Un élève s’approche à quelques centimètres du visage d’une professeur et lui demande de l’embrasser. Elle refuse. Il insiste, il est exclu du cours. Après la pause, il revient « s’excuser ». C’était juste de l’humour… L’enseignante n’accepte pas ses excuses. Alors il s’emporte : « Dégage, salope ! » Et encore, jurent les professeurs qui témoignent, ils sont obligés d’édulcorer.
Le malaise existe depuis longtemps. Face au « climat de violence » qui régnerait dans l’établissement, professeurs et personnels d’encadrement ont voulu tirer le signal d’alarme en se mettant en grève ce jeudi.
Ils ne voudraient pas qu’on focalise sur leur établissement, basé à l’Alma et qui draîne des jeunes des quartiers difficiles. « C’est un phénomène généralisé, qu’on constate dans d’autres villes de France. »
« On assiste à des phénomènes de bande », racontent encore les grévistes. (…) Des profs sont malmenés, des élèves sont harcelées, des garçons bousculent des filles et leur lancent des insultes à caractère sexuelle. Ils tiennent des propos vraiment inquiétants… »
« Nous voulons défendre le droit à une scolarité sereine et riche. »
Les professeurs estiment qu’on est devenu trop laxistes avec les fauteurs de trouble : « On choisit systématiquement de comprendre et d’excuser, les sanctions n’ont plus de prise et les mêmes continuent à sévir… »