«Nous n'attendrons plus». Alors que le droit de vote aux étrangers a du plomb dans l'aile, 150 personnalités, chanteurs, acteurs, intellectuels, interpellent le président François Hollande, qui avait fait de ce droit une promesse de campagne.
Yannick Noah, Jeanne Moreau, Bernard-Henri Lévy, Emmanuelle Béart ou encore Renaud ont signé cette pétition lancée par SOS-Racisme et rendue publique samedi sur le site du Huffington Post. Ils y réclament que «tous les citoyens» puissent «voter aux élections locales de 2014» au nom du principe d'égalité.«Notre idéal républicain, fondé sur l'égalité de tous les citoyens de la République, quelle que soit leur nationalité, ne souffre d'aucun compromis», insistent les signataires. Selon eux, la reconnaissance «de ce droit constituera un signal fort d'intégration», et devrait permettre de faire reculer «le racisme et la xénophobie qui tirent leur force de cette infériorité de statut maintenant les résidents étrangers en marge de la démocratie».
La France, soulignent-ils encore, «est à la traîne puisqu'elle fait partie des 10 pays qui n'accordent aucun droit politique aux nationaux des Etats - tiers, sur les 27 Etats-membres que compte l'Union Européenne».
Les élus de gauche mobilisés
Face au débat suscité dans l'opinion et tandis que l'opposition appelle le gouvernement à renoncer au projet, des élus de gauche se mobilisent. Une pétition nationale, lancée fin octobre par le député PS Jean-Christophe Cambadélis, presse le président de la République de concrétiser la proposition n°50 de son programme de campagne. Avant cette pétition, 75 députés socialistes avaient déjà lancé en septembre un appel solennel François Hollande dans une tribune du «Monde» intitulée «Le droit de vote des étrangers aux élections, c'est maintenant».
Car depuis l'élection présidentielle, la promesse a viré au casse-tête pour l'exécutif. Beaucoup, dans l'entourage du chef de l'Etat, estiment en effet que la mission est impossible car la loi nécessite une retouche dans le marbre constitutionnel, et donc un vote des trois cinquième du Parlement. Ce qui signifie le soutien d'une trentaine de députés de droite, alors même que le centriste Jean-Louis Borloo, partisan de la mesure, vient de faire volte-face.
Mi septembre, François Hollande avait expliqué qu'un projet de loi serait présenté en 2013, pour les élections municipales de 2014. Un calendrier sur lequel Najat Vallaud Belkacem a émis des doutes. «Aujourd'hui il est prématuré de parler d'un calendrier, y compris pour répondre sur la question de 2014», faisait savoir la porte-parole du gouvernement un mois plus tard.
LeParisien.fr