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Le "shutdown" du 1er octobre 2013.

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Le "shutdown" du 1er octobre 2013 ou la poursuite ou non du financement des services de l'Etat par la dette : vraie crainte des banques américaines

Economie - gauche et droite : une opposition factice pour des résultats identiques

 

 

 

 

 

 

Littéralement, «shutdown», en anglais signifie fermeture. Le terme désigne l'arrêt du fonctionnement de nombreuses administrations et services fédéraux aux États-Unis. Cette paralysie du gouvernement américain a officiellement démarré ce mardi 1er octobre, premier jour de l'année budgétaire, à 0H01 à Washington, soit 6H01 à Paris. 

 

Ce scénario n'est pas sans rappeler celui du mur budgétaire, évité de justesse fin 2012, début 2013. (1)

 

Suite à la création de la FED (en 1913), banque centrale américaine pratiquant le financement des services de l'Etat par la dette publique (emprunts à intérêts...), le Congrès (Parlement américain) fixe chaque année une limite d'emprunts que l'exécutif ne doit pas dépasser pour financer ses dépenses, c'est le «plafond de la dette». Aujourd'hui, la dette américiane atteindra le 17 octobre 2013 son plafond de l'année, fixé à 16.700 milliards de dollars. Mi-septembre, Barack Obama avait demandé une rallonge au Congrès. Les républicains ont refusé, sauf s'il renonçait à sa réforme sur la santé.

 

En 1995-96, un défaut de paiement budgétaire similaire s'était produit. Un accord avait finalement été trouvé entre Sénat et Chambre des représentants pour le financement du Pentagone. Quelque 700.000 fonctionnaires jugés «non essentiels» avaient été mis au chômage forcé, ou ont vu leurs salaires suspendus pendant plusieurs semaines. Ils ont été payés une fois l'accord sur le budget trouvé en janvier 1996. Malgré cette alerte, Bill Clinton fut réélu... (2)


Aujourd'hui, les États-Unis se retrouvent en défaut de paiement, une situation inédite qui risque de plonger à coup sûr la planète dans une nouvelle crise financière, certains disent pire que la crise de 2008, si le plafond de la dette n'est pas relevé par une autorisation du Congrès (c'est le chantage à la crise... Voir Attali en 2011 (à partir de 3:48) qui annonçait que si on ne voulait pas (du Nouvel Ordre Mondial), que "si on ne le faisait pas de façon volontaire, organisée, sereine", on l'aurait quand même mais "par la violence" et "le chaos" !...Video ci-dessous).

 

 

À la différence du «shutdown» budgétaire de 1995-96, un tel blocage ne s'est jamais produit dans l'histoire américaine. Congrès et Maison-Blanche ont toujours trouvé des compromis assortis d'endettement supplémentaire.

 

Les économistes qui alertaient récemment sur le fait que davantage de quantative easing ne résoudrait pas le problème (Olivier Delamarche, Peter Schiff, Myret Zaki), ont raison (mais ne vont pas assez loin dans l'analyse des mesures qui devraient être prises).


Vu l'énorme pourcentage d'employés du gouvernement fédéral, la région de Washington va être touchée de plein fouet. Des centaines de milliers de personnes seront mises au chômage.
Quelque 800.000 fonctionnaires fédéraux risquent d'être renvoyés chez eux ce matin. Faute de crédits, les administrations non essentielles fermeront leurs portes ou réduiront considérablement leur activité: service des impôts, bureau d'aide au logement, assistance alimentaire aux plus démunis, délivrance des passeports ou des ports d'armes, musées publics - et jusqu'au ramassage des ordures dans la capitale fédérale - pourraient s'interrompre. Les cours fédérales tiendraient sans doute quelques jours sur leur budget propre, alimenté par les amendes. Les magistrats continueraient toutefois à être payés, de même que les militaires, les agents de la CIA ou du FBI, les contrôleurs aériens et les gardiens de prison. (3)

 


Pour éviter la paralysie de l'Etat américain, Obama a lancé un dernier appel à l'adresse des parlementaires hier en fin d'après-midi, à quelques heures de l'échéance. «Le temps presse» a expliqué le président qui est intervenu devant les journalistes, en espérant un accord de dernière minute. «Une fermeture aurait immédiatement un impact très réel sur les gens. (...)  Une paralysie de l'État aurait des effets très concret sur l'économie...» a-t-il argumenté en excluant de céder à la demande de «rançon» émanant selon lui des républicains au Congrès. Il a cependant affirmé que «la réforme du système de santé serait menée à bien quoiqu'il arrive». (4)

 

Le Sénat, à majorité démocrate, a rejeté hier soir le projet de loi de la Chambre des représentants adopté ce week-end. L'année budgétaire, qui démarre le 1er octobre aux États-Unis, commence donc sans budget. Les 54 sénateurs démocrates, qui disposent de la majorité, ont voté contre un texte qui aurait permis de financer l'Etat fédéral à partir de ce matin 1er octobre, mais qui sapait la loi sur la santé de Barack Obama. (5)

 


Depuis les années 70, il y a eu une vingtaine de fermetures, toujours à l'initiative de l'opposition. (6) Selon Francetvinfo.fr, c'est la 17e fois depuis 1977 qu'un désaccord au Congrès paralyse l'Etat fédéral. Le dernier shutdown remonte à 1995-96, sous le mandat de Bill Clinton. Ce fut aussi le plus long. Du 14 au 19 novembre 1995 et du 16 décembre au 6 janvier 1996, 280 000 fonctionnaires ont été mis au chômage et 475 000 n'ont pas été payés. Le Congrès avait ensuite remboursé les jours de chômage technique. Le coût de ce dernier shutdown a été estimé à 1,4 milliard de dollars (environ 2 milliards aujourd'hui), explique Le Monde (article payant), qui précise que l'incident a permis à Bill Clinton d'être facilement réélu, quelques mois plus tard, à la présidence des Etats-Unis ! (7)

 

Et c'est grave ? Pas vraiment, répond 20 minutes.fr, à condition que la crise ne s'éternise pas. Selon Lewis Alexander, économiste chez Nomura, les «conséquences directes d'une fermeture de l’administration ne sont pas immenses». Si elle durait un mois, le tourisme, avec la fermeture des pacs nationaux, serait la principale victime. En général, la croissance ralentit puis rattrape le retard au trimestre suivant. En plein boum Internet, la crise de 1996 n'avait fait perdre qu'un point de croissance aux Etats-Unis, à 2,6%, avant un envol à 7,2% au suivant.


Républicains et démocrates se renvoient la balle et jouent à celui qui tiendra le plus longtemps sans bouger. L'enjeu, c'est la bataille de l'opinion. En général, un parti est toujours jugé davantage responsable de la crise que l'autre. Quand conserver ses positions deviendra intenable en vue des élections de mi-mandat de 2014, le perdant sera celui qui aura bougé en faisant des concessions afin de débloquer la situation. Peu importe si ces concessions sont bonnes (l'arrêt de l'endettement)  ou mauvaises (la poursuite de l'endettement). Pour l'instant, l'opinion est divisée: 46% estiment que la crise est de la faute d'Obama, et 46% des républicains. 


Ce qu'aucun media vous dira , c'est que les deux partis sont co-responsables de la dette abyssale des Etats-Unis depuis 1913. Et que le système démocratique des élections n'aident pas vraiment au règlement du problème, au contraire. À quelques mois des "mid-terms" (élections de mi-mandat), le parti républicain tente d'empêcher l'augmentation de la dette par tous les moyens. Cette intransigeance budgétaire conduit le pays dans la crise financière et économique, voire la faillite. La logique voudrait qu'on laisse le pays et donc les banques faire faillite, du moins que l'on ne rembourse plus les banques qui se sont gavées depuis 1913 et la création de la FED, que l'on supprime la pratique usurière du financement des services de l'Etat par la dette, et que l'on revienne à des politiques de finances publiques plus classiques et moins modernes ! Mais cela, aucun républicain ne l'a proposé à ma connaissance. Quoiqu'il en soit, l'entrée dans la période électorale va faire bouger les lignes chez les ennemis de la dette en créant inévitablement des divisions parmi eux. Si les partisans rationalistes du budget du Tea Party (appelons-les comme çà) ne plieront pas, il n'est pas impossible que certains républicains finissent par approuver la motion du Sénat démocrate. La dernière fois que les républicains ont bloqué la situation, cela leur a coûté les élections... (8)


 

Liste des services fermés ce matin (9) :

 

- DEFENSE : selon un mémorandum du numéro deux du Pentagone vendredi 28 septembre, plus de la moitié des 800.000 employés civils du Pentagone sont tocuhés. Même si les soldats pourraient être payés avec retard, les opérations militaires en cours continuent...

 

- ENVIRONNEMENT: 95% des employés de l’agence pour l’Environnement (EPA), sont interdits de travailler, « à l’exception d’un noyau d’individus qui restent en cas d’urgence », a expliqué sa directrice, Gina McCarthy.

 

- ADMINISTRATIONS : nombreux retards dans les administrations aux effectifs réduits: autorisations de mise sur le marché de médicaments, prêts publics aux petites et moyennes entreprises.


- PARCS ET MUSEES: la totalité des 368 parcs et musées nationaux ferment, dont les grands musées d’art et d’histoire et le zoo de Washington.


- VISAS, PASSEPORTS: lors de la dernière crise budgétaire, le traitement de plus de 500.000 demandes de visas et 200.000 demandes de passeports a été suspendu.

 

- EXEMPTIONS : la justice, la sécurité nationale et les services jugés essentiels à la sécurité et protection du pays seront épargnés.

 

Selon les économistes de Macroadvisers, une fermeture gouvernementale de deux semaines raboterait la croissance du produit intérieur brut du 4e trimestre de 0,3 point, mais l’économie se rattraperait au 1er trimestre 2014. Une fermeture de trois ou quatre semaines coûterait 1,4 point de croissance du PIB au 4e trimestre, Selon Mark Zandi, chef économiste de Moody’s.


La banque Goldman Sachs estime que le blocage budgétaire ferait perdre environ 8 milliards de dollars (6 milliards d'euros) à l'économie américaine chaque semaine si l'on se référait à l'exemple de 1995, quand il avait vraiment eu lieu, sous Bill Clinton.

 

 

Dette rothschild : pourquoi et comment la france est asservie par les banques ?

Aujourd'hui, la principale inquiétude de Wall Street et des banques "américaines" concerne la dette et le fait que le gouvernement pourrait arrêter de rembourser ses obligations qui arrivent à échéance lorsque la limite d'emprunt sera atteinte, ce qui est attendu le 17 octobre. (10) Affaire à suivre en addendums, NdCR.

 

 

 

Sources:

 

(1) http://www.francetvinfo.fr/monde/ameriques/shutdown-budget-americain/etats-unis-dernieres-tractations-pour-eviter-une-paralysie-budgetaire_423941.html

(2) http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/10/01/20002-20131001ARTFIG00248-etats-unis-le-shutdown-en-six-questions.php

(3) http://www.lefigaro.fr/international/2013/09/29/01003-20130929ARTFIG00139-l-etat-americain-au-bord-de-la-paralysie-budgetaire.php

(4) http://www.lefigaro.fr/international/2013/09/30/01003-20130930ARTFIG00635-l-amerique-exasperee-par-les-blocages-de-washington.php

(5) http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2013/09/30/97002-20130930FILWWW00582-le-senat-americain-rejette-le-budget.php

(6) http://www.20minutes.fr/monde/1230043-20131001-etats-unis-government-shutdown-grave 

(7) http://www.francetvinfo.fr/monde/ameriques/shutdown-budget-americain/etats-unis-le-congres-americain-rejette-le-budget-et-paralyse-une-partie-de-l-administration-federale_424343.html

(8) http://www.latribune.fr/opinions/20130930trib000788012/etats-unis-les-republicains-ont-tout-a-perdre-en-cas-de-shutdown.html

(9) http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0203038094564-etats-unis-la-liste-des-services-fermes-victimes-du-shutdown-611927.php

(10) http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/09/30/pour-la-presse-anglo-saxonne-le-shutdown-est-ineluctable_3486980_3234.html

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