Informations et rèinformations.Des conseils de lecture.
Le plus grand mal n’est peut-être pas celui qui se voit le plus facilement. Tous savent que l’école fabrique un certain pourcentage d’illettrés et les plus chanceux d’entre eux bénéficient alors d’une « ré-instruction »
avec des méthodes pédagogiques adéquates; d’autres restent alors durablement sur la touche parce que parents comme enseignants n’ont pas idée de la manière de les « récupérer ». Partie émergée de l’iceberg.
Elisabeth Nuyts, dans L’école des illusionnistes (livre indispensable pour comprendre comment les méthodes pédagogiques aujourd’hui les plus répandues empêchent l’intelligence, la mémoire et la concentration d’un grand nombre d’enfants de fonctionner) montre qu’il y a un mal plus sournois, plus répandu. C’est la capacité du
système de former des lecteurs apparemment convenables, qui sont en mesure de lire et de retenir des informations à court terme, de mettre le ton pour la lecture à voix haute, d’exécuter des consignes… mais non
point de goûter un texte ou un livre et encore moins de l’analyser finement ou d’évoquer ce qu’ils croient avoir lu. C’est, en réalité, une lecture mécanisée.
Comment y parvient-on ?
_ Par la lecture et l’écriture globales pratiquées en maternelle dès avant l’apprentissage proprement dit de la lecture.
_ Par des exercices de « conscience phonologique » (lever la main quand on entend un son dans un mot, par exemple) où l’on fait abstraction du sens du mot entendu.
_ Par des exercices de pure reconnaissance visuelle : reconnaître une lettre dans un mot qu’on ne sait pas encore lire.
__ Par l’apprentissage global, soit de tous les mots, soit de certains mots, soit de très peu de mots mais essentiels ceux-là pour accéder à la connaissance de la réalité (verbe être, « petits mots » du temps et de l’espace…), soit des syllabes avant les lettres.
Ces pratiques se rencontrent à plus ou moins grande échelle dans les classes, y compris dans certaines d’entre elles où l’on pense sincèrement faire un apprentissage « syllabique » – on devrait dire et « faire » alphabétique – de la lecture.
La reconnaissance visuelle est le premier facteur de mécanisation de la lecture car elle entraîne des réflexes comme celui qu’on peut avoir devant un logo : on sait ce que c’est mais on n’en analyse pas les éléments
et l’on se trouve donc démuni devant l’inconnu.
S’y ajoute ce dont les critiques les plus vives des « méthodes globales » ne parlent souvent point : l’apprentissage précoce de la lecture silencieuse et rapide. Nombre de nos jeunes « lecteurs », fournissant un effort de mémoire prodigieux, « lisent » en reconnaissant les images des mots mais ne s’entendent pas lire dans leur tête parce qu’ils n’ont pas fait « monter » la petite voix intérieure qui sert de support à la pensée. Lire,
c’est associer un signe et un son : en supprimant rapidement, beaucoup trop rapidement l’étape d’oralisation de la lecture des lettres, des syllabes, des mots, des phrases et enfin des textes, les nouveaux pédagogues ont
trouvé le moyen d’empêcher les apprentis lecteurs d’accéder au sens des mots.
« Mais ils lisent à voix haute », direz vous : oui, mais les méthodes les plus répandues aujourd’hui incitent d’emblée l’enfant à poser son regard loin devant le mot qu’il lit, dissociant sa conscience, coupant le lien entre la lecture et la parole.
Puis viennent les lectures silencieuses systématiques suivies de questions de « compréhension ». Là encore les illusionnistes de l’apprentissage sont à l’oeuvre : les enfants « lisent », puis répondent correctement aux questions qui leur sont posées. C’est bien la preuve qu’ils ont compris et retenu, non ?
Eh bien non : la plupart des questions posées dans les différents manuels de lecture du primaire, et ce depuis des décennies, sont des questions de pure reconnaissance et identification
d’informations directement contenues dans les textes, où il suffit de chercher le « mot-clef » de la question pour trouver, à proximité, la réponse. Cela aussi peut se faire de manière
mécanique, sans la moindre réflexion, sans la moindre évocation, sans la moindre imagination.
A quoi s’ajoutent, dans les cas les plus « avancés », des exercices
provoquant des saccades oculaires qui interdisent toute lecture « sensée », voire des balayages oculaires sur toute la page pour trouver tel mot, ou telle forme, tel genre de mot. Cela peut
avoir pour effet (pour but recherché ?) de bloquer la pensée analytique, celle du « cerveau gauche », souligne Mme Nuyts.
Ce n’est pas de la lecture et c’est pourtant ce que l’on apprend en priorité aux enfants aujourd’hui – et l’on s’étonne, ensuite, qu’ils n’y trouvent aucun goût ! Lancés à corps et à intelligence perdus dans des exercices
pénibles, où ils se noient parce que le code ne leur est pas donné d’emblée, et où ils s’ennuient parce que rien, dans la lecture scolaire, ne vient associer une quelconque puissance
d’évocation aux mots écrits, ils préféreront (et c’est tout naturel), la facilité passive d’un film ou d’une bande dessinée où tout est en quelque sorte fourni.
Nos jeunes « lecteurs » sont aussi des prodiges sur l’ordinateur. Les
pages d’internet n’ont pas de secret pour eux : ils savent y repérer en des centièmes de seconde le mot, le lien, l’image à cliquer pour avancer. Mais lire
la description d’un paysage ou le récit d’une après-midi pluvieuse dans un joli roman pour enfants, et les « voir » devant leurs yeux, il y a bien des enfants qui n’y arrivent plus.
Il ne faudrait pas sous-estimer la souffrance que cela engendre, surtout chez les enfants auditifs, par nature amoureux du verbe et les plus doués pour le raisonnement et l’appréhension intelligente du réel.
Et cela se soigne. Par une attention scrupuleuse portée sur la manière dont ils apprennent ou ont appris à lire, et une « ré-instruction » patiente si nécessaire, cela va sans dire. Avec la lecture à voix haute au centre du dispositif.
Mais plus important encore pour leur offrir une passion qui leur évitera, et pour longtemps, l’ennui, il faut développer le sens de l’évocation de nos enfants. En leur posant des questions qui les forcent à réfléchir sur le sens de ce qui est dit, de ce qui est lu : le pourquoi des choses, et leurs conséquences. En leur demandant de décrire ou de raconter, à leur manière, ce qu’ils ont vécu, ou vu, ou lu, et en les y aidant – il y a des enfants qui n’y arrivent pas du tout, et ce ne sont pas des enfants heureux…
Leur intelligence, l’ouverture et le développement mêmes de leur intelligence nous sont confiés ; ne les laissons pas en friche.
JEANNE SMITS
N'hésitez pas à apprendre vous même à lire à vos enfants, avec la méthode Boscher http://www.lire-ecrire.org/conseils-pratiques/manuels-scolaires/manuels-de-lectures-et-decriture/methode-boscher.html , commencez dès le mois de décembre pour
les enfants en grande section de maternelle.
Dès la maternelle, les enfants sont appelés à reconnaître leur nom écrit sur un papier. Ils ne lisent pas leur nom, mais reconnaissent le "dessin" de celui-ci. On les initie ainsi à
déchiffrer par la mémoire visuelle, méthode catastrophique.
Pour comprendre en quoi certaines méthodes d'apprentissage sont mauvaises et quelles sont leurs conséquences, le livre d'Elysabeth Nuyts http://www.lire-ecrire.org/conseils-pratiques/aider-a-apprendre/echec-scolaire/les-conseils-delisabeth-nuyts.html L'école des illusionnistes, est le
meilleur http://veille-education.org/post/2008/04/05/LECOLE-DES-ILLUSIONNISTES . Bien lire, bien écrire, bien parler de Ghislaine Wettstein Badour
http://www.priceminister.com/offer/buy/16360958/Wettstein-Badour-Ghislaine-Bien-Parler-Bien-Lire-Bien-Ecrire-Donnez-Toutes-Leurs-Chances-A-Vos-Enfants-Livre.html est
également très intéressant.
L'apprentissage à la maison est à poursuivre dans les classes suivantes, le mieux est de devancer le programme. Si l'enfant entre en CP en sachant pratiquement déjà lire,
autant en profiter pour continuer à progresser. La grammaire structurante est le livre idéal pour apprendre correctement la grammaire et structurer son esprit. Ce livre est aussi d'un
grand secours pour les enfants, ados, et même adultes, en difficulté en français.
Étrangement, les enfants de nos "élites" ne vont pas dans des écoles qui utilisent les méthodes imposées par l'Education dite Nationale, mais dans des établissement qui utilisent les
vieilles méthodes d'apprentissages.
Voila qui est plutôt troublant !
PAR:RADIOCLASS
LIBRAIRIE DE NEUILLY-PLAISANCE
15,AVENUE FOCH