Informations et rèinformations.Des conseils de lecture.
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J’apprends qu’au lycée français Jean-Monnet de Bruxelles, des surveillants ont célébré la victoire de Hollande en dansant sur les tables devant les élèves. « On a gagné
! », clamaient-ils sans vergogne, sachant qu’ils ne risquaient aucune sanction. Les profs exprimaient leur joie sans plus de retenue, certains ayant carrément exhorté en classe les « jeunes
républicains » à combattre les idées du Front national. Dans ce même lycée, en classe de troisième, tel enseignant infligea à ses potaches une dissertation sur le thème suivant : « Immigration et
métissage, deux pays, deux amours ». Sic. Afin d’étayer la réflexion des candidats au brevet, deux exemples leur étaient suggérés : la biographie de Jamel Debbouze et les « créations »
de Thomas Mailaender à base de voitures convoyant des immigrés. Sic. Le même pédagogue invitait les élèves de la même classe de troisième à concevoir, je cite, « après la guerre, le
rêve d’un monde nouveau » à partir de la Cité radieuse de Le Corbusier et des photos de Doisneau. J’ignore si l’initiative lui revient, ou si elle figure dans un programme. Elle reflète sur
le mode grotesque une vaste entreprise de crétinisation et de manipulation des esprits juvéniles sans équivalent dans l’histoire de la pédagogie. L’air de rien, tout y est : l’arrêt sur images
d’une sous-culture de l’éphémère imputable à la télé, l’apologie sournoise du cosmopolitisme, la sur valorisation des minorités, la complaisance lâche des autorités. Ce qu’on serine aux étudiants
dans les écoles de journalisme, on l’inculque en avant-première aux élèves dans les lycées ; la boucle est bouclée, les malheureux pataugeront ad vitam dans l’air du temps, captifs sans
le savoir d’une idéologie démoralisante, dans les deux sens du terme.
Les enseignants en sont tout aussi captifs. Il serait trop commode de les incriminer. Tous les instits et les profs que je connais sont dévoués et très conscients du marasme de notre système éducatif. Tous déplorent l’incurie des parents, les méfaits du matraquage télévisuel et des jeux vidéo, l’absurdité des programmes, l’hétérogénéité des classes, la démagogie de politiques et de syndicalistes incapables de définir leur mission. Ils sont de gauche certes, mais outre leur sentiment de prolétarisation, ils cultivent la nostalgie de l’école de Jules Ferry. Ils vireraient de bord si une droite s’avisait de leur restituer de la dignité, donc de l’autorité, en assignant un sens à leur magistère. Les parents d’Alain Fournier n’étaient pas mieux payés que les « professeurs des écoles » du temps présent. Mais la conscience que les « hussards noirs » avaient de leur rôle social les ennoblissait, ils se percevaient à juste titre comme une élite et ils méritent notre hommage rétrospectif.
A présent que Montpellier a raflé le titre de champion de France à la barbe du PSG, l’opinion va se polariser sur le match Le Pen-Mélenchon dans la circonscription d’Hénin-Beaumont. Si les deux impétrants accèdent au second tour comme on peut le prévoir, le PS se désistera spontanément pour Mélenchon et une fois de plus l’UMP se chamaillera, les uns appelant à servir la soupe de la gauche au nom de « valeurs républicaines » indéfinies, les autres, à l’abstention entre la peste et le choléra, quelques-uns préconisant le choix du bleu marine plutôt que du rouge sang de boeuf. Une fois de plus, le vieux piège tendu par Mitterrand se refermera sur la droite et, au PS, on se frottera les mains en feignant des indignations de chaisière. Une fois de plus qui pourrait être la fois de trop.
Denis Tillinac
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24/05/2012