prix:20,00 euros -5%
A l’automne 2005 éclataient en France des émeutes urbaines comme le pays n’en avait jamais connues. Parmi les principaux acteurs de ces événements figuraient de jeunes noirs issus de quartiers où
réside une importante immigration africaine. Ce simple fait, objectif et mesurable, est pour ainsi dire inaudible. Comme est inaudible, plus généralement, toute référence à l’origine ethnique
pour rendre compte des comportements. Dans le pays qui pleure la disparition de Claude Lévi-Strauss, on semble avoir oublié le sens et l’importance de la culture.Dans ce livre nourri d’une longue
expérience de terrain et de données parfaitement inédites, Hugues Lagrange déchire ce voile d’ignorance. Loin des clichés généraux sur le repli communautaire ou le déclin de l’autorité, il
examine minutieusement les pratiques sociales et familiales qui se forment à la rencontre d’une culture d’origine et d’une culture d’accueil. Ce regard neuf permet de différencier les expériences
migratoires, notamment maghrébine et subsaharienne. Contrairement à une idée reçue, les familles africaines forment des foyers chaleureux : elles sont peu concernées par les séparations et les
dérives addictives. Ce qui ne les empêche pas de connaître des taux élevés de délinquance et d’échec scolaire. Si pathologie il y a, elle se trouve dans le développement d’un autoritarisme
patriarcal de réaction à la relégation sociale dont les hommes font l’objet dans le pays d’accueil. Autoritarisme qui disqualifie les mères et les filles. C’est précisément là qu’il faut agir,
affirme Hugues Lagrange, si l’on veut favoriser l’intégration de ces groupes dans une société multiculturelle mais non relativiste. Pour cela, il est nécessaire de reconnaître la différence des
valeurs et d’assumer leur confrontation : le problème n’est pas tant d’autoriser ou d’interdire le voile, que de bâtir des politiques qui aident à l’émancipation des femmes.
Biographie de l'auteur
Hugues Lagrange est sociologue, chercheur au CNRS. Il a notamment publié Demandes de sécurité (La République des Idées, 2003), Les Adolescents, le sexe et l’amour (Syros, 1999) et La Civilité à
l’épreuve (PUF, 1995).
On se pose ces questions à propos du dernier essai d’Hugues Lagrange. Sociologue, chercheur au CNRS, il s’avance, riche de travaux
portant sur les situations scolaires, familiales et individuelles de plus de 4 000 adolescents entre 1999 et 2006 et ses conclusions ne manqueront pas de faire réagir. Dans Le Déni des cultures,
il lui faut 350 pages pour expliquer, décortiquer, comprendre pourquoi les jeunes noirs sont plus portés à la délinquance que les autres.
Les jeunes noirs français issus de l’immigration africaine, sont, à conditions sociales égales, 3 à 4 fois plus souvent mis en cause en tant qu’auteurs de délits que ceux qu’il nomme les
autochtones.”
Ils ont aussi, et dès la maternelle, plus de difficultés d’apprentissage des fondamentaux. Hugues Lagrange n’est pas un penseur d’extrême-droite. Nulle xénophobie, racisme ou révisionnisme dans
son propos. Ce qui lui permet une telle franchise ? Une intransigeante honnêteté intellectuelle. Dire les choses, même « quand elles nous gênent », ce sont ses mots. Ce qui explique les
résultats de ses études ? Nul déterminisme ethnique voire génétique.
Hugues Lagrange définit plusieurs facteurs.
D’abord, le déni de réalité, qui veut que l’on considère indifféremment tout type d’immigration et qu’on leur apporte les mêmes réponses, solutions ou dispositifs.
Ensuite, le sociologue dénonce avec la plus grande vigueur ce qu’il nomme la ségrégation urbaine. Le bannissement de populations dans des quartiers qui s’ils n’ont pas la violence de ghettos
d’Amérique du Nord n’en sont pas moins des zones d’apartheid social, invalidant toute politique de fond, en matière d’intégration.
Troisième point et ce sera sans doute l’un des plus contestés : la place des épouses et des filles, dans des familles à large fratrie, parfois polygames, où des pères très autoritaires se
heurtent à des fils troublés par leur double appartenance.
Et surtout, les conditions de l’expérience migratoire, « cette rencontre souvent complexe et douloureuse » dit Lagrange.
Le problème ce n’est pas qu’on accueille autant d’immigrants, mais qu’on les accueille aussi mal.”
350 pages de nitroglycérine. Une thèse déjà contestée, et peut-être contestable, mais jamais complaisante, méprisante ni blessante. Un respect, une révolte devant le sort fait à des centaines de
milliers de jeunes Français, une mise en perspective avec les situations d’autres pays d’immigration, où les choses se passent mieux. Un livre qu’il nous faut tous lire, méditer, discuter,
remettre en cause et que l’on ne saurait trop conseiller aux politiques encore intellectuellement honnêtes.
Le Déni des cultures – Éditions du Seuil, septembre 2010
On ne peut pas le nier, tout
le monde le constate !”
Vidéo sur i>Télé (capture vidéo
bienvenue à partir d’1′30)
-S.O.S racisme va t-il porte plainte contre Malek Boutih?
Malek Boutih (PS), ancien président de SOS Racisme, a abondé aujourd’hui sur Canal+ dans le sens du sociologue Hugues Lagrange (CNRS) dont le livre “le déni des
cultures” (Seuil) sort aujourd’hui. Malek Boutik a aussi confirmé la sur-représentation des Africains et des Maghrébins en prison.
http://www.123video.nl/playvideos.asp?MovieID=831520
Pour conclure:
"Toute vérité franchit trois étapes:
1-d'abord elle est ridculisée
2-ensuite elle subit une tres forte opposition
3-elle est considérée comme une évidence ayant toujours existée"
--Arthur Schopenhauer--
info dernière minute:
Dans le coma depuis dimanche dernier après une violente agression, Matthieu Guillon (27 ans) s’est éteint cet après-midi à l’hôpital
de Valence. Pratiquement au même moment Amri Redha, 20 ans, suspecté d’être l’auteur de l’agression, se livrait au parquet de Valence
accompagné de son avocat. Recherché depuis cinq jours par la police drômoise, ce jeune homme, connu de la justice et plusieurs fois condamné, a été immédiatement placé en garde à vue à l’hôtel
de police. La marche annoncée par la famille et les amis de Matthieu dimanche à 10 heures est maintenue. Elle partira du Champ-de-Mars.
LIBRAIRIE DE NEUILLY-PLAISANCE
15,AVENUE FOCH