Depuis Jules Ferry, l'histoire est la principale arme d'assaut de propagande d'Etat. Par les manuels et les leçons, l'école républicaine n'a cessé de truquer et de tronquer ce que l'honnête
citoyen pouvait écrire. La mise en condition et le " formatage " du citoyen se poursuivent tout au long de sa vie par le commun des journaux, les romans et les images, les célébrations
nationales, les émissions télévisées, les directives et les interdits. Ces tout derniers temps, l'Etat veut, en France, soumettre la démarche historique à une étroite surveillance et laisse de
moins en moins de liberté aux centres de recherche qui n'ont même plus le loisir de choisir en toute indépendance leurs sujets d'enquête et leurs programmes. L'Histoire s'est dévoyée. Elle se dit
" science humaine " mais n'étudie souvent que des catégories, des classes et ordres, des conditions sociales où l'individu paraît effacé, inexistant, soumis à la géographie, à l'évolution des
techniques, à l'économie ou même au " sens de l'Histoire ". Elle édicte des règles qui ne souffrent ni exceptions ni contradictions. Du Moyen Age à nos jours, Jacques Heers dresse ici un
inventaire des manipulations de l'Histoire.
Biographie de l'auteur
Agrégé d'histoire, Jacques Heers a été professeur aux facultés des lettres et aux universités d'Aix-en-Provence, d'Alger, de Caen, de Rouen, de Paris X-Nanterre et de la Sorbonne (Paris IV),
directeur du Département d'études médiévales de Paris-Sorbonne. Il a publié dernièrement Les négriers en terre d'islam.
La Nouvelle Revue d’Histoire, n°29, mars-avril 2007
Le discours de la méthode en histoire
L’histoire assassinée est le livre d’un grand historien qui réfléchit sur les erreurs d’interprétation de l’histoire, en France particulièrement. L’ouvrage est agréable à
lire, accessible à tous, riche d’innombrables exemples souvent présentés avec humour.
Jacques Heers y aborde trois thèmes principaux, et tout d’abord la méthodologie historique. Il dénonce les pièges à éviter dans lesquels versent souvent les historiens, le souci de simplification
conduisant souvent à occulter l’extrême diversité des sociétés, des époques, des situations et des comportements. L’absence d’esprit critique conduit à la crédulité et fait le lit d’une
propagande qui a toujours existé, mais qui a pris une ampleur considérable depuis la mise au point des programmes imposés à tous au début de la IIIe République.
S’appuyant sur de nombreux exemples, Jacques Heers pointe ensuite les modes en histoire. Notamment la lecture marxiste qui ne voit l’histoire que sous l’angle du tout économique, grand travers de
l’École des Annales.
Enfin, l’ultime chapitre est consacré à la description passablement accablante des conditions de la recherche et de l’enseignement dans l’université d’aujourd’hui.
Ce livre pourrait être le vade-mecum de tout jeune historien désireux d’échapper aux travers et aux pièges qu’il décrit avec vivacité et compétence.
LIBRAIRIE DE NEUILLY-PLAISANCE
15,AVENUE FOCH