|
Lambert Christian - mercredi 13 avril
2011
Pour répondre à cette question, il faut remonter aux lendemains de la deuxième guerre
mondiale.
En 1944-1945, deux courants politiques se sont imposés, la démocratie chrétienne et le socialo-communisme stalinien. Le général de Gaulle a donc dirigé le pays
avec des hommes issus de ces deux courants. On peut citer Georges Bidault du MRP et Maurice Thorez, premier secrétaire du Parti communiste, condamné à mort en 1940 pour haute
trahison et désertion devant l’ennemi. Il n’en a pas moins été ministre d’État dans le gouvernement de Gaulle, comme le camarade Billoux était ministre de l’Armement et le
camarade Marcel Paul ministre de la Production industrielle. C’était le temps où un tiers des Français votait communiste et 50 % étaient sympathisants d’un
parti favorable aux camps de concentration, d’extermination, ainsi qu’aux déportations et aux génocides dès lors qu’ils étaient soviétiques et ordonnés par le « grand
camarade Staline ».
Depuis, cette configuration politique n’a guère changé. Certes, on a connu des variations de vocabulaire et de sigles, mais l’essentiel restait, ceci jusqu’à
Mitterrand qui, pour parvenir au pouvoir en 1981, a donné aux communistes staliniens ce qu’ils voulaient. Plusieurs communistes siégeaient à son gouvernement, dont Anicet Le Pors,
ministre de la Fonction publique. La France était à l’ouest le pays le plus apprécié de Moscou qui avait recruté, jusqu’au sommet de l’État et dans la haute fonction publique, un
grand nombre d’agents dont les noms et le profil figurent dans les archives du KGB récemment publiées (cf. « Le grand recrutement » de Thierry Wolton, chez Grasset)
Les militants de ces deux courants politiques n’étaient pas désintéressés. Ils ont peu à peu multiplié les avantages de leurs fonctions, ainsi que les prébendes de toute
nature, ce qui faisait dire à Antoine Pinay, il y a déjà 50 ans : « Être parlementaire, c’est avoir un excellent fonds de commerce » – avec chaque mois
l’indemnité de base, l’indemnité de résidence, l’indemnité de fonction, l’indemnité représentative des frais de mandat, les crédits affectés à la rémunération des collaborateurs
(souvent de la famille), plus les cumuls…
Comme il faut bien penser aux amis et faire preuve de solidarité – un mot sacré ! –, on est arrivé à 577 députés, 343 sénateurs et, au total, à 678 384 élus, si bien que le taux
de représentation français est le plus élevé du monde : 4,5 fois supérieur à celui de la démocratie américaine. Ajoutons à tout cela une bonne louche de corruption, via notamment
la Françafrique, avec le trésor pétrolier du Gabon, la caisse noire de la Ve République, grâce à l’ami Bongo.
L’ennui est qu’un empêcheur de tourner en rond est apparu, du nom de Jean-Marie Le Pen qui, après s’être fait fâcheusement remarquer par des réflexions piquantes,
ignorant que toute vérité n’est pas bonne à dire, a créé en 1972 un parti fort irritant, le Front national. Or, les tenants de la nomenklatura ne sont pas partageux. Ils voient le
danger. Alors, que faire ? Eh bien, ils ont trouvé. On va présenter le FN comme un ramassis de collabos, de fascistes, que dis-je, de nazis et de Waffen SS. Et cela a marché ! On
remarquera d’ailleurs que, dans la presse, Jean-Marie Le Pen est toujours caricaturé en uniforme nazi. Ainsi voit-on les RPR – UMP – et les socialo-communistes, en réalité bons
amis, mangeant tous au même râtelier bien garni par les contribuables, se liguer contre le FN pour défendre les « valeurs républicaines », ces fameuses valeurs dont on
ne sait pas trop quelle est la nature, en réalité un slogan.
Et, pour être concret, on a construit tout un arsenal juridique afin de poursuivre et condamner tous ceux qui auraient l’imprudence de se prononcer contre le système et,
en premier lieu, contre l’immigration dont le FN dénonce le grave danger pour l’identité nationale et le coût pour les finances publiques. On a récolté aussi la loi
Gayssot qui fut député communiste et qui, pratiquement, interdit toute publication dans certains domaines. C’est ce qu’on appelle la liberté d’expression !
Le problème est que, malgré tous ces barrages, le FN compte de plus en plus d’électeurs et de sympathisants qui, bien sûr, ne sont pas du tout des fascistes, mais le plus souvent
des braves gens de condition modeste, écoeurés par le bilan de 65 ans de pseudo-gaullisme et de socialo-communisme. Et, il faut bien le reconnaître, ce bilan cumulé de la
gouvernance française depuis 30 ans est accablant : un chômage de masse avec plus de 4 millions de chômeurs (25 % chez les jeunes), des millions de Français avec 750 euros
par mois, des zones de non-droit de plus en plus larges où l’insécurité est telle que le couvre-feu a dû être imposé dans des communes de la Seine St-Denis, où des batailles entre
des centaines de bandes sont quotidiennes, toutes sortes d’ethnies exotiques se battent entre elles pour la drogue, faisant chaque jours des victimes et terrorisant les
Français, qui n’apprécient guère que, dans leur pays de vieille civilisation chrétienne, des millions de musulmans imposent leurs mosquées et, peu à peu, leurs
coutumes.
Telle est la situation dans un pays ruiné qui a accumulé en 30 ans une dette de 2 000 milliards, dont les intérêts s’élèvent à près de 50 milliards par an, avec –
c’est un comble –, la fiscalité la plus lourde du monde et une paperasserie gigantesque qui étrangle les PME et les agriculteurs, tout cela imposé par une fonction publique
pléthorique avec pour perspective socialiste une nouvelle augmentation du nombre des fonctionnaires. De surcroît, tout ce « petit monde » est en fait dirigé par des
syndicats subventionnés par le contribuable, dont la CGT communiste qui, comme nul le l’ignore, organise des grèves à répétition. De surcroît, la balance commerciale est
constamment déficitaire.
Le contribuable n’a qu’à payer et ne rien dire, ce pauvre contribuable qui, s’il s’est constitué un patrimoine par son travail, son honnêteté, son intelligence, est sanctionné et
ne peut trouver son salut qu’en se sauvant en Suisse ou ailleurs.
Comment voulez-vous dans ces conditions, que le FN ne prospère pas ? Bien sûr, qu’il va continuer à prospérer et ce n’est pas les dirigeants bling-bling qui ne tiennent
jamais leurs promesses – notamment pour ce qui est du pouvoir d’achat – qui vont l’en empêcher. Et puis, il est vraiment désormais de plus en plus difficile, alors que
nous sommes à plus de 65 ans de la dernière guerre de dire que les électeurs du FN sont des Waffen SS !… Mais, attention, pour que le FN devienne un parti de gouvernement
crédible, il lui faut un programme crédible, ce qui n’est pas encore le cas en matière économique et financière.
lu sur le site les 4 vérités.
|