Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Informations et rèinformations.Des conseils de lecture.

Publicité

Le siécle des nuages..

 

Le siècle des nuages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prix:21,50 euros -5%

 

Présentation de l'éditeur
" Ils descendaient depuis l'azur, laissant vers le bas grossir la forme de leur fuselage, traçant doucement leur trait au travers des nuages. Le vrombissement des quatre moteurs, juchés sur le sommet des ailes, enflait, vibrant dans le vide, résonnant jusqu'à terre. Leur ventre touchait enfin la surface de l'eau, projetant à droite et à gauche un panache puissant qui retombait en écume, bousculant tout avec des remous épais qui dérangeaient les barques amarrées et remontaient haut sur le bord des berges. C'était l'été sans doute. Les vacances étaient déjà commencées. Il avait couché son vélo dans l'herbe toute brûlée par la chaleur du soleil. Peut-être attendait-il allongé sur le sol ou bien se tenait-il assis sur un ponton, les jambes se balançant au-dessus du courant très lent. A perte de vue, le grand ciel bleu du beau temps recouvrait le monde. II regardait descendre vers lui le signe en forme de croix de la carlingue et des ailes. Lorsque l'avion heurtait l'eau, le choc le ralentissait net. Forant dans le fleuve une tranchée immatérielle, il creusait son sillage entre les rives, rebondissant formidablement d'avant en arrière, basculant sur l'un et puis l'autre de ses flancs, oscillant sur ses deux flotteurs jusqu'à ce qu'il s'arrête enfin : rond avec son ventre vaste comme celui d'une baleine, inexplicable parmi les péniches et les navires de plaisance, immobile comme un paquebot étrange mouillant au beau milieu des terres ".
Biographie de l'auteur
Depuis L'enfant éternel, prix Femina du premier roman 1997, et Sarinagara, prix Décembre 2004, Philippe Forest a publié plusieurs romans et essais aux Editions Gallimard, dont Le nouvel amour en 2007 et Araki enfin en 2008. 

 

Philippe Forest fait magistralement revivre ses morts. Ce sont les fracas de tout un siècle qui accompagnent leur résurrection dans ce dernier roman

Un homme de 77 ans s’effondre dans une rue de Paris, à deux pas de chez lui, et meurt. À partir de cette chute s’élève un récit à réaction, un roman familial, national, séculaire et total. Cet homme, né en 1921, était le père de l’auteur. Il avait pris le XXe siècle en marche, il s’était inscrit dans l’histoire de l’aviation. Sa vocation de pilote découla de la vision d’un accident mortel dans le Mâconnais, sa mission lui fut assignée pendant la guerre, sa carrière s’est déroulée à Air France de 1946 à 1981, jusqu’à une retraite en tant que commandant de bord d’un 747 (il était un peu trop âgé pour prétendre aux manettes du Concorde).

Cet homme droit aux plaisirs simples, comblé par les Trente Glorieuses, typique jusqu’à la banalité, devient, sous la plume homérique de son fils, un héros, un conquérant, un révolutionnaire du regard comme Aragon les chanta: «Nos yeux furent premiers à voir/Les nuages plus bas que nous.»

L’hymne de Philippe Forest transfigure un homme, sa femme et son foyer, nichés dans une époque propice aux cimes: «Le vingtième siècle de ses vingt ans fut finalement celui de l’aviation et celui du cinéma, ces deux inventions contenant en elles toute la mythologie de cet âge aujourd’hui révolu et appartenant à la même et indissociable histoire.»

De ces décennies mécaniques, l’écrivain extrait, pour en faire son miel, l’optimisme pionnier, l’innocente grandeur et le vertige ascensionnel. Mais l’esprit des origines se laisse assombrir: «Les mêmes pilotes qui rivalisaient d’audace pour unifier le monde en rapprochant des cités séparées par les mers, collaborent désormais au dépeçage sanglant de la terre.» Et l’épopée s’accompagne d’observations crépusculaires sur la mélancolie mensongère du passé, reconstitué par des voix détournées: «Car, mystérieusement, les souvenirs survivent à celui qui se souvient. Ils font toute une foule de sensations qui flottent dans l’air, détachées désormais de celui qui les a d’abord éprouvées et qui n’est plus rien, rendues ainsi au vide à l’intérieur duquel ils errent, distraits et disponibles, susceptibles d’être réclamés par n’importe qui.»

De la plus fraîche impression d’enfance à quelque «horreur dépassant l’entendement», de la notation intime à telle réflexion récapitulative s’appuyant sur l’ouvrage de W.G. Sebald De la destruction comme élément de l’histoire naturelle, Philippe Forest brasse, chevauche, dévisage, ou pointe les tumultes des temps comme les perceptions des personnages, en une composition aussi ambitieuse que précise, portée par une langue à la puissance orchestrale.

L’écho du siècle, les portraits inoubliables, les faits d’armes et les fragments de vies s’organisent autour d’une constatation constante: comme les parents de l’auteur qui se découvrirent à la faveur de l’exode en 1940, nous naissons du fracas, tandis que la Camarde conduit le bal. Nulle danse macabre, mais l’inexorable poussée des trépassés. Les morts hissent les vivants, par la grâce d’une sorte de tectonique des âmes…

Du décès de son père à celui de sa fille de quatre ans «prématurément et injustement soustraite au monde par une maladie sans rime ni raison», Philippe Forest se livre, en plus de 500 pages, à de fabuleuses figures de ski nautique sur le Styx.

Dans Le Siècle des nuages comme dans ses récits précédents, les disparus campent parmi nous; leur absence les rend irrémédiablement uniques; c’est d’eux que procèdent nos accomplissements. Ils sont là, comme si le romancier avait usé de ses pouvoirs pour oser une résurrection des morts avant la lettre.

ANTOINE PERRAUD (LA croix)

 

LIBRAIRIE DE NEUILLY-PLAISANCE

15,AVENUE FOCH

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article