Informations et rèinformations.Des conseils de lecture.
"On est quasiment revenu au plus haut d'avant la crise (?) Ce sont des chiffres spectaculaires mais il ne faut pas oublier que la progression est calculée sur une base très favorable qu'est 2009", note Yves Maillot, directeur des investissements et de la gestion actions chez Robeco.
"Globalement le bilan est très satisfaisant. Il n'y a pas vraiment eu de franches mauvaises surprises (...) Ce sont de bons résultats, une confirmation de la reprise et le retour d'une très bonne profitabilité".
Les groupes du CAC 40 ont dégagé un bénéfice net part du groupe total de 82,3 milliards d'euros, contre 44,7 milliards en 2009, et 88 milliards d'euros en 2007.
En excluant Alstom et Pernod Ricard dont les exercices fiscaux sont décalés par rapport au calendrier, les profits du CAC 40 ressortent en hausse de 89%, à 80,4 milliards d'euros.
La seule façon de parer les coups, car malgré les bons résultats des quarante plus grandes sociétés françaises, la création d’emplois dans leur pays d’origine n’est pas pour demain. «L’investissement des entreprises du CAC 40 pourrait redémarrer bientôt. Mais pas en France», prévient Laurent Habib, président d’Euro RSCG C&O.
Les grandes sociétés devront donc faire dans le didactique pour expliquer comment s’organise leur «partage de la valeur», c'est-à-dire comment elles utilisent la richesse qu’elles ont créée. «Qu’elles investissent, qu’elles se désendettent, qu’elles récompensent leurs salariés ou leurs actionnaires, tout peut se justifier à condition qu’on l’explique», estime Laurent Habib. Surtout quand il s’agit des deux points sensibles: le taux d’imposition des entreprises du CAC, et la rémunération des patrons.
Moins d’impôts que les PME
En proportion, les sociétés du CAC paient 2,3 fois moins d’impôts sur les bénéfices que les PME. En cause: des profits surtout réalisés à l’international, et une série d’exonérations fiscales qui ne bénéficient qu’aux grandes entreprises et permettent à certaines de ne pas payer l’impôt sur les sociétés. «Le sujet commence à faire débat», admet Euro RSCG, qui conseille de rappeler que les grandes sociétés paient plus d’impôt aujourd’hui (25 milliards d’euros versés en 2010) qu’il y a cinq ans par exemple (20 milliards en 2006.) L’agence conseille donc aux sociétés d’adopter un message: «Il n’y a pas de délocalisation fiscale.»
Reste la rémunération des dirigeants. Celle-ci a augmenté de 34% depuis 2006, «au nom d’un rattrapage international», ajoute Euro RSCG. Pour l’agence, mieux vaut insister sur le fait que les profits ne sont plus le seul objectif affiché des grands patrons. «Dans 21 groupes du CAC 40, leur rémunération est indexée sur des critères extra-financiers», telles que «le développement durable», «la diversité», «la satisfaction client» ou «les économies d’énergie», écrit le cabinet. Seules 12 entreprises du CAC prenaient ces critères en compte il ya encore trois ans.