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Les moines de Tibhirine.......

Les moines de Tibhirine victimes de l'indifférence du gouvernement français ?

La sortie au cinéma du film Des hommes et des dieux est un hommage posthume aux moines de Tibhirine. Hommage d’autant plus surprenant que leur enlèvement, précédant leur assassinat, s’était fait dans une certaine indifférence médiatique et politique. Explications.

Depuis trente ans la France a connu de nombreuses affaires d’otages : Jean-Paul Kauffmann de l’Evénement du jeudi et plusieurs autres au Liban, Florence Aubenas de Libération en Irak, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier de France Télévision en Afghanistan sont les cas les plus connus ; sans oublier la Franco-Colombienne Ingrid Bétancourt, ni les infirmières bulgares spectaculairement libérées par Cecilia Sarkozy et Claude Guéant.

Hypermédiatisation des journalistes, démédiatisation des moines

On ne peut qu’être frappé par la différence de traitement médiatique de ces enlèvements et de celui des moines : le tapage pour les uns, le silence pour les autres. Il y a plusieurs explications possibles à cette situation :

  • -d’abord, un réflexe corporatiste bien naturel conduit les journalistes à s’intéresser davantage aux malheurs de leurs confrères qu’à celui de moines isolés dans le silence de leur monastère ;
  • -ensuite, il y a l’idée implicite qu’un journaliste a sa place partout alors que des religieux catholiques ne sont pas bienvenus en terre d’Islam ;
  • -il y eut enfin l’attitude du Quai d’Orsay agissant pour dissuader les familles des moines de porter l’affaire sur la place publique.

Bien sûr, la médiatisation a des conséquences : inciter, voire obliger les gouvernants à trouver une solution ; a contrario, la démédiatisation permet de se désintéresser d’une question.

Une étrange communication gouvernementale

Le discours officiel de Jacques Chirac, alors président de la République, d’Alain Juppé, premier ministre, et d’Hervé de Charette, ministre des Affaires étrangères, fut univoque : « On ne discute pas avec les preneurs d’otages ». Position de principe qui ne fut pas assortie d’un complément à tout le moins indispensable : « Malheur à ceux qui porteront atteinte – ou laisseront porter atteinte - à la vie des moines ». Une attitude d’indifférence qui pouvait s’interpréter comme un véritable feu vert à l’assassinat des moines.

La responsabilité de Dominique de Villepin

Dans le système politique français de la Ve République, la tour de contrôle de l’Etat, c’est le secrétaire général de la présidence de la République, c’est dans les faits le vrai patron des « services ». Or, à la différence d’autres affaires d’otages, la présidence de la République délaissa la coordination du suivi de l’enlèvement des moines de Tibhirine ; ce fut le directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères qui en fut chargé sans avoir l’autorité nécessaire ni sur le renseignement militaire, ni sur la DGSE, ni sur la DST.

Dans cette affaire, Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l’Elysée, fit preuve d’incompétence : peut-être par nonchalance, plus probablement par cynisme. La future idole des cailleras de banlieue avait choisi de soutenir le pouvoir FLN algérien dans sa lutte contre les islamistes du GIA et donc de fermer les yeux sur ses manipulations diverses. Car en tuant ou en faisant tuer les moines de Tibhirine, les généraux corrompus d’Alger faisaient d’une pierre deux coups : diaboliser leurs adversaires du GIA, d’ailleurs infiltrés et manipulés par les services algériens, tout en contribuant à évincer la présence chrétienne d’Afrique du Nord. Ils récidiveront quelques semaines plus tard avec l’assassinat de Monseigneur Claverie, évêque d’Alger, alors même que le ministre français des Affaires étrangères était en visite officielle en Algérie.

L’assassinat des moines de Tibhirine permet ainsi de jeter un regard cru sur les relations ambiguës du pouvoir parisien et du pouvoir algérien.

Andrea Massari
06/09/2010
Polémia

http://www.dailymotion.com/video/xeosky_tibehirine-lyamour-endure-tout_news

 

à lire:

Le Huitième Mort de Tibhirine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 27 septembre 2010, Audience d'appel à chambre 2-8 de la cour d’appel de Paris

Jean-Baptiste Rivoire, journaliste de Canal+,
sera ré-entendu en appel dans le cadre du procès
dans lequel il a été condamné pour violences volontaires
contre la personne de Didier Contant,
grand reporter qui a trouvé la mort
lors de sa troisième enquête
sur la mort des Moines de Tibhirine.

 
 
 

La 10e Chambre correctionnelle du TGI de Paris

a condamné Jean-Baptiste Rivoire
pour violences volontaires contre
le grand reporter, Didier Contant.


Paris, le 26 novembre 2009

Voir le jugement


Revue de presse : Midi Libre
, El Watan, Horizons, Soir d'Algérie, INFOS SANS FRONTIÈRES et Immédias, le blog de Renaud Revel sur L'Express.fr blog




 
 
Acheter le livre : Lazhari Labter Editions,Alger, 2007 ou Editions Tatamis, Paris, 2007

4e de couverture
Victime d’une campagne calomnieuse sans précédent, en février 2004, le grand reporter Didier Contant fait une chute mortelle d’un immeuble parisien alors qu’il s’apprêtait à publier son enquête sur la mort des moines de Tibhirine en Algérie en 1996. Les résultats d’un long travail d’investigation sur le terrain à Blida par l’ancien rédacteur en chef de l’agence Gamma confirment que les moines ont été enlevés et assassinés par le GIA (Groupe Islamiste Armé).Mais à Paris, des confrères affirment auprès des rédactions parisiennes que Didier Contant travaillait pour les services français et algériens dans le cadre de son enquête sur les moines, déconseillant toute publication de son investigation. Ces lobbies, composés de journalistes, d’éditeurs, d’avocats et d’organisations de droits de l’homme, brandissent le témoignage d’un sous-officier transfuge de l’armée algérienne, tendant à prouver l’implication de l’armée dans le rapt des moines. Didier Contant vivait cette campagne calomnieuse comme une catastrophe professionnelle ; dépossédé de son honneur, de sa dignité et de la capacité de gagner sa vie, il ne put l’accepter. Rina Sherman livre un témoignage saisissant sur la mort de son compagnon, Didier Contant. Pour rendre hommage à l’homme qu’elle a aimé, elle raconte avec brio leur grande histoire d’amour et la tragédie qu’ils ont vécues. Son récit se lit comme un roman, comme un thriller, dans lequel suspense, investigation et combat se confondent dans une réflexion essentielle : Il ne faut pas se taire afin que soit respecté l’un des droits fondamentaux de l’homme, celui de la liberté d’expression.
___________________________________________

Préface
Didier Contant est mort. On a dit que c’était un accident. On : pronom personnel indéfini, désigne ici d’une manière vague les autorités algériennes mais également françaises. Sa compagne, non convaincue, a voulu enquêter. Et elle l’a fait d’une manière farouche et déterminée. Je ne sais pas si Didier Contant a été tué, est mort accidentellement ou tout simplement été victime de circonstance non élucidée. En revanche, c’est que la mort d’un confrère quelle qu’elle soit mérite qu’on y porte un intérêt.Cet intérêt n’a pas été porté sur le cas de Didier Contant, mais à la lecture de l’enquête de sa compagne, on ne peut avoir que des doutes sur cette mort fortuite qui arrangeait tout le monde en définitive. Devant ce travail colossal, minutieux, on ne peut que s’incliner. À la lecture des pages qui suivent, les autorités ne peuvent rester indifférentes et, pour avoir la conscience tranquille, devraient instruire cette mort. Pour cela il est vrai que du courage politique est nécessaire, non seulement en France mais également en Algérie : or ce courage est bien ce qui manque hélas des deux côtés de la Méditerranée.Le lecteur - lui comprendra que le mystère reste entier sur la mort de Didier Contant, le huitième mort de Tibhirine.
Antoine Sfeir

Revue de presse parue dans Le Soir d'Algérie

A lire également: 

 

Tibhirine: Une espérance à perte de vie

prix:12,00 euros -5%

Présentation de l'éditeur

Ce livre a été écrit et publié peu après l’assassinat des moines de Tibhirine. Bouleversé par le sacrifice de ces chrétiens qui ont cru jusqu’au bout à la possibilité de préserver en Algérie leur coexistence, enracinée de longue date, avec les populations musulmanes, Jean-Luc Barré a voulu comprendre le sens de leur message et la raison de leur engagement « à perte de vie », selon la formule du prieur de Tibhirine, Christian de Chergé.
Parti à la rencontre des derniers chrétiens d’Algérie, il a recueilli leur témoignage, ainsi que celui d’Algériens restés proches de leur communauté et trouvant dans cette fraternité devenue suspecte un refuge contre le fanatisme et toutes les formes d’intolérance. Un espoir qui n’a rien perdu de sa force ni de son actualité.

Directeur de la collection « Bouquins » aux éditions Robert Laffont, Jean-Luc Barré est auteur de nombreuses biographies, dont celle de François Mauriac. Il a reçu pour le présent ouvrage le prix Albert Camus en 1997.

Biographie de l'auteur
Auteur de nombreuses biographies (dont Philippe Berthelot, Plon, 1998 ; Devenir de Gaulle, Perrin, 2003 ; Dominique de Roux, le provocateur, Fayard, 2005), Jean-Luc Barré dirige la collection « Témoignages pour l’Histoire » aux éditions Fayard ainsi que la collection « Bouquins », aux éditions Robert Laffont .Photo : copyright : © Laurent_PETER
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