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SAINT BERNARD
via le site christ-roi
Docteur de l'Église
(1091-1153)
A quoi pouvait rêver dans l'éclat de sa jeunesse le fils de Tescelin, chevalier du duc de Bourgogne, et de dame Aleth de Montbard, si bonne chrétienne? de chasses ou de tournois? de chants de
guerre ou de galantes conquêtes? En tous cas, certainement pas de vie monastique comme il en fera le choix à l'âge de vingt-trois ans. D'autant qu'il entraînait avec lui une trentaine de jeunes
en quête d'absolu... Il méditait beaucoup,parlait peu, était doux, modeste, charitable, donnant aux pauvres tout ce qu'il pouvait. On lui
offrit l'archevêché de Milan; il le refusa, comme toutes les autres dignités, et revient en France.
Saint Bernard, le prodige de son siècle, naquit au château de Fontaines, près de Dijon, d'une famille distinguée par sa noblesse et par sa piété, et fut, dès sa naissance, consacré au
Seigneur par sa mère, qui avait eu en songe le pressentiment de sa sainteté future. Une nuit de Noël, Bernard, tout jeune encore, assistait à la Messe de Noël; il s'endormit, et, pendant son
sommeil, il vit clairement sous ses yeux la scène ineffable de Bethléem, et contempla Jésus entre les bras de Marie.
A dix-neuf ans, malgré les instances de sa famille, il obéit à l'appel de Dieu, qui le voulait dans l'Ordre de Citeaux; mais il n'y entra pas seul; il décida six de ses frères et vingt-quatre
autres gentilshommes à le suivre. L'exemple de cette illustre jeunesse et l'accroissement de ferveur qui en résulta pour le couvent suscitèrent tant d'autres vocations, qu'on se vit obligé de
faire de nouveaux établissements.
Dès 1115, après trois années de vie monastique à Citeaux, Bernard est envoyé à Clairvaux pour y fonder l'abbaye dont il restera père-abbé jusqu'à sa mort. L'abbaye de Citeaux sera la source de
cent soixante fondations, du vivant même du Saint... Loin de rester cloîtré il parcourt les routes d'Europe devenant, comme on a pu l'écrire, «la conscience de l'Eglise de son temps». Il vient
plusieurs fois à Paris, à Saint Pierre de Montmartre, à la chapelle du Martyrium, à la chapelle Saint Aignan où il vient prier souvent devant la statue de la Vierge qui se trouve maintenant à
Notre-Dame de Paris. Pensez-y, lorsque vous passez devant cette image de la Vierge !
Chaque jour, pour animer sa ferveur, il avait sur les lèvres ces mots: "Bernard, qu'es-tu venu faire ici?" Il y répondait à chaque fois par des élans nouveaux. Il réprimait ses sens
au point qu'il semblait n'être plus de la terre; voyant, il ne regardait point, entendant, il n'écoutait point; goûtant, il ne savourait point. C'est ainsi qu'après avoir passé un an dans la
chambre des novices, il ne savait si le plafond était lambrissé ou non; côtoyant un lac, il ne s'en aperçut même pas; un jour, il but de l'huile pour de l'eau, sans se douter de rien.
Infatigable fondateur, on le voit sur sa mule, traînant sur les routes d'Europe sa santé délabrée et son enthousiasme spirituel. Sa réforme monastique l'oppose à l'Ordre de Cluny dont il
jugeait l'interprétation de larègle de saint Benoît trop accommodante. A sa mort, en 1153, ce sont trois cent quarante-trois abbayes cisterciennes qui auront surgi du sol européen.
Le Saint n'avait point étudié dans le monde; mais l'école de l'oraison suffit à faire de lui un grand Docteur, admirable par son éloquence, par la science et la suavité de ses écrits. Il fut le
conseiller des évêques, l'ami des Papes, l'oracle de son temps. Mais sa principale gloire, entre tant d'autres, semble être sa dévotion incomparable envers la très Sainte Vierge.
Dans cette période de développement des écoles urbaines, où les nouveaux problèmes théologiques sont discutés sous forme de questions (quaestio) et d'argumentation et de recherche de
conclusion (disputatio), Bernard est partisan d'une ligne traditionnaliste. Il combat les positions d'Abélard, approximatives d'un point de vue théologique, et le fait condamner au concile de Sens en
1140. Abélard incarne tout ce que Bernard déteste : l'intelligence triomphante, l'arrogance dominatrice, les prouesses dialectiques, une célébrité
immense, fondée sur la foi passée au crible de la raison au détriment de la vie intérieure, l'obstination à tenir des positions. Bernard refuse que les secrets de Dieu soient examinés et
questionnés par la raison. Il veut que la raison reconnaisse ce qu'il y a d'infiniment profond et d'incompréhensible dans les choses divines. Bernard refuse que les secrets de Dieu soient
examinés et questionnés (mis sur une balance au vote...) par la raison. Il veut que la raison reconnaisse ce qu'il y a d'infiniment
profond et d'incompréhensible dans les choses divines.
Saint Bernard, auteur de la règle des Templiers
En 1129, lors de la création de l'ordre des
Templiers au Concile de Troyes, celui-ci se dota d'une règle propre qui s'inspire directement de la règle de saint Benoît. La tâche de la
rédigerfut confiée à
Bernard.
En 1145, Clairvaux donne un pape à l'Église, Eugène III.
Lorsque le royaume de
Jérusalem est menacé après la chute du comté
d'Édesse, le pape Eugène III demande à Bernard de prêcher la deuxième croisade, laquelle sera entreprise en grande partie à l'initiative du roi de France Louis VII le Jeune. Bernard, plus
préoccupé par le développement de l'hérésie
cathare dont les fidèles dépréciaient le Créateur
en méprisant la matière et le corps (enfanter était un péché satanique chez les cathares), est réticent à l'idée de s'associer à une croisade en Terre sainte. Il ne s'incline que par obéissance
au pape.
Il prend la parole le 31 mars 1146, le jour de Pâques au milieu d'une foule de chevaliers réunis au pied de la
colline de Vézelay. À cette époque, il a cinquante six ans. Son discours enflamme la foule. Il évoque Édesse profané et le tombeau
du Christ menacé. Il invite les chevaliers qui veulent se croiser à l'humilité, à l'obéissance et au sacrifice. Après son prêche, on lui arrache même des morceaux de son vêtement pour en faire
des reliques. Sa parole éloquente est confirmée par des miracles nombreux; l'enthousiasme est indescriptible. Son prestige entraîne le peuple de France.
Saint Bernard, unificateur de l'Europe ("la Chrétienté")
Puis il adresse une lettre circulaire aux Allemands, aux Anglais, aux Bretons, aux Lombards, les exhortant à
cesser entre eux toute guerre, toute querelle, et à s'unir contre l'ennemi commun de la chrétienté. Enfin, il passe en Allemagne, où ses prédications obtinrent le même succès qu'en France.
Sa mort, qui arriva le 20 août 1153, fut un deuil public. On l'appela à juste titre le dernier Père de l'Eglise. Canonisé vingt ans après sa mort par le pape Alexandre III, il fut mis par Léon
XII au rang des docteurs.
Les saints du
jour; wikipedia; Nominis; Mgr Paul Guérin, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Editions D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003, p.
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