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Présentation de l'éditeur
Ce samedi, à l'aube, la paisible ville d'Anagni, où le pape Boniface VIII séjourne dans son palais pontifical, est investie par des centaines d'hommes armés, conduits par un émissaire de
Philippe le Bel. Ils ont ordre de se saisir de la personne du souverain pontife et de lui signifier sa mise en accusation pour hérésie. Violences, pillages, des morts, des blessés, et voici le
vicaire du Christ, assis face à ses agresseurs, coiffé de la tiare et serrant dans ses mains un crucifix taillé dans le bois du Golgotha. Bientôt le peuple s'émeut, se révolte et fait libérer
le pape captif. Que signifie la présence du confident d'un roi de France à la tête d'une meute de soudards ? Que cherche Philippe le Bel ? Pourquoi ce procès en hérésie intenté au chef de la
chrétienté ? Comment le pape et le roi en sont-ils venus à cette extrémité ? Telles sont les questions que tente d'élucider cet ouvrage. Il reconstitue les termes et les enjeux d'une
controverse inséparablement théologique et politique, brosse le portrait des deux figures exceptionnelles qui dominent ce théâtre éclatant, interroge les théories et les arguments mobilisés par
les deux camps, avant de décrire le cheminement qui a conduit fatalement à cette guerre des principes. Le pape entendait exercer une autorité directe sur les princes temporels. Le roi affirmait
détenir son pouvoir de Dieu seul. C'est cette autonomie sacrale qui donnera plus tard sa physionomie à la nation France. L'épreuve d'Anagni porte déjà en germe ce qu'on appellera plus tard le
gallicanisme. C'est alors également que sont réunis pour la première fois les Etats généraux du royaume. La France entre dans une nouvelle ère.
Biographie de l'auteur
Guillaume de Thieulloy est notamment l'auteur du Chevalier de l'absolu. Jacques Maritain entre mystique et politique (2005), couronné par le prix Raymond-Aron.
Guillaume de Thieulloy vient de publier Le Pape
et le roi Anagni 7 septembre 1303 sur l’attentat d’Anagni, où le conseiller de Philippe le Bel, Guillaume de Nogaret, s’est saisi de la personne du pape Boniface VIII. Il est interrogé
par Les 4 Vérités de vendredi :
« En écrivant ces pages, je pensais évidemment à la profonde mutation qu’introduit l’islam dans nos
sociétés. Ignorant la distinction entre temporel et spirituel, l’islam ne peut rien comprendre à la controverse qui a conduit au drame d’Anagni. Mais je pensais aussi aux
progrès considérables qu’a fait « l’esprit laïque » au cours des deux cents dernières années. Or, cet esprit n’est, à mon avis, pas beaucoup moins dangereux que la confusion
spirituel-temporel de l’islam. Il faut rappeler que la séparation radicale n’a été obtenue que dans les sociétés totalitaires du « socialisme réel ». Autant je
suis attaché à une saine distinction entre politique et religieux, autant je me méfie des exigences de « privatisation » du « fait religieux ». En réalité, ce qui est visé, c’est la
soumission pure et simple de l’homme au diktat étatique. Un seul exemple : quand Chirac déclarait en 1995 « Non à une loi morale qui primerait la loi civile », il récusait tout
l’héritage gréco-latin (Antigone) et chrétien, selon lequel la loi civile n’est pas un pur arbitraire. Au contraire, la loi naturelle nous évite le totalitarisme islamique, où les
oulémas décideraient de toute notre vie, et le totalitarisme marxiste-laïciste où l’État veut faire notre « bonheur » malgré nous ! »
LIBRAIRIE DE NEUILLY-PLAISANCE
15,AVENUE FOCH