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Bioéthique : revue critique de la presse amie
Je ne parlerai pas des quotidiens, des revues, des blogs, qui se contentent de rapporter des propos, certes très intéressants, d'évêques, de personnalités médicales et politiques mais qui se répètent forcément puisque tout a été dit depuis que la nouvelle loi de bioéthique est en préparation. Ce n'est qu'un baroud d'honneur.
Je voudrais, avec toute l'amitié possible, relever quelques divergences avec des journalistes avec qui se suis d'ordinaire d'accord en matière de combat contre la « culture de mort » : Yves Daoudal et Rémi Fontaine.
Yves Daoudal titre l'éditorial du N° 112 de son Daoudal Hebdo : « Bien sûr qu'il va y avoir une loi sur l'euthanasie »... alors que j'ai titré, le 26 janvier 2011, dans lunivers.info : «2ème Lépante pour la vie, le 25 janvier : la France ne légalisera pas l'euthanasie ». Voir http://www.lunivers.info/articles.php?lng=fr&pg=1370
En fait nous avons tous deux raison : le 25 janvier est bien une date historique, un miracle, ce que j'appelle un « 2ème Lépante de la vie » puisque la proposition de loi a été rejetée... mais Yves Daoudal a raison de souligner que la proposition de loi n'aurait même pas dû venir dans l'hémicycle si les sénateurs (majoritairement contre l'euthanasie) avaient participé, une semaine plus tôt, à la réunion de la Commission des Affaires Sociales du Sénat qui étudiait le rapport devant aboutir à la proposition de loi.
Yves Daoudal a raison de souligner que si les sénateurs se sont réveillés le 25, leur léthargie, le 18, a permis, pour la première fois, de faire venir une proposition de loi sur l'euthanasie devant le Sénat. Une première fois qui en appellera d'autres, évidemment. C'est pourquoi Yves Daoudal titre « Et bien sûr qu'il va y avoir une loi sur l'euthanasie ».
Je critique donc Yves Daoudal, non pour son analyse, mais pour sa désespérance, car le 25 janvier fut quand même un « Lépante de la Vie », puisque les sénateurs auraient très bien pu continuer leur sieste et la proposition de loi aurait été votée !
Il faut rendre d'autant plus grâce à Dieu pour ce « 2ème Lépante de la Vie du 25 janvier », que les sénateurs ont été défaillants le 18. Et c'est ce qu'il faut faire savoir, car il ne faut pas être ingrat envers Dieu.
Et en rendant grâce à Dieu, il faut certes fustiger les sénateurs absents le 18 (Daoudal a raison de dire qu'ils « dormaient »), mais il faut aussi être plein d'Espérance, car Dieu nous a montré, le 25, qu'Il ne nous abandonne pas. Simplement, le combat continue, et il continuera longtemps, tant que les Droits de Dieu ne seront pas rétablis sur la France, car les camps en présence n'ont aucune raison de baisser les bras.
Et sait-on assez, dans le camp du respect de la vie, qu'un Vœu a été fait en 1974 pour le rejet des lois de la culture de mort « par le rétablissement des Droits de Dieu sur la France » ? C'est le vœu de construire une église dédiée à St Joseph ! Elle est construite : c'est le sanctuaire St Joseph du St Sauveur... mais si les sénateurs ont dormi le 18 janvier, la grande majorité des militants du respect de la vie ne vont pas jusqu'au bout de leurs convictions : ils ne militent pas pour le rétablissement des Droits de Dieu sur la France... et leur première démarche devrait être de venir en pèlerinage au sanctuaire St Joseph du St Sauveur, avec leurs prêtres pour y célébrer la Messe. Mais non, la plupart dorment, comme les sénateurs, malgré tous les appels. A croire que les appels sont mal faits ou que les braves gens sont sourds, qu'ils dorment profondément.
Ce serait à désespérer : oui humainement tout est perdu et Daoudal a raison : « humainement » la loi sur l'euthanasie passera finalement comme toutes les lois de la culture de mort. Humainement le rapport de force est disproportionné. De l'importance de la prière, plus que jamais. De l'importance de développer la vertu d'Espérance, non pas une « espérance passive » se confinant dans la prière, mais une « espérance active », combattante quoiqu'il advienne, par charité. La vertu de Charité, la charité de la Vérité, ne peut se dissocier de la vertu d'Espérance. Et, à terme, « Dieu donnera la victoire » comme disait Ste Jeanne d'Arc.
Rémi Fontaine titre à la Une de Présent du 10 février: « Bioéthique : la dérisoire vigilance des 35 », alors que dans lunivers.info je titrais, le 9 février : « Bioéthique : bébé-médicament : le diable porte-pierre » et j'y mettais à l'honneur les 35 députés « vigilants », dont mon député Hervé Mariton, qui ont eu le courage de rappeler quelques vérités en matière d'éthique. Voir mon article : http://www.lunivers.info/articles.php?lng=fr&pg=1379 .
Pour Rémi Fontaine les « vigilants » pratiquent la « restriction mentale » selon la définition de Littré : «la réserve qu'on fait d'une partie de ce que l'on pense pour tromper ceux à qui l'on parle », en l'occurrence les 35 vigilants.
Je cite Rémi Fontaine : « En focalisant partiellement sur certains effets seulement de cette funeste loi bioéthique, sa pratique (de la restriction mentale) consiste ici à en considérer l'objet principal, la fécondation artificielle et ses effets collatéraux, comme un droit acquis. Elle consiste à taire cette transgression majeure. (...) La vérité est que, depuis l'autorisation de la fécondation in vitro, la technique est plus forte que la morale et la procréation humaine est forcément devenue une industrie. Dès que l'on admet (depuis l'I.V.G) ce principe monstrueux : être et ne pas naître, avec la congélation et le stockage d'embryons surnuméraires, tout devient possible ».
Comme pour l'article d'Yves Daoudal, Rémi Fontaine et moi avons tous deux raison : oui « le diable porte pierre » et oui, la « vigilance des 35 est (probablement et humainement) dérisoire ».
Mais, en optimiste impénitent, je ne veux voir que ce qui va dans le bon sens et je fais crédit aux « 35 » pour ce qu'ils disent de bien même si j'ai été échaudé et que je ne suis pas naïf : rappelez-vous mon combat à Crest quand mon député, Hervé Mariton a fait venir le Téléthon dans notre bonne ville. Ce fut très dur. Voir les articles dans la rubrique « bioéthique et Téléthon » de ce site.
Optimiste, plein d'Espérance, je crois en la conversion des hommes et je préfère les monter au pinacle quand ils disent quelque chose de bien plutôt que de douter systématiquement de leur parole et de les rabaisser. Je préfère les encourager.
Et en les montant au pinacle, plus dure sera la chute de leur « roche tarpéienne » s'ils votent une loi bioéthique eugéniste, malgré leurs propos lénifiants. Attendons les « au tournant » du vote : c'est imminent : le 15 février et alors, mais alors seulement, il faudra régler les comptes, jusqu'à mener campagne contre eux aux Législatives s'ils ont mal voté. Quitte à faire passer un homme de gauche, tout aussi eugéniste, mais il faudra, en priorité, battre les « faux amis ».
Le 14, la veille du vote, j'ai rendez-vous avec mon député en mairie de Crest : priez, jeunez, pour qu'il ne déçoive pas nos attentes, pour qu'il ne fasse pas de « restriction mentale » et aille jusqu'au bout, en refusant de voter une loi de bioéthique tolérant la fécondation in vitro dont il condamne déjà les conséquences.
Docteur Doublier-Villette
Chemin du Relais St Roch
26400 Vaunaveys-la-Rochette
04 75 25 11 88
8 Février 2011
[Communiqué] — L’Assemblée nationale est appelée cette semaine à débattre en première lecture de l’opportunité de poursuivre ou non la recherche sur l’embryon. La controverse récurrente suscitée par l’utilisation des cellules souches issues de la destruction des embryons in vitro montre en creux le malaise « intellectuel » que les responsables politiques éprouvent avec raison sur un enjeu majeur de civilisation.
Dans le secret de sa conscience, chacun sait bien, pour reprendre les mots expressifs de Benoît XVI lors la veillée mondiale de prière pour la vie, que l’embryon humain « n’est pas une accumulation de matériel biologique, mais un nouvel être vivant, dynamique et merveilleusement ordonné, un nouvel individu de l’espèce humaine […]. Il en a été ainsi pour chacun de nous dans le sein de notre mère ». À ce titre, l’éthique qui revendique rationnellement le respect de l’être humain dès le début de sa vie au nom du principe cardinal de dignité doit continuer à primer sur toute autre considération.
Du fait des progrès considérables enregistrés dans le champ des cellules souches adultes et reprogrammées ainsi que l’ont rappelé récemment d’éminents scientifiques devant la commission parlementaire spéciale, la science elle-même plaide aujourd’hui pour tourner la page de la recherche sur l’embryon. Celle-ci, rappelle encore le Saint-Père, « ne se place pas véritablement au service de l’humanité. Elle passe par la suppression de vies humaines qui ont une égale dignité par rapport aux autres personnes humaines et aux chercheurs eux-mêmes. L’histoire elle-même a condamné par le passé et condamnera à l’avenir un tel type de science, non seulement parce qu’elle est privée de la lumière de Dieu, mais également parce qu’elle est privée d’humanité ».
En choisissant de revenir à la solution législative de 1994 interdisant toute pratique détruisant ou instrumentalisant l’embryon, la France pourrait porter un message fort de civilisation qui serait cohérent avec la science et qui contribuerait par là même à réorienter la bioéthique au service des plus vulnérables.
Mgr Dominique Rey
évêque de Fréjus-Toulon
à lire:
Rémi Fontaine
Rémi Fontaine rappelle la réalité des faits et l’engrenage qui aboutit à légaliser et banaliser ce qu’hier la morale commune réprouvait. Un cas particulier, tragique, est largement médiatisé. La compassion tient lieu de réflexion. La loi est modifiée, le législateur mettant en place des barrières juridiques aux “dérives” possibles, afin de rassurer les tenants de la morale traditionnelle. Le cas particulier devient la loi générale. Les garde-fous tombent en désuétude. Une nouvelle éthique remplace l’ancienne morale.
Ce Livre noir appelle surtout à regarder les choses en face et à être fidèle à l’Évangile de la Vie, selon le mot du Professeur Lejeune, à qui l’ouvrage est dédié : « Une phrase, une seule, dictera notre conduite ; l’argument qui ne trompe pas et qui d’ailleurs juge tout, le mot même de Jésus : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. » Préface du docteur Jean-Pierre Dickès (ACIM).
LIBRAIRIE DE NEUILLY-PLAISANCE
15,AVENUE FOCH