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Mélenc(h)on l'allié bolchévique de Sarkozy!

Retour dans Soviétoïde Park .
Raoul Fougax
le 22/03/2012
modifié le 22/03/2012 à 09:21h
Jean-Luc Mélenchon est la nouvelle coqueluche des médias. Il est le petit nouveau qui fait vendre. A chaque élection, les médias ont besoin de chair fraîche… Mégret, Chevènement, Bayrou ont connu cet instant de gloire éphémère; c'est au tour de Mélenchon.
Il a cependant un atout supplémentaire. Il représente le marxisme et les journalistes sont souvent des marxistes honteux, reconvertis dans l’écologie, l’humanitaire ou les droits de l’homme. Mélenchon, c’est le marxiste assumé et au goût du jour: une aubaine. Il a un talent médiatique, il faut en convenir. Mais le succès lui monte à la tête et il se laisse aller. Il a longtemps fait sourire; il commence a faire peur. Mauvaise pioche.
Car, l’homme qui pourfend « la vermine fasciste » est, bien sûr, un sectaire de la pire espèce, qui nous ramènerait, sans sourciller, à la période soviétoïde. Quand il parle de «révolution citoyenne », il emploie un langage moderne et branché, qui renvoie cependant à la période la plus sombre de la tragique histoire révolutionnaire française. 
"Citoyens, citoyennes", ce sont aussi les termes employés par les compagnons de route de la Terreur de Robespierre et de la guillotine s'adressant aux "suspects" de non-conformisme. C’est un beau nom, mais s'en sont servis les pires représentants d’une populace, qui n’étai ni populaire, ni populiste, mais haineuse. Ce n’est pas particulièrement moderne, ni rassurant. Il est encore fécond le ventre de l’extrémisme gauchiste, pour parodier le vocabulaire Mélencholien, et le communisme bouge encore.
François Hollande, qui a décidément presque tout faux , croyait pouvoir affirmer à Londres dans le but de rassurer la City, qu’il n’y « avait plus de communistes en France« . Mélenchon prouve le contraire. Mélenchon les ramène dans les fourgons de son Front de Gauche. 
Son électorat existe. Il est composé de ces Français qui forment les troupes de bases des syndicats, toujours prêts à bloquer le pays pour défendre les avantages acquis. Mais il va bien au-delà, avec des "indignés", des militants sincères, des pauvres et des aigris, qui ont quelques raisons de l’être, comme ceux de l'autre bord extrême. Mais cela ne fait pas une alternative crédible. C’est suffisant, cependant, pour faire un beau score au premier tour et pour peser sur le second.
Mélenchon n'est pas le Le Pen de Hollande 
Derrière Mélenchon, il y a le Parti Communiste, dernier d'Europe, qui n’en revient pas de cette divine surprise annoncée. Il jubile à l’idée de prendre une magnifique revanche électorale sur les trotskystes, qui lui damnent le pion depuis plusieurs présidentielles. Les remplaçants pâlots d’Arlette et du « vrai faux » postier ne font pas le poids face au tribun populiste du Front de Gauche. 
Mélenchon n'est pas le Le Pen de Hollande . Car il n’y a pas de tabous politiques à son encontre, puisque il n'a pas d’ennemis à Gauche, seraient-ils les héritiers des génocides et goulags staliniens. Car les alliés de la lutte contre le nazisme et le fascisme restent dans la lecture de 1945, d'avant les révélations des de la révolution bolchevique de Kroutchev à Soljenitsyne. 
Les médias dominants ont du mal a diaboliser le communisme; les compagnons de route de régimes calamiteux n'ont jamais fait de vrais repentances depuis 1989. Il n'y a pas eu de "décommunisation" comme il y eut une "dénazification". Ils se sont trompés au prix de dizaines millions de morts et de pays sinistrés, mais c’était pour "la bonne cause". Mélenchon est un candidat de la bonne cause. Si l’homme avait une chance d’arriver au pouvoir, il serait terriblement dangereux. Pour le moment, il n’est dangereux que pour François Hollande. 
En effet, il mord sur l'électorat socialiste Il empêche même le candidat du PS de récupérer le vote des écologistes, qui ne croient plus en Eva Joly et qui sont, en fait souvent, très politisés, à la gauche de la Gauche. L’écologie étant, pour eux, un leurre et une autre façon de déstabiliser le capitalisme, Mélenchon à tout pour les séduire.
Hollande n’a pas donc son Le Pen et il pourra, s'il gagne, prendre l’ancien ministre dans son gouvernement, dont il fut sous Jospin. Mais il a tout de même une sacré épine dans le pied. Car Sarkozy remonte et si Hollande se tasse, le premier tour pourrait être mauvais pour le candidat PS.
En effet on oubliera vite le score à deux chiffres du candidat de la 6éme république, mais on retiendra l’écart entre le sortant et son challenger. Hollande va devoir gauchiser son discours comme Sarkozy a droitisé à l’excès le sien. Comment le faire et rester crédible, sans donner l’impression d’ une caricature et de positions politiciennes absentes de toute sincérité.
Sarkozy y arrive très mal. Il n’est pas sûr que, dans ce registre, Hollande fasse mieux. La campagne, paraît-il, est l'affrontement de deux hommes, mais ces deux hommes font campagne sur les programmes des candidats sur leurs ailes. Sarkozy fait du Le Pen et Hollande va faire du Mélenchon, de gré où de force.
Ce qui prouve qu’ils n’ont pas une vraie identité politique, c’est le duel de la girouette et du compromis. Les deux géants du premier tour sont des géants au talon d‘Achille. Mélenchon dirait "des tigres de papier".
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