Informations et rèinformations.Des conseils de lecture.
Jeudi 1 décembre, l'émission Envoyé Spécial sur France 2 a pour sujet le
nouveau visage du mouvement anti-avortement. A un mois et demi de la prochaine Marche pour la Vie, cette émission a pour but de
nuire à la réussite de cette édition pré-électorale, en décourageant certains de participer ou de soutenir la Marche. On se souvient de l'émission de 1995 ("Les Croisés de l'ordre moral"), qui
s'était accompagnée ensuite d'articles panurgiques dans la presse française. Lors de cette émission, même le professeur Lejeune avait été diabolisé, preuve qu'il ne suffit pas de
se désolidariser de certains excès incontrôlables pour faire accepter ce combat, ou de croire qu'avec de la communication, le mouvement pro-vie sera bien vu des médias.
Nous invitons les lecteurs qui regarderont cette émission à lister les procédés utilisés dans ce reportage pour discréditer les militants pro-vie : amalgame, distanciation, procédés cinématographiques de "films d'horreur" (prises de vue, musique, voix off...), appel à des "spécialistes" du mouvement pro-vie qui sont en fait des militants pro-avortement...
Dans Présent de demain, Jeanne Smits nous donne un avant-goût de ce reportage. Extrait :
"le but de l’opération étant de montrer que ringards à chapelets ou se trémoussant sur un camion-sono, ils sont en réalité tous les mêmes.
« Il ne faut pas s’y méprendre, la croisade est la même, une croisade morale contre la liberté sexuelle et le droit à disposer de son corps », conclura sur un ton menaçant la journaliste : c’était son propos, son objectif, le but de toutes les images accumulées et soigneusement pourvues d’illustrations sonores inquiétantes, plans peu flatteurs et impressions de caméras cachées pour faire croire à une atmosphère de danger. [...]
Premières images : une marche pour la vie à Lyon, avec prêtre en soutane, chapelets et gens qui prient – peut-être même, mais l’image est trop rapide pour en être sûre, un bref passage du cardinal Barbarin parmi les manifestants. Au moment où la voix off décrit « une assemblée aux tempes grisonnantes », on voit un jeune père avec son gamin sur les épaules, une jolie jeune fille, puis le champ s’élargit un peu et on aperçoit des dizaines de jeunes et d’enfants. Mais il s’agit de faire croire qu’il y a une vieille génération, ténébreuse et extrémiste, qui s’incarne sous la caméra de France 2 en la personne de Philippe Isnard, celui qui a été viré de l’Education nationale pour avoir montré un film sur l’avortement.
Pendant un bref instant on imagine même que ce petit documentaire, No need to argue, va passer intégralement à la télévision nationale à heure de grande écoute mais là, faut pas rêver : après quelques images, place aux commentaires péremptoires du Pr Israël Nisand et d’une psychanalyste spécialiste de l’avortement, Sophie Marinopoulos. Celui-là pour dire que tout est « truqué », celle-ci pour dire son dégoût devant les images d’avortement. Truqué, docteur ? Nisand explique qu’il est mensonger de montrer des images d’avortements tardifs comme des IVG qui se passent en France avant 14 semaines (mais il n’y a rien de plus horrible qu’une vidéo d’avortement à 7 semaines – pour ma part j’ai tenu 5 secondes), mais ajoute, quasiment dans le même souffle, qu’il y a 7 000 « interruptions médicales de grossesse » tous les ans en France, laissant entendre qu’on les pratique sur des enfants déjà morts in utero… Faut oser.
Mais le « nouveau visage » des anti-IVG est lui aussi présenté comme terrible. La cible principale est un site : www.ivg.net, dont on explique qu’il a un objectif caché, celui de dissuader les femmes d’avorter en présentant les dangers et séquelles dramatiques de l’avortement : « Des assertions jamais, jamais prouvées nulle part », affirme une responsable de service d’IVG. Car il faut passer sous silence la souffrance des femmes… Où l’on comprend à quel point cette efficace présence auprès de femmes tentées par l’irréparable gêne le lobby de l’avortement !"