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Le cochon, déjà transformé en porc, était découpé en morceaux, emballé, prêt à être enlevé. Fébrier, un homme d’une cinquantaine d’années, le visage rude, les yeux brillants, vêtu d’une sorte de treillis et chaussé de brodequins, semblait inquiet. Ce cochon, ce porc clandestin, il avait hâte de s’en débarrasser. En cette année 2010, quatrième de l’établissement de la République islamique de France, il ne faisait pas bon être coincé avec le plus petit morceau de jambon, la plus minuscule part de boudin, voire le plus infinitésimal cube de lardon.
Le cochon, le halouf
maudit, était strictement interdit et la peine prévue pour les contrevenants était sans appel : la mort. Les nouveaux maîtres avaient fait zigouiller la totalité des cochons, les charcutiers avaient été envoyés en camps de rééducation, et les quelques Français — ceux qui avaient pu sauver quelques bêtes comme ceux qui continuaient d’acheter clandestinement du porc — faisaient figure de résistants héroïques.
Ce que la presse en dit
L’Homme Nouveau, n° 1318, 15 février 2004
Une nouvelle, véritable fiction, qui se passe dans un Paris dominé par les musulmans. Un Paris où le cochon est interdit par les nouvelles règles alimentaires et religieuses. Un Paris qui
résiste pourtant, dans la clandestinité. Moins d’une centaine de pages pour se détendre sur un sujet grave, avec un beau clin d’œil à Autant-Lara, Gabin et Bourvil qui firent une autre
traversée de Paris, à une autre époque. Mais, là aussi, le cochon refera surface.
P.M.
LIBRAIRIE-PRESSE DE NEUILLY-PLAISANCE
15,AVENUE FOCH