Informations et rèinformations.Des conseils de lecture.
L'Akademik-Chokalskiy, un navire russe transportant 74 passagers, va devoir attendre l'aide de trois brise-glaces pour se libérer de la banquise. Parti le 28 novembre de Nouvelle-Zélande avec touristes et scientifiques à bord, dans le cadre du centenaire d'une expédition dans l'Antarctique de l'explorateur australien Douglas Mawson, le bateau est prisonnier de la banquise depuis le mardi 24 décembre.
Les autorités maritimes australiennes ont annoncé vendredi que trois brise-glaces avaient appareillé pour lui porter secours. Le premier, un bâtiment chinois baptisé Dragon-des-neiges, doit arriver sur place vendredi, selon Chris Turney, un climatologue australien parmi les organisateurs de l'expédition. Suivront les navires français L'Astrolabe et australien Aurora-Australis.
© AFP
Il était parti aider un autre bateau et se retrouve pris au piège à son tour. Le navire chinois qui s'est porté au secours des passagers d'un navire russe piégé dans l'enfer blanc de l'Antarctique depuis plus d'une semaine est à son tour bloqué par les glaces, a-t-on appris samedi 4 janvier de source officielle.
Le Xue Long - ou Dragon des neiges - a fourni son hélicoptère pour participer au sauvetage
des passagers du MV Akademik Chokalskiï, un navire russe bloqué depuis le 24 décembre par la banquise. Mais toutes ses tentatives pour manœuvrer samedi matin et échapper au piège de la glace
ont échoué, a indiqué l'Autorité maritime australienne (AMA) dans un communiqué.
Avant d'être pris dans la banquise, le bâtiment se trouvait dans une zone où les bateaux
peuvent normalement circuler à cette époque de l'année, mais un brusque changement des conditions météo l'a poussé vers les glaces.
Les passagers du navire russe reproduisaient l'expédition historique menée dans l'Antarctique
il y a un siècle (1911-1914) par l'explorateur australien Sir Douglas Mawson.
Pas de danger immédiat
Le navire chinois a toutefois fait savoir qu'il ne souffrait d'aucune avarie, qu'il était en sécurité et qu'il ne demandait pas d'assistance, selon ce texte.
"Il n'y aucun danger immédiat pour l'équipage à bord du Xue Long", a assuré l'AMA, précisant que le navire disposait de vivres pour plusieurs semaines.
Le Xue Long possède un hélicoptère qui a servi à évacuer 52 scientifiques, touristes et journalistes australiens, britanniques et néo-zélandais coincés à bord du MV Akademik Chokalsiï à environ 100 milles marins (180 kilomètres) à l'est de la base française Dumont d'Urville.
Les secours australiens ont dérouté des brise-glaces, dont l'Astrolabe français, sans succès, l'épaisse banquise se révélant infranchissable.
Ils ont alors organisé une évacuation par les airs avec le Xue Long. L'opération s'est déroulée en quelques heures jeudi à la faveur d'une amélioration des conditions météo.
L'hélicoptère a récupéré douze passagers à chaque rotation de 45 minutes, transportés sur un navire australien, l'Aurora Australis, dans des conditions périlleuses, les glaces se déplaçant rapidement au gré du vent et des courants.
L'Aurora Australis a finalement été autorisé à rejoindre la base australienne de Casey pour faire le plein de carburant avant de mettre le cap sur l'Australie, a indiqué samedi l'Autorité maritime australienne.
Il avait été décidé, dans un premier temps, de le maintenir sur zone pour porter assistance en cas de nécessité au navire chinois dont la mésaventure illustre les dangers de la navigation en Antarctique et la complexité des interventions de secours.
Des règles pour les opérations polaires
Contrairement aux 22 membres de l'équipage russe, les 52 passagers "n'étaient pas vraiment entraînés à cet environnement". "Nous sommes soulagés qu'ils soient actuellement en route pour Casey et que seuls les équipages professionnels restent à bord", avait-il dit.
L'équipage du MV Akademik Chokalskiï restera à bord en attendant la libération du navire. Il bénéficie, comme celui du navire chinois, de confortables réserves de vivres et n'ont pas demandé d'assistance.
La question se pose désormais de savoir qui va supporter le coût des opérations de secours. Les autorités maritimes internationales devront établir les responsabilités éventuelles.
Avec AFP