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"Je ne m'adresse pas ici aux autorités supérieures qui commandent les forces de l'Ordre; leur responsabilité dans le mauvais déroulement de cette manifestation a déjà été prouvée; des centaines et des centaines de photos, de témoignages et de vidéos sont là, qui attestent leurs fautes professionnelles : sous-estimation du nombre des manifestants, insuffisance des moyens mis en œuvre, ordre inique d'asperger de gaz lacrymogène des innocents. Non, je m'adresse simplement aux gendarmes mobiles, aux CRS et aux policiers qui ont appuyé sur les boutons des gazeuses, à ceux qui ont donné les coups de matraque, ceux qui ont fait la sale besogne.
Premièrement, je dois vous dire qu'il était absolument impossible de ne pas déborder. J'étais tout en haut de l'avenue de la Grande Armée, à droite du podium, à l'heure et à l'endroit où les premières barrières ont lâché. Nous étions comprimés par la foule qui poussait derrière. J'ai vu l'instant où mes enfants allaient être piétinés. .. Nous avons été poussés vers l'avant. Heureusement quelqu'un a ouvert une barrière ! Nous avons alors été propulsés comme un bouchon de Champagne ! ... Après cela, nous nous sommes mis en retrait, appuyés sur les grilles qui encerclent l'Arc de Triomphe, là où la foule ne poussait pas, le temps de reprendre nos esprits, sans savoir que, pour avoir échappé au piétinement d'une foule, je serai qualifiée d'extrémiste, d'activiste et de facho.
Lire la suite "Lettre ouverte d'une femme de gendarme aux forces de l'Ordre"