralisme politique outrancièrement abstentionniste (...) et un machiavélisme sans scrupules (...) tout aussi condamnables, c’est ainsi, nous semble-t-il, qu’on peut faire chrétiennement un usage à la fois habile et honnête du vote républicain autant qu’on puisse en juger en cette matière prudentielle. N’est-ce pas aussi, d’ailleurs, la limite du fameux « compromis nationaliste » ?
Sans cette distinction entre moindre mal et moindre pire, fondée politiquement (par analogie) sur un principe de philosophie morale (...) qui n’est assurément pas le fruit d’un « débat pilpoul », on voit mal comment on pourrait donner tort à ces très pragmatiques sarko-cathos, comme l’a fait jusqu’à présent notre ami président de l’Institut du Pays libre qui n’entend pas cependant « chipoter » sur ces débats, tout en donnant sa notation aiguë sur les candidats. Le désarroi de son communiqué plutôt normand (...) ne justifie pas cette caricature trop facile d’une position raisonnable, plus tranchée en l’occurrence que la sienne.
Parmi les membres de « la famille » (...) qui rejettent (...) cette interprétation relative à Marine Le Pen (comme représentante légitime d’un moindre mal positif), j’observe simplement que la plupart évitent évidemment de donner des consignes de vote, mais anticipent en quelque sorte sur le second tour (ou le confondent indistinctement avec le premier) (...)"
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