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lu dans minute du 18 octobre,l'interview de Thierry Mariani,fondateur de la "droite populaire".
"Ne seriez-vous pas simplement en train de courir sur les terres du FN, à l’approche de 2012 ?
Quand la gauche est à court d’idées, elle nous accuse d’alliances avec le Front national, c’est classique. Cela dit, ça ne me fait ni chaud ni froid : « Médiapart », ce n’est pas ma Bible… Ensuite, pour répondre à votre question, le patriotisme n’est pas une marque déposée du Front national. J’ai fait passer un nombre incalculable d’amendements [ndlr : 1 500] durant ma vie parlementaire, dont beaucoup étaient liés au respect des valeurs patriotiques, à la maîtrise des flux migratoires ou au maintien de l’ordre… [...] Je n’ai donc pas de leçon à recevoir, car j’ai montré que je mettais des actes au bout de mes idées. Après, il faut comprendre que l’on peut sincèrement aimer la France sans partager les thèses du Front national ou avoir envie de travailler avec ses représentants. Demandez leur avis à tous les dissidents de ce parti…
Vous êtes peut-être en pointe dans les propositions de loi contre l’immigration, mais l’ennui, c’est que l’UMP ne vous suit pas… Pourquoi est-ce que cela changerait à l’avenir ?
D’abord, vous exagérez, car un certain nombre d’avancées ont été obtenues grâce aux différentes lois sur l’immigration. La loi sur l’interdiction de la burqa a, par exemple, permis de régler la majorité du problème – à l’exception de quelques provocations –, tout en posant un fort symbole républicain face au communautarisme. Je vous suggère d’écouter ce qui se dit à ce sujet dans les milieux islamiques radicaux. Et je vous rappelle que ni la gauche, ni le Front national ne voulaient de cette loi.
Vous changez de sujet…
Non, j’argumente ! Ensuite, que croyez-vous ? Je déplore évidemment que mes propositions de loi n’aient pas toutes été suivies ! C’est la raison pour laquelle j’ai fondé, avec Lionnel Luca (député des Alpes-Maritimes), la Droite populaire. Dans une UMP qui se définit comme le parti de la droite et du centre, les seuls à ne pas avoir de courant d’idées organisé étaient ceux qui se situaient le plus franchement à droite. Pour peser de tout notre poids dans les débats au sein de l’UMP, il était donc indispensable de donner une existence, sous la forme d’un label « Droite populaire », à ce courant très puissant chez les élus et bien plus encore chez les militants ! [...]
[P]lus la DP sera soutenue par les Français, plus nous pourrons imposer nos thématiques, c’est la simple logique de la politique. Si j’ai lancé ce courant, c’est justement après avoir constaté que la multiplication des amendements et des propositions n’était pas suffisante pour faire avancer nos idées. Je cherche l’efficacité. J’espère par exemple que notre pétition contre le droit de vote des étrangers sera un succès… Mais là, nous dépendons directement de la mobilisation des Français ! [...]
Sur quelles bases la DP est-elle soudée ?
Nous proposons un programme basé sur trois lignes de force : une nation fière d’elle-même ; une République qui protège les plus faibles ; et un Etat qui défend les entrepreneurs. C’est ce qui transparaît de notre charte, ainsi que de nos douze propositions (déclinées en 80 mesures). La DP repose en outre sur quatre piliers. D’abord, la justice sociale et fiscale, avec la proposition du maintien d’une fiscalité exceptionnelle sur les rémunérations les plus élevées ; mais aussi justice régalienne, en rendant effective l’exécution des peines de prison. [...] Le deuxième pilier repose sur la promotion du travail, avec la création, notamment, d’un ministère dédié à la protection des toutes petites entreprises et des PME, et l’instauration d’une TVA sur la protection de l’emploi, pour aider les Français les plus dynamiques mais aussi, souvent, les plus modestes, à gagner décemment leur vie, donc à s’occuper de leur famille dans les meilleures conditions. Troisième pilier, lui aussi lié à la protection de la famille : l’école du respect et des valeurs. Nous voulons assurer une meilleure formation pour notre jeunesse, notamment en supprimant le collège unique et en replaçant la République au coeur de l’école.
Et le dernier pilier ?
Rendre la parole au peuple. Nous voulons instaurer un vrai référendum d’initiative populaire, tel qu’il existe en Suisse, pour renforcer la démocratie pour le peuple, par le peuple. [...]"