Informations et rèinformations.Des conseils de lecture.
Le premier amour est un sujet de roman idéal. Il porte à la fois la grâce et les espoirs de la jeunesse et les affres et doutes qui viennent avec l’expérience. Pour Véronique Olmi le premier amour est le symbole de toutes les libérations et cela donne au roman une finesse et une douceur très agréable. L’écriture est au diapason. Elle parvient à rendre aussi bien ce moment particulier où l’amour vous arrache à l’enfance et aux poids d’une famille mal-aimante. Mais elle décrit également très bien la femme qui au mitan de sa vie se retourne avec envie vers ce moment précieux. Dans un va-et-vient très bien maîtrisé, elle passe de la jeune fille à la femme mûre sans lourdeur et sans artifice. Quand le premier amour s’invite dans la vie bien rangée d’une mère et épouse accomplie, le temps et l’espace s’efface et les souvenirs s’imposent.
Emilie à 48 ans. Un jour de 2008 alors qu’elle prépare le dîner de gala de ses noces d’argent, elle tombe par hasard sur une de ces étranges petites annonces du quotidien Libération qui font si souvent sourire. L’une d’elles la replonge 30 ans en arrière et la jette sur les routes. Destination l’Italie. Emilie laisse tout en plan, prend sa voiture pour répondre à un appel de son premier amour. Une annonce sibylline pourtant, mais qui ne laisse pas la place au doute. Cette première partie sur la route lui donne l’occasion de se replonger dans ses souvenirs : la vie d’une famille petite bourgeoise et ultra catholique d’Aix en Province. Une mère stricte et hystérique, un père piégé dans un mariage sans amour et sans passion et une sœur aînée mongolienne qu’Emilie veille avec dévouement tentant ici ou là de l’arracher à l’influence délétère d’une mère sur la voie du martyrologue.
Les souvenirs d’enfance croisent ceux de sa vie contemporaine. Son expérience de mère, la vie maritale, un quotidien plutôt commun mais Véronique Olmi parvient à rendre les doutes et les errances d’Emilie, ses pensées vagabondes que l’usage du thème de la route aurait pu rendre rapidement cousu de fil blanc. Les rencontres étranges sont suffisamment bien amenées pour ne pas paraître artificielles. Tout comme ses retrouvailles avec sa sœur, désormais internée dans un asile psychiatrique proche de Lyon. Il y a beaucoup de maîtrise dans ce récit. Malheureusement l’arrivée en Italie et les retrouvailles avec le premier amour, ce Dario magnifique et magnifié, fait totalement déraper le roman. Insensiblement on sombre dans le plus insupportable mélo et malheureusement cette partie fait durablement oublier le plaisir de la première partie.
Dans ce récit du crépuscule et de la mort annoncée d’un rêve de jeune fille, on découvre une femme attachante et remarquablement peinte par un écrivain tout à fait maître de son récit. Malheureusement l’auteur n’a pas sur garder le cap et le passage en Italie a été fatale à la tenue du récit qui s’abime dans les artifices d’une histoire pour faire pleurer la ménagère de moins de cinquante ans. Le premier amour mérite un tombeau plus sobre