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19 juin 2005. Souvenez-vous ! Au lendemain de la mort d’un garçonnet tué par une balle perdue, en Seine-Saint-Denis, dans la cité des 4.000 à La Courneuve (connue pour ses tours, son insécurité et ses faits divers liés au trafic de drogue), Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur avait déclaré : « Dès demain, on va nettoyer au Kärcher la cité. On y mettra les effectifs nécessaires et le temps qu'il faudra, mais ça sera nettoyé.»
A l’époque, cette formule choc, critiquée par les uns et applaudie par les autres (les plus nombreux) était devenue le symbole d’un discours volontariste et brutal sur la banlieue qui fit naître les plus folles espérances parmi le petit peuple français. C’était là, en quelque sorte, la marque de fabrique du Ministre candidat à la Présidence de la République. Conscient de l’impact positif et médiatique que pouvait avoir ce type de langage guerrier –inhabituel chez un élu- auprès d’une population lassée par tant d’années d’incivilité, d’insécurité et de violence, il n’avait de cesse de multiplier ses déclarations fracassantes. Cinq mois plus tard, le 25 octobre 2005, sur la dalle d’Argenteuil, dans un contexte houleux, il réitérait en s’adressant à une habitante du quartier : «Vous en avez assez, hein? Vous en avez assez de cette bande de racaille ? Eh bien, on va vous en débarrasser !»… Autant d’effets d’annonces qui amélioraient son image, le rendant de plus en plus populaire jusqu’à lui permettre d’accéder à la magistrature suprême. Dès lors, il ne lui restait plus qu’à convaincre le peuple français du bien-fondé de son choix et appliquer la morale de Confucius : « Examine si ce que tu promets est juste et possible, car la promesse est une dette »…
A la suite des différentes violences gitanes à Saint-Aignan et afro-maghrébines à Grenoble, le 21 juillet 2010, Nicolas Sarkozy déclarait en Conseil des ministres : « C'est une véritable guerre que nous allons livrer aux trafiquants et aux délinquants ». Cette prise de position est fort louable… mais le peuple français, las d’attendre, est désormais en droit de savoir quand cette guerre va être livrée car, le temps presse et la situation s’aggrave…
Depuis son avènement au Pouvoir, il ne se passe une journée sans que les médias -pourtant d’ordinaire discrets (ou blasés)- ne parlent d’insécurité, de violences, de délinquance en tout genre. Cette aggravation de la situation et des conditions de vie du citoyen fait naître un sentiment d’insécurité jamais atteint à ce jour auprès de la population française. Aujourd’hui, les bandes font la loi dans les cités qui sont devenues de véritables zones de non-droit. Les « jeunes » se livrent à des batailles rangées dignes des plus violents polars. De plus en plus d’habitants sont préoccupés par la délinquance dans leur quartier et ne se sentent plus en sécurité. La peur fait désormais partie de leur quotidien notamment chez les personnes âgées. Les voitures qui flambent, les dégradations d’équipements collectifs, celles des immeubles, des transports en commun, le vandalisme, les incivilités, le bruit, la présence de dealers, les cambriolages, l’intégrisme religieux en progression constante, renforcent leur sentiment d’insécurité jusqu’à leur domicile. Dans les établissements scolaires publics, même cas de figure. Les parents craignent désormais pour la sécurité de leurs enfants et les écoles privées font le plein d’effectif. Les élèves se font agresser et racketter en permanence, les professeurs insultés quand ils ne sont pas molestés. Et pourtant, en dépit de ce constat navrant, une ex présidentiable, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, invitée au JT de 20h sur TF1, le 16 juin 2011, répondait sans honte aucune et le plus sérieusement du monde « qu’il n’existait, en France, aucune zone de non-droit » à Laurence Ferrari qui l’interrogeait sur ce problème… L’avantage de cette prise de position, c’est que, contrairement à Nicolas Sarkozy, si elle avait été investie, puis élue le 6 mai 2012, elle n’aurait eu à honorer aucune dette dans la mesure où elle n’a jamais fait la moindre promesse… Cependant, il est bon de spécifier que, par cette déclaration irresponsable, elle se désolidarisait totalement de « l’au-secours » lancé par le maire de Sevran (de gauche) qui réclamait des soldats pour assurer la sécurité de sa commune livrée à la loi des gangs. "Les Trissotins moralisateurs ne veulent pas froisser les incendiaires, aussi entament-ils une bataille grotesque sur les mots pour contourner la cruauté des faits." (André GLUCKSMANN, philosophe, à propos de la "crise des banlieues")
En janvier 2010, à Montpellier, un jeune homme de 25 ans est mort poignardé après avoir tenté avec son père d’interpeller un voleur. Celui-ci, ayant été identifié, trouva le salut dans la fuite vers son pays d’origine, l’Algérie. Ayant été appréhendé par la police algérienne, il ne put être extradé en France. Interrogé sur ce point, Brice Robin, le procureur de la République de Montpellier déclara : « Je ferai une demande d’extradition qui semble vouée à l’échec à 99 % car il a la double nationalité et que l’Algérie n’extrade pas ses nationaux. Par ailleurs, sept proches de l’auteur des faits, soupçonnés de l’avoir aidé dans sa fuite et qui avaient été placés en garde à vue après cet homicide, furent relâchés. Et le procureur d’expliquer : « On ne peut rien leur reprocher car ils ont l’immunité familiale ». Que croyez-vous que firent les associations antiracistes ? Se sont-elles fait entendre ? Ni la LICRA, ni le MRAP, ni SOS Racisme, ni la LDH, ni la Halde, ni la CGT, ni le PC, ni les Verts, ni l’UMPS n’émirent la moindre protestation. Leur silence ne fut en fait qu’une vile approbation. Et comme l’écrivait Mucharrif Saâdi, poète persan « C’est faire tort aux agneaux que de chérir les loups ».
Mais les temps changent… La France se réveille de son apathie et la révolte gronde. « Le peuple ne commence à réfléchir aux défauts de ses maîtres que lorsqu’il souffre. » écrivait Louis Latzarus (1878-1942), journaliste patriotique français. En effet, l’heure est venue où les Français, anesthésiés depuis des années par d’éhontés mensonges voient leurs yeux se dessiller et s’ouvrir à la vérité. Ils n’ont plus honte de dire ce qu’ils n’ont pas honte de penser et bientôt, pour certains, le glas sonnera.
José CASTANO
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